CHEVAL
dégarnir le pied d'un cheval, vous observerez en talons sur chaque branche une surface remarquablement polie, dont on ne i)eut expliquer la présence qu'en admettant le frotle- UR'ut du bord inférieur de la paroi dans les mouvemens de dilatation et de resserrement du sabot ; donc le pied est élastique.
Plus tard, lorsque nous indiquerons les conséquences graves qui résultent pour le pied d'une ferrure mal raisonnée, nous fournirons encore d'autres preuves à Tappui de son élasticité ; maintenant c'est dans le raisonnement que nous allons les puiser.
Le pied du cheval est élastique ; l'examen des différentes parties qui constituent son sabot doit nécessairement conduire à celte conclusion. Rappelons-nous, en effet, la disposition de la paroi, des barres, de la sole et de la fourchette, et voyons comment elles doivent se comporter dans l'apjiui sur le sol. La paroi, avons-nous dit, est oblique de haut eu bas, d avant en arrière et du centre à la circonférence. Les barres sont aussi obliques dans une direction parallèle à celle de la muraille, c'està-dire de haut en bas et de dedans en dehors. La sole forme une voûte dont la convexité est supérieure; enfin la fourchette, corps mou et flexible, occupe l'en Ire-deux des barres.
Etant donnée cette disposition, quels sont les mouvemens dont est susceptible le sabot du cheval? Telle est la question que nous avons maintenant à résoudre. Or, en y réfléchissant bien, on voit que le poids du corps, transmis au coussinet plantaire, doit tendre nécessairement à rapprocher les barres obliques l'une de l'autre par leur bord supérieur, ét'à les écarter par leur bord inférieur, absolument commme il arriverait si l'on chargeait d'un poids deux planches placées de champ et infléchies l'une vers l'autre. Soit AB et CD (y?^'.202).parexemple, la coupe perpendiculaire
Fig. 202.
des barres, il est évident qu'un poids placé en AC doit tendre à rapprocher A de C, et à éloigner B de D. Tel est en effet le résultat |)roduit; les barres, en s'écarlant l'une de l'autre par leur bord inférieur, déterminent nécessairement l'écarlement des talons auxquels elles aboutissent; effet que concourt aussi à produire l'affaissement de la sole qui, pressée par le poids, de courbe qu'elle était, devient plane et occupe une plus grande étendue : ce qui nécessite conséquemnientrécartenieutdes talons. De ces deux mouvemens simultanés résulte le mouvement unique de dilatation du sabot. A l'époque où il est produit, c'est sur la fourchette principalement que repose eu grande partie le poids du corps ; lorsque le lever du pied s'effectue, les barres se redressent, la fourchette remonte, la sole s'incurve, les talons se rapprochent, le pied se resserre, et ce mouvement de resseriement succède à celui de dilatation. Ce jeu de resserrement est
AISLMAUX DOMESTIQUES : DE LA FERRUHE.
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encore opéré par l'ëlaslicité dos cartilages !aléraux qui, coin primes dans le moinemei)tde dilatation du pied parle bord supérieur de la |iaroi, repoussent ce bord en revenant à leurs dimensions premières.
Tel est le mécanisme des mouvemcns dont est doué le sabot bien conformé; mais si la paroi, au lieu d'ètreobliciue, était au conlraii'e \erlicale, si les barres étaient perpendiculaires, ces niouvemens ne sauraient s'effectuer, et la marolie serait alors difficile et même douloureuse. C'est ce que l'on observe par exemj)le sur les chevaux dont les pieds sont petits, encast''lcx et à talons serrés ; autre preuve que l'élasticité est inhérente à un sabot bien conformé, puisque sans elle la marche ne pourrait s'efiéctuer sans douleur.
Ainsi l'analogie, l'observation et le raisonnement nous conduisent à la même conclusion, c'est-à-dire que le pied du cheval jouit de la propriété d'élasticité.
Ces connaissances une foisacquises, on peut formuler en ces lern)es le problème dont on doit se proposer la solution clans la pratique de la ferrure : Etuni donné un pied bien conformé. Lui appliquer un Jer qui conserve l'intégrité de sa J orme, la rectitude de ses aplond>s, et mette le moins de limites possil)le à la liberté de ses mottremens.
Nous allons en chercher la solution.
Section ii, — Du fer en général.
Le (ev(fg. 203) est une barre de métal plus large qu'épaisse, contou!-née sur elle-même, dans le sens de son épaisseur, de manière à se n;ouler sur la circonférence de la face plantaire du sabot quelle doit servir à proléger. Il a été divisé, comme le pied du cheval, en différentes régions qui prennent le nom de pince, mamelles, quartiers et éponges. La pince est la partie la plus antérieure du fer; elle correspond à la région du sabot qui porte le même nom; les mamelles sont situées, comme dans le sabot, de chaque C(Mé de la pince; les quartiers, en arrière des mamelles, et enfin les éponges sont les extrémités des branches du fer et correspondent aux talons.
On désigne .sous le noin de b' anches du ferl,j, cliacunedescsnioitiés : on lesdislingue en interne J et en externe L suivant la position qu'elles occupent sous le pied.
On entend ]iar épaisseur du fer la distance qui existe entre sa face supérieure et sa face inférieure.
La couverture AB du fer est la largeur d'un bord à l'autre; chaque bord prend le nom de rive. La rive externe, plus longue, est celle qui circonscrit le fer; la rive interne, plus courte, est celle qui est inscrite dans la circonférence de l'autre.
On donne, par analogie, le nom de voiîteBh la portion de rive interne qui décrit une courbe correspondante à la pince.
On entend par éiampures KK les ouvertures de la face inférieure du fer, destinées à loger la tête du clou ; leur forme est, comme celle de cette dernière, ia forme d'une pyramide à quatre faces.
P.M' contre perçure , on entend l'ouverture qui existe à la face supérieure du fer et qui