DU PORC
uv, m.
D E/igraissemcnt arec des rc'sidus de laiteries.
Dans les grandes laiteries on emploie souvent à l'engraissement des cochons le lait aigri ou le petitlait. On les épaissit avec un peu d'orge concassée, et les cochons ainsi nourris atteignent promptement un grand poids. Leur cliair est excellente, leur lard ferme et savoureux, mais une fois qu'on a comnicBcé l'engraissement de cette manière, il faut le continuer, car il est d'observation que le cliangement de nourriture diminuerait le poids de l'animai, lin porc d'un an consomme à peu près le lait acide et le petit-lait de 3 bonnes vaches; les grands porcs ont besoin de tout l'été pour s'engraisver avec cette nourriture; on les met à l'étable à la fin de mai pour les vendre en septembre. Il résulte des expériences deViborg qu'un porc de 6 mois peut consommer 5-C kilogrammes de lait aigri par jour; il ne faut donc recourir à cette alimentation que dans les lieux où on ne peut fabriquer des fromages, ou débiter le lait plus avantageusement.
E Engraissement arec le résidu de la fabrication de la bière.
Ces résidus renferment très-peu de particules nutritives, aussi il faut les administrer en trèsgrande quantité; les porcs ainsi nourris prennent beaucoup de chair, mais peu de lard. Si, vers la fin de l'engraissement, on n'y ajoute une nourriture plus substantielle, Tliaër rt-commande de conserver.ce résidu dans l'eau.
F Engraissement arec des marcs d'amidon.
Ces résidus engraissent promptement, donnent une chair et un lard fermes et abondants. Il faut les administrer avec précaution, car les porcs les mangent d'abord avec beaucoup d'avidité, mais s'en dégoûtent bientôt, si l'on n'a soin de les alterner avec d'autres alimens et de tenir les mangeoires très-propres. Viborg a reconnu que 15 kilog. de ces résidus produisent 2 kil. 1/2 de lard. Ces résidus sont difficiles à conserver, les matières animalisées et fermentescibles qu'elles contiennent en déterminent promptement la putréfaction ; le seul moyen d'éviter cet inconvénient est de les faire évaporer, puis de les faire cuire au four.
G Engraissement arec les tourteaux huileux.
Cette substance, très-propre à la nourriture des porcs, ne vaut rien pour leur engraissement, elle donne un lard insipide, mou et huileux.
H Engraissement arec les résidus des boucheries et la chair de cheral.
Les tripaillcs, le sang et les autres déchets des boucheries, ainsi que la chair de cheval, fournis- .''cnt une bonne nourriture aux porcs d'engrais; ils en consomment en général 8 kilogrammes par jour; lorsqu'on leur donne en môme temps des graines et des pommes de terre, leur lard en est plus ferme et plus savoureux.
I Engraissement à la glandée.
Le moyen le moins dispendieux d'engraisser les porcs est de les laisser à la glandée, mais le résultat qu'on obtie'nt de cette méthode est toujours incomplet. Les glands donnent aux porcs une chair et un lard très-fermes ; les faînes, au contraire, une chair flasqueet un lard sans consistance qui suinte lorsqu'il est chaud.
Dans quelques lieux les glands sont en si grande abondance (ju'onks ramasse pour servir d'engrais aux porcs à l'étable; dans ce cas, pour en tirer le plus grand profit possible, il faut les drécher; pour cela on les place dans une fosse, on les arrose d'eau salée et on les recouvre de terre jusqu'à ce qu'ils aient germé; alors on les retire, on les fait sécher, on les égruge et on les délaye dans de l'eau, au moment de les donner aux porcs. Les glands ainsi dréchés se conservent d'une année .î l'autre, ce qui est très-important, car les chênes ne proiiuiscnt ordinairement des glands que tous les 2 ans ; on a soin d'alt*rner cet aliment avec d'autres substances plus nutritives.
J Engraissement avec du grain.
Le seigle, l'orge, l'avoine, le sarrasin et le maïs sont les grains les plus souventemployés.; cemodi; d'engraissement ne présente d'avantages que daus un i)etit nombre de cas : il est plus usité en Angleterre et en Allemagne qu'en France; on donne le grain aux porcs de diverses manières: 1° cru et sec ; les cochons le broyent très-bien, mais il faut en même temps leur donner beaucoup à boire. Ihaër rapporte des cas de rupture d'estomac occasionnés par cette alimentation ; 2"détrempédans de l'eau, sous cette forme, presque toujours les porcs refusent d'en'manger au-déià de leur ration d'entretien; on le rend plus nourrissant en le faisant germer, puis sécher ; 3" cuit et crevé; 4° concassé. — Donné ainsi, il engraisse parfaitement, et les cochons ne s'en dégoûtent pas, mais il faut le faire détremper un peu avant l'hcuredu repas, et en former une pâte bien homogène que l'on éclaircit ensuite avec de l'eau.
L'orge et le maïs sont aussi très-convenables à l'engraissement, surtout vers la fin. Les porcs en sont très-friands.
lorsq u'on veut les engraisser avec des grains et des légumes, il faut bien se garder de commencer par administrer les grains purs, parce qu'ils rebuteraient ensuite les légumes; il faut commencer par leur donner les purs légumes détrempés, cuits ou égrugés, et y mêler une quantité de grains déplus en plus forte.
On a beaucoup vanté l'engraissement avec la pâte aigrie, on a p'élendu qu'il était moins coûteux et plus prompt que celui qui s'opère avec le grain. Le grain égrugé ou la grosse farine doivent être délayés dans de l'eau chaude et réduits en pâte ; on y ajoute ensuite du levain, on tient le tout a une température un peu élevée, et en 12 heures il est aigri ; on prend alors une portion de cette pâte et on la mélange avec de l'eau pour en faire un breuvage épais que l'on donne aux cochons, lorsqu'il ne reste presque plus de pâte, on y ajoute de la nouvelle farine ou du grain égrugé. Ce breuvage est très-agréable aux porcs, mais ne les nourrit pas suffisamment, et a d'ailleurs l'inconvénient
.CilAP. 13.
DU MOUTON