‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 206 sur 325 · TOME H ' — /S · texte numérisé non relu

TOME H ' — /S

ANIMAUX DOMESTIQUES : DE LA FERRURE

la corne a repoussé. Mais lorsque ce vice est la couséciiieuce de la grande friabililé de la paroi, il faut avoir la pn-caiition, ponr aider les soins de la ferrure, de donner à la corne une souplesse artificielle en la maintenant toujours enduite de corps gras.

§ XIII. —Des pieds rampins.

Les pieds rampins sont caractérisés par la direction perpendiculaire de la paroi en pince, et la grande hauteur des talons qui égale presque celle de la pince : d'où il résulte qu'un sabot ainsi conlbrmé représente as- .sez bien un cylindre dont toutes les dimensions en hauteur sont à peu près égales. Le pied rampin est différencié du pied eucastelé par son évasement normal.

Celle conformation, très-ordinaire dans le mulet et l'àne, se renconti-e quelquefois aussi dans le cheval ; elle ne nuit en rien aux services que rendent ces premiers animaux et n'est que irès-peu préjudiciable aux seconds. La démarche du cheval rampin est libre et sans gène, son appui sur le sol se fait dans toute l'étendue de la surface plantaire du sabot, sans hésitation ni douleur. Cependant, comme cette défectuosité présente l'inconvénient grave de prédisposer les animaux à se bouleler, on a cherché s'il ne serait pas possible d'y remédier par la ferrure.

La ferrure donne en effet les moyens da reparer cette défectuosité, ]\Iais pour être efficaces, ces moyens doivent être lentement employés et longtemps mis en usage. Ils consistent à diminuer peu à peu la hanteui" des talons sans toucher à la pince, et à adapter au pied un fer à éponges très -minces, dont la pince assez épaisse déborde un peu la paroi. Par cette méthode de ferrer, on rend peu à peu au sabot son obliquité noimale et son appui naturel, sans fatigue poui- les tendons, comme il arriverait nécessairement si ci tte pratique était brusquement mise en usage.

§ XIV. —Du pied piiirard (fig. 225).

Fig. 22.5. Fis. 226.

Liv. m.

On dit que le pied est pinçard, lorsque, avec une conformation d'ailleurs régulière, il n'appuie sur le sol que par la pince et non par toute rétendue de la surface plantaire. Cette conformation, presque toujours acquise, est une conséquence nécc-saire des douleurs permanentes que le cheval éprouve dans les régions des talons ou des tendons suspenseurs. Dans l'un ou l'aure de ces cas, en effet, l'appui doit se faire en pince : dans le premier, j)0ur éviter aux talons le contact douloureux du sol ; dans le second, pour épargner aux tendons les douleurs des tiraillemens dont

ils seraient le siège, si toute la surface solaire posait naturellement.

L'existence de la douleur dans les talons ou les tendons suspenseurs doit donc être considérée comme la cause première de la défectuosité dont nous parlons; mais sous l'influence unique de cette cause, cette défectuosité ne serait que passagère et cesserait avec la douleur qui l'a produite, s'il n'en était uneautre en quelque sortesecondaireet conséquence de la première, dont l'action persistante rend la défectuosité plus durable. Je veux parler de la rétraction qu'éprouvent bientôt les tendons suspen'-eurs, pour peu que se prolonge la douleur dont ils sont le siège. Dans la plupart des chevaux pinçards depuis longtenips , cette rétraction est la seule cause de la défectuosité dont ils sont atteints.

Pour y remédier, il faut, si la date de son existence n'est pas ancienne, faire disparaît) e la douleur par tous les moyens adoucissans que fournit la médecine; mais si le cheval est déjà pinçard depuis quelque temps, si déjà ses tendons se sont rétractés, c'est à la fei rure qu'il faut avoir recours pour les ramener à leur longueur normale; la ferrure dans ce cas peut être efficace si ou l'emploie avec une lente persévérance.

I^e fer qui convier.t le mieux pour reparer cette défectuosité est le fer dit à pince prolongée {fig. 226). Ce feA% comme l'indique son nom, a pour caractère jM-incipal la grande étendue en largeur de sa pince que l'on a prolongée par le martellement du côté de sa rive externe, en sorte que la courbe décrite par celte rive est à peu près celle d'une ellipse plus ou moinsétroite, tandis que celle de la rive interne se r<^pproche plus de lacis culaire. Le fer à pince prolongée a moins d'épaisseur que le fer ordinaire; ses bianches sont plus étroites et plus courtes, et poitent seules les étampures placées en arrière de la pince. Pour l'adapter au pied pinçard, il faut laisser à la paroi toute sa hauteur en pince, diminuer l'élévalion des talons et fixer le fer au moyen drt clous à fortes lames, biochés haut et solidement rivés Lorsque le fer est fixé, la paroi se trouve débordée en pince de tout le prolongemejit du fer dont on fait varier les dimensions suivant que l'exige le degré plus ou moins avancé de la défectuosité.

Pour comprendre toute l'efficacité que peut avoir ce mode de ferrtu'e, il faut se rappeler ce qui a été dit dans l'article Extérieur, que la succession des trois phalangiens et du sabot représentait le bras de levier de la puissance antagoniste des tendons suspenseurs, agissant sur les grands sésamoïdes {rwy. fig 91, art. Ext. }, et que dans le poser du pied sur le sol, le tiraillemtnt des tendons suspenseurs devait être d'autant plus grand que le bras de levier représenté par les phalanges et le sabot était lui-même plus long.

Ceci étant reconnu, il est évident qu'en laissant à la pince toute sa hauteur et en prolongeant les dimensions du fer dans cette région, on augmente d'autant la longueur du bras de levier de la force antagoniste, qui agit alors avec plus d'intensité pour opérer l'allongement des tendons.

Telle est la théorie qui guide dans la fer-

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