‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 153 sur 325 · DU SETON · texte numérisé non relu

DU SETON

gauche , avec cette différence pourtant que c'est le membre postérieur droit qu'on lève avec la platelonge, et que c'est de la main, gauche qu'on tient et fait agir l'aiguille.

Il arrive souvent nue, pendant qu'on passeun selon à la fesse, 1 animal, en se défendant, se livre à des mouvemens plus ou moins violens. Pendant ces mouvemens, l'opérateur doit toujours retirer l'aiguille du trajet qu'elle a déjà parcouru, et ne l'y réintroduire, pour continuer l'opération, que lorsque l'animal a cessé de s'agiter : autrement on courrait risque, pendant ces mouvemens, de blesser plus ou moins gravement la peau et les tissus entre lesquels l'aiguille se trouve engagée.

Dans certains cas, on place aussi des sétons à mèches sur les parties latérales de l'encolure (F G/g". 178); sur les joues {Y.fig. 178) ; et à la pointe de l'épaule [CJig. 467).

Soins qu'exigent les sélons. — Dans les cas ordinaires, il ne coule que très-peu de satig après que le séton est placé. Vers la fin du premier jour, on voit commencer l'engorgement sur son trajet. Le lendemain, cet engorgement est un peu plus considérable; et, si on presse sur le séton, on fait sortir par les ouvertures un liquide roussâtre. Enfin le troisième jour, la suppuration est généralement établie: ce n'est qu'alors qu'on doit commencer à panser le selon. Ce pansement est trèssimple; il consiste seulement à presser matin et soir avec la main sur le trajet de la mèche, pour faire sortir le pus qui s'y accumule quelquefois. Si le pus, en coulant sur la peau (comme cela se remarque au-dessous du séton à la iesse), s'est concrète à sa surface, on l'enlève en lavant la partie avec de l'eau tiède.

On laisse rarement un selon en place plus de trois semaiues à un mois. Au bout de ce temps, on l'enlève définitivement si la maladie pour laquelle il a été placée est guérie. Sinon, ou bien on met une nouvelle mèche dans le trajet de celle que le pus a macérée et qu'on relire, ou bien on place un autre séton sur un point voisin de la même région ou sur une région voisine.

§ H. — Du séton dans l'csncce bovine.

A moins d'indication particulière, c'est au poilrail qu'on passe presque toujours les sélons sur les animaux de cette espèce. La laxité de la peau, en quelque sorte flottante dans cette région où elle constitue le fanon. y rend cette opération très-facile ettrès-promple. On fait former à la peau du poilrail un large pli transversal, et on traverse la base de ce pli d'un seul coup avec l'aiguille à selon, dans l'œil de laquelle on engage ensuite la mèche pour la fixer comme je l'ai dit précédemment. On lâche alors le pli qui s'efface, et les deux ouvertures faites à la peau qui formait la base du pli, se trouvent à une distance d'autant plus grande l'une de l'autre que le pli était plus large. Comme, dans le bœuf, le séton simple Ji'est pas ordinairement assez irritant pour tuméfier et faire suppurer les parties où ou l'applique, dans beaucoup de pays, on fixe un trochique à la mèche du selon; ou bien <in place d'abord un trochique, et le lendemain, ou surlendemain, on traverse avec un selon à mèche l'engorgement qu'il a produit. Il ar-

ANBUUX DOMESTIQUES : CHIRURGIE.

rive souvent que, dans l'espèce bovine, les sélous ou trocliiques ne sont pas suivis de suppuration, et que tout leur effet se borne à une tuméfaction })lus ou moins considérable de la région où ils ont été placés.

§ III. — Duséton dans les espèces du mouton et du porc.

L'expérience a démontré que les sétons étaient beaucoup plus nuisibles qu'utiles dans ces deux espèces dauiuiaux où leur moindre inconvénient est de ne produire aucun effet.

§ IV. — Accidens qui peuvent suivre l'appHcation des sétons.

Ceux de ces accidents qui sont les plus importants à connaître, sont :

1° Une hémorrhagie qui, lorsqu'elle a lieu, se manifeste aussitôt après que l'opération est terminée. - Le sang coule goutte àgoutle ou p'>r un filet continu, s'échappe par l'ouverture la plus inférieure, et quelquefois s'accumule dans le trajet du séton au'il tuméfie. Cette hémorrhagie résulte ou de ce que les muscles ont été blessés par l'aiguille, ou de ce qu'une petite veine ou artère sous-cutanée a été coupée par cet instrument , ou enfin de ce que l'animal a une constitution tellement débile, que le sang qui sort des incisions de la peau et des capillaires sous-cutanés ne se forme pas en caillot à l'ouverture des vaisseaux dont il s'échappe.

Dans tous les cas, pour arrêter cette hémorrhagie, on bouche avec de petits tampons d'étoupes les deux ouvertures du séton, et on fait quelques lotions et applications d'eau fraîche sur la partie. Si, malgré l'emploi de ce moyen, le sang continue à couler, on ôte la mèche, et ou exerce et maintient une compression surtout son trajet.

2" Un engorgement de caraclère gangreneux. —On ne le reconnaît guère que le second jour de l'application du séton II est chaud, trèsdouloureux, fait des progrès lapides, et devient quelquefois très-considérable. Il peut résulter de la blessure des muscles par l'aiguille, de la présence dans les trajets du séton de caillots sanguins putréfiés, ou de dispositions particulières dans lesquelles se trouve l'animal. C'est ainsi que les cngorgemens dus à cette dernière cause sont très-fréquens lors du règne de certaines épizooties, ce qui rend danj^ereux l'emploi des sétons dans ces circonstances. Cet accident est trop grave, et menace l'animal d'un danger trop pressant pour que le propriétaire puisse en entreprendre le traitement. On ne saurait trop se hâter en pareil cas d'avoir recours à un véiérinaire : on peut toujours, en attendant, retirer la mèche ou la rouelle dont la présence au centre de l'engorgement ne peut qu'augmenter l'irritation dont il est le produit.

3^ Enfin de petits abcès qui se forment sur le trajet du séton, surtout quand il y a déjà au moins une dizaine de jours qu'il es! placé. — Ces abcès résultent presque toujours de ce <lu'on n'a pas le soin de presser sur le trajet de la mèch^• pour en faire sortir le pus, qui s'y arrête, et donne naissance à la formation de petits abcès sur les points où il séjourne. On

évite ces accidens, très-légers du reste, ea pansant le séton comme je l'ai indiqué plus haut. On y remédie en ouvrant avec le bistouri, ces petites collections de pus au fur et à mesure qu'elles se forment.

Section iv. — De la Castration.

La castration est une opération qui a pour objet de priver un animal de ses facultés génératrices. On la pratique, dans le mâle, en enlevant les testicules ou en interceptant leur communication avec les centres nutritifs ; dans la femelle, en enlevant les ovaires.

La castration est le plus souvent une opération de co/^('e/^«/^tY•, c'est-à-dire qu'on la pratique presque toujours dans le but de mieux approprier un animal à sa destination. Quelquefois, cependant, on la met en usage pour remédier à des accidens plus ou moins graves; elle est alors une opération de nécessité. Les vétérinaires pouvant seuls apprécier ce qui est opportun dans ce dernier cas, nous ne la considérerons donc ici que comme une opération de convenance.

On châtre les animaux dans différens buts : tantôt c'est pour les rendre plus- dociles; d'autres fois, pour hâter leur engraissement; d'autres fois enfin, pour enlever à la chair de certains mâles une saveur particulière et désagréable, pour la rendre plus tendre et plus délicate.

La castration exerce sur les animaux qu'on y soumet une influence des plus remarquables, et dont il faut tenir compte avant de se décider à la pratiquer. Cette influence varie suivant les espèces, et selon qu'on châtre les animaux jeunes ou vieux.

Un effet général de cette opération, c'est de rapprocher la conformation des mâles de celle des femelles de leur espèce. Ce rapprochement est surtout remarquable dans le taureau, dont la tèle est grosse, la nuque large, l'encolure épaisse et forte, les poils longs, touffus, gros, le dos et les reins larges, les membres toreux, les cornes courtes et larges, la voix fortement accentuée ; tandis que dans le bœuf, la tête est comparativement petite, l'encolure effilée, le poil luisant, rare et fin, le dos et les reins étroits, les membre; peu fournis, le ventre flasque et gros, les cornes allongées et grêles, les mugissemens rares et faibles; caiaclères, comme on le voit, qui tous s'observent sur la va-he. Des modifications analogues se produisent dans les animaux des autres espèces.

L'animal châtré est donc généralement plus faible et moins propre à de grandes fatigues que celui qui n'a pas été opéré. Cependant ce serait une erreur de croire, avec quelque;» personnes, qu'on peut conserver une plus grande force à ces animaux en ne les châtrant que lorsqu'ils sont adultes, que lorsque leurs formes ont pris leur développement complet. Non-seulement ces formes, si développées soient-elles, se modifient après la castration, et les animaux deviennent moins robustes; mais encore, en châtrant à une époque où les organes génitaux sont en pleine activité fonctionnelle, on expose davantage les animaux aux suites fâcheuses que peut avoir l'opération. En effet, il est d'observa-

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