‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 53 sur 325 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

bois; dp plus, celle qui est plantée a plus de fibres latérales que celle qui a été semée. La garance arrachée en sève au printemps, surtout quand elle n'est pas parvenue au tern:<^ de son accroissement, et qu'on larrache un an après son semis; enfin, une garance conservée trop longtemps en magasinperd aussi de ses propriétés colorantes : le négociant juge au coup-d'œil de ses qualités, et sait y proportionner ses prix.

A|)rès l'abondance de la matière colorante, vient la couleur elle-même. Dans les terres sèches, la garance a une couleur jaune ; dans les terres fraîches, elle est plus ou moins rouge : c'est cette dernièie (jiii se paie le mieux. M. Schlimbergeb, de Mulhausen, dans plusieurs excellens mémoires réce!is,a fait voir: 1° que le carbonate de chaux était nécessaire pour fixer la partie colorante de la garance ; 2° qu'il était contenu à l'état naturel dans la garance d'Avignon, tandis que celle d'Alsace en est dépourvue; 3° que cela lient à la nature du terrain, les terres palud de A'aucluse qui fournissent toujours les garances de première qualité, contenant de 90 à 93 p. lun de carbonate de chaux; celles d'autres districts qui ne donnent que des qualités secondaires, en contenant de 7 à 38, enfin la terre du jardin de Mulhausen n'en renfermant que 5 pour 100; 4° que les garances d'Avignon, transplantées dans un sol peu calcaire , donnent des racines de la même qualité que celles d'Alsace, et vice versa; 5° qu'ayant préparé des terrains calcaires factices, et y ayant planté des boutures de garances d'Avignon et d'Alsace, elles n'ont présenté à la récolte aucune différence , et oui produit, dans la teinture du coton mordancé, des couleurs aussi solides que la garance d'Avignon ; tandis que les racines cultivées à côté, dans le terrain ordinaire non calcaire, ont donné la même garance qu'à Strasbourg, c'est-à-dire ne rendant à la teinture que des couleurs sans solidité. Il conclut de ces faits que l'assimilation de la craie par la garance a lieu aussi bien sous le climat de l'Alsace que sous celui de A'aucluse, et qu'on doit pouvoir facilement obtenir de la garance pareille à celle d'Avignon dans des terrains analogues, par exemple dans les sols crayeux, légers et pulvérulens de la Champagne.

On augmente la coloration en rouge de la garance en la faisant sécher quand elle est humide ; mais celte préparation détériore la fécule et ne peut être tentée par un propriétaire honnête, qui d'ailleurs pourrait voir rejetersa j)ar;ie par un acheteur clairvoyant. Certaines grottes ou magasins légèrement humides développent aussi la couleur rouge dans les garances qui y sont conservées, nous en a^ons des exemples; mais il y a aussi à courir le danger de la moisissure, et une garance qui aune odeur de moisi perd presque toute sa qualité, et imniédiatement le tiers ou la moitié de son prix : elle n'est plus achetée que pour falsifier, par la mixture, de la bonne garance.

Les achats de la garance se font au comptant, et on s'engage au moyen d'arrhes plus ou moins fortes, ^>ur les marchés on achète à la vue de l'échantillon; mais les négocians commencent aussi à envover des commis chez

78 CULTURES INDUSTRIRLLES

les clélenleiirs de la denrée cju ils achètent à la vue de la récolle, ce qui est préférable pour les uns et les autres, et prévient les difficullés.

Dans le déparlement de Vaucluse, un grand nombre de moulins à farine ont été convertis en moulins à garance, et partout où l'on a pu établir une prise d'eau, il sest formé une de ces usines; d'après tous les faits que j'ai pu recueillir, la pulvérisation de la garance revient à environ 1 fr. 50 cent, par quintal au propriétaire d'une de ces usines, savoir : 85 cent, représentant la main-d œuvre, et 65 cent, l'intérêt du capital. Ainsi, le négociant qui possède de la garance à 27 fr. ,50 cent, verra ses frais augïnentés de la manière suivante par la pulvérisation :

Perte sur le poids, 10 p. 100. 2 fr. 75 c.

Pulvérisation 1 50

Tonneaux, 16 fr. par tonneau de 20 quintaux » 50

Plus, la valeur d'achat de la garance 27

Total. . . 32 fr. 55 c.

Celui-ci doit alors opérer la mixture de ses poudres de manière à assortir les différentes sortes, les différens degrés de coloration, de force, etc., que les besoins de ses acheteurs lui font connaître : ce travail ne demande qu'une certaine habitude et une connaissance des débouchés.

S'il est un principe prouvé en économie politiq\ie, c'est que les prix d'une denrée sont en raison directe de la consoumiation et inverse de la production de celte denrée.

Quant à la garance, quelle que soit l'augmentation de la production, il semble que celle de la consommation n'a pas été moins grande, puisque le produit n'a pas cessé de se maintenir au-dessus du prix de revient; ce qui continue à étendre celte culture même hors des terrains qui ont des qualités privilégiées pour sa réussite, et à enrichir tous les pays qui s'y sont livrés. Le prix moyen des dix années de 1813 à 1823 étant, pour les racines jaunes, de 30 fr. 63 c, n'est-il pas remarquable que, pour les vingt et une années de 1813 à 1834, il soit de 31 fr. 30 c. .' Cette permanence indique une limite qui pourrait bien encore profiter à l'avenir, et la difficulté d'étendre indéfiniment la culture pourrait en donner l'explication.

D'après les relevés statistiques les plus récens, ^importance du commerce de la f;arance dans le seul déparlement de Vaucluse, serait ♦le 20 millions de kilos, fabriqués par 50 usines et 500 moulins, et d'une valeur totale de plus de 14 millions de francs. On évalue la quantité exportée à environ 7 millions de kilos, qui vont principalement en Angleterre, en Suisse, en Prusse et aux Elals- Uiiis.

On voit donc que la culture de la garance a enrichi le pays où elle a commencé à se développer, et où elle était devenue comme un munoi)ole par l'incurie de ses voisins; qu'elle a fait long-temps la prospérité de la Zélande, de l'Alsace et du comtat d'Avignon ; qu'aujourd'hui son cercle s'élant éleiidu, elle

DES PLANTES TINCTORIALES. uv. ii.

n'est point cependant descendue au niveau des récolles ordinaires; mais qu'elle alTectionne certaines natures de sol où elle se produit toujours avec un avantage marqué, comparativement aux autres récoltes ; que ces terrains sont les terrains légers, frais et riches, naturelleuienl ou artificiellement.

En outre, elle offre une occupation active aux ouvriers, dans une morte-saison ; elle leur fournil un moyen de faire épargne, pour ainsi dire, de leur travail, et leur payant, au bout de trois ans, une somme considérable, les met dans l'aisance, et leur facilite les moyens d'acquérir et d'entreprendre, qu'ils n'auraient pu trouver dans le prix de ce travail, payé quotidiennement.

Ajoutons que, bien différente des autres denrées, la garance, ayant créé un corps de négocians qui s'occupent spécialement des spéculations qui s'y rapportent, ne reste jamais invendue ; mais qu'en suivant le cours, on est sûr de trouver, à toute heure, la vente de telle quantité de racine que ce soil, et d'en être payé comptant, avantage immense dans les années où les blés, les fourrages, elc, n'offrent point les mêmes avantages, parce que ceux qui commercent sur ces denrées ne sont presque partout que des spéculateurs, qui, n'ayant point de grands établissemens formés, peuvent suspendre leurs achats quand cela leur convient, pour reprendre le même commerce plus lard, et avec les mêmes avantagtts. Les pays où l'on fabrique de la farine offrent, dans le commerce du blé, quelque idée de ce qu'est ailleurs le commerce de la garance; il faut, dans les pays à garance, que les moulins s'approvisionnent de racines, les propriétaires d'usines ne veulent pas les laisser chômer, et ne peuvent les appliquer instantanément à un autre usage. Les achats sont donc continus, comme la fabrication, quel que soit le prix de la matière première, et quelque mince que soit le bénéfice sur ia matière fabriquée.

Partout où l'on réunit toutes ces facilités, où l'on peut se procurer aisément des ouvriers, et où il existe des capitaux qui peuvent attendre les produits, la culture de la garance peut présenter des avantages réels aux cultivateurs.

De Gasparin.

Section ii. — De la Gaude.

La Gaude ^ espèce du genre Réséda et de la famille desCapparidées (Reseda luteola L. ; angl., If'eld ou Dyer's iP'eed; ail., fVaud\ {fig. 43), vulgairement Vaude, ou herbe à jaunir, est une plante imparfaitement bisannuelle, à petites racines fusiformes, et à tige g.irnie de feuilles, s'élevant de 1 à 2 pieds. Elle est indigène à la France et à l'Angleterre, très-rustique dans son état sauvage, et se rencontre le long des chemins, dans les friches, les taillis, etc. Elle fleurit naturellement en juin et juillet, et répand ses semences en août et septembre.

On cultive deux -variétés de gaude, l'une d'automne, l'autre de printemps; quoique devant leur origine au mode de culture auquel elles ont été assujetties, elles sont main-

OK LA GAUDF..

Fi>. 43.

teiiant bien distinctes, en sorte qu'on ne saurait remplacer l'une par Tautre pour les semailles de ces deux saisons.

La Gaude est cultivée dans quelques cantons de la France et de l'Anglelerre, principalement dans le comté d'Essex , pou/l'usage de la teinture, à laquelle ses fleurs et ses ti^es fournissent une couleur jaune, belle, solide et avantageuse pour les étoffes; elle est supérieure à la couleur jaune des buis étrangers qui en ont diminué la consommation depuis qu'ils l'ont en partie remplacée, et mérite de leur être préférée. Parmi toutes les plantes tinctoriales, elle offre au cultivateur l'avantage de n'avoir besoin que d'être coupée et séchée pour être livrable au teinturier. On retire aussi de la Gaude une couleur jaune pour les besoins de la peinture.

La Gaude est une de ces plantes robustes i\n\ peuvent végéter dans tous les terrains; mais les sols fertiles en donnent les récoltes les plus abondantes. On dit que les mauvaises terres, surtout celles sablonneuses et sèches, produisent plus de matière colorante. Celles où elle réussit le mieux sont des terres de consistance moyenne, légèrement humides, parfaitement ameublées par les cultures précédentes-, il est essentiel de ne placer la Gaude que dans une terre bien propre, attendu que cette plante, ayant une longue enfance, exige des sarclages trèssoignés, et que ce rapprochement des plants rend très-dispendieux. Cette récolte est assez épuisante, mais ne demande jamais de fumier.

On sème la Gaude., soit en juillet et août, en donnant la préférence à la variété d'aulomne, pour récolter l'année suivante en juin ou en juillet , soit en mars, en se procurant de la graine de la variété de printemps, pour récolter dans la même année en septembre. M. de Dombasle trouve que la première méthode est préférable, parce que les sarclages sont plus faciles et moins coûteux, les mauvaises herbes poussant à cette époque avec beaucoup moins de vigueur, et pouvant même être ajournés jusqu'au printemps si la terre est un peu propre. La ré-

colle se fait aussi à une époque où il est plus facile d'en opérer la dessiccation ; cependant pour la production, il n'a pas remarqué de différence entre les semailles faites dans l'une ou l'autre saison.

Le sol n'ayant pas besoin d'être fraîchement labouré pour la réussite de cette plante, on peut la semer avec beaucoup d'avantage dans une récolte encore sur pied., au moment où on lui donne le dernier binage, pourvu qu'on n'ait pas besoin de fouiller le sol pouu enlever cetie récolte : par exemple, dans des haricots, du maïs, des cardères, des fèves ; c'est ce qu'on pratique principalement dans les environs d'Elbeul. Le Recueil de la Soc. d'agric.de l'Eure nous apprend que]\L Sald- BRELiL, cultivateur au PlessisGrohan, obtient de la culture de la Gaude, en la semant au mois de mars, dans les luzernes, trèfles et minettes, un bénéfice notable, puisqu'il n'a d'autres frais que ceux de la récolte. La quantilé de semence nécessaire suivant celte n^éthode est d'un litre et demi par hectare, que l'on mélange bien avec les autres graines ; M. Dlret, en l'adoptant, a obtenu par hectare, de 100 à ILO bottes du prix de 1 fr. environ.— En Angleterre, on sème généralement en avril ou mai pour ne récolter que l'année suivante, et souvent, pour ne pas perdre la première année, on répand les semences dans les récoltes céréales., à la manière du trèfle, ce qui donne de bons résultats, pourvu que la lerre soit en bon état, et qu'on ait soin de biner et sarcler aussitôt apiès la moisson. — M. Moruret, et après lui d'autres cultivateurs, ont fait valoir le grand avantage qu'il y aurait à semer la Gaude en été dans les taillis coupés l'hiver précédent ; il suffit d'écoi cher la superficie du sol avec un râteau de fer pesant, ou autre instrument analogue, et nul doute que, si l'on donne un ou deux sarclages, joints à l'arrachage qui reuiuera encore le sol, celte culture ne soit profitable au taillis lui-même.

On sème ordinairement la Gaude à la volée à raison de 12 à 15 liv. de graine par hectare. On peut employer la giaine nouvelle ou celle de deux ou trois ans; il est bon de la faire tremper pendant quelques jours dans de l'eau avant de la répandre. On ne l'enterre presque pas. en passant le rouleau, ou mieux en faisant piétiner par un troupeau de moutons.Les meilleures récoltes qu'on obtient en Angleterre sont celles cultivées isolément et ensemencées au semoir, qui doit tracer les lignes à un pied de dislance et placer les graines dans les raies à C pouces les unes des autres. Assez souvent, quand la Gaude succède à une récoite de blé, elle n'est ni éclaircie, ni binée, ni sarclée, et on l'abandonne à elle-même jusqu'à ce que les piaules soient en pleine floraison, époque de la récolte.

Mais en bonne culture, la Gaude d'automne doit être sarclée au moins au mois de mars, époque où les plantes, semées l'été précédent, étant déjà fortes, commencent à monter. Celle opération est bien moins dispendieuse que lorsqu'on est foicé de l'exéculer dans un moment où Fou voit à peine les jeunes plantes, ce qui arrive pour la Gaude semée au printemps. Ce sarclage peut être donné à la houe à long man-

che, ft doit éclaircii* les plantes <Je façon tju'cUes se trouvent espacées de 5 à G pouces. 20 à 52 ieninies peuvent sarcler un hectare par jour avec cet instrument, à moins que le sol ne soit excessivement dur ou sale. — Ain'ès ce sarclage, s'il rej)oushe encore trop de mauvaises herbes, on les arrache à la main, loi"sc[ue la Gaude est à peu près parvenue à la moitié de sa hauteur. Pour les semis faits au printemps, le premier jiarcluge doit avoir lieu en avril et êire exécuté à la petite binette à main ou avec un couteau, coujme on sarcle les ognons et les calottes en jardinage; on n'éclaircit pas les plants, à moms qu'ils ne soient extrêmement rapprochés. Ce premier binage est d'autant plus coûteux qu'il faut ordinairement le répéter une ou deux fois, \\.i&(\\.i'k ce qu'on n'ait fdus la crainte de voir la Gaude étouiïée par es mauvaises herbes.

La récolte de la Gaude a lieu en juillet pour la variété d'automne, et en septembre pour celle de printemps. On l'exécute en arrachant toute la piaule, les teinturiers exigeant qu'elle ne soit pas privée de la racine. Le moment favorable est celui oii la lleur s'est développée sur toute la longueur de la tige. Assez généralement à cette époque, la Gaude a de I à 2 pied>, et demi de hauteur, les feuilles et les tiges sont encore assez vertes, et les graines sont noires dans les capsules à un qiiart ou un tiers du développeluf-tit de la floraison, à partir du bas. Il parait qu'on obtient une meilleure matière colorante, et on a aussi plus de liberté pour préparer le terrain à recevoir des naveis ou du blé, en faisant la récolte, sans s'inquiéter de la graine, plutôt avant qu'après l'instant oii les plantes commencent à prendre une légère teinte jaunâtre. L'exposition à l'air, au soleil et à l'action des rosées pendant la dessiccation, achève de les faire devenir d'un beau jaune, couleur exigée par les teinturiers et les fabricans qui rebutent ordinairement ]a gaude restée verte, et au goût desquels les cultivateurs doivent se soumettre. Cependant, M. DE DoMBASLE a coustaté que la gaude qui a conservé en séchant sa couleur verte, indice certain d'une tlessiccation prompte et opérée par un beau temps, est tout aussi riche en teinture et donne d'aussi belles nuances que celle qui est devenue jaune.

La manière la plus simple àe Jaire sécher la Gaude, et de lui donner la teinte exigée, c'est de la déposer, à mesure qu'on l'arrache, en javelles peu épaisses qui couvrent le sol ; le dessus en est promplement jauni par le soleil et les rosées ; ou retourne alors les javelles pour laisser sécher et jaunir pai"»".illenient le dessous. La dessiccation complète est ordinairement l'affaire d'une semaine. Mais, pour agir ainsi, il faut être sûr du beau temps ; on ne peut guère employer cette méthode pour la récolte de la gaude de orintemps qui se fait en septembre. — Dans ce cas, et lorsque le temps n'est pas fixé au beau, on ne doit pas laisser la gaude étendue sur terre, car une seule pluie suffirait pour la faire brunir et lui enlever presque toute sa valeur. Si la récolte est peu

des haies, ou d'autres appuis, et ou l'y laissera jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment sèche et j.Tune. Pour des cultures étendues, voici le procédé recommandé par M. i»e DoMBASLE : a Ou prend des baguettes flexibles, un peu moins grosses que le petit doigt, et longues de 3 ou 4 pieds; on en forme des couronnes de 8 pouces environ de diamètre, en entrelaçant la baguette sur elle-même; on fait entrer dans chacune de ces couronnes une poignée de gaude, qu'on dresse sur le sol, en écartant les pieds et en plaçant la couronne aux trois quarts à peu près de la hauteur des plantes. La poignée ne doit pas être assez forte pour être serrée dans la couronne ; autrement, la dessiccation se ferait mai à cet endroit. La dessiccation est un peu plus lente par cette méthode qu'en étendant les plantes par terre; mais aussi elles risquent très -peu de chose du mauvais temps ; les pluies modérées accélèrent même beaucoup le jaunissement de la gaude, et elle ne s'endommage |)as, si ce n'est par des pluies longues et opiniâtres; lorsque le temps est ainsi disposé, de quelque manière qu'on s'y prenne, il est presque impossible de sauver cette récolte. »

Lorsque la dessiccation de la gaude est parfaite, on la lie en bottes de 10 livres. Celte opération doit s'exécuter sur des draps, afin de ne pas perdre la graine qui tombe et qui fournit une bonne huile à brûler. — Quelquefois on récolte la Gaude en vert et on en traite les feuilles et les tiges comme on le fait pour le Pastel et l'Indigo; mais, en général, les teinturiers se servent directement par voie de décoction de la gaude en bottes. La gaude peut se conserver, sans altération dans ses principes, un nombre d'années indéterminé, pourvu qu'elle ait été bien desséchée et qu'elle soit enfermée dans un lieu exempt de toute humidité; on dit même qu'elle s'améliore en vieillissant.

Pour récoller la graine nécessaire aux semailles, on choisit un petit nombre des pieds les plus forts et les plus beaux, et on les laisse parvenir à maturité. La graine est très-fine, très-abondante, et sort très-facilement des capsules.

Le produit de la gaude dépend beaucoup des circonstances de la saison, et sa valeur varie considérablement d'après la demande qui est quelquefois presque nulle et d'autres années très-grande, ce qui en élève le prix. Au surplus, on peut dire que cette culture est peu dispendieuse, en sorte que les profits en sont souvent comparativement assez imporlans. C. B. de M.

Section m. — I)u Pastel.

Le Pastelijsatis ^i/zcZo//rt,L.;angl., Pf^oad; ail., iJaid; ital., Guade ; esp., Gualda) {fig. 44) est une plante de la famille des Crucifères, dont laculture, comme substance tinctoriale, avait autrefois beaucoup plus d'importance qu'elle n'en a aujourd'hui.

Lorsque l'Inde nous envoya l'indigo, le pastel fut presque totalement négligé; aujourd'hui il y a réaction , et si le pastel n'a pas reconquis son ancienne importance, on Vem-

considérable, ou la dressera contre des murs, ploie en cjuantité assez considérable en me»

CllAP '''.

Page 1