DE LA CASTRATION
Les agens à l'aide desquels on pratique la cautérisation, quel que soit son but, sont df'signés sous le nom de cautères. — Les cautère» sont dits cautères actuols quand ce sont des métaux chauffés, comme le fer, le cuivre par exemple. — Ils sont dits cautères potentiels quand ce sont des agens chimiques, comme la pierre infernale, la potasse caustique, etc. — L'action du cautère convertit les tissus eu une espèce de charbon qu'on appelle escarre.
§ P'.— De la cautérisation inhérente.
En chirurgie vétérinaire, la cautérisation est employée pour détruire les tissus, par exemple dans les engorgemens charbonneux ou gangreneux, dans beaucoup d'infiltrations séreuses qui s'étendent rapidement, dans quelques tumeurs dures, froides et indolentes, qu'on ne peut ou n'ose pas enlever, et sur lesquelles les applications médicamenteuses sont restées inefficaces ; on détruit aussi avec le cautère actuel ou les caustiques la surface de certaines plaies qui présentent un caractère ulcéreux, les parties osseuses ou cartilagineuses affectées de carie; on cautérise souvent les plaies qui sont le siège d'une hémorragie qu'<m ne peut arrêter par la compression ou la ligature des vaisseaux, etc. — Mais ce mode de cautérisation n'offrant pas de règles bien fixes dans son application, et les cas où il est indicpié ne pouvant être bien rigoureusement déterminés sans de grands cléveloppemens, je n'insisterai pas davantage sur ce sujet, et j'arrive au second mode de cautérisation, plus important pour les propriétaires de chevaux.
§ 11. — De la cautci isatioa transcurrente (feu).
Le mode de cautérisation qui consiste à faire pénétrer du calorique dans la proibndeur des tissus, sans les détruire, mais setilemenl pour les enflammer, est plus généralement connu sous le nom de /eu. Ainsi, quand on pratique cette opération, on dit qu'on met le feu., qu'on applique le feu. — Le feu peut être mis en raies ou en pointes. Quelquefois on le met à la fois en raies et en pointes. Chacune de ces formes peut produire de bons résultats, si l'opération est conduite avec les précautions convenables . Cependant le feu en raies est celui qu'on applique le plus ordinairement. Les vétérinaires le désignent sous le nom de cautérisation transcurrente, et le définissent : une opération qui consiste à promener légèrement, et pendant un temps variable, un cautère actuel à la surfacede la peau, sans la détruire. Le cautère dont on se sert habilnellemenl pour la pratiquer est en fer poli. Il a la forme d'une hache. Le bord de cet instriinient qui correspond au tranchant de la hache a une épaisseur qui varie depuis celle d'une pièce dé deux fr. jusqu'à colle d'une pi'"':,-(i decinq. {fig. 175.)
De toutes les opérations un peu graves, il n'en est pas qui soient plus souvent indiquées que la cautérisation ; il n'en est pas non plus qui soient suivies de ic.-siillals aussi fréijuenimenl heureux. Cependant quelques piopiiétai- I es répugnent encore aujourd'hui à l'emploi du feu : les uns, parce qu'ils révoquent en douîi: bon efficacité ; les autres , parce qu'ils sont cl-
frayés il -s Iraoos souvent difformes qu'ils ont vues résulter (le son application. J'avoue que, nioi-niènie, j'ai vu bon nombre de chevaux cautérisés sans succès, et d'autres assez désagréablement tari's par cette opération. Riais je me bâte d'ajouter que, dans tous ces cas, ou bien le feu avait été mis à une époque où la maladie trop avancée ne laissait raisonnablement aucun espoir de guérison; ou bien, comme cela n'arrive que trop souvent, l'opération avait «té praticjuée par des hommes aussi maladroits qu'iguorans, entre les mains desquels les moyens les plus salutaires deviennent presque toujours inutiles ou dangereux. Doit-on alors attribjter à l'impuissance ou au danger du feu ce qui n'est qu'une conséciuence de son application mal raisonnéeou intempestive?
Il ne faut pourtant pas s'exagérer non plus, comme l'ont fait certains auteurs vétérinaires, la puissance curative de la cautérisation. Il est vrai, par exemple, que de jeunes chevaux déjà fatigués ont pu être redressés par cette ojiération faite à temps; mais avancer, comme on l'a écrit dans quelques ouvrages, qu'un cheval dont les articulations sont /att'ifuces, ruinées, engorgées, œdémateuses, retrouve bientôt son ancienne vigueur, ses aplombs, sa souplesse, sous l'influence du feu viéthodiqiiement appliqué, c'est évidemment aller au delà de la vérité.
Il ne suffit pas, pour mettre le feu, de connaître les règles assez nombreuses qui doivent présider à son application, il faut encore une assez longue habitude de celte opération pour arriver à lui faire produire les meilleurs effets en laissant le moins de treces possibles : double but que doit toujours cherelier à atteindre un habileopérateur.Aussi, l'applicationdu ian, si simple en apparence, est-elle une des opérations les plus difficiles à pratiquer convenablement; et, pour cette raison, doit-elle n'être confiée qu'à des vétérinaires. Je laisserai donc de côté, à son égard, tout ce qui a trait à des détails d'exécution, pour ne m'occuper qu'à consigner ici tout ce qui me paraît devoir êtie porté avec quelque utilité à la connaissance des propriétaires.
A moins d'indication pressante, et toutes les fois qu'on peut différer sans danger, il est préférable de ne mettre le feu que par un temps doux, l'action du froid nuisant à ses bons effets, et les mouches tourmentant beaucoup les animaux pendant les grandes chaleurs. Il faut surtout éviter les temps de pluie et de boue, quand le feu doit être mis sur la |)avtie inférieure des membres.
Quand les poils sont trop longssur la région à cautériser, ou les coupe; quand ils sont fins el courts, il est préférable de les laisser. Si des applications médicamenteuses ont été failf^s ajilérieurement , et que les parties soient grasses ou recouvertes de légères croûtes, on les nettoie avec de l'eau savonneuse quelque temps avant l'arrivée du vétérinaire, afin qii'olles aient le temps de sécher : la présence de la graisse et des croûtes prolongeant inutijemeni l'opération.
beaucoup de propriétaires préfèrent que leurs chevaux ne soient pas abattus quand ils ne sont i)as par trop indociles. C'est un tort. Quand le cheval est couché et solidement fixé.
AiNiiMAUX DOMESTIQUES : CllIRLiRlilK.
il se fatigue beaucoup moins el n'est pas au
tant exposé à se blesser. De son côté, le vétérinaire, qui est aussi plus en sécurité, opère mieux, car il est plus à l'aise, et ne se hâte pas trop dans une opération qui offre d'autant plus de chance de succès ([ue, sans perdre de temps, on met plus de lenteur à la pratiquer.
Quelques personnes désirent, d'autres exigent que le tracé du feu représente certaines figures ou emblèmes : les unes parce qu'elles supposent au feu plus d'efficacité sous telle forme que sous telle autre; les autres, parcfi qu'étant convaincues que le feu doit nécessairement laisser après lui des traces ineffaçables et très-apparentes, elles aiment mieux que ces traces soient le moins désagréables possil)le à la vue. Delà, les feux en croix de Malte, en médaillon, en étoile, etc. On concevra que je ne m'attache pas à combattre sérieusement la première de ces croyances. Quant à la seconde, c'est une erreur de penser que, dans tous les cas, la cautérisation laisse nécessairement après elle des marques très-apparentes et ineffaçables. On peut, en observant certaines règles, éviter les traces ou les rendre le moins apparentes possible; ces règles, les voici :
1° 11 faut faire en sorte que toutes les lignes qu'on tracera avec le cautère suivent la direction des poils de la région sur laquellele feu est appliqué; 2" il faut, autant qu'on le peut, faire les raies moins profondes et plus rapprochées, de manière à compenser leur profondeur par leur nombre; 3° enfin, n'arriver à une profondeur donnée des raies que par le plus grand nombre possible d'applications du cautère.
On voit, par le simple énoncé de la première de ces règles, combien les traces du feu doivent être plus apparentes quand il a consisté en l'un des dessins que je citais tout à l'heure pour exemple, puisque les lignes qui composent ces figures croisent à chaque instant et sur plusieurs points la direction des poils de la région sur laquelle elles sont tracées. — Un autre avantage résulte du parallélisme des raies avec les poils, c'est que ces raies se trouvent en même temps dirigées dans le sens dans lequel la peau s'étend lors des mouvemensde la région qu'elle recouvre. Et, en effet, la peau s'étend dans le sens dans lequel sont dirigés les muscles sous-jacens, et la direction des poils se trouve à peu près, sinon entièrement, en rapport, dans chaque région, avec la direction de ces muscles. Or, voici l'avantage de ce parallélisme entre la direction des traces du cautère et le sens d'extensibilité de la peau : l'animal n'est pas condamné à un repos absolu après l'opération; souvent même il est nécessaire qu'il soit légèrement exercé. Supposons donc une raie parallèle au sens dans, lequel la peau se prête aux mouvemens; lors de son extension, les bords de la raie tendront à se rapprocher, et rendront celle-ci plus étroite; que si, au contraire, la raie était transversale, ou à peu près, lorsque la peau viendrait à subir une extension quelconque, les bords du sillon seraient d'autant plus écartés que l'extension serait plus grande; la raie, à chaque instant tiraillée dans le sens de sa largeur, s'agrandirait dans ce sens, et, pour peu que le feu ait été mis profondément, pourrait se déchirer dans son fond, d'où résulterait une cicatrice des |)lus défectueuses.
GHAP. S.