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alimens mal récollés ou avariés ; l'influence des pâturages marécageux, des lieux bas et humides, des brouillards habituels, des prairies rendues fétides par certains engrais, par exemple, par les égouts des villes, le limon des fleuves; etenfiiW/i<">Y'V/^Vf\ Les principales causes occasionnelles sont : le passage du chaud au froid, les vapeurs irritantes des écuries, etc.
Synij iômcs. Ils peuvent être distingués en ceux qui appartiennent à l'accès, et en ceux qui se font remarquer dans les intervalles qui séparent ceux-ci —Les symptômes de l'accès peuventêlre divisés en cinqtemps. — l"""^ temps. Les yeux |)araissent atteints d'une ophthalmie ordinaire : il y a larmoiement, rougeur de la conjonctive, tuméfaction des paupières, sensibilité et chaleur plus marquées des parties qui environnent l'œil, aspect blanchâtre de la cornée, fièvre générale plus ou moins forte; les yeux sont presque toujours fermés. Ce premier temps dure depuis 3 jusqu'à 10 à \'l jours. — 2^ Temps. Les phénomènes précédens persistent, l'humeur qui s'écoule des yeux devient épaisse, la cornée est proéminente, l'humeur aqueuse perd sa transparence, et la cornée lucide jîaraît elle-même enflammée et obscurcie. — 3° Temj)s. L'inflammation paraît diminuer un peu de force, les symptômes qui la caractérisent se dissipent, l'œil se découvre, l'humeur aqueuse qui était trouble et rendait la vision obtuse, commence à recouvrer sa transparence, en laissant voir ce qu'elle a d'opaque, se condenser sous forme d'un nuage et se convertir en une matière floconneuse qui, précipitée jusqu'en bas de la chambre antérieure,y est enfin absorbée plus ou moins parfaitement. — 4" Temps. Peu après l'éclaircissement de l'humeur aqueuse, il s'établit dans l'œil malade un nouveau travail inflammaloire moins fort que le premier; la matière précipitée s'élève, se répand dans toute l'humeur aqueuse une seconde fois, et la trouble de nouveau. — 5' Temps. Il est marqué par la cessation complète de tous les symptômes inflammatoires, la préci pitation de la matière opaque, et sa disparition définitive. Alors l'animal paraîtcomplélement guéri; mais quelques semaines après il survient une nouvelle attaque qui parcourt les mêmes périodes que la première, disparait comme elle, pour être suivie d'une 3 , puis d'une 4", el ainsi de suite jusqu'à ce que les progrès du mal aient amené la perte complète de l'œil affecté. — Lorsque l'animal n'a encore éprouvé qu' un ou deux accès, on ne voit rien pendant les rémissions; mais lorsque les attaques se sont multipliées, les larmes acquièrent une qualité irritante, et déterminent souvent la chute des poils et même l'érosion de la peau en s'écoulant sur le chanirein; l'œil perd un peu de son volume, rentre dans son orbite, prend une teinte ardoisée; la paupière supérieure se couvre de rides, la paupière inférieure se fend à une petite distance de l'angle nasal; puis le cristallin devient opaque, et la cataracte se développe.
Tout ce que l'on a pu faire jusqu'à présent pour guérir la fluxion périodique a échoué, et la maladie doit encoreêtre considérée comme incurable. Les soins à donner aux chevaux qui en sont attaqués consistent à faire dispa-
cnAP. :>.
raître aussi promptemenl que possible les sjniptôines de l'abcès; on y parvient en mettant en usage le trailenient que j'ai l'ait counailre en parlant de Vophihaliine aiguc{yvYtz ce mot).
F. Maladies des membres.
§ I**". — Considérations générales.
Les maladies des membres, comme celles du pied, que nous examinerons bientôt, ont poui' caractère général, mais non essentiel, de faire boiter les animaux qui eu sont atteints; elles portent par conséquent les noms gcnéritiues de boiteries et de claudications. Ces maladies peuvent être légères ou graves, et donner lieu à des boiteries plus ou moins fortes. Lorsque l'animal se borne à appuyer moins franchement sur le sol avec le membre malade qu'avec les aulres, on dit qu'il y<v/;^ Si la douleur est plus forte, que l'animal ne s'a()puie que le moins possible sur le membre boiteux, et que pendant la marche il accom-
1)agne cet appui de balaucemeus considéra- )!es de la tète, on dit qu'il boile tout bas. Enfin la douleur peut èlre assez vive pour empêcher l'animal de se servir du membre malade; on dit alors qu'il marche ci trois jambes. Ce dernier signe est le plus grave. Le point souffrant d'où procède la boiterie est indispensable à connaître pour y appliquer des remèdes; il se manifeste quelquefois par des plaies, des ulcères, des suintemens, des tumeurs diverses ( eaux-aux-jambes, crevasses, exostoses, etc.). Malheureusement, il est des cas où les causes de la boiterie sont loin d'être aussi évidentes, et où il est nécessaire de recourir à un examen très-détaillé; trop lieureux encore quand on parvient à découvrir le mal ! car il faut avouer que dans bien des circonstances il est fort difficile de reconnaître, non-seulement la partie malade, mais encore le membre boiteux. Voici cependant les principaux moyens d'être éclairci sur ce point.
On distingue quatre temps dans la part que chaque membre prend aux allures : 1° Je lever; 1° le soutien, instant où le pied avance à peu près sans monter ni descendre; 3' le poser, instant où il regagne le sol; 4' ï appui, moment où le pied qui a tombé sur le sol supporte sa part du corps jusqu'à un nouveau lever. Si l'on considère dans sa marche un cheval boiteux, on voit que le membre malade fait son lever le plus vite, son soutien le plus long, son poser le plus tardif et son appui le plus court qu'il est possible. Au contraire, le membre qui correspond à celui qui est malade fait son a[)pui le plus long, et les autres temps aussi courts que possible, afin de venir au secours de celui qui est souffrant. Si le mal existe à un membre antérieur, la tête s'élève dans l'instant oii il fait son appui, et la charge se prolonge sur le bipède diagonal opposé. Lorsque la douleur existe à un membre de derrière, la tête s'abaisse à l'instant où ce membre fait son appui, et ce mouvement, en reportant sur les membres de devant une partie du poids du corps, soulage d'autant ceux de derrière; le membre })ostérieur sain accélère son poser pour prolonger son appui.
MALADIES DES CHEVAUX
Dans les boiteries légères, dont le siège ne se manifeste pas d'abord suffisamment, au lieu de Taire marcher le cheval au pas sur un chemin de sable ou sur la terre, on le fait partir au trot sur le pavé, et l'on a soin que le conducteur, courant à pied, tienne la longe à quelque distance de la tête. On se place d'abord en arrière, puis en face du cheval, puis enfin on se place de manière à le voir trotter de côté, et même en cercle avec changement de main.
Le membre boiteux étant reconnu, il s'agit de procéder à la recherche de la partie malatle. Voyons d'abord pour les membres de devant. Un caractère qui n'a, je crois, été indiqué par personne et dont je me suis servi plusieurs fuis avec avantage, peut faire reconnaître de suite si la maladie a son siège dans le pied ou à une autre région du membre : en faisant marcher l'animal boiteux sur un funiier éj)ais, la claudicution diminue ou dispa^ raît si elle provient d'une altération du pied; elle persiste ou elle augmente si elle est occasionnée par une toute autre cause. Si le cheval est atteint d'un f'tw/-/, l'extrémité inférieure du membre rlécrit une courbe en dehors pendant la marche, X d.n\n\'d\ fauche . Dans ce cas, la boiterie augmente lorsqu'après avoir fléchi le membre malade, cui l'écarté violemment du corps ; d'ailleurs l'absence de tout signe de douleur dans les autres parties du membre vient confirmer le diagnostic. Si le cheval boite du genou, le mouvement de faucher existe encore un peu, mais cette boiterie est facilement reconnaissable à l'enflure de cette partie, et aux signes de douleur que l'animal donne quand on la comprime. La claudication qui dépend d'une maladie des tendons se reconnaît à leur gonflement, et à la douleur que l'animal manifeste quand on les touche ; en outre le cheval cherche à se soulager en mettant constamment ces tendons dans le relâchement; pour y parvenir il n'appuie le membre c|ue sur la pince, et il tient les talons relevés. Les efforts de boulets se reconnaissent aussi facilement que ceux du genou. — Dans un membre postérieur, l'action de Jaucher indique presque toujours un effort de cuisse ou un état maladif du jarret. Ici comme pour les membres de devant, lorsqu'on lait marcher l'animal sur un épais fumier, la boiterie diminue ou disparaît si elle provient d'une altération du pied; elle persiste ou elle augmente si elle procède d'une autre cause. Si le cheval est atteint A'uueJJortde cuisse^ l'appui du pied sur le sol se fait par tous les points de la circonférence de sa face inférieure, la boiterie augmente lorsqu'on a fortement porté le membre successivement en avant, en dehors, et en arrière; le reste du meni!)re ne présente aucune douleur. Un cheval atteint d'uu ejfort de grasset éprouve beaucoup de dilficulté à lever le membre malade; il le traîne à terre en raclant le sol avec sa pince. Un ef- Jort de jarret s'oppose à la flexion de cette partie qui s'enfle, et devient chaude et douloureuse.
Si la manière dont se fait la boiterie ne suffit pas pour rendre compte du siège et de la nature du mal, il faut laisser l'anima! en repos, examiner attentivement, presser, comprimer dans tous les sens, faire mouvoir et.
secouer fortement toutes les régions dumembre, afin de voir s'il n'y a pas quelque part de la clialeur, de la douleur, de la roideur, du gonflement qui puisse mettre sur la roie de la découverte ; on termine cet examen en faisant déferrer l'animal, et parer à fond Je pied du membre boiteux, et comprimant successivement tous les points de la sole et de la fourchette avec le mors ou les branches des tricoises. De cette manière, et avec quelques précautions, on parvient presque toujours a découvrir un point douloureux, et par censéquent le siège du mal. Il ne s'agit plus alors que d'appliquer un traitement con-. venable à la maladie reconnue. —Les boiteries dites de vieux mal f,ont celles qui sont anciennes, ou dont la cause est inconnue; il y a des boiteries de vieux mal qui subsistent constamment; d'autres ne sont apparentes que lorsque l'animai sort de l'écurie, et disparaissent lorsqu'il est échnufjé pour revenir quand il a été refroidi ; d'antres eufin qui ne s'aperçoivent qu'à chaud.
§ II. — Eaux-aux-janibM.
Maladie dégoûtante qui affecte les parties inférieures des membres, et est caractérisée par un suintement d'un liquide séreux, fétide, qui humecte la partie malade, et se rassemble en gouttelettes a l'extrémité des poils réunis en paquets. Les eaux-aux-jambes attaquent plus spécialement les races communes, les chevaux qu'on élève sur des terrains marécageux, et dont les pieds sont plats, larges et évasés, et le bas des membres naturellement gros et chargé de poils abondans ; elles se montrent à toutes les époques de la vie, mais plus souvent dans l'âge adulte, et se propagent fréquemment aux quatre membres, en commençant le plus ordinairement par un seul ou par deux, el; toujours par ceux de derrière. — Les causes de cette maladie sont : les excès de travail, l'influence des localités humides, des écuries malpropres, le contact des boues acres des grandes villes, la mauvaise habitude de passer à l'eau les chevaux qui rentrent du travail, et, dit on, la contagion.
Symptômes. Les eaux-aux-jambes commencent presque toujours par une inflammation plus ou moins aiguë de la partie qui doit en être le siège. Le premier indice qui décèle cette maladie est le hérissement des poils de la couronne, du paturon et du boulet; ce hérissement est accompagné de l'engorgement et de la roideur du membre. Bientôt commence le suintement dont j'ai parlé; le liquide qui s'écoule est d'une odeur particulière Irès-désagréable, tenace et persistante; il parait d'abord comme une rosée qui se condense <à chaque poil. Les progrès de la maladie déterminent bientôt le développement de la douleur; celle-ci devient si forte, que le moindre contact des corps extérieurs cause une grande incommodité; il suffit qu'une
Faille touche un endroit souffrant, pour que animal lève le membre malade. Plus tard ce liquide devient épais, consistant et plus fétide, et rassemble les poils en paquets; ceuxci tombent et la peau se dénude dans une étendue plus ou moins grande. La matière de l'écoulement irrite les parties qu'elle touche,
AM3IAUX DOMESTIQUES : PATHOLOGIE
Lîv. in.
et entretient la douleur qui est toujours trèsforte, surtout quand l'animal sort de l'écurie. Si la maladie n'est pas arrêtée dans sa marche, elle peut passer à l'étal chronique. Alors l'écoulement persiste toujours et conserve encore sa félidilé et sa consistance; mais la douleur disparait, et l'animal ne témoigne plus la moindre sensibilité lorsqu'on lui explore le membre. C'est alors que l'on voit naître sur les parties affectées des ulcères superficiels, sur les bords desquels se développent des excroissances charnues, rouges, molles, à bases étroites, auxquelles on a donné le nom de verrues ou de grappes. Enfin l'animal maigrit et dépérit, tout en conservant sop appétit qui est même augmenté, mais qui ne peut re|)arer complètement les déperditions qui ont lieu par les surfaces malades.
Traitement. Voici celui qui a été recommandé parlM. Barthélémy aine, ancien professeur à l'école d'Alfort : alimens sains, ration ordinaire, travail fatigant tous les jours, ne pouvant être remplacé que par cinq ou six heures au moins d'un exercice actif; après le travail on lave la partie n)alade avec l'eau tiède; on l'essuie de manière à absterger l'eau dont elle est humectée, puis on lotionne légèrement toute la surface avec une dissolution de deux onces de vert-de-gris dans un litre d'eau de rivière. On répète celte opération tous les jours jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'écoulement et que lapartie malade soit parfaitement sèche; il est même prudent, pour prévenir toute récidive, de continuer les lotions plusieurs jours après que la dessiccation parait complète, ce qui a souvent lieu lorsque l'on n'a fait encore que trois ou quatre applications; car dès la première, l'écoulement diminue sensiblement. Le travail est un auxiliaire indispensable: il détermine le dégorgement des jambes. Lorsqu'il existe des verrues, le cas est plus grave; on commence par les couper successivement, on cautérise avec le feu la base des plus volumineuses, de celles qui saignent beaucoup, après quoi on a recours aux lotions comme dans les cas où cette complication n'existe pas. On recommande généralement l'application du feu sur le membre, comme moyen de prévenir les récidives; cette opération n'est pas indispensable, et comme elle a l'inconvénient de tarer les animaux, on doit s'abstenir de la pratiquer, excepté peut-être dans quelques cas particuliers, où elle pourrait être rendue nécessaire par l'ancienneté du mal, l'âge avancé el le tempérament essentiellement lymphatique du sujet.
§ III. — Crevasses {mules traversines).
Entamures étroites, al longées, plus ou moins profondes, accompagnées de suintement d'une humeur lélide, el ayant leur siège au boulet el au paturon du cheval, dans le sens transversal. Les cheA'aux y sont exposés quand ils travaillent sur des terrains rocailleux, quand ils marchent dans les boues acres, ou lorsqu'ils demeurent au milieu des urines, sur des fumiers épais, surtout dans les écuries qu'on nettoie rarement. Les animaux dont les jambes sont grasses, chargées de poils, dont le tempérament est mou et lymphatique, paraissent plus exposés aux crevasses que les che-
MALxVDIES DES CHEVAUX.
vaux fins. Le* crevasses sont des maladies peu graves par elles-mêmes, mais qu'il est quelquefois très- difficile de faire disparaître entièrement. Celles qui sont occasionnées par l'action des boues acres des grandes villes résistent souvent avec opiniâtreté aux traitemens les iiiieux dirigés; ou bien, si on parvient à les guérir, celte guérison n'est qu'apparente, et le mal ne larde pas à reparaître, surtout si le cheval est de nouveau soumis à l'action des causes qui avaient amené la formation des premières.
Traitement. L'animal atteint de crevasses superficielles ou profondes doit être soumis au repos le plus complet, afin d'éviter que les |)laies ne s'iriilent à chaque mouvement du pied ; il devra être placé dans une écurie sèche et bien neltoyée. Si les crevasses ne sont que commençantes et que la peau paraisse rouge et enflamniée, l'emploi des adoucissans, tels que bains tièdes, cataplasmes émolliens (n 3), onctions d'onguent po})uléum, pourront en amener la guérison. Mais il ne faut pas trop insister sur ces moyens qui ont quelquefois |)our résultat de faire passer les crevasses à l'état chronique; il est bon, quand on a obtenu du mieux à l'aide des adoucissans, de faire suivre leur emploi par l'action de quelque dessiccalif ; des lotions avec la teinture d'aloès ou avec une solution faible de vitriol bleu (sulfate de cuivre) dans le vinaigre, conviennent parfaitement. Si les crevasses sont anciennes, calleuses, et accompagnées d'un suintement abondant, il faut de toute nécessité appliquer des sétons à la partie supérieure du membre malade, administrer des purgatifs ( n°' 41, 44, 45), soumettre l'animal à l'usage des boissons mirées, et faire marcher tons ces moyens avec le traitement local. Celui-ci se compose d'abord d'onctions d'onguent basilicum, que l'on remplace au bout de quelques joui's par des cataplasmes de farine de lin arrosés d'extrait de Saturne, ou par des lotions faites avec une solution de sulfate de cuivre dans du vinaigre. Il arrive souvent que du fond des crevasses poussent des végétations, espèce de verrues allongées, plus grosses à leur extrémité libre qu'à leur racine : il faut les couper avant de commencer le traitiment.
J'ai dit qtu^ le repos était la première condition de succès : mais il est des chevaux chez lesquels cette condition ne peut être remplie, et qu'il est par conséquent impossible de guérir complètement. Le praticien doit se contenter, pour ces animaux, de dessécher les crevasses lorsqu'elles apparaissent (extrait de Saturne, solution de vitriol bleu); celles-ci ne lardent pas à reparaître; mais on les dessèche de nouveau, pour recommencer à chaque réapparition.
§ IV. — Enchevêtrure.
On nomme ainsi une blessure transversale, que le cheval s'est faite dans le pli du paturon, ou dans tout autre point des membres, et cjui est le résultat du frottement qui a été exercé avec la longe dans laquelle l'animal s'est pris. L'enchevêtrure arrive surtout lorsque la longe du licou est nouée d'une manière fixe à l'auge et qu'elle forme une anse; le cheval s'y engage le paturon lorsqu'il se gratte la tête
ou la crinière avec l'un des pieds posterieur.s. L'enchevêtrure est rarement un accident grave; le plus souvent il ne consiste qu'en une écorchure superficielle qui occasionne un léger gonflement de la peau du paturon, puis iwi suintement d'un liquide séreux et fétide qui s'acconipa<;ne d'une boiterie plus ou moins forte. — Le traitement de cette alfection est simple : du repos, des soins de propreté, des bains de pied, des cataplasmes émolliens sur le point douloureux, et, s'il y a lieu, une petite saignée pour calmer la fièvre qui a pu s'éiablir, tels sont les moyens qui doivent être mis en usage. Sur la fin du traitement on peut avoir recours à l'onguent digestif, ou aux lotions de teinture d'aloës.
§ V. — Frayement des ars.
On nomme ainsi une lésion qui survient aux ars du cheval, c'est-à-dire à cette partie de la région inférieure de la poitrine, qui se trouve entre les deux avant-bras, en arrière du poitrail, et en avant du passage des sangles; cette lésion est constituée par des gerçures, des excoriations, qui s'accompagnent souvent de l'engorgement de la partie, d'un suintement plus ou moins abondant de sérosité, de la chute des poils, et d'une gêne très-forte de la marche. Cet accident survient h la suite du travail dans des terrains boueux, lorsqu'on n'a pas la précaution de laver les ars, à la rentrée des chevaux dans l'écurie; alors la boue qui s'est logée dans les plis de cette partie se dessèche, et fait le lendemain office de corps dur, qui, dans les mouvemens nécessités par la marche, excorie et irrite la surface extérieure de la peau. Les soins de propreté, le repos, les lotions avec une décoction d'écorce de chêne d;ins du vin, ne tardent pas à faire disparaître cet accident, dont on pourrait facilement prévenir le développement en évitant la cause qui le produit.
§ VI. — Atteinte.
On nomme ainsi les meurtrissures que le clieval reçoit des autres chevaux, ou qu'il se fait lui-même, soit aux talons, soit à la partie postérieure des paturons ou des boulets. Suivant leur violence et leur siège, les atteintes peuvent être f.imples, quand la meurtrissure est légère et que la douleur se dissipe d'ellemême en peu de temps; sourdes, lorsque la douleur est profonde et persistante; encornées, quand l'atteinte siège aux talons vers le biseau; compliquées, toutes les fois qu'elles sont accompagnées de l'altération de plusieurs tissus. Le traitement des atteintes varie suivant la gravité du mal. Si l'accident est récent et que la douleur soit forte, il faudra recourir aux cataplasmesaslringens susceptibles de faire avorter l'inflammation (n" 33, 34). Si l'atteinte date d'un ou deux jours, il faut employer les caïmans, tels que le repos, la saignée, les cataplasmes émolliens sur la partie malade, les onctions d'onguent populéum, etc. Ces moyens bien simples suffisent ordinairement pour amener la guérison. Mais si l'atteinte provient de coups que l'animal s'est donnés aux membres de devant avec les pieds de derrière en forgeant, il faut chercher à faire disparaître cette cause à l'aide d'une bonne ferrure.
§ VII.— Effort {enlorsc).
Tiraillemeot douloureux, distension violente des muscles, des teudous, et surtout des ligamens qui unissent les os entre eux, survenue soit à la suite des efforts^ ou des actes de force auxquels les animaux se sont livrés pour triompiier d'une résistance ou pour porter des fardeaux, soit à la suite des faux pas, ties glissades, des chutes, de l'action de se relever, etc. On dislingue les efforts d'après les régions qui en sont le siège,
1" EJfort d'r/uiule^ écart, entr'otiverture, distension scupulo • hurnérale. J'ai fait connaître plus haut (F, § 1"), la manière de procéder à l'examen des chevaux boiteux, et, par suite d'arriver à reconuaitre les écarts; je ne reviendrai pas sur ces détails. — Les écarts j)asseut généralement pour des affections graves et fort difliciles à guérir. Si je ne consulte que ma propre expérience et surtout celle de mou père qui, dans une pratique de trente années, a compté, relativement à cette maladie, à peu près autant de succès que de traiteniens, je serais porté à tenir un langage tout à fait opposé. Pour arriver à de pareils succès, il ne faut pas craindre d'attaquer vigoureusement les écarts aigus dès leur début, j)ar un traitement révulsif énergique. Pour remplir cette indication, mon père s'est servi avec beaucoup de bonheur des frictions de teinture de can- Iharides sur l'épaule. Voici la manière de préparer cette teinture qui, chez les pharmaciens et les droguistes, est presque toujours trop faible.
Dans une bouteille ordinaire on met deux onces de cantharides en poudre, et deux onces d'euphorbe également pulvérisée; on emplit la bouteille d'eau-de-vie à 22", on la bouche avec soin, on l'agile et ou l'expose à l'action d'une douce chaleur pendant trois à quatre jours. Il y a deux moyens fort simples d'obtenir la température nécessaire. Le premier consiste à enfouir la bouteille dans du fumier en fermentation ; le second, à placer ce vase sur le four d'un boulanger. On conserve pour l'usage cette teinture que l'on décante au fur et à mesure des besoins.— Voici maintenant, d'après mon père, les règles que je suis dans l'emploi de cette teinture.-Uuécart^.'j^'-w étant reconnu, je fais sur toute l'étendue de l'épaule malade, depuis le garrot jusqu'à la dislance de trois à quatre pouces de l'articulation du bras avec l'avaut-bras, une friction avec six onces du médicament en question. Celte friction doit être faite lentement, avec beaucoup de soin et concentrée particidièrement à la partie supérieure et à la pointe de l'épaule. La partie ne doit pas être dénudée de ses poils qui font office d'épongé et retiennent la liqueur appliquée sur la peau. Je mets près d'une demi-heure à faire cette friction qui, je le répète, ne saurait être faite avec trop de soin. On recommande de se couvrir la main avec une vessie afin d'éviter l'absorption des principes actifs des cantharides, et les accidens qui pourraient en être la suite; je déclare avoir constamment omis cette précauti()n,et n'avoir jamais eu à nj'en plaindre. La friction étant terminée, le cheval doit être attaché au ratc-
AMMAUX DOMESTIQUES: P.VTHOLOGIE. liv. in.
lier, dans un endroit où il ne puisse ni se coucher ni se frotter. Douze heures après cette friction, on en fait une seconde avec les mêmes soins et la même quantité de teinture; on en lait une troisième douze heures a|)rès la seconde, et tout est fini : il n'y a plus alors qu'à attendre l'elfet du Iraitemenl. Ainsi, il suffit de trt)is frictions en vingt-quatre heures avec dixluiit onces de teinture de cantharides. Ce traitement donne lieu à un engorgement considérable de la parlie Irielionnée, et à la formation d'un grand nombre d'ampoules, qui ne tardent [)as à crever. On lient le cheval attaché au râtelier pendant une semaine. Dix à douze jours après les frictions, les poils commencent à tomber par larges plaques croûleuses, mais ne tardent pas à être remplacés par d'autres poils; et quinze à dix-huit jours après le commencement du traitement, le cheval est ordinairement guéri. 11 arrive parfois que ce traitement ne donne pas lieu à une guérison complète, mais seulement à une diminution notable de la boiterie. Dans ces cas, assez rares, on recommence le traitement sur nouveaux li'ais, et après ce second traitement, la boiterie esl le j)lus souvent disparue.
L'efficacité de la méthode que je viens de faire connaître, le peu de douleur qu'elle occasionne aux animaux, la brièveté du traitement, doivent engager les praticiens à la met- Ire en usage, de préférence aux saignées, aux émolliens. aux frictions spiritueuses (|ui, trop .souvent, laisseutpasser la maladieàl'état chronique.
2" EJfort (le genou. Cet effort esl caractérisé par le gonflement, la chaleur, la douleur du genou malade, et une boiterie plus ou moins forte. L'exjjérience m'a prouvé dans maintes circonstances que l'on pouvait facilement triompher de cet accident à l'aide du traitement suivant : t" à l'efforl léger et récent opposer les bains froids, longtemps prolongés et Iréquemment répétés, les frictions avec l'eaude-vie camphrée et le repos; 2^ traiter les efforts récens et graves, c'est-à-dire accompagnés d'une boiterie intense, par des frictions avec la teinture de cantharides dont j'ai donné la formule en décrivant le traitement de V écart. Trois frictions faites dans les vingt-quatre heures, c'est-à-dire à douze heures d'intervalle, suffisent habituellement. Ilfaut employer dans ce traitement toutes les précautions que j'ai fait connaître au mot Ecart auquel je renvoie pour éviter des répétitions. 3" Les efforts c/iro- ///7i,'ey sont fréquemment traités avec succès par les frictions de teinture de cantharides; mais rap])lication du feu enraies réussit généralement mieux.
3" \J effort de hoidct {mémarchure) ; A° V effort de cuisse [allonge, effort de Jianche) ; 5° ['effort de gra.sset ; (i" V effort de jarret ; T le tour des reins, réclament absolument le même traitement que l'écart et l'effort de genou.
§ Vllt. — Exostose ( tumeur dure).
Tumeur osseuse développée à la surface d'un os. Les exostoses se manifestent plus particulièrement sur les parlies qui avoisiuent de très-près les articulations ; elles sont susceptibles de plusieurs variétés relatives à leur forme, leur volume, leur nombre, leur situa-
CBAP. 5.
MALADIES DES CHEVAUX
tioD et leurs causes. Tantôt elles présentent une saillie large et peu considérable, à base étendue ou étroite et comme pédiculée, et à surface lisse ou irrégiilière; tantôt elles sont uniques, isolées, et n'occupent qu'un petit espace; tantôt elles existent sur plusieurs os, ou sont placées à quelque distance les unes . des autres sur les niènies os. Elles ont reçu différens noms, suivant les régions qu'elles occupent : celles du jarret du cheval sont la courbe, Vépanin calleux, la yV/zv/d-; celles du canon jx)rteut les noms ^osseLet^ suros^ chapelet, fusée ; à la couronne on les nomme forme, etc. — Les causes des exostoses chez les aiiimaux sont peu connues : il paraît (|iie l'influence héréditaire est pour beaucoup dans leur développement Aussi éloigne-t-on soigneusement des haras les étalons qui en sont atteints. Les heurts, les coups, les chutes, et d'autres violences exterieuies exercées sur les os, à travers les parties molles qui les recouvrent, sont, dil-(in, des causes assez fréquentes de la production de ces maladies. Les exostoses se développent le plus souvent d'une manière lente et presque insensible; lorsqu'elles sont bien formées et qu'elles affectent des os superticieliement situés, elles sont faciles à reconnaître; elles constituent alors des tumeurs dures, résistantes, incompressibles, fixes et ne changeant jamais de situation.—Ouneconuait pasencore de moyen bien déterminé pour en obtenir la guérison. Le feu, soit en raies, soit en pointes pénétrantes, est le seul nioven qui soit réellement susceptible, sinon de les taire disparaître, du moins d'arrêter les progrès de leur développe ment.
S IX. — Tumeurs synoviales (Taiiteurs molles).
On nomme ainsi des tumeurs qui surviennent, soit aux articulations, soit dans les coulisses tendineuses des membres, et qui consistent dans l'accumulation de la synovie dans les poches qui sécrètent cette liqueur et la renferment. De même que les tumeurs osseuses, elles ont reçu différens noms suivant les régions qui en sont le siège : celles du vide du jarret portent le nom de vessigons; celles de la pointe du jarret sont appelées capelets on passe-campanes; mais celles-ci sont souvent d'une autre nature; celles qui surviennent le long de la région tendineuse du canon, ou sur les parties latérales et supérieures du boulet, sont désignées sous le nom de molettes. Ces dernières, de même que les vessigons, sont dites simples quand elles ne se montrent que d'un côté, et chei'illées ou soufflées lorsqu'elles existent en dedans comme en dehors. — Les violences extérieures, les coups, les chutes, les distensions forcées, 'es travaux pénibles, l'action du froid humide en sont les causes les plus ordinaires. — Les frictions avec l'essence de lavande et l'eau-deviecamphrce lorsque les animaux sont jeunes; les vésicatoires, et mieux la cautérisation transcurrente lorsqu'ils sont vieux et fatigués, sont les seuls moyens susceptibles de faire dispar.jlre ces tumeurs.
§ X.— Crapaudinc.
Cette maladie consiste dans un engorgement chronique situé à la partie antérieure de la couronne, accompagné du hérissement des poils, du suintement d'une humeur acre et fétide, et souvent du décollement du biseau. Elle exige les mêmes soins et à peu près le même traitement que les eaux-aux-jambes, avec lesquelles elle a beaucoup d'analogie.
G. Maladies du pied.
§ V'. — Etoonement de sabot.
On nomme ainsi un accident qui consiste dans une commotion imprimée au pied par un heurt très-fort contre un corps dur, ou parde violens coups de brochoir appliqués sur le sabot, dans le but de river les clous du fer ou d'abattre les pinçons. Cette affection, qui peut faire boiter les animaux, et même dégénérer eu fourbure lorsqu'elle est grave, et qui consiste dans une accumulation, une, congestion de sang dans le tissu réticulaire du pied, se reconnaît à la chaleur du sabot, à la douleur que l'animal éjirouve lorsqu'on le lui explore, et à l'absence de toute autre lésion susceptible de rendre compte de l'accident. Lorsque la boiterie est faible, il suffit de laisser reposer l'animal pendant deux ou trois jours pour obtenir la guérison. Si au contraire la douleur est forte et la boiterie considérable, il faut déférer le cheval, parer le pied, faire une saignée en pince, et envelopper le sabot d'un cataplasme astringent (n" 34). Ces moyens, aidés du repos le plus absolu et d'un peu de diète, amènent ordinairement la cessation de la douleur en peu de temps.
§ II. — Fourbure {fuurbdture, fourbissure).
Celte maladie du pied, particulière aux animaux pourvus de sabots (solipèdes et ruminans), consiste d'abord dans une congestion de sang dans le tissu réticulaire du pied, puis dans une véritable inflammation de ce tissu, qui produit des désordres variables plus ou moins graves. La fourbure peut être produite : i^ par un travail excessif, outré et longtemps continué, une course rapide et longue, surtout sur un pavé, sur un terrain dur et pierreux, après un repos plus ou moins prolongé, comme il arrive aux chevaux qui sont restés trop longtemps à l'écurie, et qu'on soumet tout à coup à ce genre de travaux ; 2" par de vives douleurs qui empêchent les animaux de se coucher, par l'appui forcé trop longtemps continué sur le pied d'un des bipèdes, pour soulager le pied malade du même bipède; 3* par de mauvaises ferrures qui compriment le pied ; 4" par l'usage abusif des alimens excitans, tels ([u'une grande quantité d'avoine, de féverolies, d'orge et surtout de blé. Chez le cheval la fourbure présente les symptômes suivans : chaleur considérable de tout le pied, extrême sensibilité, douleur qui force l'iiniuial à s'appuyer sur les autres membres pour soulager celui ou ceux qui sont malades; dans le repos, altitude incertaine,
ANIMAUX DOMESTIQUES : PATHOT.OGIE.
qiiL'ltiu.'fois Ireiublemens partiels des imiscles du luenibre malade. Si la lourbure attaque les extrémités antérieures, les postérieures sont portées en avant et enga^:ées sous le centre de gravité, afin de soulager les membres de devant d'une partie du poids qu'ils doivent soutenir. Lorsque la lourbure allaquc les extrémités postérieures, celles-ci sont bien encore portées en avant sous le centre de gravité, afin que l'appui se fasse plus spécialement sur les talons, qui sont les parties du pied les moins endolories; mais les extrémités de devant se dirigent en arrière, afin de venir au secours de celles de derrière; de sorte que les quatre |)ieds semblent converger les uns vers les autres. T>a marche du cheval fourbu est toujours difficile, et alors l'appui se fait principalementen talon, comme dans le repos; quand les quatre pieds sont attaqués, l'animal n'ose bouger de place, et il reste presque toujours couché. A ces différens symptômes se joint presque toujours une fièvregénérale facilement reeonnaissable à la force, la fréquence et la j^lénitude du pouls, la chaleur de la bouche, la rougeur des yeux, ia soif, la perte de l'appétit , la lassitude générale , l'élévation de la température du corps, etc.
La fouibure peut donner lieu à des accidens graves et nombreux. En supposant cette maladie très-intense, le sang qui gorge le tissu réliculaire peut s'échapper des vaisseaux qui le contiennent et former un épanchement entre le sabot et l'os du pied, épanchement qui peut lui-même donner lieu à une désunion assez complète pour faire tomber !e sabot et par suite faire mourir l'animal. Si après la formation de cet épanchement l'inflammation se calme, la désunion n'en persiste pas moins ; et alors la corne qui est fournie par le tissu pndophy lieux (voyez l'article Ferrure)^ au lieu de se confondre avec celle qui descend du bourrelet, forme h la surface de ce tissu des couches qui augmentent graduellement d'épaisseur, et font éprouver à l'os du pied un mouvement de bascule en arrière, tout en faisant relever le bord inférieur de la muraille en haut et en avant. Comme cette corne de mauvaise nature, qui s'interpose ainsi entre la muraille et l'os du pied, n'est pas homogène, mais qu'elle est au contraire formée de lambeaux, de filamens qui laissent entre eux des aréoles et des porosités, on Ta comparée à la terre préparée par les fourmis pour leur demeure, et l'on a donné à cette affection le nom de fourmi llière. De la déviation en arrière de l'os du pied résulte un autre accident : la partie antérieure de la pince de cet os, en s'abaissant, meurtrit les parties vives, porte sur la sole, la pousse et la soulève demi-circulairement, et la rend ainsi bombée de concave qu'elle était. Il en résulte une éminence à laquelle on a donné le nom de croissant.
Traitement. Cette maladie prise à temps résiste rarement à uti traitement convenable ; mais quand elle est parvenue à un certain degré, il devient impossible de parer au.x désordres. La première chose à faiie consiste à déferrer l'animal, et à le placer sur une bonne litière. Si la fourbure est commençante, et surtout si elle est violente, il importe de pra-
tiquer des saignées plus ou moins répétées au cou; il est encore bon de pratiquer des saignées sur le pied malade, scit en pince, soit sur les parties latérales de la couronne. Immédiatement après ces opérations il faut entourer le pied malade d'un cataplasme astringent ( n" 34) que l'en doit maintenir constamment humide. Si le cheval est tellement méchant qu'il ne veuille pas se laisser appliquer de cataplasmes, dit M. Girard, on peut pratiquer à l'endroit où il pose ses pieds, quand il est attaché à l'écurie, un grand trou dans lequel on met de la terre glaise délayée avec du vinaigre ou une solution de sulfate de fer. On laisse séjourner les pieds malades dans la terre détrempée, et Ton ne change le cheval que pour le faire reposer pendant la nuit; s'il souffre beaucoup, et qu'il ne puisse se coucher, il est inutile de le déranger, et il demeurera les pieds plongés dans la glaise, que l'on eutietiendra molle et froide en l'arrosant de temps «n temps avec une certaine quantité de la liqueur ci-dessus indiquée, que l'on versera en fomentation sur les parties supérieures. Quelques frictions révulsives faites au-dessus du genou ou dujarret avec l'essence de lavande, des lavemens simples destinés à entretenir la liberté du ventre, et un peu de diète complètent le traitement et suffisent ordinairement pour amener en peu de jours laguérison de la fourbure. Lorsque celte maladie est devenue chronique et qu'il s'est développé une fourmillière et un croissant, il est nécessaire, pour obtenir laguérison, de recourir à des opérations chirurgicales graves et difficiles, dont la description ne peut trouver place ici.
§ III. — Fourchette échauffée.
On donne ce nom à une altération de la fourchette du pied des animaux solipèdes, qui consiste dans le suintement d'une humeur puriforme, noirâtre, qui s'accumule dans le vide de la fourchette, à la suite du séjour des animaux dans des lieux humides et malpropres, surtout dans l'urine et le fumier. On remédie à cet accident en plaçant les animaux dans des lieux Sucs et propres, en dégageant la fourchette des portions de corne qui retiennent la matière, et en bassinant fréquemment la partie malade avec de l'eau vinaigrée ou chargée d'extrait de Saturne. Ce simple traitement, aidé au besoin de l'apjilication d'un 1er à branches raccourcies, suffit ordinairement pour amener la guérison en peu de temps.
§ IV. — Fourchette pourrie.
Celte affection est la suite de la fourchette échauffée, dont elle ne diffère qu'en ce que l'altération est portée à un plus haut degré. L'humeur est devenue sanieuse et fétide , la corne de la fourchette est molle et filandreuse, et cette partie devient le siège d'une démangeaison qui porte l'animal à frapper fréquemment du pied contre terre. Les causes de cette maladie sont identiques à celles de la fourchette échauffée. Le traitement est le même, à cette exception près qu'il réclame des soins plus assidus etplus longs. On peut avec avantage garantir la fourchette de l'influence