‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 190 sur 325 · TOME \\.-~ l · texte numérisé non relu

TOME \\.-~ l

330 AfvIMAUX DOMESTIQU

coryza cl de raiiii,ino ordinaires. — On lient ses causes pour inconnues; mais il esl probable que la dentition du poulain, en opérant un travail de fluxion à laltMe, doit singulièmeul prédisj>ose5" ces animaux aux inflammations de la membrane nasale, des glandes et des ganglions voisins; qu'à celte cause prédisposante viennent s'ajouter l'action des vicissitudes atmosphériques, ie passage brusque du chaud au l'roid, la suppression de la sueur, etc., et il n'en faudra pas davantage pour faire développer la gourme, ou au moins une maladie fort analogue. — Quand la gourme se manifeste, il y a tristesse, dégoût, perle d'appétit, rougeur du nez, ye?//«^c d'une matière plus ou moins opaque, empâtement de l'auge, tuméfaction de ses ganglions, fièvre plus ou moins forte, difficulté d'avaler et quel(|uefois de respirer, yeux chas.'-ieux. Plus lard la tuméfaction de l'auge augmente, se ramollit vers le centre, s'abeède et fournit ui> pus plus ou moins abondant; puis la guérisou survient. — Mais l'affection n'a pas toujours cette régularité et cette bénignité; rinllammation peut être plus intense, et alors la tète est plus pesante, plus chaude; ily a abattement, chaleur, et bave visqueuse à la bouche, rougeur jilus vive du nez et des yeux, accélération et force du pouls, chaleur de la peau, etc. Qaekjuefois, à la suite de cet état, il survient des induralions sous la ganache, des toux rebelles, des écoulemens sans fin; mais le plus souvent l'affection est bénigne, parcourt régulièrement ses périodes et guérit sans laisser de traces.

.Te ne parlerai pas ici de ce que l'on a improprement nommé Jausse gourme; je passerai sous silence les ra,)prochemens que l'on a faits, à tort ou à raison, entre la gourme et plusieurs autres maladies, telles que l'esciuinaucie, la coqueluche, la petite vérole, la vaccine, la clavelée, etc.; je n'examinerai pas si la gourme est particulière aux chevaux, si elle est sujette à récidive sur les animaux qu'elle a déjà attaqués, sil est inévitable et nécessaire que les chevaux aient au moins une fois cette maladie, si elle est contagieuse, etc. Toutes ces questions, sujettes à controverse, ne peuvent être traitées que dans unou\rage spécial.

Traitement. Lorsque l'affection est simple et qu'elle suit une marche régulière, il faut se garder d'en entraver le cours avec cette foule de médicamens proposés par les auteurs; il faut au contraire laisser agir la nature et se contenter de surveiller les animaux, de les maintenir dans une température douce et égale, de diminuer leur ration et de composer celle ci d'alimens de facile digestion, tels que l'eau de son et la bonne paille, alternée avec l'herbe fraîche s'il est possible; il faut aussi donner quelques lavemens simples, préserver du contact irritant de l'air la tuméfaction de l'auge, et l'abcès s'il s'en forme un; et dans ce but recouvrir la ganache d'une étoupade épaisse par-dessus laquelle on applique une peau de mouton, la laine tournée en dedans. Lorsque l'inflammation est très-forte, la diète la plus sévère esl de rigueur; on administre en outre les lavemens émolliens (n° 7); on expose des bains de vapeurs d'eau bouillunle sous la lète et le nez; on fail sous l'auge

ES : PATHOLOGIE. i.iv. hï.

des onctions d'onguent populéum, on abreuve l'animal avec l'eau tiède miellée, blanchie avec la farine d'orge ; si la respiration est laborieuse, la toux difficile et la fièvre forte, on lait cjuelques petites saignées, mais il ne faut pas abuser de ce moyen; lorsque l'inflamuiation commence à se calmer, on établit au poitrail un selon que l'on anime fortement avec un mélange d'onguent basilicum et d'essence de térébenthine; enfin, lorsqu'il se forme un abcès sous l'auge, il faut y favoriser le développement du pus par ra[)plication de l'onguent vésicatoire, et se hâter d'ouvrir la tumeur, lorsque la fluctuation est prononcée.

D. Maladies du système lymphatique.

§ ^^ — Farcin.

On donne le nom de farcin à une maladie particulière au cheval, au mulet et à l'âne, résultant du développement de tubercules dans le tissu cellulaire, les ganglions et les vaisseaux lymphatiques sous-cutanés, oudans l'inflammation chronique et l'induration de ces parties, et pouvant affecter foules les parlies extérieures du corps. Le farcin peut f^e montrer sousquatreformesdifférenles : \° Induration farcineuse de la jjeau, farcin volant. Ce sont de petites tumeurs plus ou moins arrondies, d'un volume variant depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'une grosse noisette, dures, indolentes, qui ont leur siège dans l'épaisseur du derme; elles restent slationnaires pendant plus ou moins longtemps, disparais^ sent en totalité ou en partie, en laissant à leur place une espèce de petit durillon; ou bien les poils qui existent au sommet se hérissent, et si on les écarte on remarque un petit ulcère arrondi, d'une couleur rouge, à surface exubérante, et ne paraissant occuper que les lames les plus extérieurs du derme. — 2° Abcès sous-ciitancs Jarcineux. Ce sont des tumeurs molles, indolentes, fluctuantes dès leur début, sans changement de couleur à la peau, situées plus ou moins profondément et se faisant surtout remarquer aux membi'es. La circonférence de ces tumeurs est quelquefois dure, mais sans douleur et sans chaleur; si on les ouvre il s'en écoule une matière jaunâtre, limpide, en quelque sorte huileuse, tenant en suspension des flocons blanchâtres; quelquefois la petite plaie devient ulcéreuse, mais le plus souvent elle se guérit assez facilement.— 3° Tumeurs Jarcineuses sous-cutanées, farcin cordé, engorgemens farcineux. Ces tumeurs se développent dans le tissu cellulaire sous-cutané, dans les interstices des muscles sous la forme d'une corde uniforme plus ou moins cylindrique, ou présentant des renflemens de distance en distance, des espèces de boulons plus ou moins gros, affectant la forme de chapelets, de cordes noueuses, résistantes, douloureuses,qui, de leur point de départ, se dirigent constamment vers le centre en suivant le trajet des veines ou des lymphatiques; ou bien ce sont des tumeurs aplaties, ordinairement circonscrites, suivant la même direction que les précédentes, et dont les j^arties

MALADIES DES CHEVAUX

voisines sont plus ou moins œdémateuses. Bien tôt certaines parties de la tumeur se ramollissent, ou, si elle a la forme d'une corde régulière, on remarque dans plusieurs points de son étendue des portions exubérantes qui laissent apercevoir dans leur centre une fluctuation qui augmente tous les jours; la peau s'amincit, s'ouvre, et une petite ouverture donne issue à un j)us jaunâtre, épais et grumeleux, puis un ulcère s'établit. Les parties environnantes s'engorgent, deviennent dures, lardacées ; l'engorgement s'étend, gagne en largeur; de nouvelles tumeurs farcineuses se forment, et des ulcères peuvent apparaUre dans des parties plus ou moins éloignées. Du reste, les chevaux peuvent jouir de tous les caractères delà santé. — 4° Ulcères farcineux. Ordinairement arrondis, grisâtres ou d'un rouge livide, peu douloureux; les bords en sont légèrement renversés en dehors, frangés; la surface en est inégale, rouge, fongueuse. Ces ulcères s'étendent en largeur pendant quelque temps, restent longtemps stationnaires, se multiplient pendant que d'autres se cicafris'înt, et sont toujours d'une giiérison dilficile à obtenir. La cicatrice ne présente rien de remarquable; et ici, comme dans les cas précédens, la sauté peut rester parfaite.

Le farcin s'observe à tout âge, se développe dans toutes les saisons, mais principalement au printemps: il affecte les deux sexes et est ordinairement beaucoup plus bonin chez les chevaux entiers que chez les chevaux hongres. Cette maladie peut se développer sous l'influence des mêmes causes que la morve; elle peut aussi être la suite des suppurations de longue durée et de la résorption du pus des plaies de mauvaise nature. Cette affection, qui peut durer pendant des années entières, a longtemps passé pour contagieuse; beaucoup d'hippiatres, de cultivateurs et d'officiers de cavalerie lui donnent même encore ce caractère; cependant l'expérience et l'observation de tous les jours semblent démontrer que le farcin ne peut se transmettre par voie de contagion.

Traitement. Un air pur, sec, fréquemment renouvelé, l'usage des couvertures légères, le pansement de lamain réitéré et bien exécuté, des alimens de saine nature, un exercice modéré et réglé, sont les meilleurs préservatifs de cette maladie, et les meilleurs auxiliaires du traitement. A ces moyens on peut joindre l'administration des toniques (n° 26), des diurétiques et des rondans(n"' 52, 66,67, 68, 72). Les tumeurs abcédées doivent être ouvertes au moyen de l'instrument tranchant, et détruites soit avec les caustiques, soit avec le fer rouge. On procède à l'enlèvement des kystes avec le bistouri, si les tumeurs sont volumineuses ; les plaies sont ensuite recouvertes d'étoupes coupées, et pansées avec la teinture d'aloès, l'eau phagédénique, le chlorure de chaux, etc. Malgré tous les soins possibles, il faut avouer que le farcin résiste bieu souvent au traitement que l'on emploie pour le combattre.

Je ne parle pas ici des maladies que l'on adésignées sous les noms de morve aiguë, farcin aigu, affections très-rares et rapidement mortelles.

§ II. — Morve.

On donne ce nom à une maladie du cheval qui se manifeste par l'engorgement des ganglions lymphatiques de l'auge, le jetage par les deux narines ou par une seule, et dans ce dernier cas, le plus souvent par la gauche, d'une matière jaune -verdâtre, grumeleuse, s'attachant aux orifices des narines, et par l'apparition de tubercules ou d'ulcères sur la membrane qui i"evél la cloison médiane des narines ou les cornets. Cet état est fréquemment accompagné du développement de tubercules dans les poumons. Le cheval est dit douteux quand il présente un ou deux des symptômes que je viens d'indiquer. Ordinairement le jetage ou la glande paraissent les premiers : d'abord eu petite quantité, presque séreuse, la matière qui s'écoule d'une ou des deux narines est plus abondante que de coutume; elle est d'une coqleur jaunâtre, inodore, et tient en suspension de petites masses comme caséeuses qui couvrent et salissent la peau et se dessèchent sur les orifices des narines. Si la maladie débute par la glande, un petit engorgement, ordinairement arrondi, situé plus ou moins profondément, parait à la face interne de l'une ou des tin^xw branches de l'os de la mâchoire inférieure; cet engorgement est peu volumineux; il commence par avoir le volume d'une noisette ou d'une noix; il parait formé d'une seule masse, ou constitué par la réunion d'un grand nombre de petits corps mobiles les ujis sur les autres, mais réunis en une masse assez circonscrite, adhérant ou non à la peau, qui elle-même est plus ou moins mobile; il est quelquefois indolent, d'autres fois il est légèrement douloureux, et le cheval cherche à éviter la pression. Que l'un de ces symptômes ou tous les deux ajjparaisseut en même temps et successivement, ils peuvent l'ester stationnaires pendant fort longtemps, quelquefois des mois, des années, pendant lesquels la membrane nasale est dans l'état naturel, ou colorée, ou plus ou moins épaisse et blafarde; en itiême temps l'animal paraît jouir d une bonne santé. Enfin, l'œil du côté où le jetage a lieu devient chassieux, larmoyant; de petits tubercules, développés dans le tissu sous-muqueux, apparaissent sur la pituitaire ; bientôt ils se ramollissent, font place à de petits ulcères moins colorés que les parties environnantes, blafards, jaunâtres et quelquefois exubérans ; ils augmentent successivement tant en profondeur qu'en étendue ; le jetage devient plus considérable ; bientôt il est mêlé de stries de sang; la table externe des sinus frontaux se gonfle, fait saillie sous la peau ; la percussion que l'on exerce sur elle est douloureuse et rend un son mat; le cheval est définitivement déclaré morveux et doit être abattu, non que la mort suive de près la maladie arrivée à ce degré, et que le cheval ne puisse encore rendre des services, mais parce que l'affection est alors regardée comme définitivement incurable, et que les ordonnances de police prescrivent le sacrifice de l'animal.

Causes. Plusieurs vétérinaires regardent la morve comme héréditaire; mais ce point de doctrine est encore douteux. Toutes les irrita-

lions souvoiiL rcnouveU-es de l'appareil de la respiration , toutes les causes susceptibles d'affaiblir Tecononiie et d'appauvrir le sang, telles que bs mauvais fourrages, les fatigues excessives, le mauvais l'éginie longtemps continue, l'influence d'un air vicié, des écuries malsaine est humides, des travaux saccadés, etc, peuvent occasionner celte maladie.

La mone est-elle contagieuse ? \o\\a wna question qui a été bien débattue, et qui est encore indécise. Autrefois tout le monde était convaincu de la contagion de la morve, et les règleniens de police prescrivaient à l'égard des chevaux morveux des précautions d'hygiène publique, qui, aujourd'hui, paraîtraient ridicules et vexaloires. Dans ces derniers temps même (mars 1837), un médecin Irèsdislingué, M. Rayer, dans un mémoire lu à l'Académie de ftlédecine, a soutenu que la morve aiguë pouvait se tr.msmettre d'un animal à l'homme et réciproquement. H a cité, à l'appui de cette OfMuion, l'observation d'un palefrenier mort à l'hôpital de la Cliarilé, d'une maladie qui avait tous les caractères de la morve, et d'un cheval chez qui cette maladie s'était déveIop|)ée à la suite de l'inoculation de la matière sécrétée par la muqueuse nasale de cet homme.

Mais un fait unique, en le supposant même bien conslaté, ne s'aurait en infirmer des milliers d'autres. L'expérience et l'observation sont venues d'abord jeter des doutes sur cette propriété contagieuse, puis convaincre un grand nombre de praticiens de l'absence complète de cette propriété. Si je ne m'en rapportais qu'au dire de la plupart des vétérinaires, et aux expéi'iences que j'ai faites à l'infirmerie de Betz avec mon confrère et ami M.Berthonneau (nous avons i'<7//2e/72ert;e.ssayé d'inoculer la morve à dix chevaux jeunes et .bien portans), je ne craindrais pas de dire hautement que la morve chronique ne peut se transmettre par contagion; mais un pareil langage ne serait peut-être pas sans inconvénient ici; j'aime donc mieux m'abstenir, et me contenter d'engager les propriétaires à la prudence, tout en leur conseillant de bannir ces craintes exagérées, et ces pi'écautions ruineuses qui, dans l'état actuel de la science, seraient véi'itablement déplacées. Qu'ils évitent avec soin d'exposer leurs animaux aux véritables causes de la morve : voilà le meilleur secret de les en préserver.

Tout le monde sait que la morve confirmée est incurable : indiquer les traitemens qui ont été proposés pour la combattre, serait donc ici un véritable hors d'oeuvre.

E. Maladies des yeux.

Fluxion périodique ( ophlhnlmie intcrnutteutr, fluxion lunatique).

Maladie des yeux, reconnaissableà tous les signes de l'ophthaimie interne, apparaissant à des époques plus ou moins éloignées, et finissant presque toujours par entraîner la perle de la vue.

Les causes prédisposantes de cette maladie sont : le travail de la dentition, l'usage habituel des alimcns fibreux, durs à broyer, des

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