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DU COTONNIER, SES ESPECES ET VARIETES, ET SA CULTURE

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On choisit à cet effet un temps chaud, ou aninoinssec, et, lorsque les capsules sont suffisamment ouvertes, il vaut mieux enlever avec les doigts le colon adhérent aux graines, et qui est prêt à s'échapper, que de cueillir les capsules elles-mêmes dont les débris peuvent le tacher. La récolte doit se faire à plusieurs reprises, suivant les degrés de maturité des capsules.

A mesiu'equ'on détache le coton des gousses, on le place dans des corbeilles en le secouant d'abord, afin de faire tomber les insectes ou autres ordures qui pourraient y rester attachés, et on sépare le bon du mauvais. Ensuite on le dépose dans un iieu bien aéré, bien sec; on Tétend, s'il est possible, sur un plancher; c'est la manière d'obtenir une prompte et entière dessiccation.

Il faut di\.\%s'\ faire attention à ce que certains animaux, qui sont friands de la semence, ne pénètrent pas dans cet endroit; car iis y laisseraient des ordures qui détérioreraient considérablement le coton.

Le coton, sorli de sa gousse, retient avec quelque ténacité les graines qui lui sont adhérentes. Pour l'en séparer, on a imaginé de petits moulins très-simples, peu coûteux, composés de deux rouleaux de bois ou cylindres, qu'on fait mouvoir l'un sur l'autre en sens contraire, soit avec une manivelle {fig. lo),

soit avec une pédale comme pour le rouet ( /?§. 16): un volant est placé sur l'axe de

la manivelle; on engage le coton entre les cylindres qui, ayant des rainures longitudinales et peu profondes, attirent les filamens qui pourraient se rouler autour d'eux, au lieu de passer si leur surface était unie. On donne- à ces cylindres un diamètre proportionné à leur longueur et à la grandeur

tre une muraille : elle est supportée par 4 pieds et garnie d'une table, sur laquelle l'ouvrier dispose le colon vis-à-vis les cylindres auxquels il le présente. A mesure qu'il est entraîné, les graines tombent par l'ouverture pratiquée à l'extrémité et le long delà table, et le coton, s'échappant du côté opposé, va se rendre dans une caisse placée au-dessous. On le nettoie ensuite des ordures qui peuvent s'y trouver, et on l'emballe pour le livrer au commerce.

§ VI. — Usages du coton.

longueur et a la grandeur du moulin. Celte machine se fixe à volonté cou- ] cultivateurs de ne pas se décourager, de ne

Il n'est point de plante textile dont la culture soit plus généralement répandue dans les deux continens. La finesse excessive à laquelle le colon peut être réduit, fait qu'on peut le combiner avantageusement avec la laine, la soie, le lin et le chanvre. Le coton a, sous certains rapports, de la supériorité sur ces deux dernières matières, il exige moins de préparations pour être converti en vêtemens, il reçoit plus facilement la teinture, et i! est plus recherché pour la salubrité de l'homme. Les étoffes de coton sont dui-ables, chaudes, légères, et d'un prix modéré. Avec le coton ou fait des tissus de la plus grande utilité, et variés presque à l'infini. Le linge de table d imassé, qu'on fabrique en France avec le coton, égale en -finesse et en beauté le plus beau linge de table en lia qu'on fait eu Saxe.

La mousseline de coton est regardée comme la plus légère, la plus souple, la plus moelleuse et la plus déliée de toutes les étoffes: le fil de coton se trouve employé dans la coulure et la broderie. Avec le coton on fait du papier d'une blancheur extraordinaire. Aux Grandes-Indes, en Perse, on fait les matelas, les coussins, les sofas et presque tous les meubles domestiques en coton. En Chine, on en confectionne des lapis magnifiques, dont on fait un commerce considérable. En France, le bazin, le piqué, le nankin, la futaine, les velours, les couveilures de lit, la bonneterie, les bas, le linge de corps, les garnitures des meubles en colon, etc., forment une des branches les plus importantes de l'industrie nationale.

Indépendamment de toutes ces qualités, le cotonnier possède encore des propriétés médicinales. Le duvet du coton, appliqué promptement sur les brûlures, en est un remède irès-ellicace. La semence du colon étant très-mucilagineuse et huileuse, est un remède très-adoucissant dans les toux opiniâtres, et. comme elle est très-rafraîchissante, on la donne en tisane dans les fièvres inflammatoires. Cette graine est aussi trèsnourrissante, et sert pour engraisser la volaille et les animaux domestiques.

INous bornerons ici les instructions que nous avons pensé devoir donner aux riches propriétaires des départemens du midi. 11 serait possible que, dans les premiers essais, ils rencontrassent des difficultés provenant du défaut de germination de certaines graines, du mauvais choix des vaiiétés, de l'intempérie delà saison, d'une culture peu convenable, etc. Dans ce cas nous supplions les

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viennent tous ceux répandus aujourd'hui sur divers points de la France, où Thouin s'est empressé d'en envoyer, d'après les relations

pas être étonnés si, dès l'abord, ils ne réussissent pas, d'en bien examiner les causes, de recommencer en prenant plus de précautions, et de n'abandonner une entreprise conçue dans les vues de l'intérêt public, que quand il leursera clairement démontrequ'elle ne peut procurer les avantages qu'ils s'en promettaient.

L'abbé Berlése.

Section iv. — De diverses autres plantes textiles.

§ \". — Du phormium.

Phormium, Lin de la Nouvelle-Zélande {Phormium tenax, Forst; en anglais, /m-/e«ved flax lily; en allemand, Neu Hollœndischer /lachs; en italien, Z/wo délia Zeelande) (Jig.M).

Fis. 17.

Voici la plante textile par excellence, celle dont les fibres tirées de ses feuilles sont les plus fortes elles plus élastiques; les expériences faites à ce sujet par Labillardiére les placent entre le chanvre et la soie, et elles pourraient remplacer avantageusement toutes les filasses avec lesquelles on fabrique les cordes, les câbles, et les toiles dont nous faisons nos vêtemens.

En 1791, Labillardière partit comme botaniste, dans l'expédition de dEntrecasteaux , à la recherche de l'infortuné Lapeyrouse, et revint en France vers 1798, avec plusieurs plantes de phormium; mais, en arrivant sur nos côtes, les basaids de la guerre maritime lui enlevèrent ses collections, qui lui furent cependant rendues par l'intervention du célèbre Banks, excepté les plantes de phormium. Peu de temps après, AiTON, directeur du jardin de Kew, en adressa un pied à Thouin, de respectable mémoire, au Jardin des Plantes de Paris. C'est de ce pied, multiplié par drageons, que pro-

des voyageurs sur l'immense utilité de cette plante. L'expérience a démontré que, plantée en pleine terre, sous le climat de Paris, elle n'y végète que médiocrement, et qu'elle y est endommagée ou tuée par nos hivers rigoureux; mais qu'elle végète vigoureusement et ne souffre pas des hivers dans nos départemens les plus méridionaux. C'est donc dans ces départemens que sa culture et sa multiplication doivent être encouragées. On en a obtenu des fleurs pour la première fois en 1816, dans le midi de la France, chez Faujas Saint-Fo\d, et depuis à Cherbourg. Mais, jusqu'à présent , les fruits n'ont pas mûri, de sorte que c'est toujours par la division des vieux pieds que l'on multiplie cette plante précieuse dont je vais donner une légère description.

Le phormium, ou lin de la Nouvelle-Zélande, appartient à la famille des liliacées. De sa racine noueuse, charnue, divisée intérieurement en fibrilles, s'élèvent de 10 à 20 feuilles engainantes à la base par les côtes, distiques, lancéolées, longues d'environ 4 pieds, larges de 3 pouces, d'un vert gai, sèches, assez minces, coriaces, et d'une telle force qu'il est impossible de les rompre en travers. A ce premier appareil de feuilles s'en ajoutent bientôt d'autres semblables à l'entour, qui partent du collet de la plante et forment, avec le temps, une grosse touffe d'un aspect aussi étrange qu'agréable. La floraison consiste en une lige ou hampe qui sort du centre des feuilles, haule de 7 ou 8 pieds, divisée en panicule dans la partie supérieure, et portant im gtand nombre de fleurs jaunes assez grandes.

En rendant compte de cette floraison, Faujas Saint-Fond a fait connaître les expériences qu'il avait tentées t^owv extraire les fibyes des feuilles et les convertir en filasse; mais il avoue que le rouissage et les procédés usités pour le chanvre ne lui ont pas réussi ; les moyens employés par d'autres personnes n'ont pas eu plus de sviccès. On en a bien fait des cordes d'excellente qualité, mais on n'a pu donner à la filasse la pineté, la division ni le blanc soyeux dont elle est susceptible. C'est probablement à la chimie qu'est réservé l'honneur de préparer le phormium de manière à l'obtenir pur et à le débarrasser des tissus et du gluten qui en cache la finesse et la blancheur. Les chimistes devraientd'autant plus s'empresser de mettre la main à l'œuvre, qu'il est bien certain que le phormium contient une plus belle et plus précieuse filasse que toutes les plantes connues.

§ II. — De l'Agave.

Agave d'Amérique ( Jgai-e Americami^ Lin.; en allemand, Jmericanische aloe) {fig. 18 et 19 ). J'ai cru devoir figurer A {fg. 18 ) l'agave tel qu'il se présente en Amérique, et B(/?^. 19) tel qu'on le trouve dans le midi de la France, aux environs de Toulon, où il s'est acclimaté et se reproduit spontanément sans culture, afin qu'on puisse juger de la

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