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MANUFX OPÉRATOIRE DE LA. FERRURE

tîop forte résistance à l'action du boutoir. Dès que le sabot a subi cette préparation, le maréchal procède avec son boutoir à l'action de parer le pied, c'est-à-dire de le mettre dans les conditions nécessaires pour lui adapter un fer nouveau.

Du maniement du boutoir. Le maréchal le saisit de la main droite, de façon que l'arc de la tige soit compris entre les prennères phalanges de l'index et du médius, et que la voûte de l'arc ait son point d'appui sur le second de ces doigts: le manche est dans la paume de la main, et la queue protège le médius, l'annulaire et le petit doigt. Le maréchal, armé de son instrument, se place alors devant le sabot, porte le pied gauche en avant et fléchit la jambe droite, sur la quelle il s'asseoit, absolument comme s'il faisait des armes de la main gauche. Dans cette position, il embrasse de .sa main gauche la paroi du sabot, et donnant au manche de son instrument un point d'appui sur la partie supérieure de son ventre, au niveau de la ceinture, il fait mordre le tranchant dans la corne et lui communique une impulsion qui résulte des forces combinées de ses reins et de sa main droite. Cette manipulation du boutoir reçoit, en termes techniques, le nom de bouter; elle nécessite un mouvement continuel du corps de l'opérateur; car c'est une règle importante, dans le maniement du boutoir, de ne jamais faire perdre à son manche le point d'appui sur le ventre; que si en effet on le faisait agir uniquement avec la main droite, il arriverait souvent qu'en rencontrant dans la corne une résistance moins forte que celle qu'on avait prévue, on ne pourrait modérer l'impulsion communiquée à l'instrument proportionnellement à cette résistance supposée, et qu'on s'exposerait ainsi à blesser très-dangereusement les bras du teneur de pieds.

Lorsqu'on manie le boutoir, on doit toujours faire marcher la lame parallèlement à la surface que l'on pare, de manière à n'enlever la corne que par lamelles. Si l'instrument pénètre trop proibndément, on l'arrête et on lui donne une autre direction.

En parant les membres antérieurs, l'opérateur doit avoir la précaution d'imprimer à son boutoir une telle impulsion, que son tranchant soit toujours dirigé du côté externe du sabot; sans quoi il s'exposerait à entamer l'épaule du cheval. Dans les membres postérieurs, cette précaution est inutile, puisque le pied est libre dans toute sa circonférence.

La plupart des maréchaux éprouvent plus de difficultés à parer, dans le membre antérieur droit, le quartier interne, et dans le membre antérieur gauche, le quartier externe, que les quartiers opposés. Il laut s'habituer à surmonter ces difficultés si l'on veut conserver au pied la régularité de ses aplombs.

§ III. — De la préparation à faire subir au saliot.

Parer un pied, c'est enlever avec les instrumens la portion de corne qui se serait nécessairement usée par le frottement sur le sol, si le sabot n'eût pas été garni d'un fer protecteur. Le but qu'on doit donc se proposer dans l'action de parer est de donner au sabot

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ta forme et la longueur qui sont nécessaires à la régularité de ses npionibs, et qu'une usure nalurelle lui aurait conservées.

Nous avons déjà indiqué quelle était la foriiie de la (ace plantaire du sibot du cheval; n us osons dit, pour les membres anlérieiirs, que la 1 lee inlcricure d'un sabot vierge n'élail laiiii^rnie à un plan que pj'r ses nianiflles, ses quartiers et ses talons. Dans l'action lie [)arfr, ou devra donc conserver à la sui face plantaire du sabot cette Ibrnie naturelle : c'est Une dfs importantes rèi^les qui guident dans le manieuitnl du bouton*.

Nous devons maintenant indiquer les règles qui (ixent la longueur que l'on doit donner au sabot, et la manière dont il faut parer la sole et la fourchette.

On ne saurait indiqueravec une justessemathéuiatique la longueur que l'on 'doit donner avec le boutoir a la [)aroi du sabot. Les maréchaux S()ui ordinairement guidés dans l'appréciation de celte longueur par l'habitude qu'ils ont de voir des chevaux et la connaissance que celte habitude leur donne ne la longueur proporlionnellede leurs pieds. Mais, en outre, lorsqu'ils parent le pied, la mollesse de la résistance qu'oppose à leur instrument la corne qui s'approche des parties vives el s'imbibe des sucs sécrété-, et encore la sensation que leurdonnelasoleam'ueiequinéchil sous leurs doigts, sont poureux de sûres in' lications.il est imporlatil pour un maréchal d'acquérir l'habilude de donner au sabot la longueur qui se trouve en harmonie de proportion avec le reste du corps de l'animal; car l'excès, soit en longueur, soit en petitesse, piésente de graves in<onvéniens : trop de longueur nuit à la justesse des aplombs et fatigue douloureusement les tendons snspenseurs; trop de petitesse nesl souvent que le résultat df lamincissement excessif de l'enveloppe cornée. Les pirlies vivantes, privées de leur égide protectrice et plus immédiatement soumises au contact des corps extérieurs, deviennent sensibles et douloureuses; de là des claudications, des déformations, des fourbures, etc., etc. •

Pas plus que pmr la longueur du sabot, il n'est possible de donner des i-ègles rigoureuses qui guident le maréchal dans rap|)réciation de l'épaisseur qu'il doit laissera la sole. En général, l'épaisseur de cette f)arlie est en raison directe de la longueur de la paroi; plus la paroi a d'excès en longueur, plus la sole a d'excès en épaisseur, c^ v/re vrr.sâ, en sorte que c'est encore ici l'habitude principalement qui est le meilleur guide du maréchal. C'est lorsque la corne devient plus molle sous le boutoir, et lorsque la sole oppose moins de résistance sous le doigt, que l'expérience leur a appris à s'arrêter. Toutefois, il est important d'observer qu'il ne faut jamais amincir la sole au point de la rendre flexible sous le doigt, parce que sa trop grande flexibilité priverait les parties sous-jaeentes de la protection dont elle les couvre dans l'état naturel, et que les pieds endoloris par le contact des inégalités du sol mettraient pour longtemps les animaux dans l'impuissance de marcher, et conséquemment de rendre des services.

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