LIV. III
On donne le nom de purgatifs ou cathartiques aux niedicaniens qui déterminent à la surface interne des intestins une irritation passagère, modérée et spéciale, d'où résultent des évacuations plus ou moins abondantes d'excrémens. C'est de leur action locale que dépend en général l'effet principal qu'ils produisent. Leur contact détermine l'augmentation de la sensibilité, la rougeur et le gonflement de la membrane muqueuse qui tapisse les intestins ; la sécrétion dont elle est le siège devient plus active; l'excitation se propage au foie, et occasionne un afflux plus abondant de bile dans le canal digestif; la tunique charnue y participe aussi; ses mouvements contractiles augmentent et expulsent au dehors les matières contenues dans les intestins.
Suivant le degré plus ou moins grand d'énergie avec lequel les purgatifs agissent, on les a désignés sous les noms de minoratifs ou purgatifs doux, et de drastiques ou purgatifs irritans. Peu de temps après l'administration d'un purgatif, les animaux deviennent tristes et abattus, dédaignent les alimens qu'on leur présente, bâillent, éprouvent des frissons, el quelquefois de légères coliques et du météorisme; le pouls, d'abord petit, concentré, inégal, acquiert bientôt de la force et de la fréquence ; enfin, après un temps variable, il survient des évacuations d'excrémens.
Parmi les purgatifs, il y en a qui produisent la purgation plutôt par suite de l'action relâchante qu'ils exercent sur les intestins, que par une sorte d'irritation spéciale. Ceux-ci portent le nom de laxatifs.
Les purgatifs sont fort utiles dans une foule de maladies de nos animaux domestiques, notamment dans les hydropisies, les maladies chroniques de la peau, le vertige, l'immobilité, les maladies vermineuses, etc. Ils peuvent devenir également fort utiles dans le cours de certaines maladies aiguës, pour entretenir la liberté du ventre; mais alors il faut accorder la préférence aux purgatifs les plus doux. Lorsque l'effet des purgatifs est trop violent, oa dit qu'il y a superpurgation; on remédie à cet état par les adoucissans et les opiacés. Les animaux que l'on veut purger doivent y être préparés par la diète et les boissons dé lavantes.
Les principaux purgatifs sont les sulfates de soude, de potasse et de magnésie; le tartrate acide de potasse, le séné, le nerprun, l'aloès, la gomme gulte, la rhubarbe, le jalap, l'huile de croton-tiglium, etc. Ceux qui jouissent de la propriété laxalive sont : la manne, la casse, le tamarin et l'huile de Ricin.
fORBULES DE PRÉPARiTIOKS PURGITIVES.
N° 41. E!ecCuaire purgatif pour le cheval.
Pr uez : Aloès hépatique en j^oudre. i once. Sulfate de soude. . . « 4 id.
Miel (, id.
Faites selon l'an et administrez le maiiii à jeun.
N° 41. Electuaire drastique.
Prenez: Rhubarbe en poudre. . 3 onces.
Huile de croloo-tiglium. 10 gouttes Miel» «.•... quantité suffisante
N" ^3. Electuaire laxatif.
Picneî : Sulfiite de soude. • 4 onces.
Mantie grasse. . • 4 id.
Miel quaatile'su(fi»ante.
Faites comme ci-dessus.
N° 44. Breuvage purgatif pour le cheval.
Prenez : Aloès en poudre. i once et demie. Eau commune. . i pinte.
Mêlez el ajminisirez tiède.
N° 4 5. Breuvage purgatif minoratif.
Prenez : Sulfate de soude, iî onces. Eau tiède. . , 1 pinte.
Faites dissoudre le sel el administrez en une fcis.
N° 4G. Breuvage purgatif pour le bœuf.
Prenez •. Séné' 2 onces.
Aloès en poudre. . î id.
Eau bouillaotc. . i piste.
Faites infuser le sène', passfz la liqueur à travers un îioge, ajoutez l'aloès el donnez en une dose.
N" 47. Purgatif pour le mouton.
Prenez : Sén'î. .....* gros.
Aloès en poudre. . . 1 id.
Sulfate de magne'sie. . i once.
Eau commune.. • . i verrée. Faites une infusion avec le séné, lirez la liqueur a clair, aJDUtez y le sel el l'aloès el donnez en une dose.
N° 48. Purgatif pour le chien.
Prenez : Sirop de nerprun. î oncog. Eau tiède.. . . ■ veirée.
Délayez le siiop dans l'eau et administrez eu uae l'nii, N" 49. Lavement purgatij iriitant»
Prenez : F'uilles de tabac. 3 onces. Enitlique. . . a gri.s.
Eau. .... 2 pintes.
Faites lionillir le tabac dans l'eau, lirez à clair, ajouleil'émélique cl donnez <;n deux fuis.
§ VII. — Médicamens vomitifs.
Les médicamens dont il est question ici ne peuvent produire le vomissement que chez les animaux carnivores, puisque cet acte est à peu près impossible chez les herbivores. — Il y a un très-grand nombre de médicamens qui peuvent déterminer le vomissement lorsqu'ils sont portés en grande quantité dans l'estomac; mais les pharmacologistes ne rangent parmi les vomitifs que les substances qui donnent lieu à ce phénomène, quelle que soit la voie par laquelle on les administre. Ces médicamens, que l'on nomme encore émétiques, n'agissent donc pas seulement par suite de leur action locale, mais bien en vertu d'une influence spéciale qu'ils exercent sur l'estomac et sur les muscle^ du ventre.
Les vomitifs sont souvent employés comme simples évacuans dans les empoisonnemens récens, les indigestions, les affections bilieuses. On y a recours comme révulsifs dans les catarrhes pulmonaires, la maladie des chiens, certaines affections de la peau, l'asphyxie, etc.
On ne se sert guère dans la pratique vétérinaire à- titre de vomitifs, que du tartre stibié, de l'ipécacuanha et de la staphisaigre.
CLASSIFICATION DES MEDICAMENS.
rORUCLES DK rREPAItATI0!<8 EMETIQI ES.
N" 5o. Breuvage avec l'ipecacuanha» jo grains.
Eau sucrée demi veriée.
Délayez la poudre dans l'eau et admiuistrez au cliien.
N" 5i. Autre avec le tartre stibié.
Prenez -. Tarlre siibié. . . a grains.
Eau distirée t éde. . demi-\errée.
I) ssoîvez cl administrez en une fois.
§ VII[. — Mé<1icamens diiiréti.ques.
Les médicaniens diurétiques agissent sur rëconomie en général, à la manière des excitans; mais ils s'en dislinguenl par un caractère particulier. En eflel, lors même qi.'ils ne stimulent que faiblement les autres organes, ils agissent d'une manière particulière sur les reins, pour augmenter ou modifier la sécrétion de l'urine. Ce résultat n'est point en rapport avec l'excitation générale qu'ils produisent et peut en être tout à fait indépendant. Ces médicamens sont essentiellement utiles dans le traitement des hydropisies, de la pourriture des moutons, des eaux-auxjambes ; ils conviennent également lorsque ï'oQ a à craindre la résorption du pus, lorsque l'on veut dessécher certains vieux ulcères, larir une suppuration abondante, etc.
Les principaux diurétiques sont : le nitrate de potasse (sel de nitre), le carbonate de potasse, le savon, les préparations de scille et de colchique, les térébenthines, la colo|)hane, la pariétaire, l'asperge, etc.
FdRUt'ltS DE ratPARATlONS Dl L H tTIQ L' ES.
N" 0 2. Poudre diurétique fondants.
Pfen^z : Colophane en poudie to parties.
Si! de nitre lO id.
Cl eue de larlre \
Potasse du commerce ! de cliacjue. i partie.
Sel ammoniac, )
Oxyde brun de f r 6 id.
Mcl'îZ bien exactement au mortier et conservez pour l'usage.^l.e dose de cette poudre est de 2 onces par jour pour un cheval. 11 faut commencer par une once.
N" 53. Elecluaire diurétique.
Prenez : Nitrate de potasse. . i once. Oximel scillitique. . 4 id.
Poudre de réglisse. . quaniilé sufGsan'e, pour donner à la masse une consistance convenable.
N" 54. Autre avec les cantharides.
Prenez : Canlharides en poudre. 1 gros. Aioés en poudie. . . 2 id- Térébenthine. ... 1 once.
Miel quantitii sufG.-aute.
Faites selon l'art trois ou quatre bols que vous loulerez dans la poudre d'auaée, et que vous administrerez en une seule fuis. Gobier a obtenu des succès de cette préparation dans le traitement des hydropisies.
N° 55. Breuvage diurétique.
Prenez : Nitrate de potasse. ... a onces.
Miel t^ id.
Vinaigre. ...... 3 id.
Décoctiim de graine de Un, . 3 pintes, ftlélcz le tout ensemble, agitez et adminisîrez en deux fois, a cinq ou siT heures d'intervalle, Réilértz.
N° 5P. Lavement diurétique.
Prenez : Oécoctum de pariétaire. 3 pinles. Térébeinhinp. . . . i ouce». Jauties d'œufs. . . . n" 3. Incorporez la térébenthine dans les jaunes d'œuf», délayez le tout dans le décoctum, et administrez en deux fois.
§ IX. — Médicamens, emménagogues, ou mieux utérins.
On nomme ainsi les substances qui agissent plus particulièrement sur l'utérus (matrice), tendent à provoquer ses contractions, et par suite à produire l'avortement ou à favoriser l'accouchement. Les indications que sont destinés à remplir les médicamens utérins se rattachent à peu près toutes à des parts laborieux ou difficiles, et à des retards dans la sortie du délivre. Il est évident que ces médicamens ne peuvent être utiles sous ce rapport qirautant que les difficultés dans le travail de l'accouchement et de ses suites dépendent de l'inertie de la matrice, ou d'un état de faiblesse générale, et qu'il est dangereux d'y avoir recours lorsque ces difficultés naissent de toute autre cause.
La rue, la sabine, le safran et l'ergot de seigle sont les médicamens qui jouissent plus spécialement de la vertu d'agir sur la matrice.