CHAPITRE XTI. — Des arbres et arbustes a fruits oléagineux
Skction 1"^. — De l'olivier et de sa culture. § r"'. — Espèces et variétés.
L'Oliiier [en lalin, Olea; en anglais, Olii'etree; en italien, Ulivo;en allemand, Oelbaum ) a^ipartient à un genre de plantes de la famille des Jasminées, dont les fleurs ont un i-alice et une corolle d'une seule pièce, à 4 découpures, 2 étamines et un ovaire surmonté d'un style simple, devenant un drupe arrondi, contenant ordinairement un noyau monosperme. Ce genre comprend des arbres ou des arbrisseaux à feuilles entières, opposées, toujours vertes, et à fleurs disposées en grappe ou en panicule. On en connaît aujourd'hui 16 à 17 espèces, toutes exotiques, mais dont une a été transportée depuis une époque si reculée dans le midi de l'Europe, que son origine se perd dans la nuit des temps, et elle est d'ailleurs si bien acclimatée dans plusieurs parties des régions méridionaies. qu'elle y est devenue en quelque sorte indi- ! gène,etquelesbotanistesluiontdonnélenom iXOlivier d'Europe. Cette espèce étant d'un grand intérêt pour l'agriculture des pays dans lesquels elle peut être cultivée, il va en être traité en détail dans cet article.
U Olivier d'Europe {Olea europœa., Lin.; angl., European Olive; ital., Vlivo; ail., Gemeiner œlhaum ) {fg. 65) est communément,
Fig. 65.
dans le midi de la France, un arbre de 3 à 6 pieds de circonférence, sur 20 à 25 pieds de hauteur; mais, dans les contrées favorisées par un climat plus chaud, comme les parties méridionales de l'Espagne, de l'Italie, en Orient et en Afrique, il atteint des dimensions plus que doubles. Ordinairement sa tige principale ne s'élève guère au-delà de 0 à 10 pieds; plus haut, elle se divise en pin-
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sieurs branches, lesquelles se subdivisent en un grand nombre de rameaux formant rarement une lète arrondie et régulière. Ses leuilles sont coriaces, lancéolées, vertes en dessus, blanchâtres et comme argentées en dessous; ses fleurs sont petites, blanches, disposées en grappes axillaires, dont une ou deux, rarement davantage, deviennent des ii"uils ou drupes connus sous le nom A'olàes, d'une forme ovoïde, contenant un noyau ovale-oblong, enveloppé dans une pulpe dabord verdàtre, ensuite d'un violet foncé «ni noirâtre lors de la maturité, molle et oléagineuse. Cet arbre fleurit en mai ou juin, et ses fruits sont mûrs en novembre.
Comme presque toutes les espèces dont la culture est très-ancienne, l'olivier d'Europe a été beaucoup modifié par les différentes influences des climats, du sol, des expositions et des cultures diverses auxquelles il a été soumis, et cela lui a fait produire de nombreuses variétés, parmi lesquelles nous indiquerons les suivantes.
UlU'ter sauvage ; an Provence, AuU^ierfer, Aulivastré ; en Languedoc, Oulibié soubagié. La variété, ou, pour mieux dire, les variétés de celte sorte sont non)breuses en Provence, en Languedoc et dans le Roussillon ; elles sont dues en général aux olives des variétés cultivées, dont les oiseaux mangent la pulpe, et dont ils disséminent les noyaux dans les bois et les lieux incultes; leurs feuilles sont plus petites, et leurs fruits, également bien plus petits, sont toujours plus nombreux sur chaque grappe. Ces individus sauvages peuvent avantageusement être transfoi-més par la greffe en variétés domestiques, et alors ra|)porterde bons fruits.
Olivier bouquetier ; en Provence, Rapugan, Caïon à grappe ; en Languedoc, Oulibié bouteillaû. Ses feuilles sont grandes, d'un vert sombre, et ses fruits un peu aloogés, sont presque toujours plus ou moins irréguliers ; dans plusieurs des grappes, il noue plus de fleurs que dans les antres variétés, mais alors les olives restent petites.
Olivier à petit fruit panaché ; en Languedoc, Oulibié pigaou ou pigale. Dans cette variété, les feuilles sont pressées, et les fruits, un peu oblongs, deviennent en mûrissant d'un noir violet, avec des points rougeâtres. Ces olives mûrissent lard et fournissent de très-bonne huile.
Olivier d'Entrecasteaux. Il est plus bàtif pour les fleurs et pour les fruits ; ceux-ci se colorent peu et restent d'un blanc verdàtre lorsqu'il y en a beaucoup sur l'arbre.
Olivier à fruit blanc. Ses rameaux sont peudans; ses olives mûrissent tard et ne commencent à prendre de la couleur qu'après les autres, mais elles finissent par se colorer à peu près de la même manière.
Olis^ier h fruit odorant. Cette variété est plus commune en Languedoc qu'en Proveuce; ses fruits sont alongés, odorans, ils sont de ceux qu'on emploie à confire.
Olivier à petit Jruit long. Olive pichoUne. Celte variété est plutôt cultivée pour en confire les fruits (}ue pour en retirer de l'huile.
Olivier pleureur, O.de Grasse; en Languedoc, Oulibié coiirniaoU. Ses rameaux sont
DE SA CULTURE. lo3
longs et pendans, comme ceux du saule pleureur. Ses fruits sont noirs, oblongs d'une grosseur moyenne, plus gros à leur sommet qu'à leur base, et l'huile qu'où en retire est d'une excellente qualité. L'arbre est d'ailleurs très-fécond.
Olivier ci bec; en Provence, Aulivo becu. L'olive se distingue facilement dans celle variété, parce (jue son sommet se termine en une pointe inclinée, formant une sorte de bec; elle donne une huile très-fine. L'arbre produit d'abondantes récoltes.
Olivier caille t-blanc. Ses fruits sont peu colorés, restant souvent d'un vert blanchâtre, avec une teinte très-faible de rouge; ils fournissent beaucoup d'huile, et il est fort rare que leur récolte manque.
Olivier royal; en Provence, ^«//co tripardo. Ses olives sont arrondies, grosses, souvent inégales et comme raboteuses à leur surface. La récolte de cette variété manque rarement ; mais elle est peu productive.
Olivier à fruit arrondi ; en Provence, Aulivo redouno ; en Languedoc, Ampoulaoù. Ses fruits sont les plus gros de ceux de ce genre, arrondis et noirâtres; ils donnent une huile de première qualité.
Olivier il fruit <3'o;/j:. Cette variété, qui a été observée dans le royaume de IVaples, produit des olives assez grosses, d'une saveur douce, qu'on peut manger, dit-on, sur l'arbre sans aucune préparation.
Outre ces vai-iétés, nous trouvons encore les suivantes, indiquées dans le cutalogue de MM. les frères Audibert, dont la pépinière est située à Tonelle, près de Tarascou sur le Rhône: Olivier amy gdalin ; O. burruguet; O. de chien; O. long-poil; O. moureau; O. petitnoir; O. de Salon; O. petit-verniillau et gr osver mi lia u.
Les noms que portent les variétés d'olives leur ont été donnés tantôt d'après leur grosseur, tantôt d'après leur forme ou leur couleur, quelquefois d'après des ciilférences observées dans les feuilles ou dans les rameaux, et aussi d'après le pays où elles sont cultivées. En général, les dénominations locales des olives sont très-multipliées et trèsdiverses, souvent dans la même province. M. Fava.nti a cherché à établir une classification plus régulière en employant, comme caractères distinclifs, la forme du noyau, les variations que présentent la base ou le som- •met des fruits, enfin la configuration des valves et la direction des sutures. (\. Annal, de l'agric.Jranc. 1820, 2^ série, t. XL P- 371- 381.)