‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 246 sur 325 · ANIMAUX DOMESTIQUES . DES CHEVAUX ET DE LEUR ÉLÈVE · texte numérisé non relu

ANIMAUX DOMESTIQUES . DES CHEVAUX ET DE LEUR ÉLÈVE

Ainsi, il n'est pas rare de voir les animaux pour ) lesquels on néglige ces simples précaulions hygiéniques, atïeclés de gale, de dartres, quelquefois même contracter la morve ou le farcin. Du reste, pour bien apprécier l'utilité du pansage et son heureuse influence sur la santé îles chevaux, il suffit d'examiner les effets qu'il produit. Voyez, en effet, la différence qui existe, toutes conditions étant d'ailleurs supposées égales, entre un cheval régulièrement pansé chaque jour et celui pour lequel on néglige ces soins. Chez le premier, le poil est luisant et fin, la peau souple, les extrémités saines et bien déliées, l'œil vif, et tout témoigne de sa santé. Chez le second, au contraire, le poil devient terne, désuni, hérissé, les extrémités s'empâtent, la peau se dénude

f)ar place des poils qui la revêtent, et souvent a maigreur et l'abattement sont la conséquence des démangeaisons fatigantes que lui fait éprouver le contact irritant des matières qui séjournent sur sa peau.

Les Anglais ont si bien compris l'utilité du pansage pour la conservation de la santé et de la beauté des chevaux, qu'ils l'emploient comme un moyen de les perfectionner; et c'est en apportant à son exécution l'attention la plus minutieuse, qu'ils sont parvenus à donner à leurs chevaux ces formes si nettes et si bien dessinées, caractéristiques de leur race.

A. Des instrumens du pansage. ^

Les instrumens qui servent au pansage sont Yctrille, Xépouisette, la brosse, Vépnnge, le bouchon^ le curepicd, le peigne, les ciseaux et le couteau de chaleur.

1° VétrUle {fig. 244 et 245) est l'instrument

Fig. 244.

Fig. 245.

Liv. m.

de la poussière qui les recouvre. La crasse dôtachée du corps de Fanimal trouve une issue par les deux petits côtés du coffre, ou l'on dispose deux morceaux de fei nommés marteaux., au moyen desquels, en frappant l'instrument sur le pavé, on lui imprime des secousses qui en font tomber la crasse. — Le manche de l'instrument est en bois et s'attache au coffre sur le bord opposé aux marteaux. 2° Vépoussette {fig. 246) est ordinairement

Fig. 249. 247.

essentiel du pansage. On y distingue le coffre, plaque de tôle rectangulaire, dont les (\^\w grands bords sont infléchis à angle droit et dentés en scie sur toute leur longueur. Du côté de celte inflexion, on remarque cinq lames de fer disposées verticalement et parallèlement à ces bords, et toutes dentelées comme eux, à l'exception de celle du milieu qui forme le couteau de rétrille, et dont le bord uni se trouve un peu en dessous du niveau des dents.

Les quatre autres lames constituent, avec les bords recourbés du coffre, les rangs de l'instrument. Les dents des rangs .sont destinées à pénétrer à travers les poils de l'animal jusquà la surface cutanée, et à enlever à cette surface la crasse adhérente; le couteau a pour usage de lisser les poils et de les dépouiller i instrument sur sa croupe et sa fesse droite, en

une queue de cheval munie d'un manche en bois. Elle sert, après le jeu de l'étrille, à enlever la poussière qu'elle a détachée de la surface du corps, et la remplace dans les régions où la peau est trop (ine pour en supporter les frottemens.

3° Le bouchon est un faisceau de paille ou de foin, dont les tiges sont tordues sur ellesmêmes; on s'en sert pour frotter la surface des poils après le jeu de l'étrille et de l'époussette.

4" La brosse {fig. 247 ) sert comme l'étrille à détacher ia poussière de la surface du corps, elle est munie sur son dos d'une courroie destinée à loger la main du palefrenier.

5° he peigne {fig. 218), qui peut être de fer, de cuivre, d'os, de bois ou de corne sert à démêler les crins,

6° \J éponge est employée pour laver les yeux, les naseaux, le pourtour de la bouche, le fourreau de l'animal, etc.

7° Le cure-pied est une tige de fer aplatie et recourbée en crochet, au moyen de laquelle on détache de dessous le sabot les matières qui peuvent y adhérer.

8° Le couteau de chaleur [fig. 249) est une

lame d'acier flexible, mince et non tranchante,

i munie d'un manche à chacune de ses extré-

I mités, avec laquelle on racle la surface de la

peau pour en faire écouler l'eau ou lasueurqui

i en humecte les poils.

[ B. Du mode du pansage.

Le cheval de travail doit être panse chaque matin à l'écurie si le temps est trop froid ou trop pluvieux, et au dehors préférablement si la saison le peiwnet.

Dans ce dernier cas, le palefrenier lui met un bridon et le sort de l'écurie. Puis, la main droite armée de l'étrille, il se place du côte droit de l'animal et un peu en arrière, saisit la queue de la main gauche, et promène son

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le faisant agir avec rapidité et vigueur, et en embrassant dans chaque mouvement de son bras une assez grande étendue de la surface du corps; par les mouvemens rapides qu'il effectue à poil et à contre-poil, il détache la poussière de la surface cutanée, et en enlève une partie avec son étrille dont il la détache en frappant de temps à autre les marteaux sur les pavés. Il manœuvre ainsi successivement et de chaque côté sur toutes les régions du corps, à l'exception de la tète, du tx*anchant de l'encolure, de la base de la queue, de l'épine dorsale, du fourreau ou des mamelles, et enfin de la face interne des cuisses sur lesquelles la peau est ti'op fine pour souffrir sans doitleur le contact de l'étrille. Puis après, il secoue avec l'époussette la poussière que l'étrille a détachée, et enfin, saisissant la brosse, il la promène successivement à poil et contre-poil sur toute la surface du corps, en ayant soin, pour la débarrasser de la crasse qu'elle ramasse et enlève, de la frotter à chaque mouvement sur les dents de l'étrille dont il tient le manche d'une main, pendant que de l'autre il fait manœuvrer la brosse.

Après avoir ainsi étrillé et brossé tout le corps, le palefrenier donne du luisant aux poils, en les frottant dans le sens de leur direction avec le bouchon de paille ou de foin légèrement humecté -, puis il se sert de l'éponge pour laver les yeux, les naseaux, la vulve ou le fourreau, en ayant soin de changer l'eau fréquemment.

Pour laver les extrémités des membres, on se sert avec avantage d'une brosse longue nommée pas.se-partoul {^g. 2h0), que l'on trempe fréquemment dans l'eau, et avec la quelle on enlève la boue adhérente aux poils des canons et des pâturons. Après le lavage on absorbe avec l'éponge l'eau qui imbibe les poils, ou bien on la fait écouler avec le couteau de chaleur.

Enfin, pour faire le complément au pansage, on peigne les crins du toupet, de la crinière et de la queue, on les lisse avec l'éponge humectée, et on délache avec le cure-pied de la face plantaire des sabots les matières qui peuvent y adhérer ou être interposées entre la corne et le fer.

Après ce, le pansage est terminé, on recouvre l'animal et on le remet à sa place à l'écurie.

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