CHAP. 7'. DE L V G
dilations ordinaires que sur l'appât d'un f;ain qui surpasse de beaucoup celui dont se contentent ceux qui en font leur affaire suivie. Dans les pays où la culture de la garance est étendue, tout est préparé pour son emploi : des marchés florissans où se rendent les acheteurs et les vendeurs, des courtiers spéciaux, des usines, des correspondances avec les pays de consommation, des commis qui vont pour voir les manufactures ; le prix que reçoit le cultivateur est toujours le maximum de ce qui peut lui êtreolfert dans le moment, en raison de la proportion des produits à la consommation : mille concurrens en sont le garant.
A moins d'être producteur habituel d'une masse très-considérable de garance, il ne convient pas à l'agriculteur de vendre ailleurs que dans son grenier: il est dupe de toute jjréparalion manufacturière ou de touleopératioa commerciale qui va au-delà de la récolte.
Ts'on que je croie qu'il soit impossible de faire passer au cultivateur une partie du bénéfice des négocians. Ainsi, dans la récolte de la soie, le cultivateur s'est emparé, en grande partie, du bénéfice de la filature; mais il faut que ce mouvement vienne du petit propriétaire, quifait ses opérations sansfrais au moyen de sa famille; et quand la concurrence a tout régularisé, a fixé des prix équitables, alors le grand propriétaire peut participer aussi au même avantage. Je sais que <léjà de petits moulins à garance, mus par des chevaux, se sont établis sur plusieurs points; sans doute il se formera aussi un commerce intermédiaire de négocians qui, n'a\ant point d'usines, recueilleront les petites quantités de poudre provenant des récoltes particulières, et les assortiront; sans doute le propriétaire pourra s'emparer de la mouture de la garance, si toutefois il peut jamais jouter dans la pi'éparation en petit avec celle d'un moulin bien et convenablement disposé. Nous donnerons ici une idée rapide du commerce de la garance, pour que le propriétaire puisse lui-même juger de ses difficultés, et de la nécessité où il se trouve de vendre sa racine aux fabricans dans les pays oii cette branche de commerce est bien établie, et qu'il n'ignore pas les moyens d'en tirer parti, s'il veut tenter celte culture dans une contrée où elle sera nouvelle.
La racine de garance est composée , comme toutes les autres, d'écorce, d'aubier et de bois. Quand la plante est en sève, on sépare facilement ces trois parties l'une de l'autre; l'écoice est dépourvue de propriétés colorantes, et altère même la couleur des poudres auxquelles elle serait mêlée; l'aubier fournit la véritable fécule colorante. Le bois en contient une dose beaucoup moindre et beaucoup moins énergique. D'où il suit d'abord qu'une racine contient d autant plus de matière colorante que, proportionnément à son poids, elle renferme plus d'aubier et moins d'écorce et de bois. Dans les terres compactesoutrop sèches, lagarance acquiert beaucoup d'écorce : les petites racines ont |)lus d'écorce proportionnellement à leur volume. Une garance trop vieille ou trop grosse a une plus grande proportion de