ET DU POIRIER. N
autres boissons sont rares ou d'un prix élevé- Au suiplus, nul doute que plusieurs variétés de pommiers et de poiriers cultivées ne se prêtent j)ai'faitement a la formation des haies, que A. TiiouiN proposait de rendre meilleures et plus productives en greffant les rameaux les uns sur les autres alix endroits où ils se croisent.
§ II. — De r(:'cIiiratioa et de la plantation- Dans la culture des champs, les soins qu'on dotjue à la plantation et à l'entretien des pommiers et des poiriers sont peu considérables, en sorte qu'on peut dire que c'est presque sans frais qu'on se crée pour l'avenir une richesse considérable. Lorsqu'on se trouve dans le voisinage des forêts qui n'en sont point encore dépourvues, on peut y faire c/ioisir et arracher les saurageo/is bien venans qui s'y rencontrent, pour en former aussitôt sa plantation ; on les prépare comme les sujets transplantés d'une pépinière pour être mis à demeure, et on n'a plus qu'a les greffer au bout d'une année ou deux, selon la vigueur, la force et la hauteur de l'arbre. La direction et la hauteur des ramifications doit surfont être prise en grande considération pour les pommiers, qui croissent peu en élévation et étalent souvent leurs branches jusqu'à terre, ce qui fait perdre une grande étendue de terrain. Pour ces arbres, il est donc de première importance de choisir les espèces ([ui affectent une foi-me élancée, pyramidale, ou tout au moins soutiennent leurs rameaux à une suffisante distance du sol pour que le soleil y pénètre et que l'air y circule ; par la même raison, il est aussi préférable de retarder la greffe de quelques années, si cela est nécessaire pour que l'arbre porte sa tête à une plus grande élévation. A cette différence près, et à celle de la profondeur à laquelle pénétrent les racines et qui impose pour le poirier le choix d'un terrain plus piof;)nd, la culture du pommier et du poirier est la même; quoique ce dernier soit généralement plus robuste, qu'il supporte mieux l'exposition à l'ouest et au nord, qu'il craigne moins la grande humidité du terrain et l'évaporation des eaux voisines, leur enfance dims la pépinière, leur transplantation, la manière de les greffer et de les conduire, comme le mode de récolter leurs fruits etl'enqiloi deleurs produits, sont absolument les mêmes, et ce que nous allons en dire s'appliquera aussi bien à l'un qu'à l'autre. Dans les circonstances ordinaires, lorsque l'étendue des terrains à planter est encore considérable, il est plus économique de créer une pépinière sur son domaine que de se pourvoir d'arbres chez les marchands; cela est aussi plus avantageux, parce qu'on peut, avec plus de facilité et de certitude, faire un choix bien combiné des variétés de fruits préférables. Mais il est pour cela indispensable que cette |)épinière puisse être sous la surveillance immédiate du propriétaire; car le fermier, à moins que son bail ne soit à très-long terme, donnera rarement à l'éducation des arbres les soins nécessaires, parce qu'il verra toujours dans un avenir prochain et assuré les soins et les embarras de leur culture, et au contraire, dans un «nveoir éloi»
M8 CULT. INDUSTRIELLES : DES PLANTATIONS DE BORDURE, ETC. nv ii.
gnë et incertain pour Ini, leurs utiles produits.
Du reste, nous ne nous étendrons pas ici davauta}i;e sur la formation et l'entretien d'une pépinière, puiscpie celle matière a été le sujet d'un article étendu au coniinenceinent du 5« livi-e {Agric. forestière, T. IV); comme on peut grelïer les ai'bres à liante lige, soit dans la pépinière, soit après les avoir transplantés à demeure, nous parlerons de la greffe après la plantation.
La transplantation à demeure doit avoir lieu lorsque l'arbre, sauvageon ou greffe^ appelé aussi ente, a de 4 à 6 pouces de tour (10 à 14 (entimètres). La plantation ne doit pas avoir lieu trop tôt, parce que les arbres n'offriraient pas de résistance; on ne doit pas non plus la faire trop lard ni avec des sujets trop forts, parce qu'ils occuperaient inutilement la place dans la pépinière, reprendraient plus difficilement, et pousseraient moins bien durant les premières années.
Nolis croyons peu utile de rappeler ici les principes fondamentaux des plantations^ applicables à toutes sortes d'arbres, comme de planter en octobre ou novembre si le terrain est sec ou sablonneux , et , au contraire, au printemps si le sol a des qualités opposées; de creuser les trous d'avance afin que le terrain s^améliore et se mûrisse, et de les faire aussi grands que possible; de placer sous les racines de l'arbre une couclie de gazons retournés, de curures de fossés, de bonne terre enfin, sur laquelle on le dispose; de bien étaler les racines qu'on a conservées aussi entières que possible; de les recouvrir de bonne terre meuble qu'on insinue avec soin dans tous leurs interstices, et qiu'on presse suffisamment pour qu'elles ne puissent plus être ni remuées ni déplacées; de mettre à la surface la moins bonne terre et de la recouvrir de pierres, si le trou en a fourni et qu'on aura eu le soin de mettre de côté, etc. — L'arbre ne doit êti'e enfor.cé que de 2 ou 3 pouces de plus qu'il ne l'était dans la pépinière.
Les arbres plantés dans les champs étant généralement exposés aux atteintes des bestiaux, il est presque toujours nécessaire de les garnir d'épines; on choisit les rameaux épineux les plus longs, on les fiche en terre par le bas et on les attache à la greffe, au mojen de liens, en plusieurs endroits. M. L Dubois recommande l'emploi d'un fort tuteur haut de 5 pieds, qu'on incline un peu, et qui est armé de 3 chevilles présentant 6 pointes de 9 à 10 pouces, placées à la hauteur oii les animaux pourraient se frotter; ce tuteur est lié à l'arbre par un hart, et on évite une pression nuisible au moyen d'un peu de mousse jilacée à l'endroit de la ligfilure.
Le pommier et le ])oirier viennent à peu près dans tous les terrains et à toutes les expositions ; cependant ils prospèrent bien mieux dans un sol gras et profond , sain sans être sec, frais sans être humide, et à l'exposition du sud ou du sud-est. Celle de l'ouest est surtout nuisible aux arbres fruitiers, parce que les vents les ébranlent, en bi'isent les branches, et font tomber au printemps la fleur et à l'automne les fruits qui, jetés bas avant la maturité, sont perdus ou ne donnent que des produits de très mau-
vaise qualité; dans les terres maigres et humides, l'arbre ne pousse pas, se couvre de mousse, et ne produit que des fruits chétifs; dans les sols profonds les racines s'assurent avec solidité, puisent plus de vigueur et de nourriture; l'arbre est plus beau et donne de meilleurs fruits.
Nous parlerons dans la dernière section de ce chapitre de la distance qui doit séparer les arbres et des particularités relatives aux plantations en bordure ou en vergers.
Lorsqu'on ne veut que des arbres h cidre, et qu'on a fait choix dans la pépinière de sauvageons à feuilles larges, à gros boutons, ce qui annonce de gros fruits, on peut se dispenser cV avoir recours à la greffe; mais c(;tte Opération est indi.^pensable pour s'assurer des variétés déterminées, et cela est préiérable sous tous les rapports. Au reste, la greffe des pommiers et poiriers n'offre aucune difficulté et ne cause jamais la perle d'un sujet; comme elle a lieu sur des individus déjà Ibrts, on emploie presque toujours la greffe On fente qui réussit très bien, et donne des jets vigoureux; si la greffe vient à manquer ou à être cassée, on en est quitte pour recommencer l'année suivante.
§ lil. — De reiiiretien des plantaliotis.
Peu d'arbres sont moins e\\geans pour les soins de culture que ceux qui nous occupent, et l'on voit des plantations fort belles et fort productives, souvent entièrement abandonnées à la nature. Cependant ce n'est pas là un bon exemple à suivre, et les soins d'entretien, peu dispendieux et fort faciles qu'on ne doit pas négliger de donner, sont toujours grandement récompensés par la belle venue et la fructification des arbres; c'est surtout durant les premières années de la plantation que les poiriers et les pommiers ont besoin de ne pas être entièrement délaissés à euxmêmes.
Le pied des arbres doit être labouré chaque année à la surface et même amendé avec des gazons retournés, des curures de fossés, de la bouse de vache, etc. Ce travail est surtout indispensable dans les prairies non labourées.— 11 faut avoir soin d'enlever les gourmands du sauvageon, qui poussent souvent au pied de l'arbre ou au-dessous de la greffe, et qui consomment la sève en pure perle. — Plus tard, il faut couper les rameaux trop multipliés oU mal venans, en ne laissant que les mieux placés et les plus viçcnu'eux, afin d'obliger l'arbre à s'élever et a former une belle tête. Lorsque ces rameaux sont rabougris et affectent une disposition inclinée vers le sol ou même horizonlale, on obtient souvent de bons résultats en les recépant près de la greffe sur un (cil supérieur, lequel donne un beau jet vertical et l'cforme l'arbre; il est bon alors d'assurer une végétation plus vigoureuse en labourant le pied de l'arbre et y mettant quelques engiais. Ces soins de taille et de direclion sont parliculièi'em^nt nécessaires pour les pommiers qui , trop souvent laissant retomber leurs branches vers la terre, se trouvent ainsi exposés à la dent des bestiaux et couvrent le sol de manière à le rendre tout-à-fait improductif.—Il arrive souvent que les arbres,