DES ARTICHALTS ET DES ASPERGES
lequel il faut remplacer un plant d'aitichauts. — Dès que les tiges sont dégarnies de leurs fruits , il faut les couper le plus près possible des racines.
La culture des artichauts ne demande quelques soins qu'à l'époque de la plantation et pour la consen'ation des pieds durant l'hiver; ils restent en terre, et, comme ils sont très-sensibles à la gelée, il faut les protéger dès que les froids sont à redouter : pouà" cela , on commence [lar couper les grandes feuilles à un pied de terre, on amasse la terre autour des plantes sans en mettre sur le cœur, et quand les gelées se font sentir> on couvre chaque touffe de feuilles sèches ou de litière, qu'on laisse jusqu'à la fin de mars, mais qu'il est mieux d'ôter à certains intervalles dans les temps doux, afin d'éviter la pourriture. Au printemps, on défait les buttes de chaque pied et on donne un bon labour; plus tard, comme nous l'avons dit en commençant, on ne laisse sur chaque pied que les 2 ou 4 plus beaux œilletons.
Les têtes d'artichauts se consomment généralement Iraîches cueillies; cependant elles se consenent t'ori bien durant plusieurs jours, et en hiver, en coupant les tiges de toute leur longueur, ou même arrachant les pieds et les plantant dans du sable au cellier ou dans la serre à légumes, on les conservera fort long-temps et on les verra même grossir.
Le produit d'un champ d'artichauts est assez considérable : les touffes espacées de 1 mètre, l'hectare en contient 10,000 qui peuvent, en moyenne, donner chacune 2 grosses têtes et 6 petites. Leur valeur, en gros et en moyenne, étant de 7 fr. le cent pour les gros et '6 fr. 50 c. pour les petits, on voit que le produit brut d'un hectare peut aller j usqu'à 2,100 fr. Le prix des fonds et artichauts desséchés varie considérablement : ainsi en 1833, où ils étaient abondans, ils ont valu 60 à 75 fr. le quintal, tandis qu'en 1834, où ils étaient rares, ils ont montéjusqu'à 2 et SOOfr.
Section ii. — Des Asperges.
Y] Asperge {Asparagus ojficinalis, L. ; eu. anglais. Asparagus ; en allemand, Spargel; en italien, Sparaso) est une plante à racines vivaces, qui forme le type de la famille des Asparaginées et qui est indigène en France.
De la racine, qu'on uomnm griffé ou patte, naissent chaque année de nouvelles tiges qui périssent à la fin de l'été : la consommation de ces tiges, lorsqu'elles sont jeunes et tendres et sortant de terre de quelques pouces seulement, est énorme dans les villes où on ies vend par bottes pour manger cuites à la sauce, ou coupées en petits pois. Ainsi, uu seul cultivateur près deLondres, M. Biggs, a souvent 40 acres d'asperges, et M. Edmond, près de Deptford, en cultive jusqu'à 80 acres. Les jardins de M""" Casimir l'errier. près du bois de Boulogne, offriront bientôt à Paris les produits de plus de 20 arpens.
Toutes les variétés d'asperges peuvent être ramenées à deux: VA. verte ou commune el la grosse violette ou de Hollande dont la tête est violàtre ou rougeàlre : c'est à celle-ci qu'ap|iartieniienl les asperges si renommées
<le HoU.Tndc, de Strasbourg, de B<;sançon, de (iravelines, de Pologne, dlJlm, de Marchiennes, ele. C'est spécialement la culture de ce dernier pays que nous allons décrire.
L'asperge se multiplie de graines qu'on sème en place, ou plus ordinairement en pépinière pour repiquer en avril les jeunes griffes d'un an qui n'ont qu'un ou deux œillets.
La préparation du terrain, qui doit de préférence être léger et sablonneux, mais riche, a lieu de la manière suivante qui n'est pas du reste indispensable, \a culture ii plat et celle même sur des planches plus exhaussées que les sentiers, étant adoptées dans plusieurs localités et sans doute préférables en raison de la nature et de la siluatinn du terrain. Habituellement on divise le terrain que l'on ^^eut planter en asperges eu planches d'une largeur de 4 pieds, séjîarées par des intervalles de 2 à 3 pieds. On creuse les planches de 2 pii;ds, et on y enterre nue couche épaisse (jusqu'à 1 pied) de fumier de vache ou de cheval avancé dans sa décomposition, ou bien des tourbes ou gazons consommés, des vases et curures de mares et fossés, des terreaux de couche, etc. (les engrais sont recouverts de 2 pcnices de terre bien légère sur laquelle on dé()Ose les griffes ou plants d'aspergt's à 2 |iiejs les uns des autres, et I pied du bord de la planche ; dans beaucoup de lieux on ne laisse que de 15 à 18 pouces d'intervalle entre les plants, et alors, au lieu de di^iw rangées par jjlauche, on en met trois disposées en échiquier. Les plants sont recouverts de 2 à 3 pouces de terre légère bien ameublie et terreautée s'il est possible.
Pendant les 2 om 3 f" années de la plantation,on ne coupe point les liges d'asperges, la récolte d'une seule nuisant beaucoup à la grosseur des asperges et à la durée du plant. Les soins d'entretien consistent à arroser au besoin, biner et sarcler. En octobre ou novembre, on coupe et ou enlève les liges sèches; Oïl recharge ensuite les planches d'un ou deux pouces de terre ou terreau, ce qui se fait plus communément en mars après un léger binage.
Les mêmes. soins sont continués pendant les 3 1'^' années; lorsque le temps de la récolte des asperges est arrivé, les ti'avaux se bornent à des sarclages, binages et arrosemens, s'il y a lieu, en été, et à WA^i façon d'automne et une de prinlem|)s; celle d'automne, oulre le nettoyage des planches et l'enlèvement des tiges sèches, consiste à recharger de quelques pouces de terre , de terreau ou de court fumier; la façon de printemps, à donnei- avec précaution un léger labour ou crochetage à la fourche, après lequel on recharge, si on ne l'a pas fait à l'automne. En lous cas, une Jumure tous les 2 ou 3 ans, soit au commencement, soit à la fin de l'hiver, est indispensable pour maintenir l'abondance et la beauté des produits qui , avec une cullui-e bien entretenue, pourront continuer pendant 20 ou 2-3 ans.
La récolte de ^ asperges n'est pas une chose sans impoi'lance ; elle doit avoir lieu le soir ou le matin avant le lever du soleil. Habituel ■
DES PLANTES POTAGERES. liv. n.
lemenl on les coupe le plus près possible de l'œillet de la racine avec un long couteau; mais de celle manière on s'expose à couper la tète à d'autres asperges, ou à offenser les œillets, et ainsi à leur nuire, et même à les faire périr. A Marchiennes, où les asperges ne sont recouvertes que de terres légères, on dégarnit l'asperge déterre, on la saisit en aloiigeant le doigt jusqu'à la racine, et d'un coup de poignet on la casse en la séparant de l'œillet de la plante qu'on recouvre immédiatement de la terre déplacée.
Sous le rapport du produit^ l'asperge présente rinconvénienl d'exigerunepi'éparation du terrain dispendieuse, et, pendant 3 années, de grands soins d'entretien qui ne sont compensés par aucune lécolte. Néanmoins on peut dire que l'on confie alors à la tei're un capital dont les intérêts seront fort élevés par la suite; et, en second lieu, pendant ces 3 années , le terrain n'est pas tout-à-(ait perdu: on peut, sans inconvénient, cultiver sur les ados ou sentiers un giand nombte de plantes utiles, telles (|ue Pois, Haricots, Lentilles, etc., et, même dans les intervalles des plantes d'asperges, dans les jardins on met encore de la salade. — Lorsque l'aspergière est en plein rapport, on peut calculer que les 17, .500 plants qui occupent un hectare pourront donner à couper chacun de 12 à 15 tiges grosses et petites. Les bottes contenant en moyenne 100 asperges et le prix de la botte pouvant s'évaluer aussi en moyenne à 1 fr., on voit que le produit brut par hectare (environ 3 arpens de i'aris ) serait de 2,450 francs.
Sectioiv m. — Des Choua.
H a été traité des Choux verts ou non pommés parmi les plantes fourragères {Tome 1, p. 522>, et ci-devant {page 7 de ce vol.) parmi les Plantes oléagineuses. Les Choux poi/tmés, dont nous devons parler ici, sont des plantes bisannuelles, cultivées assez en grand pour Vapproi'isionnementdes marchés el poui" la préparation de la choucroiite , dont les bâti mens de mer, et surtout le nord de l'Europe et l'Allemagne, font une énorme consommation.
On cultive un très -grand nombre de variétés de Choux pommés {Brassica oleracea capitata, L. ; en anglais, Ifhite, Red Cabàage^ Sai-oj\ Brussels Sprouts ; en italien, Cappuccio tondo ; en allemand, Ropftohl ). On peut I amener ces variétés à deux principales : 1" les Choux cal/us , parmi lesquels ou distingue : le C. d'Yor/>, le plus précoce; le C. pain de sucre; les C. cœur de bœuf; les C gros (abus blanc, d'Alsace, d'Allemagne, Quintal^ de Hollande, etc., très-volumineux, les plus productifs; le C. pomme rouge, très-estiméen Belgique eten Hollande; — 2" Les Choux de Milan ow. pommés J ris es , dont les principales sous-variétés sont : le C. M. hâtif d'Vliii; le C, pancalier de Touraine ; le C. M. ordinaire ou gros chou milan; le C M. des Vertus , on pommé frisé d'yilleniiig/ie ; le C.de Bruxelles, à jets ou (i rosettes.
La culture des choux est simple et facile , mais les choux en général, et particulièrement les gros choux pommés, demandent, peur aile iidre un fort volume, une terre
DES COURGES, CITROUILLES, POTIRO??S ET OGNOIV'S.
CH\r. 4'.
riche et fraîche. Les berges des fosses el canaux, les marais desséchés , les terrains nouvellement défrichés, conviennent parfaitement jiour cette culture.
La multiplication a Heu de semis qui se font toujours eu pépinière dans une tei'ie plutôt légère que forte, bien ameublie et un peu ombragée. Ces semis ont lieu : 1° de la uii-anùt au conîmencement de septembre, pni-liculièi-ement pour les Choux cabus, afin d'' tiansplauter en octobre, ou même en février el mars, et récoller de mai en août; T au printemps, depuis la fin de T'vrier jusqu'en mai, notamment pour les Choux milans, afin de mettre en place lorsque les planls oui quelques feuilles; leur produit succède à celui des semis d'automne, el se piolongo jusque dans l'hiver. Les semis doivent être arrosés régulièrement si le temps est sec, et visités afin de détruire les insectes, et notamment ieti(|uet ou puce de terre qui 3^ fait souvent de grands ravages. Le meilleur inov en pour les écarter, c'est de semer le matin à la rosée de la cendre sur le jeune plant.
Les choux sont plantés à. demeure à une distance qui varie , en raison de In taille à laquelle ils parviennent, de l-b à 30 et 3G pouces (0™ 40 à 1 ="). En faisant la transplantation, on examine le pied au point de départ des racines, et s'il existe nue tumeur, on la coupe par la moitié pour détruire la larve qui y est logée et qui nuirait au développement d^; la plante. La transplantation doit être suivie é'aj-rosemens qu'on renouvelle autant cjue la saison l'exige; les autres soins d'entretien se bornent à quelques binages.
Les choux pem-ent se conserver fout l'hiver jusqu'en mars; ceux à demi faits, particulièrement les pancaliers et milans ordinaires, peuvent rester dehors ; pour tous les autres, on peut en prolonger la jouissance en les couchant avant le froid . ce qui se fait en enlevant un peu de terre au nord, inclinant le chou de ce côté, et mettant la terre sur les l'acines de l'autre. On peut encore lesenjauger par lignes les uns sur les autres, et les couvrir de feuilles s'il gèle fort.
Section iv. — Des Courges, Citrouilles, Potirons, etc.
Parmi les Plantes fourragères {\o} . Toin. 7, pcig. 524), il a déjà élé question des Citrouilles, plantes annuelles qu'on cultive dans quelques parties de la France avec avantage, pour la nourriture des bestiaux. Ce qui y est dit de la culture de ces plantes et de la conservation de leurs jruits, s'applique aussi bien à celles qu'on destine aux animaux domestiques qu'à celles qu'on vend sur les marchés, et qui sont souvent les mêmes, ce qui nous dispense d'y revenir ici.
Parmi les variétés de Courges { Cucurbita., L.; en anglais, Pompion et Gourd ; en allemand, iif«/-6^.f; en italien, Zucca et Popone), les plus rustiques et qui croissent le mieux en pleine terre, sont: le Potiron {Cucurbita pepo, L.; en anglais, Squash; en allemand, Pfebin Kiirbiss; en italien, Zucca). à longues tiges rampantes, à fruits souvent énormes et flirt pesans, dont fécorce est ordinaiiemenl d'un jaune plus ou moins foncé;— les Ci-
rnumons et Citrouilles, dont les races sont pour ainsi dire innombrables, et dont la consommation est à Paris bien moindre que celle des Potirons; — le Pastisson ( Cucurbita melopepo, L.), Bonnet de prêtre, artichaut d'Espagne ou de Jérusalem, à fruits beaucoup moins volumineux, mais très- nombreux, qui a le mérite de ne pas ramper comme les autres, mais de pousser en touffes arrondies.
Toutes ces espèces ont des graines trèsgrosses el très-nombreuses, dont tamande contient une huile que le docteur IMorelu a reconnue meilleure et plus abondante que celle extiaite de beaucoup d'autres semences. De 3 livres de ces semences broyées, il a obtenu par la pression à froid -5 onces 1/2 d'huile; en les faisant légèrement torréfier, elles en ont donné près du tiers de leur poids.
SECTIO>i T.
Des Oiinom.
JJOgnon { .-fllium cepa, L. ; en anglais, Onion; en allemand, Zwiebel; en italien, Cipolla ) est une des racines potagères les plus importantes et dont la culture a le plus d'éleiuiue; vivace de sa nature, celle plante est considérée et traitée comme bisannuelle.
\,^'>, ])ri ncipcdes variétés i,on\.\' Of;non blanc gros ci VO. blanc /idti/, iVuue saveur douce et de bonne (jualité; VO. jaune ou blond, des Vertus près Paris, gros, excellent et se gardant bien; VO. rouge pâle, le plus répandu en France; l'f. rouge foncé, large et plat, préféré dans quelques pays; l'O. /;o/>e ou pyri/ornie, rougeâtre, d'une saveur forte, d'excellente garde: VO. d'Egypte ou bulbijère, ou à rocamboles, dont la tête porte, à coté de quelques bonnes graines, plusieurs petites bulbes qui servent à le multiplier; enfin, VO. patate ou sous-terre, ne donnant ni graines ni rocamboles, mais des cayeux qui croissent autour de lognon principal. Les vai'iélés les plus rustiques et dont la conservation durant l'hiver est la plus facile, sont rOgnon d'Egyple et celui en poire, qui par conséquent conviennent peut-être le mieux aux cultures des fermes.
Les ognons se plaisent dans une bonne terre, substantielle, mais plutôt légère que forte, fumée autant que possible une année tl'avance, ou avec de l'engrais bien consom-, mé; celui de mouton et aussi le marc de raisin conviennent le mieux.
M. Vilmorin dislingue 4 méthodes principales de multiplication pour l'ognon. La première, la plus usitée, surtout dans les pays du nord, est le semis en place ; il a généralement lieu du milieu de février au milieu de mars, à raison de 3 ou 4 onces de graine par are ; on l'enterre légèrement au râteau ou en recouvrant d'une couche mince deterreau,etona soin de bien piétiner, ou de rouler avant et après le semis, surtout si le sol est naturellement meuble. Un éclaircissage doi* s'opérer lorsque le jeune plant est bien formé; ce que l'on éclaircit peut servir à repla'»ter ou élre consommé eu ciboule. — La deuxième méthode ne diffère qu'en ce que le semis se fait en pépinière pour transplanter à 3 ou 1 pouces de dislance, en lignes espacées de
<> à 8 ponces; c'est la pratique la plus suivie dnns le midi et aux envirous de Paris, notamment pour rognon blanc qu'on sème communément en août et septembre, pour replanter en octobre ou en mars, et consommer dès le mois de mai à demi-grosseur et successivement tout Tété. — La troisième méthode, introduile nouvellement par MM.NoLVEi.Lox et Lebrun, de Meun (Loiret), consiste à semer excessivement épais (près d'une livre de graine par toise carrée), pour obtenir seulement des grenons gros à |)eine comme de petites noisettes, qui, l'année suivante, sont mis en place a 3 ou 4 pouces de distance ; on ne doit arroser qu'une seule fois immédiatement après le semis. Par cette méthode, on évite tous les risques et les accidens auxquels sont sujets les semis en place; les soins minutieux de sarclage et d'éeiaircissagc sont remplacés par des serfouissages bien plus faciles et moins dispendieux. M. FoNTAixE, d'Aubiiiy près lleims, emploie un moyen analogue; il fait le semis destiné à fournir la [)lanlation ordinaire plus épais, et, lorsque cette transplantation a eu lieu, il arrache tout le plant excédant, retend au soleil dans une allée et le retourne tous les 8 jours jusqu'à parfaite dessiccation des fanes, ce qui arrive ordinairemenlà la fin de juin; ces plants sont alors transformés en
f;renons gros comme des pois, que, comme es ognons petits-pois de M. jSouvellon, il conserve jusqu'au printemps dans un lieu sain. Lorsqu'on veut obtenir des /?6'//fi' ognons pour confire, on agit d'une manière semblable : on sème bien dru en terre sèche, et on n'arrose que dans la r^ jeunesse; l'Ognon blanc hâtif est préféré pour cet usage. — La quatrième méthode, particulière à l'Ognon a'Rgypte, est la plantation par rocamboles, à laquelle on peut rapporter aussi la plantation par cayeux propre à TOgnon-patate. Ce moyen a donc les avantages de la méthode précédente, sans la difticaîté d'obtenir à point les ognons pe'its-pois. 6 à 8 ognons faits, réservés pour monter en tige et fournir les rocamboles en donnent environ un litre qui peut suffire à la plantation dune planche de 6 à 7 toises de long sur 4 pieds de large : au surplus, on ne risque rien de réserver plus que moins de ces porte-bulbes, car les plus grosses rocamboles s'emploient à la cuisine, et de plus l'ognon en
DES PLA^NTES MEDICINALES nv. ir.
reproduit deux ou trois autres de moyenne grosseur qu'on trouve au pied lorsqu'on l'arrache; en sorte qu'il y a en même temps multiplication par rocamboles en haut des tij^es et par cayeux dans la terre. II est bon de soutenir ces tiges par des tuteurs, lorsqu'elles sont montées, parce qu'elles sont facilement entraînées et versées par le poids des bulbes. Malheureusement, l'Ognon d'Egypte a une chair un peu grossière.
Des arrosemens au besoin, des sarclages exacts, sont les seuls soins que réclament les ognons pendant leur végétation. Si à l'automne ils restent verts et tardent trop à s'achever, on couche les fanes par un moyen quelconque, ce qui accélère un peu la maturité. — Les ognons des espèces ordinaires destinés pour porte-graines doivent être plantés en février ou mars , quelquefois même avant l'hiver pour l'Ognon blanc quand il pousse trop; on les espace d'environ un pied. La graine est bonne pendant 2, rarement pendant 3 ans.
La récolte générale des ognons a lieu à l'automne; on les arrache lorsqu'ils sout mûrs, c'esl-à-dire que les fanes sont devenus jaunes et flétries; on les laisse étendus quelques jours sur un terrain battu, et on les rentre par un temps sec. Tous les ognons, mais surtout celui d'Egypte, ne se conservent bien que si on les place dans un lieu sec afin d'éviter la pourriture, et froid pour que les tiges ne se développent pas.
Le produit de la culture des ognons peut s'élever tièshaut dans les circonstances de débouchés avantageux. D'après la distance assignée aux plants (4 pouces dans les lignes, 6 entre les rayons), l'hectare doit produire 540,000 ognons; si on en met 15 à la botte et qu'on calcule le prix de la botte à 5 centimes seulement , on trouve une valeur brute de plus de 2,000 f.,qui laisse une grande marge pour les chances d'une réussite moins complète qu'il est sage de prévoir.
UAil {Allium sativum), la Ciboule et Ciboulette ( A^ fistulosum et schœnoprasum ), V Echalotte {A. ascalonicum), le Poireau ou Porreau {A. porrum)^ sont d'autres espèces du même genre, dont la consommation est bien moins considérable que celle de l'ognon, et dont la culture est d'ailleurs à peu près semblable. C. B. de M.