‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 122 sur 304 · AGRICULTURE : K^:SKMENCEMENS ET PLANTATIONS · texte numérisé non relu

AGRICULTURE : K^:SKMENCEMENS ET PLANTATIONS

CCS iustnimens de la réunion du semoir, du ra\onneur et dt; la lierse, on a inia-ine k-s scuioirsà broueitcs qui sont conduits pai- un homme, et qui même peuvent èlre confiés à lui enfant. De tous les semoirs de ce <;enre qui ont paru jusqu'à présent, ceux qui sont fabriques dans lesateliersd\>M. de Dombaslk à Roville, sont ceux qui réunissent le pins grand nombre d'avantayes à la solidilé et a la smiphcilé. Ilven a de 2 sortes, l'un {f};. 299) Fis. 2&9.

est destine aux s^rainc! fines. La figure montre clairement sur quels principes il est construit. Ce semoir coûte 48 fr., pris à Roville. Il pèse 4!» kil. : ainsi les personnes qui nevoudraient pas se donner la |)eine de le faire construire, pourront estimer ce qu'il leur coulera approximativement, en ajoutant 7 fr. pour remballage. L'autre semoir {fig.ZOQ) est Fig. 300.

pour les graines qui sont plus grosses, comme pois, fèves, maïs. Il se compose d'une frémie dans laquelle tourne un cylindre. Cecylindre est percé, à la circonférence, de trous dont la capacité est proportionnée à la grosseur des semences. Il faut par conséquent qu'on puisse le démonfer à volonté afin de le changer lorsqu'on sème une graine d'une autre dimension. 2 brosses servent à empêcher la semence de s'écouler entre le cylindre et la paroi intérieure de la trémie. Ce dernier semoir coûte 60 fr. et pèse 53 kilog.

On pense bien que ces semoirs ne peuvent .servira la sémination des céréales, parce que, ne répandant la gi'aine que sur une seule ligne, il faudrait trop de temps pour exécuter cette opération sur une certaine étendue. Tilais ils sont employés avec succès pour les plantes qui doivent être semées par rangées et qui exigent des binages plus fréquens. Un jeune homme peut les faire manœuvi-er sur ime surface de 2 hectares en un jour, lorsque les lignes sont à la dislance de 27 pouces, et 1 hectare f/2 lorsqu'elles le soûl à 18.

A celle section des semoirs appartient le i-emoir du c/ocfeur Hu.nter (Jig.oOl), consistant: 1" en un sac «qui contient la semence; 2° en un réservoir en fer-blanc ou en tôle h; 3° en un cylindre alimentaire f:; 4° enfin, en un tube d, qui donne passnge au grain. Au cylindie

alimentaireestadaplée Fig. 30!.

une manivelle destinée à être mise en mouvement par le semeur qui porte le sac suspendu a son cou par lemoven de courroies. On empêche la semence de passer ailleurs que dans les trous pratiqués à la surface du cylindre, au moyen de brosses ou de peaux non tannées qui puissent en faire l'office.

La manivelle setourne ayeela main droite,tandis (pie la gauche guide le tube conducteur.

Le semoir BxRnwLT [fig. 302) ne parait être

Fig. 302.

qu'une imitation du semoir de M. Hunier. Il a sur ce dernier l'avantage de ne pas autant fatiguer le semeur, à cause de la roulette qui sert de point d'appui; il est à 1, 3 ou 5 tubes et coûte 25, 35 ou 45 fr.

On range également dans la catégorie des

semoirs à bras celui qui est usité quelquefois

en Angleterre pour La semuille des turneps

(Jig. 303). Il répand la semence sur 2 rangées

Fie. 303-

UT

à la fois au moyen de 2 barils attachés à une traverse sur laquelle ils glissent librement afin de pouvoir les éloigner et les rappiocner à volonté. On pourrait remplacer avec avantage les barils par des lanternes en fer-blanc. Celle construction rendrait l'iuslrumenlplus léeer.

On a proposé d'ajouter à ces semoirs des accessoires qui économisent les frais ullérieurs, il est vrai, ainsi que la dépense du rnyonneur, mais toujours au détriment de ia simplicité et de la solidité. Ainsi, en Allemagne, on a adapté en avant du tube conducteur un rayonneur. D'autres ont mis derrière ce même tube un petit rouleau destiné à serrer contre la terre la semence qui vient d'être répandue {fig. 304 A et B> Mais, je le Fig. â04.

DES SEMOIRS.

dre la semence à la main

répète, ces accessoires, qui peuvent sourire à l'invenlOUr et plaire à une certaine classe d'amateurs, rendent la manœuvre très-embarrassante, augmentent le prix et la fragilité des instrunicns. Car il faut bien se persuader que plus la cliarpenle reçoit d'entailles et de mortaises, moins elle offre de résistance aux obstacles que la machine rencontre dans sa marclie. Il est donc préférable pour les semoirs à bras de les faire précéder du rayonneur isolé et suivre par la herse ou le rouleau afin de recouvrir la graine.

Une conséquence générale et pratique à tirer de ce que nous avons dit, c'est que pour les céréales il est rarement avantageux de semer en lignes et par conséquent d'employer les semoirs qui distribuent la semence par rangées parallèles. Une autre cause eacore milite eu faveur de cette opinion, c'est que l'usage des semoirs est trèsdifficile lorsque les semences des granifères ont été soumises préalablement à l'opération du chaulage. La poussière de la chaux imj)règne les brosses ou obstrue les ouvertures des lanternes au point d'empêcher l'instrument de fonctionner d'une manière tant soit jjeu satisfaisante.

Quant aux autres plantes, les avantages des semoirs sont incontestables, et si, jusqu'à présent, on ne les a pas introduits dans les fermes où on les cultive, il ne faut l'attribuer qu'au charlatanisme avec lequel on a jjrécoiiisé des machines défectueuses et au prix élevé de celles qui ont approché le plus j)rès de la perfection.

Les personnes qui ne voudraient pas faire la dépense d'un de ces inslrumens, et qui ont le désir de semer en ligne les plantes pour lesquelles cette disposition est préférable, pourront se servir d'un moyen que j'ai vu pratiquer avec succès pour les graines fines. On remplit de semence une bouteille dont on ferme l'orilice avec un bouchon ordinaire traversé par un luyaude plume ouvert à chacune de ses extrémités et destiné à donner passage à la semence. On le promène ensuite le long des rigoles {fig. 305) qu'on aura eu soin d'ouvrir aupaiavanf. Ce procédé est expéclitif et moins fatigant (jue de répau-

Fig. 30d.

§ II. — Semailles à la volée.

C'est le procédé le plus généralement employé et celui (|ui,dans la réalité , présente le moins d'inconvéniens pou ries céréales et pour les prairies artificielles.

On sème à ia volée sur raies et sous raies. Nousallons parler; ^ d'abord de \a^^^.

V méthode. HT est impossible de donner, pour exécuter cette opération, des indications suffisantes pour mettre au fait ceux qui ne sont pas familiarisés par la pratique avec les précautionsqu'elle exige. D'ailleurs, chaque contrée a une manière différente de semer; chaque semeur possède un procédé différent pour prendre le jet et, le disperser, et lorsqu'on a examiné attentivement les usages de plusieurs localités, on est convaincu qu'aucun ne mérite la préférence. Il est toujours dangereux de forcer un semeur à changer sa méthode pour en prendre une nouvelle que l'on croit meilleure ou plus expéditive. Pour bien semer il ne suffit pas de répandre la semeuce uniformément. La grande difficulté, dans celte opération, consiste à distribuer uniformément et à volonté une quantité de gi'aius déterminée sur une surface donnée. Aussi les hommes qui possèdent ce talent sont-ils rares à rencontrer; et le cultivateur qui croirait faire une économie en employant un semeur qui n'exige qu'un médiocre salaire, préférablement à un autre qui a la conscience de son mérite, compromettrait gravement le succès de ses récoltes. Il ne faut pas contrarier le semeur ni l'engager à se hâter; en pre^sanl le pas il peut manquer l'opération. Pour n'être point trompe par rhommc qu'on emploie, il suffit de savoir qu'un semeur ordinaire peut en un jour répandre de la semence sur une superficie de G à7 hectares. Pour iàciliter le travail, il convient de diviser la pièce à semer en plusieurs compartimens devant lesquels on dépose la quantité de semence déterminée à l'avance. Lorsi}ue la première partie est semée, s'il reste liu grain, le semeur s'apercevra qu'il a trop alongé le jet; si, au contraire, la quantité est insuffisante, il verra qu'il a semé trop dru, et, dans l'un ou l'autre cas, il sera à même de se rectifier pour le deuxième compartiment.

Le semeur est un homme qu'il ne faut pas confondre avec les autres agens de la culture : des ♦'ucouragemcns donnés à propos lui inspirent une sorte de fierté, et s'il cherche à mériter la confiance (pi'on parait lui accorde!', il mérile bien quelque distinction.

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