CHAI». 12'. DE L'OLIVIER ET
{îiière que 27 à 30 pouces de circonférence dans !a partie inférieure de leur Ironc. La jente croissance de l'olivier annonce une lonj^iie vie ; effectivement, on ne sait pas encore à quel âge il peut parvenir. Pline a Ifirme qu'on voyait encore de Sun temps, à Linterne, ville de la campaj;ne de Rome, les oliviers que Scipioii l'Africain v avait plantés 250 ans auparavant. M. de Cuatealbriand, dans son Voyage à Jérusalen), dit que les oliviers du jardin de ce nom, près de celle ville, sont an moins du temps du Bas-Empire, et en voici la preuve : en Turquie, tout olivier trouvé debout par les JMusulmans, lorsqu'ils envahirent la Syrie, ne paie qu'un médin au fisc, tandis que l'olivier planté depuis la conquête doit au Grand-Seigneur la moitié de ses fruits; or, les 8 oliviers dont il est (|uestion ne sont taxés qu'à 8 médins. M. Simond rapporte, dans son voyage en Italie et en Sicile, qu'ayant rencontré entre Florence et Rome de très-gros oliviers, et ayant demandé à un paysan combien ces arbi'es pouvaient vivre, celui-ci répondit : sempre , sempre (toujours, toujours). JI. PiccoM cite un olivier de l'état de Gêt)es qui a plus de 23 pieds de circonférence ( il ne dit pas à quelle hauteur), et que M.DeCa.ndoixe estime avoir un peu plus de 700 ans. M. Rantonnet, d'Hyères, nous a communiqué la mesure d'un olivier des environs de Villefranche dans le comté de Nice, qui parait être plus gros que celui du pays de Gênes, puisquil a «8 pieds
2 pouces de circonférence à sa base, et 19 pieds
3 pouces à hauteur d'homme. Beaucoup de voyageurs parlent d'oliviers d'une taille colos.*iale, sans préciser leur mesure, ce qui
f)rouve suffisamment que les exemples de a longévité des oliviers ne sont pas rares, et nous en trouvons même en France où ces arbres ont été si souvent victimes de Tintenipèrie des saisons. M. Robert, directeur du jardin de la marine à Toulon, nous a envoyé dernièrement la mesure d'un très-vieux olivier qui se voit à Hyères dans la propriété de madame de Beauregard ; cet arbre n'a pas moins de 36 pieds de tour à sa base, et 20 pieds à hauteur d'homme.
Ces arbres gigantesques sont une petite fortune pour les propriétaires; car celui de Villefranche, selon M. Risso, produit ordinairement, dans les bonnes années, 100 kilogrammes d'huile, et il en a même donné jusqu'à 150; la récolle de celui d'Hyères est estimée, d'après M. Robf.rt, à 250 litres d'huile. Mais des produits aussi considérables font exception, car le revenu net d'un arpent d'oliviers, estimé en 1817, par la cominissicm royale du cadastre, n'a été porté dans 7 déparlemens, oii cei arbre est cultivé, qu'aux évaluations suivantes :
Dans le département de Vaucluse. . 32 f. 93 Dans les Pyrénées-Orientales. ... 38 71
Dans le Gard 41 62
Dans les Bouches-du-Rhône 50 »
Dans les Basses-Alpes 54 24
Dans l'Ardèche 62 82
Dans le Var 152 87
A ce sujet, M. DE Gasquet {Annales de l'agric. Jranç., T série, t. XXXIII, p. 187- 199) fait de vives réclamations sur l'évaluation, selon lui, beaucoHp Irop élevée, à la-
quelle son déparlement (celui du Var) a été taxé, et il s'engage à prouver que les oliviers de ce déparlement, pris en giande masse, aveccelle distinction (.\ebons et de médiocres, ne rendent annuellement, en revenu net, qu'environ 1 tVanc les premiers, et 50 centimes les seconds; comme 1 arpenl métri(iue n'en contient que 90 à KK), il est facile de juger delà différence. Ces considérations ou d'auti-es engagèrent par suite la commission à ne porter le revenu net d'im arpent d'oliviers, dans le Var, qu'à 90 francs.
§ VIII. — Des influences atmosphériques et des animaux nuisibles aux oliviers.
Ce qu'il y a de certain, c'est (|ue nul revenu n'est sujet à autant de chances défavorables que celui des platitalions d'oliviers, et aucune nature de produits n'est soumise à plus de fléaux et d'intempéries.
Le plus cruel de to.is ces fléaux est le froid rigoureux de certains hivers, auxquels ces arbres ne peuvent résister. Dans son Mémoire sur la culture de l'olivier dans le midi de la F'rance {Bibliothèque universelle de Genève, t. VII, p. 49), M. DE Gasparin fait rénumération des grands hivers qui, depuis et y compris celui de 1709, onl causé la perte d'un plus ou moins grand nombre de ces arbres, et il en compte 12. savoir: ceux de 1700, 1745, 1748, 1766, 1768, 1775, 1776, 1788 à 1789, 1795, 1802, 1811 et 1820, auxquels il faut ajouter l'hiver de 1829 à 1830; ce qui fait 13 hivers rigoureux eu 120 ans, qui ont été funestes à l'olivier, où, en terme moyen, cet arbre a gelé 1 fois tous les 9 ans. C'est moins d'ailleurs par leur intensité que les froids rigoureux sont nuisibles aux oliviers, (]ue par les circonstances qui les accompagnent. On a vu ces arbres supporter sans en souffrir 12 degrés au-dessous de 0 au thermomètre de Réaumur, tandis que, d'autres fois, 7 tiegrés ont suffi pour les faire périr en totalile ou en partie; ainsi, les oliviers su|)porlenl assez bien les gelées sèches, surtout lorsqu'ils ne sont pas en sève ; mais lorsqu'un froid subit succède à de la pluie ou à un dégel, et surtout lorsque, par l'influence d'une douce température qui a précédé, ou d'une exposition chaude, la sève s'est déjà mise en mouvement, alors un degré bien moins fort suffit pour leur faire éprouver de grands dommages.
Les funestes accidens auxquels l'olivier est sujet dans nos déparlemens du midi sont cause que la culture de cet arbre n'est pas aussi florissante qu'elle pourrait l'être, et M. DE Gaspaîîi.\ assure même que cette culture, loin dy être en progrès, y est décroissante, et que la vigne et le mûrier envahissent au contraire une partie des terrains qui naguère étaient couverts d'oliviers. Ce qu'il y a de certain, c'est que la France ne produit pas assez d'huile pour sa consommation; car il résulte du relevé fait sur leTableau général tlu commerce de France pendant les années 1831, 1832 et 1833, que, terme moyen, il a été importé dans le royaume et mis en consommation, pour 23,264,000 francs d'huile d'olive pour les fabri()ues, et pour environ 7,000,000 d'huile comestible.
CULT. INDUSTRIELLES : DES ARBRES ET ARBUSTES OLÉAGINEUX, liv. h.
Lorsque l'olivier est atteint par la gelée , ou l'aibre entier (nous voulons dire le tronc et les branches) a été frappé de niorl, ou seulement ses branches et ses rameaux ont été victimes de l'intempérie. L'observation a, en général, appris que les vieux oliviers résistaient mieux au froid que ceux qui sont plus jeunes. Ainsi M. Raibaud-l'Ange {Notice sur les olh'iers frappés de la gelée, etc., Ann.de l' Agr. franc., 2" série, T. 22 ) dit que dans un verger de ces arbres (à Digne, Basses- Alpes ), dont 76 âgés d'environ 80 ans, et les autres de 25 ou au-dessous, tous ayant été atteints par la gelée de 1820, aucun des premiers n'a péri, tandis qu'il est mort 3 des iJerniers. Pour réparer le dommage., les branches mortes de tous ces arbres furent coupées à quelque distance du haut du tronc, selon qu'elles paraissaient encore saines. Ces mêmes oliviers furent d'ailleurs cultivés avec soin ; on ne leur épargna ni les labours, ni les engrais ; on eut soin d'arracher les rejetons qui se développèrent à leur pied ou au bas des branches. Par ce moyen, le dégât fut en partie réparé trois ans après, puisqu'en 1822 la récolte faite sur ces arbres a été environ du quart de ce qu'elle produisait avant le froid. Ce qui prouve encore que les vieux oliviers supportent mieux les grandes gelées, c'est que celui d'H3ères, de madame de Eeauregard, cité plus haut, porte des traces indiquant qu'il a été rabattu 3 et même 4 fois sur s^es maltresses branches.
Lorsque le tronc même des oliviers a été frappé par la gelée, il faut le couper rezterre, et comme presque jamais les racines n'ont été atteintes, 0!i voit bientôt repousser, tout autour de la souche, de nombreux rejets, dont on conserve les plus beaux, 2 à 1, et même plus si l'on veut, pour former de nouveaux arbres ; les autres sont arrachés pour être transplantés ailleurs. Ces rejets poussent avec beaucoup de vigueur, et il ne leur faut que 6 à 7 ans pour rapporter des fruits de nouveau. M. Robert m'écrivait, en mars 1834, qu'il venait de mesurer de ces oliviers repoussés sur souche depuis la gelée de janvier 1820, qui avaient 20 pouces de circonférence à leur base. En général, beaucoup de propriétaires se pressent trop après les fortes gelées d'arracher leurs oliviers qui en ont été frappés. M. Raibaud-l'Ange dit qu'après le froid de 1709, qui lit périr un si grand nombre de ces arbres dans le midi de la France, un agriculteur de Toulon conserva beaucoup des siens, par les soins qu'il leur donna, tandis que ses voisins perdirent tous les leurs. Le fait est consigné dans les archives de la ville.
Outre le froid, qui est contraire aux oliviers, et qui trop souvent, dans nos départemens du Midi, leur devient funeste, les cultivateurs ont encore à craindre les ravages de certains insectes. M. Bernard a lait connaître en détail, dans sou Mémoire déjà cité, toutes les espèces (jui attaquent ces arbres; nous allons les énumérer brièvement. La larve du Scarabée moine., et celle du Bostriche oléiperde, que M. Bernard nomme Scarabée de l'olivier, sont peu à craindre parce qu'elles ne vivent (jue sous l'écorce des
branches mortes et languissantes. Le Bostriclie de l'olivier, désigné par M. Bernard sous le nom d<ivrillettc, |)eut produire plus de dommage, parce que sa larve se nourrit aux tlépens de l'aubier. La Psylle vit aux aisselles des feuilles et nuit principalement au développement des fleurs. Mais les dommages causés aux oliviers le sont principalement par la Cochenille adonide, la Chenille mineuse et la Mouche de l'olivier. La première, connue vulgairement sous le nom de Pou de l'olivier, s'attache à la partie inférieure des feuilles et aux pousses les plus tendres, ce qui produit une extravasation de sève très-préjudiciable aux arbres. La Chenille mineuse vit dans l'intérieur des feuilles et des bourgeons naissans ; elle fait beaucoup de mal en détruisant les jeunes pousses et en même temps l'espoir des boutons à fleurs. La mouche de l'olivier attaque l'olive elle-même peu de temps avant qu'elle soit parvenue à sa maturité ; elle dépose dans son intérieur un œuf, dont naît bientôt une larve qui se nourrit de la pulpe.
Aucun des moyens proposés jusqu'à présent pour remédier aux ravages de ces différens insectes n'ont pu avoir un succès réel; les fumigations et les aspersions de diverses substances sont en général longues et dispendieuses à [pratiquer, sans remédier complètement au mal, et M. Bernard croit que la chose la plus raisonnable qu'on ait prescrite est d'émonder les arbres tous les ans, de les débarrasser soigneusement des branches qui sont couvertes d'insectes, et de livrer ces branches aux flammes. Un autre moyen, pour s'opposer en général à la propagation des insectes, consiste à favoriser celle des petites espèces d'oiseaux insectivores.
Section ii. — Du Noyer.
§ V'. — Espèces et variétés de noyers.
Les noyers sont de grands arbres à feuilles ailées, dont les fleurs femelles sont terminales, solitaires ou réunies plusieurs ensemble, tandis que les mâles forment des chatons alongés ; leur fruit est un drupe charnu, contenant une noix nionosperme et à deux valves. Ils appartiennent à la grande famille des Amentacées, et M. DeCandom.f en fait le type d'une famille particulière à laquelle il donne le nom de Juglandées.
Il est question des noyers exotiques dans la partie forestière de cet ouvrage ( V. le tome IV); mais on va traiter ici du noyei' commun, arbre d'un intérêt assez inajeuipour la France, sous le double rapport du produit que fournissent ses fruits oléagineux, et de celui qu'on relire de l'exploitation de son bois.
Le Noyer commun [Juglans regia., L. ; ori angl. comnîon If'alnut; en ital. Noce com- 772w«e;enall. genieinefValnuss,fig. 66 )est un arbre de première grandeur, dont les branches forment une tête étalée et touffue; ses feuilles sont grandes, composées de 7 à 9 folioles : aux fleurs femelles succèdent des fruits ovoïdes ou globuleux, enveloppés d'une pulpe nommée brou, renfermant une noix à deux cotpjes ligneuses, contenant une
C!IAI\ 12*.
DU jSOYER.
fis. 66.
aiuande blanche, divisée en 4 lobes. Le noyer est originaire de l'Asie, mais il a été transporté depuis nn si grand nombre de siècles dans les parties méridionales de l'Europe, qu'il y est maintenant parfaitement acclimaté et comme indigène. Cultivé depuis les temps les plus reculés, il a produit beaucoup de variétés parmi lesquelles nous citerons les suivantes :
Noyer h très-gros fruits, ou noix de Jauge, dont les noix sont moitié plus grosses t^ue tes communes. Les arbres de celte variété croissent avec plus de rapidité, mais leur bois est moins bon.
Noyer à gros fruit long, une des meilleures variétés à cultiver pour le produit.
Noyer a coque tendre, ou noix de mésange, dont la coquille est si tendre qu'elle se brise facilement entre les doigts.
Noyer à coque dure, ou noix anguleuse, dont la coque est si dure qu'il faut un marteau pour la casser. Le bois de l'arbre est meilleur et plus agréablement veiné que dans les autres variétés.
Noyer tardif ou de la Saint-Jean. Cette variété ne commence à pousser ses feuilles qu'en juin, et ne fleurit que vers la fin de ce mois. Son fruit n'est bon à manger que frais, parce qu'il ne mûrit pas si bien. L'arbre offre l'avantage de n'être pas sujet aux gelées.
Noyer a grappe. Cette variété n'est pas assez cultivée ; ses noix, aussi grosses que dans l'espèce commune, sont rassemblés 12 à l.S, et jusqu'à 20 ensemble.
Noyer bijère. Cette variété est très-rare; elle n'est guère connue qu'aux environs d'Aix en Provence.
Noyer a petit fruit. Ses noix ne sont pas plus grosses que des noisettes, mais les arbres en portent en grande quantité.
Noyer hétérophylle ., dont toutes les folioles dans la même feuille, sont dissemblables les unes des autres ; variété curieuse et raie qui se distingue encore par s^s branches inclinées vers la terre, et par ses noix ayant la coque tendre et fragile.
§ il. — Multiplication des noyer;
Quoique très-importante pour les arts et pour l'économie domestique, la culture du noyer est loin d'être aussi répandue qu'elle mériterait de l'être. En 1809, la Société d'encouragement, pénétrée de toute son importance, a proposé un prix pour sa planiaiion et pour sa greffe.
A l'époque désastreuse de noire tourmente révolutionnaire, on a abattu un grand nombre de ces arbres, et depuis que nous jouissons de temps plus tranquilles, on est bien loin d'avoir réparé le mal qui s'est fait alors, peul-êlre niême qu'il ne pourra jamais Tétre. L'accroissement de la population qui, depuis que nous jouissons des douceurs de la paix, a une marche si rapide, fait que l'on trouve bien plus d'avantages à s'occuper des cultures qui ont pour résultat direct la nourriture des hommes, qu'à faire des plantations qui ne présentent qu'un produit éloigné. Après 15 et 20 ans de plantation, le noyer ne donne pour ainsi dire que des espérances, car la récolte en est encore si faible, qu'à peine si on peut en calculer la valeur; ce n'est que de 30 à 60 ans que cet arbre peut offrir chaque année un produit capable d'augmenter le revenu du propriétaire. Il faut un siècle et plus pour que le bois soit bon à employer dans les arts.
Ce qui devrait encourager à faire des plantations de noyers, c'est que peu d'arbres sont moins difficiles que lui sur la nature du terrain, car il vient bien presque partout; il ne craint ni la sécheresse ni l'humidité, à moins qu'elle ne soit extrême; sa croissance est seulement plus rapide dans un bon sol que dans celui qui sera sec et pierreux ; mais dans ce dernier, son bois sera plus beau et de meilleure qualité.
On ne multiplie le noyer que par les semis de ses fruits, qu'il ne faut prendre qu'au moment de leur parfaite maturité, c'està-dire lorsque leur brou s'entr'ouvre pour laisser passer la noix, ou au moins lorsque celle-ci s'en détache avec facilité. On peut également semer les noix à l'automne immédiatement après leur chute spontanée des arbres, et jusqu'en novembre et décembre, ou à la fin de l'hiver. Dans le cas ou le semis ne devrait être faitquà la fin de l'hiver ou au commencement du printemps, il faudra avoir soin de conserver les noix à la cave ou dans un cellier, et de les stratifier dans du sable. Toutes les fois qu'on aura du terrain libre, il sera mieux de faire le semis à l'automne. On recommande de semer les noix avec leur brou, parce que c'est, dit-on, un moyen de les préserver d'être mangées par les rats et autres animaux de ce genre, qui, quelquefois, en font un grand ravage pendant l'hiver, .l'en ai fait plusieurs semis assez nombreux, toujours avec des noix dépouillées de leur brou, et je n'ai pas essuyé de perte remarquable.
On a dit que le noyer n'était pas difficile sur la nature du terrain: cependant, quand on veut semer cet arbre pour en foi'mer des pépinières, il est à propos de choisir une bonne terre qui ait du fond, qui soit birti labourée et bien amendée, afin que le pivot
142 CULT. INDUSTRIELLES (le l'arbre, qui dans le principe est bien plus gi-os que la tige elle-nfiôine, ne trouve aucun obstacle pour se former et s'enfoncer profondément. On ne doit semer les noix ni à la volée, ui au plantoir, mais il faut faire de petits sillons, à 1 |)ied les uns des autres, auxquels on donne 2 pouces de profondeur dans les terres fortes, et 3 pouces dans celles qui sont légères, et on place les noix au fond, en laissant 6 pouces d'intervalle de Tune à l'autre. Une chose qui n'est pas à négliger, en plaçant chaque noix au fond du sillon, c'est que les suiures de ses valves soient toujours perpendiculaires à l'horizon ; car, lorsqu'elles se trouvent placées horizontalement, la geniiin:ition se trouve gênée par cette disposition des coquilles qui empêche d'une part la radicule de descendre perpendiculairement dans la terre, et de l'autre la plumule ou jeune tige de s'élever verticalement, parce que lune et l'autre peuvent se trouver arrêtées dans leur chemin par les valves; de sorte que presque tous les pieds qui résultent de cette germination gênée restent en retard des autres, et même quelquefois sont très- raboujjris.
Plusieurs agronomes ont recommandé de laisser plus d'intervalle entre les plants du jeune semis, mais je puis bien assurer que la dislance que j'ai indiquée est très-suffisante, puisque les planis d'un semis ainsi disposé, que j'avais laissés en place jusqu'au mois de novembre de la seconde année, avaient alors pour la plupart 5 à 7 pieds de hauteur. . , ^
Comme le noyer est toujours destine a être transplanté, et comme il forme dès la première année du semis un gros et long pivot qui tend ensuite à s'enfoncer profondément les années suivantes, et que si on le laissait à la même place, il ne donnerait que peu ou point de racines latérales, qui lui sont cependant nécessaires pour faciliter sa reprise lors de la transplantation, on est dans l'usage, à la On de l'automne de la première année du semis, ou seulement en février et mars, de relever tout le plant pour le replacer en pépinière, après avoir raccourci son pivot à la longueur de 8 à 9 pouces, afin de le forcer à pousser des racines latérales. On a conseillé de ne pas couper le pivot, mais de le coucher dans la trans-
Klantation. Ce moyen ne donnerait pas d'arres faciles à transplanter, et le pivot continuant à s'alonger dans le sens où il aurait été couché, empêcherait de pousser des racines latérales qui facilitent toujours bien plus la reprise des arbres qui sont transplantés à l'âge de 4 ou 5 ans ou plus.
Il n'est pas besoin de dire que la terre de la pépinière doit avoir été bien préparée. La dislance à leur donner dépend de l'espace dont on peut disposer; si l'on en a beaucoup, on devra les placer à 3 pieds en tous sens ; mais, si on est plus resserré, on pourra, sans beaucoup d'inconvénient, les rapprocher davantage. Ainsi, j'ai élevé plusieurs milliers de noyers en les plantant par rangées à 2 pieds l'une de l'autre, et en mettant seulement 18 pouces d'intervalle entre les planis.
La première année du semis, les noyers
DES ARBRES ET ARBUSTES OLEAGINEUX, liv. ii.
doivent d'abord être sarclés dès qu'on y voit des mauvaises herbes; et, dans le reste de la belle saison, on leur donne deux binages. A moins d'une sécheresse extraordinaire, on peut se dispenser de les arroser. Quand les noyers ont élé transplantés en pépinière, on leur donne chaque année un labour dans Je courant de l'hiver et deux binages pendant la belle saison.
Les noyers élevés en pépinière sont bons à mettre en place lorsqu'ils ont acquis 9 à 10 pieds de hauteur, ce qui leur arrive à l'âge de 3 à 5 ans, selon que le terrain de la pépinière est plus ou moins favorable. Jusque là, comme ces arbresont de la tendance à ()OUSser un assez grand nombre de branches latérales, il faut avoir soin, deux fois dans le courant de la belle saison, dans les mois de juin et d'août, de leur couper Irès-près de la lige principale tous ces rameaux secondaires.
Le noyer dans la pépinière, ou quand on le transplante à demeure, ne supporte pas d'être étêté ainsi qu'on le fait ordinairement pour plusieurs autres espèces d'arbres; il faut au contraire avoir grand soin de lui conserver son bourgeon terminal, parce que son bois étant Irès-lendre dans sa jeunesse et ayant beaucoup de moelle, l'eau des pluies, en s'in< Iroduisant dans le trou qui ne larde pas à se former par suite de l'amputation de la tête de l'arbre, endommage bientôt celte partie, et y développe une pourriture qui, en s'étendant par la suite, peut causer la carie de tout le Ironc. Cependant, lorsque par l'effet de la gelée, ou autrement, de jeunes noyers ont perdu leur bourgeon terminal, on répare assez facilement celle perle en coujjant bien net, avec une serpette parfaitement tranchante,la tigemorte et flétrie, le plus près possibledii premier bourgeon qui paraît se développer avec vigueur; de cette manière i! se fornie ordinairement, avant la fin de la belle saison, assez d'écorce pour recouvrir la plaie.
On n'est pas dans l'usage de grejjer le noyer, dans beaucoup de pays où cet arbre est d'ailleurs assez répandu ; cependant, l'observation a appris que les récoltes de noix sont bien plus abondantes dans tous les cantons où celte pratique est en usage, que dans ceux où l'on n'élève cet arbre que franc de pied. Dans le Dauphiné et dans plusieurs parties du Midi, on greffe principalement les noyers avec la variété dite noix de mésange, qui se charge proportionnellement de plus de fruits que les autres variétés, et dont l'amande de la noix produit aussi une plus grande quantité d'huile.
On peut greffer le noyer en fente, à la fin de l'hiver ou dans les premiers jours du printemps, et en écusson lorsque les arbres commencent à entrer en sève; mais la greffe qui réussit le mieux sur celte espèce , est celle dite en flûte ou en sifflet. Comme il a été traité de celle dernière à l'article dn mûrier, il devient inutile d'y revenir ici; il suffira de dire que c'est le plus souvent dans les pépinières qu'on greffe en tlûle les jeunes noyers âgés de 2 ans, en plaçanlcommepour le mûrier la greffe au-dessus du collet de la racine;ensuitelejetqu'elle[)roduit est traité, pour en former une tige droite et élevée, comme l'est celle d'un noyer venu de semis.-