‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 263 sur 325 · CBAP. 11. UU BUFFLE, DU Y A · texte numérisé non relu

CBAP. 11. UU BUFFLE, DU Y A

veloppo, la queue longue et pendante, les mamelles placées sui une seule ligne comme le bœuf ordinaire, 13 paires de côles, pelage noir, poils noirs et durs. En Grèce et en Italie le bulfle est employé au labourage, et sa femelle fournit un lait qui sert à faire un fromage rond fort renommé. Originaire des con- Irées chaudes et humides de llnde, il fut introduit à l'est de l'Europe vers le vu* siècle. Il y a encore une grande quantité de buffles sauvages dans les contrées de l'Afrique et de l'Inde qui sont arrosées de rivières et où se trouvent de grandes prairies ; ces animaux marchent en troupeaux nombreux et font de grands dégâts dans les terres cultivées; mais ils n'attaquent jamais les hommes, à moins qu'ils n'aient été blessés; alors ils sont trèsdangereux, car ils vont droit à l'ennemi, le l'enversent el le tuent en le foulant aux pieds. Ils craignent beaucoup l'aspect du feu, et ont pour la couleur rouge la même aversion que la plupart de nos bœufs domestiques, sans qu'on puisse en expliquer la raison.

« Toutes ses habitudes sont grossières, dit Buffon : il est après le cochon le plus sale des animaux domestiques par la difficulté qu'il met à se laisser nettoyer et panser; sa (igure est grossière et repoussante, son regard stupidement farouche; il avance ignoblement son cou et porte mal sa tête, presque toujours penchée vers la terre; sa voix est un mugissement épouvantable, dur, d'un ton beaucoup plus fort et plus grave que celui du taureau; il a les membres maigres et la queue nue. » Croirait-on cepeadant qu'en certains pays ce sont des enfans qui sont exclusivement chargés d'assouplir des caractères si brutalement farouches? ces enfans leur donnent en chantant un nom auquel ils les habituent à répondre, el c'est toujours en musique qu'on les appelle; on chante aussi quand oi trait les bufflesses, et pour en obtenir plus de lait, on joint à l'effet de la mélodie la vue du petit ufflon qu'on place devant la mère.

Dans les Marais-Pontins, où les buffles sont très-multipliés, il y a un village, la Cisterna, qui est en possession de fournir de petits conducteurs de buffles à toute l'Italie.

Il paraît que les buffles sont d'autant plus méchansqu'ils habitent un paysmoins chaud; dans le centre de l'Afrique on les conduit aussi facilement que les bœufs. Chez nous, pour les conduire, on leur perce la cloison des narines el on y passe un anneau de fer auquel on attache une corde. Il faut beaucoup de force et de dextérité pour cette opération : on lie entre eux les pieds de l'animal et on le renverse sur le dos. L'anneau qu'on lui a placé tombe au bout de quelques années mais alors l'animal est devenu docile.

On emploie le buffle au labourage. Deux animaux de cette espèce attelés à une charrue tirent un plus lourd fardeau que quatre forts chevaux. Comme leur tête et leur cou se portent naturellement en bas, ils se servent pour tirer de tout le poids de leur corps.

Ils sont moins difficiles que les bœufs sur la qualité de la nourriture; ils résistent beaucoup mieux à toutes les causes de maladies, et ils sont très-précieux poxu* travailler dans les lieux humides ou marécageux, dont les émanations sont nuisibles è tous les autres

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animaux. Nulle part leur santé n'est plus robuste que dans la fange des marais Pontius et des Rlaremmes de Sienne, ils y nagent, ils s'y vautrent; et de nombreux troupeaux y vivent jusquà lâge de quaire ans où l'on s'empare d'eux pour les dompter.

On donne en Italie le spectacle d'un combat de buffles comme en Espagne celui d'un combat de taureaux, et ces jeux insensés sont en Italie encore plus périlleux.

La chair du buffle est dure, mais mangeable. Le lait de la bufflesse n'est pas d'aussi bon goût que celui de la vache^ mais il est plus gras et plus abondant; c'est au point que la plupart en donnent journellement de 20 à 24 litres.

Vers le commencement de ce siècle il arriva à la ferme expérimentale de Rambouillet une colonie de buffles italiens; ils y réussirent parfaitement, ils s'y montrèrent même traitables et dociles; on les mil au travail, on fit du fromage de leur lait, et ils furent même introduits dans quelques fermes du Beaujolais, où j'en ai vu attelés et traçant docilement leur sillon. Ou put croire que l'agriculture française avait fait la conquête d'un animal utile; mais il en a été de celle amélioration comme de tant d'autres. Au reste, il est en agriculture surtout bien peu d'améliorations qui n'aient été abandonnées et reprises plusieurs fois avant de s'établir définitivement. M. Prosper Lalanne et quelques autres cultivateurs du Gers ont défriché des landes stériles à l'aide de buffles, et se louent de leur docilité, de leur vigueur et de leur extrême sobriété. Ces animaux sont au bœuf ce que l'âne est au cheval. Précieux dans les pays pauvres, précieu-x pour les pauvres dans les pays riches, espérons qu'un jour nous les verrons se multiplier dans les landes et au milieu des étangs delà Bresse et de la Sologne, et y rendre les mêmes services que dans les Maremmes de Sienne et les Marais-Pou lins.

Si l'espèce du buffle et celle du bœuf ordinaire ne se mêlent pas, c'est plus à cause de l'antipathie qui les divise que des différences zoologiques qui les distinguent; cependant un voyageur naturaliste digne de foi ( Fouché- Dassoni pierre ) assure que dans l'Inde, des produits, et même des produits féconds résultent de l'alliance du buffle avec le bœuf.

§ II. — Du Yack (vache giognantc).

VyacA, bœuf du Thibet, bos grunncens, ressemble au buffle par les formes el en diffère par une grosse touffe de poils qui couvre le sommet de sa tête et une sorte de crinière. Son pelage, en général ras et lisse en été, est crépu et hérissé en hiver ; le ventre, le haut des jambes sont couverts de crins longs et touffus; ila la queue blanche, garnie de crins d'une grande longueur, les cornes arrondies, un peu recourbées en arrière, ime loupe sur le dos, les quatre mamelles placées sur une ligne transversale ainsi que l'auroch, et 14 paires de côtes. Ce bœuf, ainsi que le buffle, se plaît dans les lieux inondés et marécageux ;jl nage elil court plus vite; son naturel est farouche; au lieu de mugir comme ses congénères, il fait entendre des sons qui ont beaucoup de rapport avec le grognement du cochon. 11 vit, a l'état sauvage, sur les montagnes du Thi-

bel; les Orientaux font grand cas de leurs queues, ce sont elles, et non celles du cheval, qui flottent en guise d'étendard dans leurs armées.

Les Tbibétains ont pour le yack le respect religieux des bramines pour le zébu.

Lyack réduit à l'étal de domesticité.fait la richesse de plusieurs peuples de l'Asie; on ne los emploie point à la culture des terres, îviais on s'en sert comme de bêtes de somme. Leur pied est très-sûr et iU peuvent porter de lourds fardeaux. On en tire une grande quantité de iait dont le beurre est d'excellente qualité, on le dépose dans des sacs de peau imperméable à l'air et ou le conserve ainsi inaltérable pendant des années entières.

« Il n'est point, dit M. Sonnini de Moncontour, d'espèce qui paraisse plus intéressante, et en même temps plus facile à acquérir pour l'Europe que celle, de l'yack. Assujettie de longue main à l'obéissance, elle est toute préparée à nous rendre les services que plrsieurs nations de l'Asie en retirent, soit pour le transport de fardeaux, surtout dans les pays de montagnes, soit par l'abondance du lait qu'elle fournit, soit par la beauté de sa toison dont nos arts tirer&ient sans doute un parti avantageux; les contrées du nord de la France montueuses, boisées ctrafraîchies par des amas d'eau, seraient les plus convenables à l'acclimatation et h la multiplication des yacks. Un de cesanimaux, envoyé duThibet à M.Hasting et transporté du Bengale en Angleterre, s'accoutuma bientôt auclimatde cenouveau pays, et quoiqu'il eût été fort maltraité pendant la traversée, il reprit ses formes et sa vigueur; ou lui fit couvrir plusieurs vaches communes tpii produisirent des métis. »

§ III. — Du bison {bos nwcricanus).

Le bisoD {fig. 260), plus trapu que les précé- Fig. 2Ô9.

dens, a la tête courte, grosse, une excroissance charnue sur le garrot, un poil laineux, trèslong et très -épais, qui recouvre la tête, le chanfrein, le cou et les épaules. Une épaisse touffe de poil roide lui forme sous le menton une longue barbe, le reste du corps est garni de poils ras et serrés; la queue est courte et terminée par une touffe de longs crins. Son pelage est noir marron. Originaire des plaines du Rîissouri, il y vil encore en troupes.

Cet animal, naturellement docile et inoffensif, s'apprivoise niscmcnl dans sa jeunesse; on

;S BOVINES ET I)B LEUR ÉLÈVE, liv. ii.

pourrait facilement le réduireh la domesticité, cl en enrichir ragricullure. Kalm assure qu'il produit avec les vaches communes. Sa chair est bonne, sa peau excellente. On peut liler son poil et fabriquer de jolis ouvrages avec ses cornes, qui so&t très-dures et Irès-noires.

Section h. — Des caractères du bœuf ordinaire (bos laurus).

Indépendamment des caractères de la fa mille et du genre, voici ceux de l'espèce dO' mestique la plus répandue.

Des cornes arrondies, dirigées latéralement et relevées en pointe; : — (m pli de la peau, |)endant sous le cou et tombant enlre les jambes de devant, quelquefois jusqu'au-dessous du genou, pli nommé fanon ; deux lèvres grosses, qui ne permetlentà l'animal de saisir que des herbes hautes, et tout au plus de pincer celles qui sont courtes;— front grand, aplati, couvert d'un poil crépu, portant en général un épi à son milieu; — cou gros et court, dirigé liorizonlalement, corps massif; — jambes courtes, garnies inférieurement d'une touffe de poils analogue au fanon des chevaux; — hanches larges et saillantes ; — jarrets larges, évidés ; genoux gros ; — horizontalité presque parfaite d'une li^ne qui irait de la nuque à l'origine de la queue; — pelage variant du noir au rouge.

Les cornes du bœuf croissent tant que l'animal vil; on y distinguo des nœuds annulaires qui indiquent son àii;e, mais la denlition offre des indices plus sûrs {voyez page 220); du reste, les cornes ne tombent jamais, et si elles se cassent par quelque accident, elles ne recroissent plus. A trois ans une lame trèsmince de leur surface se gerce, et tombe au moindre frottement. Ils aiment a frotter leurs cornes contre les corps durs.

Les cornes sont pour eux des armes redoutables. Lorsqu'ils veulent en faire usage, ils baissent la tête, en présentent la pointe à leur adversaire, le soulèvent, et, s'il n'est pas de trop grande taille, le lancent en l'air après l'avoir percé; il est des races dont les cornes ne tiennent qu'à la peau ou sont mobiles comme des oreilles.

La voix dans ces animaux se nomme mugissement ; elle est forie dans les mâles entiers qu'on nomme taureaux ; elle se niodifie selon que l'animal est agité par l'amour ou par la fureur, et dans ce dernier cas elle a un accent terrible. La vache mugit d'un ton rauque, quand elle a peur; d'un ton plaintif, quand elle a perdu son veau.

Ce dernier mugit d'un ton à peu près semblable , quand il souffre, quand il éprouve le besoin de nourriture, qu'il désire sa mère.

Malgré sa conformation massive, le bœuf court quelquefois fort vite, et nage bien.

Sou sommeil est court et léger. Comme il se couche ordinairement du côté gauche, le rein de ce côté est toujours plus gros et plus chargé de graisse que le droit.

Quoique son intelligence soit moins développée que celle du cheval il est susceptible d'éducation, il obéit à la voix, s'attache à un bon mailre. On a vu des bœufs attelés ensemble se prendre de la plus vive amitié: on

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