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DE LA GUIMAUVE ET DE LA REGLISSE

jusqu'à préseufces essais n'ont pas eu de

racine est blanchâtre, vivace, pivotante, de la f^rosseur du doigt; ses liges sont droites, cylindriques, recouvertes comme toute la plante dun duvet cotonneux et blanchâtre; ses feuilles sont alternes, pétiolées, ovalesaiguës, anguleuses, veloutées; ses fleurs, d'un rouge pâle, pédonculées et axillaires, forment au sommet de la tige une sorte de grappe alongée. Cette plante croît naturellement en France, en Angleterre, en Allemagne, etc., dans les terrains humides et sur les bords des ruisseaux; elle fleurit en juillet et août.

Toutes les parties de la guimauve, les racines, les feuilles, les fleurs et même les fruits, sont étnolUentes et mucilagineuses ^ mais ce sont principalement les fleurs et les racines qu'on emploie en médecine. Les premières doivent être cueillies au moment où elles paraissent, sécLées à l'ombre, et conservées dans un lieu sec, renfermées dans des sacs. Préparées en infusion théiforme, elles sont d'un usage journalier dajis les affections catarrhales et dans toutes les maladies où il y a irritation ou inflammation. Les racines se récollent seulement à l'automne ou pendant l'hiver; alors on les arrache de terre, on les lave, on fend et on divise les plus grosses en morceaux au plus de la grosseur du petit doigt et à peu piès de la même longueur ; on les blanchit en les pelant, on les enfile et on on forme de longs chapelets que l'on suspend dans un lieu sec, aéré et mên'.e dans une chambre chauffée afin de les faire sécher plus promptement si la snison est froide et humide. Soit sèche, soit fraîche, la racine de guimauve est, en général, la base des décoctions émollientes et adoucissantes qu'on prescrit en médecine dans toutes les affections inflammatoires internes ou externes, et, sous ce double rapport, la consommation en est considérable; ce qui exige que la plante soit cultivée pour suffire aux besoins des herboristes et des pharmaciens.

On fait des brosses à dents avec les racines de guimauve effilées en filamens. Plusieurs personnes ont tenté à diverses reprises de fabriquer des cordes avec l'écorce des liges et surtout avec les racines de la guimauve ; mais ces cordes ne sont pas solidâi; on a même essayé d'en faire du fil et des étoupes proores à ouater ou à fabri(|uer du papier; « mille des Légumineuses.

succès.

La guimauve n'est pas difficile sur la nature du terrain; elle crolt assez bien dans tous les sols, pourvu qu'ils ne soient pas marécageux ou composés d'un sable aride; mais celui qui lui convient le mieux et où elle réussit le plus, est une terre franche, légère, profonde et un peu humide. — Quand on n« plante la guimauve que pour les besoins d'un ménage, et il faut toujours à la campagne en avoir quelques pieds dans son jardin, on peut la multiplier en arrachant en novembre ou décembre de vieux pieds qu'on éclate, qu'on divise en plusieurs, et qu'on replante tout de suite. Mais, quand on veut cultiver cette plante pour en fournir les marchés des villes, il faut en récolter de la graine à l'automne, et la semer au printemps dans une terre bien labourée. — Pendant l'été ou sarcle le jeune semis pour le débarrasser des mauvaises herbes et on lui donne au moins deux binages. A l'automne, on enlève le jeune plant avec la bêche, afin d'en ménager les racines, et on le replante aussitôt dans un terrain convenable et bien labouré, en disposant les pieds eu quinconce et espacés de manière qu'ils soient distans de 18 à 20 pouces les uns des autres. L'année suivante on donne deux binages au moins pendant le printemps et l'été. A l'automne et pendant l'hiver suivant, on arrache successivement tous les pieds pour les porter au marché.

Bosc dit qu'il a calculé qu'un arpent de terre planté en guimauve aux environs de Paris, devait rapporter près de 1000 francs; mais il ajoute que le prix de cette racine est si variable, que cette culture ne peut pas faire l'objet des spéculations d'un riche cultivateur.

Section ii. — De la Réglisse.

La Réglisse glabre {Glycyrrhiza glabra, L.; en anglais, Liquorice; en allemand, Siissholz; en italien, Regolizia ) {fg. 34 ) est de la fa-

Fig. 34.

Ses racines suât

cylindriques, de la grosseur du petit doigt ou a peu près, ligneuses, traçantes, d'un gris roussâtre extérieurement, jaunâtres intérieurement, d'une saveur douce tt sucrée; ses tiges sont droites, un peu rameuses, hautes de 3 à 4 pieds, garnies de feuilles composées de 13 à 15 folioles ovales; ses fleurs sont petites, rougeâtres, disposées en épis sur des pédoncules axiliaires; elles paraissent en juillet et août. Cette plante croît naturellement dans les parties méridionales de l'Europe.

La racine de réglisse est la seule partie de la plante qui soit en usage; elle est adoucissante et pectoi'ale, mais c'est moins à cause de ces propriétés qu'on l'emploie en médecine, que pour édulcorer toutes les tisanes qu'on a besoin de faire économiquement et dans lesquelles elle remplace le miel ou le sucre. A Paris, et dans quelques grandes villes, on prépare avec celle racine une boisson pour le peuple, connue sous le nom de Coco, et qui se vend pendant l'été, dans les rues et les promenades publiques. On peut par la fermentation et la distillation en retirer une sorte d'alcool. — En Espagne, en Calabreet en Sicile, on prépare en grand le suc de réglisse du commerce, extrait sec, noirâtre, qui nous arrive à l'état solide et sous forme de cylindres un peu comprimés, longs d'environ 6 pouces, entourés de quelques feuilles de laurier. L'abbé Sestini {Lettres sur l'Italie, vol. 1, p. 4G3 à 4G9) a donné les procédés employés en Sicile pour la fabrication de ce suc ou jus de réi;lisse, dont l'emploi est chez nous d'un usage journalier et populaire dans les rhumes et les atïeclions catarrhaks.

Dans le midi de l'Europe, où la réglisse croit spontanément, cette plante n'est souvent que trop multipliée dans les champs, et il existe des endroits en Sicile et en Espagne où les laboureurs la considèrent comnie un fléau pour les autres cultures, à cause de la difficulté qu'il y a d'extirper ses profondes racines qui pullulent avec la plus grande facilité,etdonl le moindre fragmentsuffitpour la reproduire. — En France, où la réglisse ne pousse pas avec autant de facilité que dans les climats méridionaux, elle exige pour réussir une culture soignée, et la grande consommation que la médecine et la pharmacie font de ses racines, rend cette culture assez fructueuse pour qu'elle soit un produit avaritageux pour quelques cantons dans lesquels on s'y livre, el sous ce rapport nous citerons particulièrement la commune de Bourgueil (Indre-et-Loire) où cette plante est cultivée de la manière suivante.

On plante sa racine à deux époques différentes; ia première en automne, et la seconde au mois de mars, c'est-à-dire aux mêmes époques où l'on en fait la récolte. Avant de la mettre en terre, on a eu soin de donner un bon labour profond de 20 pouces; et peu après, on oucre des tranchées- larges d'un pied, profondes de l5 pouces, et distantes les Uîies des autres de 2 pieds. Ou choisit pour celle culture des terres légères, humides et substantielles. Lorsqu'on iail ia récolte, on tire hors de terre toutes les racine? que la plante a poussées pendant s;i

DES PLANTES MEDICINALES. liv. ii.

croissance, et l'on met à part pour la vente toutes celles qui sont parvenues à la grosseur du pelit doigt ou au-dessus; ou réserve pour la plantation celles qui sont plus petites, plus tendres et plus juteuses que les grosses racines, en ayant soin de les tailler légèrement à leurs deux extrémités et de conserver avec soin tout le chevelu dont elles se trouvent garnies. On plante aussi, à défaut de ces racines filamenteuses, la pai lie supérieure de la racine principale, qui est adhérente au collet de la plante, et qui est trop coriace et trop sèche pour être vendue dans le commerce.

La terre du fond des Josses doit avoir été remuée à la profondeur de 2 à 3 pouces, et c'est sur cette terre qu'on couche les racines destinées à la plantation, les unes à la suite des autres, en en formant deux rangées parallèles, surtout lorsque le sol est de bonne qualité. Après avoir ainsi disposé les i^acines, on les couvre avec 6 pouces de terre ou environ, et c'est alors qu'on répand la quantité de fumier dont on peut disposer.

Pendant la première année, et dans la belle saison, on donne aux champs de réglisse les binages nécessaires à l'extirpation des mauvaises herbes ; ensuite on comble entièrement les fosses avant l'hiver, de manière que le sol se trouve au même niveau sur toute sa surface. La culture de la seconde et de la troisième année consiste seulement dans des binages réitérés aussi souvent qu'il est nécessaire pour ne pas donner aux herbes étrangères le temps de se propager.

On récolte la racine de réglisse à la troisième année révolue, et pour cela on commence quelquefois à l'arracher à la fin d'octobre, qunnd la ^égétalion a cessé, el l'on continue en hiver, jusqu'au mo's de mars, lorsque le temps le permet ; mais le plus communément c'est pendant ce dernier mois que s'arrache la plus grande quantité de réglisse, et qu'on en fait aussi les nouvelles plantations. Pour tirer les racines hors de terre, on défonce les fosses dans lesquelles on les avait placées, et on enlève succ(;ssivement toutes les racines que l'on rencontre. Les cultivateurs qui veulent faire produire une seconde récolle au même champ praticiuent alors dans le terrain de nouvelles fosses entre les anciennes, où ils mettent le plant de la racine à mesure qu'ils le retirent de terre. — Le temps le plus favorable pour faire la récolte est celui où l'atmosphère est un peu humide ; alors les racines retiennent mieux leurs sucs. Pendant que l'on défonce le sol, les ouvriers ont soin d'enlever toutes les racines, et ils séparent celles qui doivent être gardées comme réglisse, d'avec celles qui doivent servir à de nouvelles plantations. IL forment avec les premières des bottes grosses comme la cuisse, de la longueur de 2 pieds ou 2 pieds 1/2, et ils les lient aux deux bouts avec \\\\ lieu fait de la racine elle-même. — Ces bottes sont conservées jusqu'à la vente dans une cave ou dans un lieu frais, afin qu'elles perdent le moins possible de leur poids, parce que la réglisse se vend au poids. Son prix ordinaire est de 45 fr. le demiquintal métrique; mais celle valeur est fort suj( lie h varier.

GHAP. 5".

Dans les cantons où l'on cultive la réglisse, on en coupe à l'automne les tiges lorsqu'elles sont sèches, et on les emploie à chaujfer les fours.

En 1833, le commerce de France a tiré de l'Espagne pour plus de 164,000 fr. de racine de réf;lisse ; et dans la même année, le commerce a livré à la consommation intérieure pour 298.952 fr. de jus de réç;lLsse, dont pour 229,700 l'r. provenant du royaume des Deux-Siciles,

Section m. — Du Pavot.

Il a déjà été question du Pavot somnijère comme graine oléagineuse ( yoyez page 11 de ce volume ; il nous reste maintenant à en traiter sous un autre rapport, c'est - à - dire comme plante médicinale. On sait que c'est du Pavot qu'on retire dans l'Orient ïopium^ substance éminemment calmante et somnifère, dont on fait un grand usage en médecine, et qui est un des médicamens les plus puissans et les plus précieux de la thérapeutique.

L'opium, connu dans les phai'macies sous le nom d'opium thehaïcum, est le suc propre épaissi du pavot, recueilli dans l'Inde, la Perse, l'Arabie, l'Asie-Mineure et les autres contrées chaudes de l'Orienl. Le meilleur se tirait autrefois de la Thébaïde, où le pavot se cultivait alors très en grand. Il est devenu depuis assez rare en Egypte, et, selon les relations les plus modernes, la très-petite quantité qu'on récolte encore dans un canton de la Haute-Egypte, est d'assez mauvaise qualité.

Les Oi'ientaux emploient deux manières différentes pour retirer l'opium du pavot. D'après Belo.\, Chardin, K^chiffer et Olivier, le premier moyen, et celui en même temps par lequel on se procure le plus recherclié et le plus estimé, Vopium en larmes, qu'on désigne aussi sous le nom *\\iJpon., consiste à pratiquer le soir, avec des couteaux à i)lusieurs lames parallèles, «les incisions longitudinales ou en sautoir sur la surface des capsules vertes et tendres du pavot. Aussitôt que ces espèces de scarifications sont faites, il s'eji échappe un suc laiteux qui augmente pendant la nuit, et qui se condense pendant le jour, surtout par la chaleur du soleil. Cesuc, lorscpril a acquis assez de consistance, ce qui arrive à la fin de chaque journée, est enlevé, mis en masse, et on continue, chaque soir, de nouvelles incisions sur les capsules tant qu'elles fournissent du suc. — Par le second procédé, au moyen de la contusion et de l'expression des tètes de pavot, et en faisant évaporer ou réduire sur le feu ou au soleil le suc qu'on en a retiré, jusqu'à ce qu'il ait la consistance d'un extrait presque solide, on obtient une seconde espèce d'opium, nommée meconium. Celte seconde espèce; , au rapport de Toirxefort, est beaucoup plus commune dans le commerce que la première, parce qu'on en prépare une bien |)lus grande quantité; c'est principalement celle qu'on reçoit en Europe et à laquelle on a seulement mêlé une petite quantité de la première espèce, afin de lui communicjuer

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