I. Maladies chirurgicales
§ I. — Abcès.
On donne le nom à'abcès ou de dépôts à fous les amas de pus formés à la surface du corps, sous la peau ou au milieu des parties charnues. Les abcès, quels que soient leur caractère et leur siège, sont toujours le résultat d'une inflammation que l'on nomme inflammation suppurative, et dont les causes, la marche et la gravité, présentent de nombreuses variétés. Lorsque celte inflammation parcourt ses périodes avec rapidité, la collection de pus porte le nom ^ abcès chaud ; on l'appelle au contraire abcès froid si la suppuration se forme avec lenteur, et sans être accompagnée de symptômes bien marqués. L'abcès froid se subdivise en abcès Jroid proprement dit, si la cotleclion s'est prononcée à l'endroit même oii le pus a été formé, et en abcès par congestion, si, le pus ayant subi une sorte de déplacement, la tumeur qu'il forme est devenue apparente loin du siège
PATHOLOGIE SPECIALE. S^r.
primitif du mal. Les parties dans lesquelles les abcès se développent le plus fréquemment sont celles où le tissu cellulaire abonde.— Les principaux symptômes des abcès chauds sont, d'abord le gonflement de la partie, la tension, la douleur et la chaleur. Le gonflement se circonscrit de plus en plus, la tumeur s'amollit du centre à la circonférence, et s'élève en pointe à son milieu; la peau s'amincit et blanchit, les poils tombent en cet endroit, et la pression des doigts k\\\. flotter la matière dans l'intérieur. Ce dernier signe , que l'on désigne sous le nom de fluctuation, est l'indice le plus remarcjuable et le plus caractéristique de la formation du pus; mais il n'est facile à reconnaître que dans les abcès superficiels. — Dans les abcès froids, la fluctuation et même la sortie du pus, surviennent souvent à l'improviste; ils s'observent principalement chez les animaux peu sensibles, tels que les ruminans. — Les abcès par congestion sont presque toujours le signe ou d'uue mauvaise constitution, ou d'une maladie éloignée, tels que la «^'cro^e ou la carie; aussi sont-ils toujours très-difficiles à guérir.
Traitement. Si l'inflammation qui produit l'abcès occupe une grande surface, et donne lieu à un mouvement de fièvre, il faut modérer celle-ci par une petite saignée, la demi-diète, et l'application d'un cataplasme émollient (n°' 3, 61) sur larégion douloureuse. Si, au contraire, la suppuration est lente à s'établir, il convient de stimuler les parties par l'application d'une couche d'onguent basilicum, dans lequel on pourra incorporer une petite quantité de cantharides en poudre. Lorsque la fluctuation est devenue manifeste, il faut ouvrir l'abcès pour faire sortir le pus. Celte ouverture peut être faite par incision, par cautérisation ou par ponction.
L'incision doit toujours être employée lorsqu'il s'agit d'un abcès chaud. Elle se pratique ordinairement avec un bistouri droit dont on plonge la pointe dans la tumeur, de telle façon que le tranchant de cet instrument regarde les parties que l'on veut inciser. Cette incision, dont la grandeurdoit être proportionnée au volume de la collection purulente, doit être faite suivant le trajet ces fibres musculaires, des vaisseaux et des nerfs sous-jacens, et autant que possible à la partie la plus déclive de la tumeur. Si on se trouve obli;;îé de pratiquer l'ouverture à la partie supérieure, au lieu de continuer l'incision jusqu'en bas, on doit se contenter de faire une contre-ouver-ture à cette dernière partie, et de passer dans l'intérieur de l'abcès une mèche ou séton, dont on fait sortir l'extrémité par les deux ouvertures. — Lorsque l'abcès est profond, on emploie, pour l'ouvrir, un bistouri à tranchant convexe, avec lequel on doit diviser les unes après les autres les différentes couches de parties molles qui en composent la paroi externe. — L'abcès étant ouvert, on peut presser légèrement la poche, et même y introduire doue cernent le doigt pour reconnaître si l'étendude l'incision est suffisante; mais il importe de ne point rompre les brides qui s'étendent d'une paroi à l'autre, et qui sont formées par les vaisseaux et les nerfs qui entretiennent la vie de la peau.
ANIMAUX DOMKSTIQUES : PATHOLOGIE.
La cautérisation peut avoir lieu au moyen d'un caustique ( pierre à cautère, sublimé corrosif. — Forez Modicamens caustiques, page 297), ou d'un fer roup;e que l'on plonge a la pnrlie inf-'rieure de l'abcès. Ce dernier moyeu convient très-bien pour les abcès froids; car. tout en donnant issue au pus, il a encore pour résultat une irritation locale qui ranime la vitalité de la partie, et y provoque un travail inflammatoire favorable à la guérison.
La ponction peut être avantageuse pour ouvrir les abcès par congestion; elle empêche l'introduction de l'air dans le trajet parcouru par l'abcès, et elle permet de n'évacuer que la quantité de pus que l'on juge convenable, et de laisser se refermer l'ouverture, qu'on a di^i faire petite, pour répéter l'opération jusqu'à l'entière oblitération du foyer. La poncticnse pratique, soit avec un petit bisloiiri bien aigu, que l'on plonge Irèsobliquemenl dans l'épaisseur de la paroi externe du foyer purulent, soit enfin à l'aide d'un petit trocarl. — Quel que soit le procédé que l'on ait employé pour ouvrir l'abcès, les pansemens doivent se faire avec l'onguent digestif simple, ou même avec des étoupes sèches dont on recouvre la plaie. Il faut éviter de remplir d'étoupes toute la cavité du foyer, et mêmed'introdiiire uncorpsélr.inger entre les lèvres d'une ouverture dont l'éten- <lue est suffisante et la situation convenable, rtlais lorsque l'ouverture est étroite et située daixs des parties épaisses, il faut entretenir les lèvresconvenablement écartées au moyen d'une petite mèche d'étoupes, on d'un bourdonnet (étoupe roulée en petit paquet de forme olivaire), qui ne doit être ni trop dur ni trop fort, et qui a pour résultat d'empêcher la cicatrisation trop prompte de l'ouverture, et de faciliter réc.)uleuieiit du pus qui se développe. — Les soins de propreté sont surtout nécessaires; du reste l'abcès ouvert réclame les soins ordinaires des plaies qui suppurent, (/^o/es Plaie.)
^ II. — 15i ùlure.
Accident produit par l'action du feu sur les animaux vivans. Les chats et les chiens, qui vivent sous le toit du maître, sont presque les seuls animaux domestiques qui soient exposés à ce genre d'accident; cependant les autres animaux peuvent être atteints de brûlures dans les incendies de leur habitation. — Les ravages des brûlures varient avec l'intensité de celles-ci; une brûlure légère produit seulement une légère inflammation de la peau; plus forte, l'inflammation s'étend plus profondément, et donne ordinairement lieu à la formation d'ampoules qui soulèvent l'épiderme, se remplissent d'un liquide séreux, et finissent par crever et laisser sous elles une surface ulcérée, dont l'étendue varie avec l'étendue de la brûlure. Plus forte encore, la peau est nécessairement détruite, finit par tomber et par laisser sous elle des plaies plus ou moins profondes, qui ne peuvent guérir que par la suppuration. Dans ce cas, la cicatrice reste toujours visible, et il ne revient jamais de poils sur l'endroit brûlé. Enfin la brûlure peut, lorsqu'elle est très-pro-
fonde, donner lieu à la niori complète de la partie sur laquelle le feu a agi.
Traitement. Lorsque la brûlure est légère et superficielle, il convient de chercher à faire avorter l'inflammation, en appliquant pendant longtemps sur la partie, des corps très-froids, tels que la glace, la neige, auxquels on fait succéder l'application de compresses imbibées d'eau de Goulard, que l'on maintient constamment humides. On a vanté les bons effets de la pomme de terre râpée et mêlée avec de l'huile d'olives, ainsi que ceux du coton sec,etc., contre les brûlures légères et récentes. Si, malgré ces moyens, l'inflammation se développe, il faut avoir recours aux cata- f plasmes éinol liens et un peu astringens (n"" 3, 33). S'il se forme des ampoules, il faut les crever sans mettre à nu toute la plaie, qui serait vive et douloureuse, et panser avec le cérat ordinaire ou le cérat saturné. Si toute l'épaisseur de la peau a été détruite, la plaie doit nécessairement suppurer; il faut donc se contenter de calmer l'inflammation et la douleur par l'application de cataplasmes adoucissans (n 61); puis, lorsque l'escarre est tombée, il faut hâter la cicatrisation par des soins de propreté, des pansemens avec l'étoupe sèche ou recouverte d'une légère couche de cérat saturné. Enfin, quand la brûlure est très-étendue, il n'est pas rare que la fièvre qui se développe entraîne la mort de l'animal.
§ III. —Carie.
On nomme ainsi une maladie des os, des ligamens et des cartilages, et qui est à ces parties ce que Vulcération est aux parties molles. — Pour bien comprendre ce que c'est que la carie des os, il faut savoir que ces parties sont formées de deux substances différentes : l'une vivante, organisée, pourvue de \ aisseaux et de nerfs, et composée par l'assemblage d'i'.n grand nombre de cellules, forme pour ainsi dire la trame de l'os; l'autre, tout à fait inerte, minérale, et formée par du |)hosphate et du carbonate de chaux, se trouve disséminée dans les cellules de la première, et donne aux os la solidité qui leur est propre. De ces deux parties, c'est celle qui est douée de vie qui peut seule subir les diverses altérations auxquelles les os sont sujets; mais on comprendra sans peine que son mélange avec une substance non vivante doit apporter à la nature et à l'aspect de la maladie des modifications assez grandes pour la différencier de l'ulcération des parties molles. — Les causes de la carie se rapportent presque toutes aux plaies des os et aux inflammations jn-olongées des parties molles qui finissent fréquemment par se communiquer aux os, ou par les mettre à nu. — Les symptômes de la carie sont les suivans : il n'y a jamais carie sans plaie des parties molles et sans écoulement de pus ; mais ce pus, au lieu d'être crémeux et de bon aspect, comme celui qui est fou'^ni par les plaies de bonne nature, est sanieux, grisâtre et même noirâtre, quelquefois sanguinolent, d'une odeur infecte et tout à fait caractérisque; les chairs de la plaie sont boursouflées, blafardes, molles et facilement saignantes. En introduisant une sonde en fer par les ouvertures fisluleuses qui don-
PATHOLOGIE SPÉCIALE
lient écoulement au pus, on arrive sur une surface dure et rugueuse, qui est celle de la portion osseuse cariée; quelquefois l'os est tellement ramolli, que la sonde y pénètre avec facilité. Quand le sujet est jeune et vigoureux, il se forme quelquefois au-dessous au point carié un travail naturel, au moyen duquel les portions altérées sont détachées et entraînées au dehors par la suppuration ; alors la plaie des parties molles, n'étant plus entretenue dans un mauvais état par le pus infect de la carie, prend petit à petit un meilleur aspect, et finit par marcher à la cicatrisation; mais malheureusemenl cette terminaison est la plus rare, et, lorsqu'on abandonne le mal aux seules ressources de la nature, la carie fait des progrès et les animaux s'affaiblissent par les pertes continuelles occasionnées par l'écoulement du pus. Il est donc préférable d'attaquer vigoureusement le mal a son début, et de chercher à obtenir la guérison en détruisant la carie par l'instrument tranchant ou le feu.
Je ne décris pas ici le manuel de cette opération, qui ne peut être faite que par un vétérinaire.
§ IV. — Nécrose.
Lr nécrose est aux os ce que la gangrène est aux parties molles; elle est donc la mort d'une partie osseuse. Lorsqu'elle se déclare dans une partie quelconque d'un os, la portion nécrosée est un corps étranger que la nature cherche à séparer des parties vivantes. On ne l'observe que là où la substance compacte est en plus grande abondance. Elle peut attaquer les os larges et les os longs; lorsqu'elle survient dans la partie intérieure de ces derniers, la portion dos qui est frappée de mort et séparée des parties vivantes par le travail inflammatoire, prend le nom de séquestre.
Dans le traitement de la nécrose, les efforts de 1 art tendent à déterminer l'expulsion de la pièce osseuse mortifiée. Je ne décrirai pas ici les moyens qu'il convient de mettre en usage; parce que l'on a rarement occasion de remarquer la nécrose chez les animaux, et parce que celte maladie, lorsqu'elle se déclare, donne ordinairement lieu à une série d'accidens auxquels un homme de l'art peut seul porter remède.
§ V . — Contusion
C'est la meurtrissure des parties qui se trouvent sous la peau, sans que celle-ci soit entamée. Cette meurtissure est occasionnée par le choc, la pression ou le frottement d'un corps dur qui n'est ni aigu ni tranchant, et que l'on nomme corps contondant. Si la peau se trouve entamée, la plaie qui accompagne la meurtrissure prend le nom de plaie contuse. La contusion peut être plus ou moins forte et grave, suivant que le corps contondant a agi avec plus ou moins de violence. Quelquefois les chairs ont été légèrement meurtries ; alors la douleur est faible, et la guérison facile et prompte; d'autres fois les chairs sont écrasées, les vaisseaux sont détruits, les os sont broyés et les parties sont frappées de mort. Entre ces deux degrés extrêmes de la contu-
sion, il y a une foule d'élats intermédiaires qui peuvent offrir entre elles de grandes différences quant à l'étendue, la gravité el la nature des parties qui sont blessées.
Le traitement des contusions est subordonné à l'état des parties contuses, à la gravité des lésions et au temps qui s'est écoulé depuis que l'accident a eu lieu. Si la contusion est légère, elle ne réclame aucun traitement; si au contraire elle est grave, elle demande des soins qui peuvent être seulement locaux, ou à la fois locaux et généraux, suivant que les accidens se bornent au point blessé, ou qu'ils s'accompagnent d'une fièvre générale. Si l'accident est récent, le traitement local doit consister dans l'application des substances astringentes, qui s'opposent à l'abord du sang, et par conséquent au développement de l'inflammation qui en serait la suite. Ces substances sont l'eau froide, la glace, l'eau vinaigrée, la solution de vitriol vert, l'extrait de Satiu'ne, etc. Quand il s'agit d'une tumeur produite par l'action de la selle, on peut en obtenir la prompte disparition en appliquant sur elle un gazon frais imbibé d»* vinaigre, et en le mainlennnt en place au moyen de la selle convenablement sanglée. Si l'accident date de deux ou trois jours, les astringens ne conviennent plus, et il faut a>oir recours aux adoucis-ans (n"' 3, 6, 61, 63), aux onctions de saindoux, d'onguent populéum, etc. Quant au traitement général, il a pour but de calmer la fièvre qui a pu se développer, et il consiste par conséquent en saignées plus ou moins fortes, que l'on répète au besoin et que l'on aide par la diète, les breuvages rafraichissans acides ou nitrés (n"" 12, 13, 55), les lavemens émoUiens (n7), etc. Malgré l'emploi de ces moyens, il se développe quelquefois de la suppuration dans la partie meurtrie; la contusion devient alors un abcès. {Voyez plus haut.)
§ VI. — Plaie.
On donne le nom de plaie à toute solution de continuité faite aux parties molles par une cause qui agit mécaniquement. On divise généralement les plaies, sous le rapport des causes mécaniques qui les produisent, en plaies faites par des instrumens piquans {piqûres), plaies faites par des instrumens tranchans {coupures, incisions), et plaies faites par des corps conlondans {plaies contuses); c'est à cette dernière division qu'appartiennent les plaies cTarmes a feu, c'est-à-dire celles qui sont produites par des corps mis en mouvement à l'aide de la poudre à canon. On appelle plaies venimeuses celles qui résultent de la morsure ou de la piqûre de quelque animal venimeux, ou dans lesquelles le corps vulnérant a laissé un corps vénéneux ; morsures celles qui ont été faites par les dents d'un autre animal; déchirures ou plaies par arrachement celles qui ont été produites par une traction violente, et dans lesquelles les parties ont été dilacérées; enfin on nomme plaies simples les solutions de continuité, avec ou sans perte de substance, susceptibles de réunion immédiate; c'est-à-dire dont on peut obtenir la cicatrisation sans qu'elles suppurent. Je ne décris pas les symptômes des plaies, parce qu ils sont tellement nom-
AlVIMAUX DOMESTIQUES : PATHOLOGIE.
breux et variés, que je me trouverais eulrainé
trop loin.
Traitement général des plaies. Nettoyer la surface delà plaie, faire la ligature des vaisseaux ouverts, s'ils sont assez considérables pour que leur lésion fasse craindre une liëmorragie fâcheuse, et procéder à la réunion immédiate des bords de la plaie, tels sont les premiei-s soins à donner. 11 s'agit ensuite de surveiller la plaie, et de maintenir l'inflanimation dans de justes bornes pour obtenir l'adhésion immédiate, ou pour prévenir une suppuration trop abondante, et faciliter la cicatrisation. Pour parvenir à ce but on recouvre la plaie de plumasseaux, soit secs, soit imbibés d'eau froide ou d'eau légèrement alcoolisée, maintenus par une bande peu serrée, ou par lasului-e à bourdonnets. On prescrit un régime dont la sévérité est subordonnée à la gravité de la blessure, à la disposition quelle parait avoir à s'enflammer, à l'irritabilité du sujet, etc. Si les bords de la plaie deviennent durs,tendus, très-douloureux et très-rouges, il faut les recouviir de substances émoUientes, et même, s'il est besoin, recourir aux saignées. — Quand les bourgeons charnus végètent avec trop de force, s'ils sont pâles et presque insen^iblos, on les réprime par l'emploi d'un léger caustique (alun calciné, pierre infernale); si au contraire ils sont rouges et enflammés, on combat celte inflammation par les émolliens (n°' 3, 6). — Lorsque la plaie devient pâle et blafarde, que les bourgeons sont mous, boursouflés, et que la suppuration acquiert une mauvaise nature, on exciie l'inflammation à l'aide de plumasseaux imbibés d'eau-de-vie ou de teinture d'aloès.
Les piqûres qui traversent des tissus peu sensibles ne réclament pas d'autre traitement que les plaies simples; mais lorsqu'on a à redouter des accidens inflammatoires menacés d'étranglement, en raison de la disposition des tissus lésés, il faut se hâter de débrider les enveloppes fibreuses qui s'opposent au gonflement inflammatoire, puis mettre les animaux à la diète, les saigner, et se comporter ensuite comme ci-dessus.
Les morsures d'animaux venimeux (vipère, etc.) doivent être cautérisées tout de suite avec l'ammoniaque liquideoule ferbrûlanl;on doit ensuite se comporter comme pour les plaies simples.— Enfin les plaies contusesûemandent à être débarrassée? des corps étrangers qu'elles peuvent receler. On rapproche autant que possible leurs lambeaux; on panse leur surface avec des substances adoucissantes et narcotiques, et lorsque la suppuration est établie, on réunit les parties qui sont susceptibles de l'être, puis on gouverne la blessure comme une plaie simple.
§vn.
Je devrais maintenant parler successivement des FISTULES, des CHUTES, des REXVER-
SEMEXS, des FRACTURES, des LuxATiO->ès, des HERNIES, etc. Mais ces affections, généralement graves et difficiles à connaître et à traiter, exigeraient des détails qui m'entraîneraient beaucoup trop loin; d'ailleurs un propriétaire prudent en confiera toujours le traitement à
r.iv. lïi
un vétérinaire expérimenté, et ce n'est pias pour les vétérinaires que j'écris ici.
ART. II. — Maladies particulières aux solipèdes et surtout aux chevaux.
A. Maladies des organes de la digestion. § 1*'. — Fève ( lampas).
On appelle ainsi un gonflement inflammatoire de la membrane fibro-muqueuse qui tapisse la voûte du palais des chevaux. Ce gonflement, qui survient quelqueft)is chez les jeunes chevaux pendant la durée de la dentition, est très-rare chez les animaux âgés; lorsqu'il se développe chez ces derniers, il est rarement essentiel, mais presque toujours il forme un des symptômes d'une légère irri. tation de la membrane muqueuse gastro-intestinale. Celle opinion n'est pas celle des prétendus guérisseurs et des maréchaux de villages, qui, lorsqu'un cheval parait malade et ne mange pas comme à son ordinaire, ne manquent pas de regarder l'intérieur de la bouche, qui doit être, selon eux, le siège du mal, et d'y chercher le lampas, sans s'inquiéter de l'affection qui cause réellement la diminution de l'appétit. Les mèmus guérisseurs pratiquent dans ce cas une absurde et barbare opération qu'ils appellent ôter la /ère, et qui consiste à faire une incision dans le palais, et à porter un fer brûlant dans cette incision.
Si le gonflement du palais est occasionné, ainsi que je l'ai dit, par une légère irritation intestinale, c'est vers celle-ci qu'il faut tourner ses regards : un peu de diète, des boissons adoucissantes, de Teau blanche et quelques lavemens, en faisant disparaître l'irritation dont il s'agit, ne tardent pas, par suite, à amener la disparition du lampas. Si, au contraire, celui-ci dépend réellement d'une inflammation essentielle de la membrane palatine, et si le gonflement est porté au point de gêner la mastication, il faut essayer d'y porter remède en faisant une saignée au palais. Cette opération doit être faite, non pas avec une corne de chamois ou une tige de fer à pointe mousse, comme cela se pratique encore quelquefois dans les campagnes, mais avec un instrument bien tranchant, par exemple, avec le bistouri à serpette, employé pour l'opération de la queue à l'anglaise.
§ II. — Colique rouge {entérite sur- aiguë, colique de sang).
î\Ialadie extrêmement grave, très-fréquente chez les chevaux, qu'elle attaque souvent sans symptôifles précurseurs, et qui peut être occasionnée par l'usage de foins ou grains nouveaux, ou mal récoltés, et surtout par l'eau froide et crue, nouvellement tirée du puits, qu'on laisse prendre à discrétion et tout d'un trait aux chevaux qui ont chaud, et dont la sueur a été excitée par une course rapide ou un travail fatigant. — I>es symptômes de cette maladie sontdes plus alarmants. L'animal s'agite continuellement; il ne peut plus manger, frappe du pied, gratte le sol, fléchit les genoux comme s'il voulait se coucher sans
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le pouvoir, et regarde son ventre. Bientôt il se couche et se relève précipitamment, se couche de nouveau, fait entendre des plaintes, regarde toujours son ventre, s'étend sur le côté, se débat violemment, et se place sur le dos, les quati'e membres en l'air. Il s'agite dans cette position, la quitte pour la reprendre à chaque instant, se relève et parait n'avoir pas un seul instant de répit, La respiration est fréquente et courte, le pouls devient dur, plein et fréquent; les animaux se campent, soit pour varier leur position et chercher un soulagement à leurs douleurs, soit pour faire des efforts pour uriner ; souvent ces efforts sont inutiles, ou bien, s'ils sont suivis de succès, l'urine qui est évacuée est rouge, huileuse et très-chargée. Les souffrances allant toujours croissant, il survient des trembleraens convulsifs, auxquels succèdent des sueurs gluantes aux flancs, aux fesses, aux épaules, et quelquefois sur presque tout le corps. Bientôt la chaleur du corps baisse ; le froid est surtout sensible aux oreilles, au bout du nez et au bas des membres; le pouls devient petit et intermittent, les mouvemens des flancs se précipitent, les sueurs deviennent froides ; eu même temps l'agitation augmente, l'animal ne se met plus aussi souvent sur le dos, mais il se couche et se relève presque constamment; ses naseaux sont très-dilalés ; enfin, il périt dans les plus violentes convulsions, ou bien après avoir retrouvé quelques instans d'un repos ti'ompeur, qui indique ordinairement l'existence d'un épanchemeut de sang dans l'intestin. La marche de cette maladie est tellement rapide, qu'en 12, 15 ou 24 heures au plus, l'animal a cessé de vivre ou se trouve hors de danger. On peut espérer la guérison lorsqu'on voit la tranquillité succéder aux tourmens, le pouls reprendre de la souplesse, la chaleur du corps se rétablir d'une manière plus égale, et les sueurs disparaître.
Le traitement de cette maladie ne peut offrir quelque chance de succès, que lorsqu'il est employé dès le début. Il y a ici plusieurs indications à remplir : l*' dimiimer la violence de l'inflammation, et prévenir l'épanchement de sang dans la cavité de l'intestm ; 2° calmer les douleurs atroces auxquelles l'animal est en proie; 3° faire naître sur un point éloigné et peu important à la vie, une irritation vive et prompte, qui puisse déplacer celle qui est fixée sur le tube intestinal; 4° enfin rétablir la liberté du ventre.— La première indication se remplit au moyen de saignées qu'il ne faut
fsas craindre de faire larges et copieuses, en es proportionnant toutefois à l'âge et à l'état du sujet; si l'animal est jeune et vigoureux, la première saignée doit être de huit à dix livres au moins; on les répète ensuite tant que le pouls reste plein et dur. et que l'animal se tourmente. Il m'est arrivé plus d'une fois, en pareil cas, de tirer jusqu'à trente livres de sang en huit ou dix heures, et le succès a constamment couronné mes efforts. C'est sur l'état du poulsquele praticien doitseguider. — On parvient à calmer les douleurs auxquelles l'animal est en proie, en lui administrant, dès
le début, des antispasmodiques et des opiacés, J'ai souvent employé avec succès, dans ce but,rélixir calmant de M. Lelong (l),à la dose de quatre à six onces dans une bouteille d'eau tiède. A son défaut, on peut administrer l'éther à la dose d'une once dans une bouteille d'eau froide ; mais il ne faut pas abuser de ces moyens, et il faut promptement leur faire succéder les breuvages simplement adoucissans ( n° 5); on en donne une bouteille de demi-heure en demi- heure, jusqu'à ce que le mieux se prononce. — En même temps que l'on saigne, et que l'on fait avaler des breuvages, on fait sur les quatre membres d'énergiques frictions sèches, auxquelles on fait succéder des frictions avec l'essence de térébenthine; on renouvelle ces frictions comme les saignées. — Enfin on administre fréquemment des lavemens emolliens tièdes (n"7), dont l'action, combinée à celle des moyens que je viens de décrire, ne peut manquer de produire de bons effets. Du reste, il faut supprimer avec soin les médicamens incendiaires, les promenades, ou plutôt les courses forcées, prescrites par un grand nombre de prétendus guérisseurs. Lorsque ce traitement a amené du mieux, on laisse l'animal à une demi-diète, aux barbotlages et au repos pendant quelques jours : bientôt la guérison est complète.
§ UN — Vertige alidoniinal [indigestion vertigineuse, vertigo).
Le nom de vertige^ du mot latin -verte re, qui signifie tourner, a été donné à une maladie du cheval, caractérisée par une singulière tendance de l'animal malade à se porter en avant, à pousser au mur, comme on dit vulgairement, et à toui'ner sans cesse lorsqu'on le tient attaché à im piquet avec une longe. Le vertige peut dépendre d'une inflammation primitive du cerveau et de ses enveloppes ; il porte alors le nom de vertige essentiel; cette maladie peut encore dépendre d'une irritation de l'estomac, ou plutôt d'une violente indigestion; dans ce cas, qui est beaucoup plus fréquent que le précédent, l'affection porte le nom de vertige abdominal. Occupons -nous d'aborâ de cette dernière nuance.
Causes. Les principales sont : les excès d'alimens après de longues privations, l'usage des fourrages nouvellement récoltés, qui n'ont pas encore jeté leur feu; des alimens avariés, des feuilles de vigne, d'if, des bourgeons déjeune bois, de l'avoine trop nouvelle ou falsifiée, du son donné en trop grande quantité; en un mot, l'action de toutes les causes qui peuvent donner lieu aux indigestions (voyez ce mot).
Symptômes. La maladie qui nous occupe est généralementannoucéepar des douleurs abdominales; l'animal frappe du pied, il est triste, ne mange pas, et regarde son ventre comme cela a lieu dans les indigestions ordinaires. A ces preniiers symptômes succèdent bientôt ceux qui indiquent que le cerveau participe à la maladie; les sens deviennent obtus, l'étal
(1) M. Lelong, pharniacien-vttérinaire des écuries du roi, et de l'école d'Alfort, rue Saint-Paul n» 36, à Paris, Je ns saurais trop rtconiniandcr l'olficine de cet cxcclletit et consciencieux pharmacieu.
lie stupeur est marque, la tète est appuyée dans la mangeoire, le pouls est petit et serré. Lorsque l'inilammation a fait des progrès, les yeux deviennent saillans, hagards, animés ; la respiration est courte et laborieuse, la bouche est chaude et remplie d'une salive épaisse. Riais le symptôme le plus caractéristique consiste, ainsi que je l'ai déjà dit, dans la tendance invincible de l'animal à se porter en avant, à se placer au bout de sa longe, et à pousser avec force sa tète contre le mur, ou contre les corps solides qui peuvent lui offrir un point d'appui. Il exécute parfois ce mouvement avec tant de violence, qu'il se blesse le front et même se fracture les os du crâne. Abandonné à lui-même dans une cour, le malade marche irrésistiblement en avant sans voir les dangers, et ne s'arrête que lorsqu'un obstacle invincible lui oppose une résistance suffisante. A ce symptôme tout à fait caractéristique de la maladie, se joignent des signes de fureur, une anxiété extrême, une agitalion excessive, des sueurs partielles ou générales, des convulsions auxquelles succèdent des momens de calme, qui ne tardent pas à faire de nouveau place aux signes alarmans que je viens de décrire; enfin du 3' au 5 jour envii'on, la mort vient mettre un terme aux souffrances, si la maladie n'a pas été arrêtée dans sa marche par un traitement convenable.
Traitement. On est loin d'être d'accord sur le traitement à opposer au vertige abdominal. Un grand nombre de vétérinaires, s'attacliant I>arliculièrenient à combattre l'inilammation cérébrale qui, dans le cas dont il s'agit, n'est pourtant qu'un ejfet d'une maladie intestinale, ont recours aux douches d'eau froide ou d'eau glacée sur la tête, aux saignées pratiquées largement au cou, au plat de la cuisse, à la queue, etenfin aux frictions révulsives sur les extrémités : il faut se hâter de dire que le succès couronne bien rarement ce traitement; j'oseraismême affirmer quejamais il n'a guéri im vertige abdominal, ou, en d'autres termes, une iNDiGESTio.\ vertigineuse, et que les rares succès dus à cette méthode n'ont été obtenus que lorsque l'on avait à combattre, non pas une indigestion vertigineuse, mais bien un vertige essentiel, maladie qui, comme nous leveiTons bientôt, diffère beaucoup de celle qui nous occupe. La raison de ces insuccès est bien simple : le point de départ de la maladie étant une indigestion, c'està celle-ci qu'il faut s'adresser; c'est elle qu'il faut combattre pour faire cesser les symptômes cérébraux. Or,les hommes les plusélrangers à la médecine savent bien que les saignées sont loin d'être favorables à la guérison des indigestions, et que les évacuans les plus énergiques sont les moyens les plus convenables en pareil cas. Depuis longtemps Gilbert a préconisé l'administration de l'émétique à haute dose dans le traitement du vertige abdominal; cette méthode est, je ne sais pourquoi, généralement tombée dans l'oubli, bien que l'émétique réunisse au plus haut degré les propriétés désirables, puisque chez les chevaux il agit à la fois et comme évacuant très-énergique, et comme révulsif ?,ur la muqueuse gastro-intestinale. Dans le courant de l'année 1834 j'ai eu à traiter plusieurs chevaux vertigineux, et
AKIISIAUX DOMESTIQUES : PATIiOI.OGIE. mv. n%.
j'ai employé avec le plus heureux succès la méthode de Gilbert, d'après le conseil je df)is en faire l'aveu, d'un fort habile vétérinaire, M. le docteur Piiilippe,qui avait déjd traité quatorze chevaux par cette méthode et comptait quatorze succès !... Voici en quelques mots la manière de procéder à ce traitement : au début du vertige «if^c/ow/Wrt/, faire avaler au cheval, avec toutes les précautions possibles, une once d'émétique dissoute dans une bouteille d'eau tiède; si l'animal est dilficile et qu'il pousse violemment au mur, il faut préalablement l'entraver et le jeter sur un bon lit de paille, puis lui relever la tète pour lui faire avaler son breuvage; en même temps it faut passer deux sétons à la partie supérieure et sur les côtés de l'encolure. Le cheval relevé, reconduit à sa place et attaché de telle façan qu'il ne puisse se blesser, on lui administre immédiatement un lavement rendu puigatif au moyen d'une once d'alocs en poudre; on renouvelle ce lavement au bout d'une heure, et on attend les effets de ce traitement sans plus rien faire... Ordinairement au bout de quelques heures les symptômes du vertige ont disparu, et il ne reste plus que ceux de l'indigestion et de l'irritation gastro-intestinale, qui ne tardent pas eux-mêmes à diminuer. Il faut ensuite beaucoup de précaution poiu' remettre l'animal à son régime ordinaire.
IM. Watrin,médecin-véférinaire à Versailles, a obtenu plusieurs succès dans le traitement du vertige abdominal, par l'administration à l'intérieur de l'huile de croton-tiglium à la dose de 20 à 30 gouttes dans une décoction de graine de lin. Cette méthode a de l'analogie avec celle de Gilbert, et mérite d'être essayée.
B. Maladies du système nerveux.
§ !"■. — Vertige essentiel.
Cette maladie a été longtemps confondue avec la précédente, dont on croyait fort difficile de la distinguer; considérée tour à tour comme une inflammation du cerveau, ou de ses enveloppes, ou des deux à la fois, elle paraîtrait, d'après IM. le prof. Renault, consister dans une inflammation pure et simple de l'une des enveloppes du cerveau (l'arachnoïde), et mériterait par conséquent la dénomination d'arachnoidite aiguë qu\ lui a été donnée par ce professeur. Si Ion en croit le même observateur, le vertige essentiel serait facilement distingué de l'indigestion vertigineuse par la tranquillité de l'animal qui, au lieu de se livrer à des accès de fureur et de pousser violemment au mur, se porterait paisiblement en avant jusqu'à ce que sa longe ne lui permette plus d'avancer, et resterait ensuite fort longtemps dans cette position. Il arrive même souvent que les chevaux atteints de cette maladie font un demi-tour sur place, tournent leur croupe du côté de la mangeoire et leur tête du côté opposé, et restent longtemps dans cette position, retenus qu'ils sont par leur longe qui les empêche d'aller plus loin. D'après ces caractères, le vertige essentiel, ou V arachnoïdite de M. Renault, pourrait être nommé vertige tranquille pour être distingué de l'indigestion vertigineuse, que l'on pour-
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rait désigner sous le nom de ve ni ^e furieux. Mais celte maladie est fort rare et a encore besoin d'être observée.
§ II.— Immobilité.
C'est une maladie nerveuse doiii les causes sont obscures et dont la nature intime n'est pas bien connue. Le cheval alteint de cette affection est lourd, inattentif à la voix du conducteur et comme absorbé par une sensation interne ; i! sort difficilement de cet état, même à la suite de coups qu'il parait souvent ne pas sentir^l'animal immobile reste presque sans mouvemens a la place où il se trouve : il prend du foin, le mâche, reste quelques instans .sans le mâcher, et recommence ensuite cette aciion ; sa tête est ou basse ou élevée; ses yeux sont fixes, sa vue peu certaine, ses oreilles souvent immobiles ; lorsqu'il a bu il conserve fréquemment la dernière gorgée d'eau dans sa bouche sans l'avaler ni la rejeter, et il ne la laisse tomber que lorsqu'il veut prendre une bouchée d'alimens. Le cheval atteint de l'immobilité recule avec beaucoup de difficulté; souvent même il ne peut plus exécuter cette action, et si on veut l'y contraindre, il se défend, non pas par méchanceté, mais d'une manière qui indique que c'est par douleur ; il tourne la tète à droite, à gauche, sans remuer le corps; il se met sur les jarrets en roidissant les membres de devant, avec lesquels il décrit des cercles en dehors, au lieu de les porter en arrière par la flexion. Ces membres restent croisés lorsqu'on les place l'un devant l'autre. — Les moyens mis en usage pour combattre cette affection ont généralement été infructueux.
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pour se faire remarquer de nouveau aussitôt que le cheval se trouve dans des conditions convenables. Ce bruit ne serait qu'un désagréable inconvénient s'il existait seul; mais ce qui vient aggraver le vice, c'est que, malgré l'apparence de la santé, il y a difficulté réelle à la respiration dans le moment où les chevaux cornentou sifflent; et cette dilficulté est souvent poussée à un te! point, que les chevaux sont menacés de suffocation, et qu'ils tomberaient infailliblement, si les conducteurs et les cavaliers n'avaient pas le soin de les arrêter à temps, et de leur laisser reprendre haleine.
Les causes du cornage sont presque toujours inconnues ; dans ces dernières années, M. Delafond a constaté que l'usage de ]a. gesse chiche^ pour nourriture, pouvait donner naissance à cette affection. Les lésions anatomiques qui apportent un obstacle au passage de 1 air sont variables et ne doivent pas nous occuper ici. — Enfin le traitement, quel qu'il soil, est tout à fait infructueux, excepté lorsqu'on l'applique au cornage occasionné parla gesse chiche : dans ce cas les vésicaloires autour de' la gorge, les saignées au cou, les gargarismes adoucissans produisent de bonselléts. Si l'obstacle au passage de l'air est placé dans les cavités nasales ou dans la gorge, on peut pallier celte maladie, et pratiquera l'air un passage artificiel au moyen d'une opération que l'on désigne sous le nom de trachéotomie et qui consiste à faire une ouverture à la trachée et à y introduire à demeure un tube en fer- blanc, par l'ouverture duquel l'air peut facilement circuler. (Voir section x, page 279.)