DE LA VIGNE ET DE SA CULTURE
doux;- mais souvent ils donnent trop de corps au vin rouge. Cependant, si l'argile s'y trouve en trop grande proportion, et qu'elle n'y soit pas divisée sulfisammeni par une grande quantité de pierrailles ou de cailloux, elle conirauntque au vin rouge ce qu'on appelle le goùl du terroir, surtout si cette terre est d'un brun foncé; nous en avons connu une de cette nature qui donnait le plus mauvais vin du département où elle était située; mais, hors ces rares exceptions, la terre où l'argile est seulement en quantité convenable, a aussi une influence avantageuse sur le vin rouge, en lui donnant plus de corps et de sève, surtout si des parties calcaires la divisent et laraeublissent ; tels sont pour ces dernières celles qui produisent les vins des Palus; et pour les autres, ceux de Frontignan, les vins blancs de Bergerac et ceux de Vouvrai près Tours.
§ III.— De la situation et de l'exposition.
Tous ces terrains ne jouiront de leurs avantages que s'ils se trouvent dans une situation un peu élevée et un peu inclinée a l'horizon. Quelque favorable que soit la composition de la terre, ses avantages seront donc perdus, si elle est située dans un vallon étroit ou même sur le sommet d'une colline élevée : dans l'un et l'autre cas, le raisin n'acquerra pas une maturité suffisunte ; dans le premier, il pourrira avant de mûrir, dans le second sa peau, durcie parla sécheresse et les vents, ne renfermera (|u'un suc rare et acide. Si votre champ n'est qu'à une hauteur moyenne, il sera désirable que sa surface soit plutôt légèrement convexe que plane, et surtout que si son inflexion était en sens inverse, car les gelées s'y asseyent bien plus facilement.
Sans doute il vaudrait mieux que l'inclinais.on que nous avons désirée fût vers le midi, si l'on en avait le choix ; mais nous sommes loin d'en faire une condition de rigueur, car il y a tant d'exemples de vignobles renommés qui ont \ exposition du nord^ regardée comme la plus dangereuse, que nous sommes portés à ne la frapper d'aucune infériorité à l'égard des autres, quand langle d'inclinaison ne passe pas 20'; nous n'attacherons pas tant d'importance à cette circonstance que beaucoup d'auteurs le font. Nous pourrions citer en Champagne les terroirs de la côte d'Epernay, de Ludes, Mailly, Chigny, Rillyet autres, qui ont l'exposition du nord, et qui sont cependant supérieurs à ceux de Saint-Thierry et autres voisins qui ont celle du midi. Nous pourrions y ajouter beaucoup d'autres exemples, tels que quelques coteaux du Rhin les mieux famés, plusieurs de ceux de Saumur et d'Angers, et ceux de Saint-Avertin et de Joue près de Tours. Il est peu de vignobles dans l'est de la France où, il ne se trouve des vignes à l'exposition du nord, et souvent ce sont celles dont le produit est le plus estimé ; en général, elles sont moins sujettes aux effets désastreux des gelées du printemps, et plus exposées aux impressions favorables du vent du nord. Il est bien certain