TOME I — ai
FAÇONS GÉNÉRALES A DONNER AU SOL. iiv. i^
année, ou de labour en labour, un peu plus d'eutrure au soc de la charrue ordinaire, sans rien changer d'ailleursà sa marche habituelle,
3 ne d'augmenter plus ou moins le nombre "animaux de tirage.
Pour atteindre plus profondément, on fait usage assez fréquemment, dit-on, chez nos voisins d'outre-mer, de charrues à plusieurs ^ocj, auxquelles on attribue de grands avantages. Il en existe aussi en France, mais je n'ai point été à même d'apprécier leurs effets. Il y a lieu de croire qu'elles pourraient faciliter et simplifier beaucoup le défoncement, et il est prooable que si, depuis qu'on les counaît,elles ne se sont pas multipliéesplus qu'elles ne l'ont fait, cela tient surtout, d'une part, à leur imperfection et à leur prix élevé, de l'autre à leurs usages nécessairement restreints, et enfin à la possibilité de les remplacer tant bien que mal, comme nous le verrons toutà-l'heure, sans rien ajouter au matériel le plus ordinaire de chaque exploitation. — Parmi les charrues de défoncement à double soc, celle de Morton (/?^. 162) me pa- Fig. 162.
peu entre elles, sont employées fort communément dans les terres légères et sans mélange depierrailles.— Celles qui sont désignéespar les n"' 152 et 153, destinées plus particulièrement à creuser des rigoles d'arrosement dans les prairies naturelles, produisent, en cas de besoin,un défoncementplus profond; il enestde même de la béche/g-. 155, qui se recommande, ainsi quecelle 154, par sa légèreté.— Les bêches fig. 159 et 160 rendent le travail plus facile au moyen du hoche-pied mobile ou des chevilles, sur lesquelles l'ouvrier peut mettre le pied, sans user aussi promptement ses chaussures. — Enfin les bêches ^g-. 156, 157, 158 et 160 sont préférables, àcause de leur forme, dans les terrains un peu rocailleux ou traversés par de minces racines. — Toutefois, dans ces sortes de sols, pour peu qu'ils offrent assez de consistance, on remplace la bêche par la fourche.
Le déj once ment à la fourche, fig. 161, en- Fig 161?. traîne en pareil cas
moins de fatigue, produit plus de travail et peut donner du reste à peu pi'ès les mêmes résultats. — La fourche , comme la bêche, doit néanmoins être considérée plutôt comme un outil de simple labour que de défoncement.
Les défoncemens exécutés a bras dliommcs offrent généralement plus de perfection, mais ils sont beaucoup plus dispendieux que les autres. Aussi les emploie-t-on rarement dans la grande culture. Cependant il est des cas où, faute de machines convenables, ou, comme on peut le conclure de ce qui précède, d'après la nature on la disposition du terrain, il est impossible de recourir à la charrue.