‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 283 sur 325 · SI · texte numérisé non relu

SI

Total des ventrées.. . 23 ventrées.

Qui, à chacune trois femelles, font pour le total de la troisièiue génération. 69 femelles.

Continuant ce calcul, Vauban admet que la septième année la mèie truie ne porte plus ;

La huitième année, il cesse d'admettre à la production les trois premières filles de la mère ;

La neuvième année, il retranche les quinze premières petites-filles;

La dixième année, il retranche enc<irc du nombre -des portières les soixante- neuf arrières petiteslilles résultant de la troisième génération ;

La onzième année, qui est la dixième génération, les trois cent vingt-une trisaïeules ne se comptent plus; il n'en résulte pas moins une production

<le 1,072,473 ventrées,

qui, à chacune trois femelles, font pour le total de la dixième génération 3,217,419 femelles.

Aota. \° On n'a point compté les mâles dans ce calcul, bien qu'on en suppose autant que de femelles dans chaque ventrée;

2 " Toutes Ils ventrées ne sont également estimées dans le calcul qu'à sixtoclions chacune, mâles et femelles compris; bien que pour l'ordinaire elles soient plus nombreuses; ,

'i'^ Bien que les mères, grand'mères, etc., soient plusieurs fois répétées, e.les ne bont comptées qu'une seule fois chacune.

La production d'une seule truie, après dix générations, nous donnera donc C,43i,838

Otons-eu pour les maladies, les acci- -dens et la part des loups 434.838

§ lil.— Cochon du Cap.

Celle espèce {Jîg. 282) est remarquable par I.-, Fig. 282.

Restera à faire état de 6,000,000

qui est autant qu'il y en peut avoir en France.

Si l'on continuait à pousser ce calcul seulement jusqu'à la seizième géuéralioii, il est cerUiin qu'il y aurait de quoi en peupler la terre abondamment :cas merveilleu.v qui nous doit bien faire bénir la Providence, qui, ayant destiné cet animal pour la nourriture de tous les hommes, en a rendu l'espèce si féconde, que, pour peti qu'on veuille s'en donner de soin, il est aisé d'en fournir à tous, quelque consommation qu'on en puisse faire.

Vauban est loin d'avoir exagéré les avantages de la fécondité du cochon : les Anglais, qui accordent beaucoup plus d'importance que nous à cet animal, citent, entre autres preuves du rapport que l'on peut en tirer, l'exemple fort remarquable d'une truie du comté de Leicester : cette bête avait élevé trois cent cinquante-cinq petits qu'elle avait mis bas en vingt portées, et qui donnèrent en argent un produit de 150 livres sterling, soit environ 3,700 francs de notre monnaie.

Après cette énumération des qualités principales du porc, que l'on nous permette de dire quelques mots de son affinité avec quelques espèces d'animaux encore sauvages, dont la domestication serait aussi facile et aussi avantageuse que l'a été celle du cochon d'Eu- £\)pe.

petitesse de sa taille, qui ne stirpassepoinfcell e de nos porcs ordinaires à l'âge d'un an, Ell« joui tdune grande disposition à s'engraisser; sa chair est fort délicate; son pelage est noir ou marron foncé; les oreilles sont droites; la queue est pendante et terminée par une mèche de soies un peu gaufrées. On la rencontre dans toutes les parties méridionales de l'Asie, dans toutes les îles de la mer du Sud, dans l'Australasie, l'Afrique méridionale et l'Amérique du Sud. Nous devons sa connaissance à M. le baron des Ecotais qui l'a ramenée du Cap de Bonne-Espérance. 11 y a lieu de croire que les porcs chinois, les porcs de Siam, etc., descendent de la même souche que ceux du Cap, et qu'ils sont moins éloignés de leur origine que les porcs européens ne le sont de la leur.

Le croisement de ces espèces avec la nôtre a produit en Angleterre plusieurs variétés importantes.

§ IV. — Babiroussa.

Cet animal (7/^.283) parait avoir été connu Fig. 283.

des anciens, mais fort imparfaitement, et il n'estbien connu des naturalistes modernes que depuis le voyage de découvertes exécuté sur C Jstrolabe par M. Dumont d'Crville, qui ramena des babiroussasvivants.Danssa jeunesse il est difficile de le disîitiguer des autres races de cochons; ce n'est que dans l'âge adulte que sa physionomie devient totalement distincte, surtout chez lemàie, dont lesdéfenses supérieures percent la peau du museau et se recourbent au point des'enloncer quelquefois dans les chairs du front. Leur lèle est petite; les oreilles pointues, droites et dirigées ea

arrière; la queue grêle, nue, lerminée par un

pt'lil bouquet de poils, ne se lorliile poitil.

I.a forme générale du corps est trapue et arrondie ; le mâle, dans un état complet o embonpoint, est comme cylindrique-, li cliairest aussi savoureuse (luece'le des meilleui's sangliers d'Europe. Cet animal mériterait donc d'èire soumis à la domesticité, qu'il subirait saiiS doute fort bien après quelques généralions, car il s'apprivoise facilement dans son pays natal et témoigne de l'affection et de la reconnaissance à ceux qui le soignent. Djus les Moluques, où le babiroussavit à l'étal sauvage, il na jamais été fait de tentatives pour le soumettre au joug de l'homme. L'entreprise serait cependant fort intéressante et nous semble d'autant plus facile qu'il a été constaté que le babiroussa mâle s'allierait volontiers à des truies domestiques. Du reste, il se nourrit comme le cochon d'Europe, mange de tout, même de la viande dont il ronge des os en les tenant entre ses pattes comme font les chiens. La longueur de son corps est d'environ 1 mètre et la hauteur de 70 centimètres; sa peau est rude et épaisse; tout le corps est parsemé de poils assez rares, très-courts, soitant de petits tubercules et de plis qui contribuent à donner à la peau sa rudesse, et la font ressembler un peu à celle 'de l'hippopotame ou de l'éléphant.

§ V. — Le pi'caii.

Le pécari (/■^\284), dont le rapport avec les

Fig. 284.

ANIMAUX DOMESTIQUES : DU PORC. i.iv. m.

Antilles nue l'on pourrait surtout essayer avec succès l'éducation de cet animal ; nous ne l'avons mentionné que d2.ns cet espoir. Puisse quelque colon zélé nous entendre! Rentrons dans notre sujet.

cochons de la mer du Sud est évident, en diffère par la dentition, le manque de défenses, par l'absence de queue, et surtout par un organe singulier placé à la partie postérieure du dos, et qui laisse suinter assez abondamment une liqueur fétide à odeur ammoniacale.

M. Cuvier. qui a observé cet animal \ivant au Jardin des Plantes, le cite comme une preuve frappante des qualités domestiques que peut acquérir la race des porcs. Je suis convaincu, dit-il, que l'inteiligence est, chez les cochons, bien supérieure à celle dont lîoiis les croyons capables : ils se placent, sous ce rapi)orl, bien au-dessus des rougeurs et des ruminans, et même d'un grand nombre de carnassiers; à cet égard, ils nous paraissent égaler les éléphans, avec lesquels ils ont d'ailleurs tant d'autres rapports; et si l'on pouvait les placer dans la même situation que ces animaux, leur demander les mêmes services, nous ne serions point étonnés qu'ils Jes surpassassent. C'est dans nos colonies des

§ VI. — Education des porcs.

Le premier soin à prendre quand on veut se livrer fructueusement à l'éducation des porcs, ronsiste dans le clioix des mâles et de» fcnulics devant servir à la reproduction, lout animal de faible constitution ou de santé chancelante sera repoussé par l'éleveur, de peur qu'il ne donne naissance à une race faible ou maladive et par conséquent d'une éducation difficile et coûteuse. Parmi les verrats et les truies d'une santé robuste, on devra choisir ceux qui réuniront le pins de qualités utiles; les qualités utiles d'un animal destiné uniqueuient à la table de l'homme sont :

1" Disposition à prendre facilement la graisse; 2"^^ Charpente osseuse petite et moins développée ([ue les parties musculeuses;

3" Poitrine large, épaules bien écartées; 4" Peau fine.

Il est facile de comprendre quelle est la valeur réelle des qualités que nous venons d'indiquer, et condiicn il est iinpoi tant de les trouver réunies dans les mâles et les femelles reproducteurs. La disposition à l'engraissement est le point le plus important, celui sur lequel doit se porter la plus sérieuse attention, car delà dépend le bénéfice ou la perte de l'éducation. Il est tel animal, qui avec une égale quantité de nourriture, produira moitié moins de graisse que'i' autre soumis au même régime: l'ampleur de la pt)itrine est ordinairement un des meilleurs signes indicateurs de cette dis- 'positioD. Tout le monde sait (ju'une poitrine larijc dénote la vigueur des principaux viscères ; mais ce que tout le monde ne sait pas, et ce que tous les éleveurs doivent sa\oir, c'est que la capacité de celte partie importante du corps est en proportion de la propension qu'a l'animal à ])rendre beaucoup de graisse de bonne nature. La prédominance du système musculaire sur le système osseux ne doit" point être né{4ligée ; car ce ne sont point des os, mais de la rhair qu'il. s'agit de produire; on devra, par consc<iucnt, rechercher les animaux à petites têtes, à cou peu allongé et à train de derrière très-dcveloppé, car les os dominent dans la tête et dans le col, tandis que c'est la chair qui prédomine dans le train de derrière, l ne peau fine et souple sera toujours préférable à un cuir épais, qui ne se lais.e point aussi facilement distendre par la graisse, et qui du reste ne se mange qu'avec difficulté. Ces signes sont les garans d'un bon choix ; une truie ainsi conformée donnera naissance à de beaux et bons élèves, et 1 on pourra la considérer comme un type parfait, si, avec tous ces avantaj^es, elle possède assez de douceur pour recevoir volontiers les soins dont elle aura besoin en devenant mère.

En suivant ces principes, pendant plusieurs générations, dans le choix des animaux destinés à la reproduction, les cultivateurs anglais ont prouvé que l'on pouvait créer des variétés qui dépensaient souvent 1/4 de nourriture de moins pour arriver au même point que les races élevées sans prévoyance. Aussi l'éducat on du porc est-elle considérée comme fort productive en Angleterre.

En France, où jusqu'à présent léducation du porc a été fort négligée, on attache beaucoup trop d'importance à la grosseur du mâle et delà femelle; c'est pour ainsi dire la seule ([ualitéqui semble déterminer la i)Iupart des cultivateurs dans le choix de ces animaux : et cependant un gros porc dévore souvent autant que deux petits, sans donner un plus grand produit que ceux-ci. Ne nous laissons donc point aller à des ap]>arences sans réalité et n'oublions jamais que les formes qui doivent le

Page 1