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CHAP. V. ÉPOQUE, PROFONDEUR

intei-valles de beau temps que l'arrière-aulomne permet d'utiliser;

3° Que le contraire arrive précisément /?OMr les semailles exécutées au printemps. Les terres argileuses, humides des pluies de l'hiver, ne peuvent encore laisser marcher la charrue ou la herse, que déjà les terres siliceuses et calcaires sont ressuyées. C'est donc par celles-ci qu'il convient de commencer. Les jours se dépenseraient inutilement en voyages si les animaux allaient, au commencement du printemps, travailler les parlies les plus reculées du domaine; c'est donc à celles qui sont plus rapprochées que Ton devra donner les premiers soins.

C'est en faisant une étude sérieuse de la nature de son terrain et de l'exigence du climat que le cultivateur parviendra à distribuer ses travaux d'une manière régulière, et à exécuter la semaille de chaque pièce dans le temps le plus opportun.

§ II. — Profondeur des semences.

Quand on songe au grand nombre de semences que produisent les plantes des champs, les arbres des forêts, on est étonné de la petite quantité de végétaux qui croissent spontanément sur le sol; mais l'étonnément cesse lorsqu'on voit que la plupart de ces semences, abandonnées au hasard, n'ont pas été placées dans les conditions indispensables à la germination. La principale de ces conditions, c'est à^étre recouvertes d'une couche de terre suffisante. Les expériences des physiologistes nous apprennent que les phénomènes qui accompagnent la germination dans ses phases diverses ne s'accomplissent qu'imparfaitement sous l'influence de la lumière. Il faut donc que la semence soit enterrée à une certaine profondeur, afin qu'elle soit dans la plus complète obscurité. D'après d'autres expériences, la présence de l'oxigène est indispensable pour que l'embryon se développe. Il faut donc, en second lieu, que la couche de terre qui recouvre la semence soit assez peu épaisse pour ne pas intercepter ia communication de l'oxigène de l'air avec la graine.

Le cultivateur qui a étudié les vœux des plantes sous ce double rapport ne sera jamais embarrassé pour déterminer la profondeur à laquelle il doit enterrer la graine. Celte profondeur n'est point absolue , elle varie avec la nature du sol, l'époque de la semaille et la grosseur de la semence. Plus la graine est grosse, plus elle veut être enterrée profondément. Cet axiome est général, mais pas universel. Plus le sol est argileux , plus il faut enterrer superficiellement, et la raison en est tirée de ce que nous avons dit tout-à-l'heure; l'argile est une terre tenace, peu perméable aux influences extérieures; et il est impossible à l'oxigène de pénétrer une couche qui ne lui laisse aucun passage. Ce sol, par sa ténacité, offre également, à la sortie de la jeune plante, des obstacles qu'aile ne peut souvent surmonter.

Il est certaines terres qui sont sujettes au déchaussement ; pour celles-là, on enterre également la semence à une plus grande profondeur qu'à l'ordinaire, afin que les ra-

DES ENSEMENCEMENS. 211

cines, fortement implantées dans le sol, ne puissent être soulevées par le gonflement du terrain.

IS'ous allons indiquer ici les diverses profondeurs auxquelles il convient d'enterrer la semence des principales plantes agricoles.il est reconnu, en général, qu'aucune graine ne germe enfouie à plus de 5 à 6 pouces. Ce que nous allons dire suppose un sol de consistance moyenne.

Lixféverole est de tous les végétaux cultivés celui qui supporte la plus forte couverture de terre; même dans un sol tenace, elle lève très-bien à 3 ou 4 pouces.

Pour Vorge et Vavoine, 2 pouces à 2 pouces 1/2.

Les vesces, les lentilles, les betteraves, les pois, le seigle et \^ froment, de l'a 2 pouces.

Les haricots ,\q mais et le colza, 1 pouce et demi.

Les autres graines oléagineuses, le lin, le rutabaga, 1/2 pouce.

l^es navets ^\.\<ih carottes, 1/2 pouce au plu».

Enfin \ii^ semences des prairies artficielles, \agaude, le pavot et la chicorée demandent à peine à être recouvertes.

§ III. — Quantité de semences à employer.

Si toutes les graines que l'on confie a la terre

fermaienteX. donnaientnaissanceà une plante ien développée, il n'y a aucun doute que la proportion ordinairement employée ne soit trop forte. Mais, quelque soin que l'on ait pris pour choisir la semence, il y en a toujours une petite partie qui a perdu la faculté germinative; avec quelque précaution que l'on ait préparé le terrain, il y a toujours un certain nombre de gi'aines qui ne sont pas enterrées à la profondeur convenable. Les oiseaux, les insectes en détruisent souvent une grande partie. Ceux qui n'ont pas calculé toutes ces causes de diminution peuvent bien soutenir qu'on répand trop de semence d'après les exemples étonnausde la fécondité de la plupart des végétaux cultivés; ainsi, Miller, jardinier anglais, en semant un seul grain de froment, en obtint plusieurs milliers. Mais combien de cultivateurs se sont repentis d'avoir mis en application les conseils des hommes qui ne raisonnaient que d'après les essais tentés dan?im sol de premier choix! Nous indiquerons en traitant de chaque plante la quantité de semence que l'on doit employer dans un sol de fertilité et de consistance ordinaires.

Ici noitsjerons seulement observer que cette quantité doit être diminuée dans im sol riche, parce que, dans celle circonstance, les plantes culmifères ont beaucoup de disposition à produire des talles ou pousses latérales; parce que les autres végétaux y ac(iuièrenl de grandes dimensions. Leur développement serait contrarié par la multiplicité des plantes qui se trouveraient agglomérées sur un même point. Au lieu de donner des produits plus abondans, une semaille éjiaibse n'auraitdansce cas d'autre résultat qued'empècher la circulation libre de i'air, d'intercepter la lumière et en définitive délioler la majeure partie des végétaux. 11 convient encore de diminuer la quaulité de semence

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quand la seniaille s'exécute do bonne heure, parce qu'alors le terrain est ordinairement mieux jiréparé, que la lerre, encore échaullée |;ar tes rayons du soleil, hâte la j;erinination des g:ains ei les soustrait à tous les accidens qui les détruiraient.

Aucontraire^la quantité de semence doit è^tre augmentée dans les sols pauvres, dans les semailles tardives. Généralement parlant, les variétés de printemps veulent être semées plus drues que les variétés d'automne, l^e blé (''hiver, par exemple, a le temps de taller avan et après l'hiver; tandis que celui du printemps est à peine germé, que les pluies douces de la saison et le soleil concourent à donner à la végétation une grande activité : les tiges montent rapidement, mais elles ne peuvent produire de pousses latérales.

Art. III. — Des procédés de sémination.

■ .Tusqu'à présent on ne connaît que trois moyens pour cUstribuer la semence sur le sol : à la volée, au semoir, au plantoir. Le dernier procédé est abandonné presque partout pour les céréales, et restreint pour les autres plantes à un très-pelit nombre de circonstances qui ne se rencontrent que dans la petite culture et dans les exploitations maraichères. Le second, peu usité pour la semaine des plantes culmifères, commence à être utilisé pour les végétaux qu'on sème en lignes. Enlin, le premier procédé est le seul connu dans les contrées où l'art agricole est demeuré stationnaire : il est aussi celui qui jusqu'à présent offre le plus d'avantages pour la sémination des céréales. —iNous renvoyons à la section suivante, qui est celle des plantalions, ce que nous avons à dire des plantes qui se multiplient par le moyeu de tubercules, de drageons, comme la pomme-de-terre, Aa garance, le houblon, etc. ISous ne nous étendrons pas sur la dernière méthode, pour donner plus de développement à la description des deux autres.

§ \". — Des semoirs. {Drills des Anglais.)

PATCLLoen îlspagne, Tull en Angleterre, Duhamel en France, de Fellemberg en Suisse, ont cherché à introduire l'usage des semoirs pour les céréales. Tous ces noms fout autorité en agriculture, et puisque des hommes détalent n'ont pas douté de la possibilité, nous devons encourager ceux qui s'occupent à perfectionner ces instrumeiis, à en imaginer de nouveaux. Les inventeurs des semoirs à céréales, découragés euxmêmes par l'insuccès de leurs tentatives, ruinés par des dépenses énormes, n'avaient plus d'imitateurs ou du moins leurs rares partisans se contentaient de suivre leur système dans le silence, quand M. Hlcies, a\ocatà Bordeaux, après avoir brillé au barreau, voulut encore couvrir son nom d'un autre genre de célébrité. Les suffrages qu'il a obtenus de tous côtés ont été unanimes et sans restriction.

Si nous mettons de côté la question de nom pour n envisager que la chose en elle-même, nous voyons que les avantages qu'offrent les semoirs sont compensés par de nombreux inconvéniens.

CEMEXS ET l'LANTATIO>'S, i.iv. i'\

On peut résumer ainsi les ai'antages des semoirs : ils distribuent le grain aussi également que possible sans le déposer avec la main et aussi dru qu'on le désire; — ils introduisent le grain en terre à une profondeur réglée et qui dépend également du vouloir de celui qui dirige l'instrument; — ils permettent, dans la plupart des cas, d'économiser une partie de la semence. — Quant à la disposition des plantes par rangées parallèles, nous verrons plus tard que ce n'est pas toujours un avantage.

Leurs inconvéniens se bornent à ceux-ci : — Ils exigent plus de temps pour l'accomplissement des semailles, et forcent quelquefois à semer par un temps peu opportun. Ils demandent une certaine sagacité de la part de celui qui dirige l'instrument, qualité qu'on ne rencontre pas toujours aujourd'hui dans les agens inférieurs de la culture. — D'ailleurs ces instrumens sont coûteux et quelquefois d'un entretien dispendieux. Il faut non seulement un mécanicien habile pour les construire, maisencore un ouvrier exercé pour les réparer, hommes difficiles à trouver dans les campagnes.

Cependant, les Chinois ont de temps immémorial employé les semoirs pour la semaine des granifères, et il est certain que quelques personnes en ont exagéré les inconvéniens. Celui de Patullo a été imité par Coke en Angleterre et singulièrement perfectionné dans ces derniers temps par M. de Valcocrt, il Paris et dans l'établissement de Grignon. Nous regrettons beaucoup de ne pouvoir donner la figure de cet instrumetit qu'en l'absence de .M. de Valcourt nous avons inutilement demandé à l'Institut agricole de Grignon. Il est composé de cuillères en cuivre, qui sont placées à l'extrémité d'une série de petits embranchemens qui sont comme les rayons d'un cylindre. Ce cylindre porte à l'une de ses extrémités une poulie fixe, qui reçoit son mouvement de rotation au moyen u'une chaîne. Cette chaîne entoure également une poulie fixée sur l'essieu de la roue , lequel forme l'axe de cette seconde partie.

Le semoir de Tlll {Jig. 287) a été prôné

par tous les partisans de ses idées. II se compose d'une caisse divisée en plusieurs compartimens. Dans chacun de ceux-ci se trouve un cylindre en bois percé de deux rangées de Irons, comme on le voit dans la Jig. 287. Une chaîne sans fin communique à ce cylindre le mouvement qu'elle-même reçoit de l'avant-lrain. Pendant le mouvement de rotation, les semences se logent dans les

DES SEMOIRS.

cavités pratiquées à la périphérie, et, quand le cylindre a fait sa révolution, elles descendent par uutube (/?^'.288) dans le rayon qui a été tracé par sa partie inférieure, et sont immédiatement recouvertes par les dents d'uu râteau. L'inspection des figures suffit pour démontrer le mécanisme de cet instrument. Partout où on l'a essayé il a été trouvé d'une manœuvre trop compliquée et d'une construction trop fragile et trop délicate. D'ailleurs, par la disposition ado|)tée, on ne peut remplir de semence qu'une partie de la caisse; aujourd'hui on a x'emédié à ce désavantage au moyen des bi'osses.

Un autre genre de aenioir employé avec succès par M. AuBUTii\OT,estcelui uni, au lieu de trémie fixe, supporte un barilmobile (yf^. 289) Fig. 289. soutenu par deux rou-

lettes. Les semences qui y sont contenues trouvent une issue par les trous qu'on a pratiqués sur la circonférence. Les deux dents qui se trouvent enchâssées dans la traverse postérieure, font l'office de herse ou de râteau pour recouvrir et enterrer. C'est surtout pour les turnepsou graines fines qu'il est usité.

Au l)a"il en bois on a substitué dans ces derniers temps une capsule ou lanterne en fer-blanc, formée de 2 cônes tronqués, assemblés par leur base et présentant la forme de la p^iurc 2'dÇ). Le milieu est une bande j)ercée

d'une série de Fig. 290. trous, dont les

diamètres sont proportionnés au calibre des semences qu'on répand. Lorsqu'elles sont très- fines, on ne laisse ouvert sque les trous vv et on ferme tous les autres avec des lièges. — Mai s ce moyen est sujet à plusieurs inconvéniens ; c'est ce qui a fait imaginer un autre expédient (yî^r. 291). La partie supérieure ou le sommet de la lanterne est muni de 2 rebords à charnières, dans lestjuclles glis.sent autant d'oreillettes <|u'il y a de trous, et échancrées dans la partie qui est destinée à s'aboucher avec l'ouvertuie. La partie à gauche représente l'oreillette éloignée du trou. Avec celte disposition, l'instru-

Fig. 291.

ment sème très-épais, ou des semences qui ont un certain volume. Si l'on veut semer moins dru ou des semences ténues, on rapproche la charnière comme on le voit dans la partie à droite, où lacapacité del'ouverlure eslamoindrieetne laisse. pi us échapper que des graines très-fines. M. dk Fellemberg, je crois, est un des premiers qui aient appliqué cette disposition aux semoirs de son invention. M. DE DoMiîASLE l'cmploic également jjour ses semoirs à graines fines ; enfin, le beau semoir de M. CuEsPEi. Delisse est composé d'une série de lanternes posées les unes à côté des autres.

he mécanisme de ces semoirs est très-simple. Leurdirectionexige cependant quelques données pratiques. Ils se remplissent de graines au moyen du tube supérieur portant àson extrémité un couvercle qu'on enlèveelqu'onreplace à volonté. La capsule ne doit pas être remj)lie à plus de2/3de sa capacité, soit parce que la graine sort mal si l'on n'a cette précaution, soit parce qu'elle est alors trop pesante pour tourner avec facilité. Le dernier inconvénient est sensible surtout lorsque le semoir n'a pas plusieurs capsules. La graine devra être préaiablementpurgéedetoutes les substances étrangères qui fermeraient l'ouverture, et dégagée de toutes les aspérités qui l'enq^êcheraicnt de passer.

Le semoir que les Anglais emploient le plus généralement {fg. 292et293),se com-

Fig. 292

[)use d'une trémie fixée sur le montant eau

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