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duils dans des mares d'eau très -froide, au moment où les plaies étaient en pleine suppuration.
Cet accident est presque toujours mortel.
Engorgement du fourreau et du ventre.
— H arrive fréquemment après l'enlèvement des casseaux, non- seulement que le fourreau se tuméfie, mais encore que l'engorgement s'étend eu avant dans la ligne médiane du ventre et se propage jusque sous la poitrine. Cette complication n'a rien d'inquiétant, si, comme cela a lieu le plus souvent, l'engorgement ne s'étend pas dans l'aine, si la suppuration est de bonne nature et si l'état général du cheval ne parait pas s'en ressentir. La promenade, les frictions de lie devin tiède, quelquefois de légères scarifications, plus tard la pénétralioude l'engorgement par des pointes du cautère actuel, suffisent presque toujours pour le faire disparaître.
Mais, si le développement de cet engorgement n'a lieu que sept ou huit jours après l'opération; s'il coïncide avec une diminution notable, la cessation ou le changement de nature de la suppuration dans l'une des plaies ou dans toutes les deux à la fois; si la marche devient peu à peu moins libre dans le train de derrière, si les reins sont plus roides et que l'animai paraisse un peu souffrant, il y a à craindre la formation de cha-npignons au bout du cordon, ou V induration squirreuse de ce même cordon.
Si l'engorgement se manifeste brusquement, s'étend rapidement en avant, sur les côtés et en arrière, s'il est très-chaud et douloureux; si le ventre devient sensible, l'expulsion de l'urine et des excréments pénible pour l'animal; si ces phénomènes s'accompagnent de la tristesse et de l'abattement, de la perle de l"ap|)étit, delà petitesse du pouls, etc., c'est qu'il se développe une péritonite (inllammation du bas-ventie) ; accident très-grave, et pour lequel on ne sauraitrecourirtroppromptementaux lumières d'un vétérinaire. On s'accorde généralement à regarder l'exposition longtemps continuée des animaux châtrés à des pluies froides, ou leur séjour dans une atmosphèi e froide et humide, comme une des causes les plus communes de cette dangereuse affection.
Champignons. — Squirre du cordon. — Fistule. — Il n'est pas rare au'un animal sur lequel la castration a paru devoir être heureuse pendant les dix. douze ou quinze premiers jours qui ont suivi l'opération, laisse apparaître au bout de ce temps, et même plus tard encore, les caractères de l'un des trois modes de lésion que je viens dénommer.
Le champignon consiste dans une végétation bourgeonneuse, élargie à son sommet, pédonculée à sa base, qui se manifeste à l'extrémité du cordon. Il résulte presque toujf)urs de ce que la circulation n'a pas été complètement interrompue, de ce mie les vaisseaux ne sont point entièrement onlitérés à l'extrémité du cordon.
Cette affection n'a aucnne gravité quand elle existe sans engorgement ni induration du corps du cordon lui-même. Aussi, est-il prudent de faire prnmptement extirper, cautériser ou lier le champignon pour prévenir
conséquence de la persistance de celle vcgé" talion.
Le squirre du cordon consiste dans l'engorgement et l'induration d'ujie partie plus ou moins considérable de la portion restée du cordon lesliculaire, engorgement qui procède de la par ie la plus inférieure et s étend lentement, mais progressivement, en haut, au point de traverser l'anneau inguinal et de se continuer dans l'abdomen, si on n'y met obstacle par l'un des moyens usités en pareille circonstance.
La persistance de la plaie ou d'une ouverture fistuleuse, à une époque où la cicatrisation devrait être terminée, ou déjà trèsavancée ; l'écoulement par celte plaie ou fistule d'un liquide séro-purulent, plus ou moins abondant et d'assez mauvaise odeur; les mouvemens gênés du membre du côlé duquel existe l'induration, ou des deux membres, si les deux cordons sont malades; la roideur et la voussure des reins; la dureté des cordons, quand, averti par les premiers symptômes, on explore la région inguinale, sont les signes qui annoncent que les cordons sont indurés.
On est trop généralement porté à attribuer toujours le squirre du cordon à tel ou tel mode de castration, ou à la manière plus ou moins parfaite qui a présidé à son exécution. Il est vrai, et l'observation le démontre tous les jours, que cette affection est un peu plus fréquente à la suite de certains procédés qu'à la suite de certains autres; il est vrai que l'insuffisance de la compression, dans les procédés par la compression, en est une cause inconteslable; il est vrai encore qu'un opérateur peu exercé et maladroit pourra contribuer à son développement; mais le plus souvent., les indurations squirreuses du cordon résultent des dispositions constitutionnelles dans lesquelles se trouvent les animaux qu'on opère.
Quoi qu'il en soit, lorsqu'on a reconnu, ou lorsqu'on soupçonne l'existence d'un scjuirre du cordon, il faut faire constater le mal le plus tôt possible par un homme de l'art, afin d'y porter un prompt remède; car il est d'observation que celte affection, qui se guérit assez ordinairement à son début, quand elle est bornée à la partie inférieure du cordon, exige une opération fort difficile, et est souvent incurable, quand elle s'étend jusqu'au niveau, et surtout jusqu'au-dessus des anneaux.
On appelle /fj^w/^, à la suite de la castration, une plaie étroite et plus ou moins profonde qui persiste et suppure, à une époque ou la cicatrisation devrait être terminée. Nous avons dit, dans le précédent paragraphe, que celle fistule était l'un des efiéts et des caractères de l'existence d'un champignon ou d'un squirre du cordon. Cependant, quelquefois il n'y a qu'une simple fistule, que la présence d'unefausse muqueuse produite par le frottement empêche de se cicatriser. Le pus qui s'est écoulé est ordinairement peu abondant, filant, presque dur, et sans bien mauvaise odeur. Cet accident e^t sans gravité : il suffit quaud on l'a reconnu, de déurider par une légère incision l'orifice inférieur de la fistule, de promener sur toute raltération du cordon' qiii pourrait être la la face interne de la plaie un pinceau imprégné
cnAP. 3.
d'un liquide légèrement caustique, et de ser l'animal en repos pendant quelques jours. L'escarre mince, produite par la cautérisation de la fausse muqueuse, ne tarde pas a loniber; une suppuration peu abondante, mais de bonne nature, s'établit, puis diminue de quantité, cesse, et la cicatrisation a heu. 11 est quelquefois nécessaire d'avoir recours à une seconde ou troisième cautérisation, quand la fistule est ancienne et étendue.
§ II. — De la castration du taureau.
On ne châtre guère le taureau avant l'âge de deux ans à deux ans et demi, quelquefois ■même plus lard. L'opération sur les animaux de cette espèce a pour but de rendre moins méchants et moins dangereux ceux qu'on destine au travail, et de faciliter l'engraissement de ceux qu'on destine à la boucherie.
Trois modes de castration sont généralement mis en usage pour les taureaux de dixhuit mois et au-dessus. Ce sont : 1° la castration ]jar les cas se aux ; 2- celle par le histournage; 3 • celle par le martelage ou écrasement des cordons. — La castration par les casseaux ifig. 182) ne diffère en rien de
Fi::. 182.
DE LA CASTRATION de lais
celle qui est pratiquée sur le cheval par la même méthode. Cependant elle n'est usitée que dans un petit nombre de localités. — La castration pai le martelage^ qui consiste à écraser successivement chacun des cordons, en les appuyant sur un corps dur, et les frap-
Eant à petit coups à l'aide d'un marteau à ouche large, n'est pas non plus généralement adoptée, bien qu'elle paraisse produire de bons résultats dans quelques pays, et notamment dans le déparlement de l'Ain.
La métliode, sans contredit, la plus répandue, est le bis tournage. L'opération consiste, après avoir fait monter et descendre plusieurs fois les testicules dans leurs enveloppes, pour détruire les adhérences qui pourraient exister, à faire basculer d'abord l'un de ces organes dans l'intérieur des bourses, de manière à ce que sa base, qui fait continuité au cordon, soit inférieure, et sa pointe supérieure. Dans cette position le grand axe du testicule est parallèle à la longueur du cordon contre lequel il se trouve appliqué : c'est le premier temps de l'opération. Dans le second temps, pendant qu'avec les doigts d'une main on pince le cordon à travers les enveloppes pour le fixer, de l'autre main on manœuvre de manière à faire tourner le testicule deux ou trois fois autour de l'espèce de pivot que représente le cordon. Il en résulte sur celui-ci une torsion suffisante pour empêcher la continuation de la circulation dans l'intérieur des vaisseaux qui le composent. Or, la cessation de la circu
ACniCULTORS.
lation dans ces vaisseaux chargés de porter au testicule les matériaux de sa sécrétion et de sa nutrition, a pour effet la cessation de sécrétion et de nutrition dans cet organe, qui finit par s'atrophier avec le temps et disjjaraître plus ou mois complètement.
Après avoir fait pi voter trois fois le testicule, on le remonte dans le haut des bourses, vers la région inguinale; puis on opère de la même manière sur le second, qu'on fait également remonter. Après quoi, et pour empêcher que les testicules ne descendent dans le fond des bourses, ce qui permettrait aux cordons de se détordre, on embrasse toute la partie inférieure des enveloppes dans un nœud formé par un lien préparé avec quatre à cinq brins de laine; on fait avec ce lien deux ou trois tours qu'on a soin de seri-er assez pour les empêcher de glisser, mais pas assez pour mortifier les enveloppes, et l'opération est terminée.
La castration par le bistournage n'exige aucune préparation à l'égard du régime, ni soin» particuliers subséquents, surtout quand les animaux à opérer se nourrissent aux pâturages. Le gonflement inflammatoire qui suit l'opération est très-léger. On retire les liens qui embrassent les bourses deux jours après l'opération.
Le bistournage se pratique les animaux restant debout. Il exige de la part de l'opérateur une grande habitude des manipulations qu'il comporte, surtout quand les animaux sont déjà un peu âgés;car, alors, les adhérences qui existent assez souvent entre les enveloppes augmentent singulièrement les difficultés.
Les accidens qui suivent la castration par le bistournage sont très-rares et jamais funestes. Ils dépendent toujours : ou de ce que les liens étant tombés peu de temps ajirès l'opération, les testicules sont descendus dans les bourses, et la torsion des cordons a été détruite; ou de ce que cette torsion a été incomplète par suite de manipulations vicieuses. Si l'on s'aperçoit prompteinent de l'accident, il faut y remédier par une nouvelle opération; mais une fois l'engorgemt^nt des cordons survenu, il n'est plus possible de bistourner, à moins d'attendre la résolution de l'inflammation. Il arrive quelquefois, et c'est notamment quand l'opération a été pratiquée par des mains peu exercées, que les cordons restent très-longtemps volumineux et durs; c'est alors que l'on peut avoir recours au martelage, ou, ce qui vaut mieux peut-être, à la castration par les casseaux.
Il arrive parfois aussi que des animaux bistournés (probablement parce que l'opération n'a pas été bien faite) conservent des désirs, montent sur les vaches, et même, dit-on, s'accouplent avec elles, sans toutefois pouvoir les féconder. Ces bœufs incomplets sont toujours très-méchants et dangereux, et, en outre, ils engraissent plus difficilement; c'est pourquoi il est prudent de les châtrer de nouveau, en employant la méthode par les casseaux. Quelques personnes prétendent que les bœufs bistournés sont plus propres au travail et qu'ils conservent plus la forme des taureaux que ceux qui sont châtrés par l'enlèvement des testicules.