‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 124 sur 304 · LIV. l · texte numérisé non relu

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qui, dans la suite, sera transportée aillouivi, on a nrévu que ses racines ne s'étendront pas pix)f()ndt'ment, puisqu'on se propose de la déplacer au commencement de sa croissance. Lors, au contraire, qu'on destine un terrain à recevoir le produit de la pépinière, on doit prévoir que les racines pénétret^onl à une grande profondeur, et on ne négligera rien pour faciliter leur extension et leur développement dans toutes les directions. Pour les plantes annuelles, des labours profonds et pniltipliés qui brassent le sol dans toutes les directions, sont d'une nécessité absolue; et presque toujours pour les plantes qui occupent la terre plusieurs années consécutives, comme le houblon, la garance, un défonçage à bras sera pavé largement par l'augmentation des produits obtenus, sans compter l'accroissement indéfini de la fertililé du sol.

Il est des terrains dont la couche arable a si peu de profondeur qu'il serait impossible d'y cultiver avec succès des plantes repiquées, si la pratique ne fournissait pas le moyen de leur donner un exhaussement artificiel par le billonnage. Je crois utile d'entrer ici dans quelques détails relatifs à celte opération, qui a été trop négligée. jusqu'à ce jour, et qui me parait être appelée à changer la face de l'agriculture des contrées dont le sol a trop peu de profondeur pour permettre la culture ordinaire des plantes sarclées.

Quand le sol a été labouré à plat, on le billonne, c'est-à-dire qu'on jette l'une contre l'autre, deux bandes de terre, soulevées par le tour et le retour de la charrue, comme si on couvrait la surface d'une foule de petits ados {Jig. 312 ). Le terrain ainsi disposé, on

Fis. 312.

conduit le Jumier au moyen d'un chariot dont les roues passent dans les intervalles A elB.Le fumier se décharge enC. Des ouvriers, armés de fourches, prennent 1/3 de l'engrais et le répandent dans la raie A : le second tiers se distribue dans la rigole B: et le reste est pour l'intervalle C, où il a été déposé. Le cliariot, dans sa seconde allée, engage ses roues dans les intervalles D,F. Le fumier se dépose en G pour être, comme précédemment, distribué à droite et à gauche. Alors le sol présente cette configuration {fig. 313). Fig. 313.

Les intervalles ombrés représentent le fumier après qu'il a été répandu. Au moyen d'un second labour, la charrue prend la moitié de la terre qui se trouve sur l'ados i et la rejette en A; à la seconde allée, l'autre moitié se rejette enC. et ainsi de suite. Alors, comme précédemment, le sol se trouve billonné, et le fumier recouvert de terre au centre des :/il!ous(^^". 314).

Il est évident que si l'épaisseur de la couche arable AB est de 4 pouces ou toute autre ,

quantité, cette couche sera approfondie de toute l'épaisseur qui se trouve entre C et o. Telle est la méthode écossaise, décrite par Si\CLAiR. Elle est assez compliquée; elle exige des laboureurs très - exercés. On pourrait beaucoup la simplifier en eiii|)loyant, au lieu de la charrue simple, la charrue à buter ou à 2 versoirs.

Avant que nous eussions connaissauce du procédé que je \iens de décrire, M. de ValcouuT était arrivé au même but par un nioven beaucoup plus simple et plus économique. Cet habile agronome s'était aperçu que le fumier, déposé au fond de la raie, est placé trop bas pour que les racines de la jeune plante repiquée puissent en saisir les élémens et se les approprier. C'est cependant à cette époque critique qu'elle en a le plus pressant besoin. Celte pensée lui suggéra 1 idée de placer le fumier, non au fond de la raie, mais dans le milieu de la terre labourée. Laissons M. de Valcourt décrire lui-même sa méthode; ses paroles révèlent l'observateur judicieux et le praticien consommé: « .Te fis conduire et étendre le fumier à la manière ordinaire. Alors, avec la charrue Douibasle. attelée de 2 chevaux, mais au versoir de laquelle j'avais ajouté une rehausse, je mis le cheval de gauche dans la raie extérieure à la gauche du champ , j'otiv ris la raie 1-2 {fig.Zio).

Fig. 315.

La charrue renversa le fumier qui était de 1 à 2 sur celui qui était de 2 à 3 et le recouvrit par la terre tirée du fond de la raie. Au 2" tour, je mis le cheval de gauche dans la raie 1-2, le cheval de droite marchant sur la terre de 3 à 4, et laissant à gauche de la charrue le billon 2-3 , j'ouvris la raie 3-4 en rejetant le fumier qui était de 3 à 4 sur celui de 4-5 qui fut doublé et fut également recouvert par la terre tirée de la raie 3 4. J'opérai de même pour tout le reste du champ. Je fis alors passer dans les raies le butoir, attelé d'un seul cheval, ce qui les nettoya bien et redressa parfaitement les billons qui ressemblaient à un A majuscule, dont le trait-d'union était formé par le fumier. On voit que, par cette méthode, le billon est fait et le fumier recouvert par un seul trait de charrue, tandis que dans la manière anglaise il en faut 4. »

Il ne faut pas se dissimuler, néanmoins, que ce?, procédés présentent dam la pratique plusieurs inconvéniens. Ainsi, les planls repiqués de cette manière au sommet des billons ne peuvent être binés au, moyen de la houe à cheval. Cette seule difficulté est assez grave pour faire adopter la méthode ordinaire toutes les fois que le sol n'aura pas besoin d'être artificiellement exhaussé

Voici comment on procède dans la méthode qui est usitée généralement i

t;iiAi'. r. DES PLANTATIONS

Lorsque h; sol est bien ameubli elle ramier enfoui à iiiie profondeur suffisante, on donne un hersage pour niveler la superficie. On passe ensuite le ravonneur qui trace des lignes parallèles, mais peu profondes, le long desquelles on repique le plant. Lorsqu'on se sei't du rayonneur pour creuser les rangées où le semoir doit déposer des graines, les traces seront plus approfondies, chose qu'il est facile d'obtenir, soit que le rayonneur s'appuie sur un avant-train, soit qu'il repose sur une roulette. Le rayonneur est construit en pieds de bois ou de fer selon la nature de la terre dans laquelle on le fait fonctionner. Les pieds ne s'attachent pas d'une manière fixe sur la traverse horizontale; on les étreint contre celle-ci au moyen de brides qui se serrent à volonté par un écrou et permettent de rapprocher les pieds les uns des autres ou de les éloigner.

On a agité la question de savoir s'il convient de placer les ranf^ces à égale distnnc^\vs ui:es des autres {fig. 31(5), ou s'il est plus avan-

Ficr. 316.

tageux d'en mettre deux plus rapprochées en

laissant entre chaque série hinaireijig. 317) un

Fis. 317.

intervalle suffisant pour permettre l'emploi de la houe à cheval. Cette dernière disposition a été reconnue la plus favorable pour les féverolles ; mais je ne connais pas d'expérience ciui constate ses avantages ou ses inconvéniens à l'égard des autres plantes sarclées. Il serait utile qu'on s'en assurât par des faits directs.

Art. h. — Choix du plant.

Il est presque impossible d'entrer sur ce sujet dans quelques détails pratiques sans anticiper sur l'aiticle spécial que nous consacrons à la culture de chaque plante. La première règle qu'il ne faut pas négliger, c'est de ne sortir le plant de la pépinière qu'à l'époque oîi les racines ont acquis une certaine grosseur. Plus les racines ont de volume et mieux elles sont développées et garnies de chevelu, plus elles ont de facilité pour reprendre.

On ne doit pas craindre d'habiller le plant. Celte opération consiste à retrancher la partie supérieure des feuilles. C'est par les feuilles que l'évaporation s'exécute; si on diminue la surface évaporatoire, la plante éprouvera une déperdition moindre et résistera plus longtemps à l'influence d'une sécheresse continue.

Plusieurs personnes ont avancé que le retranchement de l'extrémité de la radicule nui t au développement ultérieur du végétal. Si la soustraction se fait juscpi'au vif, cette opinion parait fondée; mais si on n'enlève que la partie

ET REPIQUAGES. 221

inférieure sans l<-ser le tissu paren'jhymaîpux, il n'y a pas de doute qu'on ne fasse une opi'"ration utile d;ins la plupni-t de-, cas. (^;ui I e que soit en effet la manière dont on procède au repi(piage, il est bien difficile que le filet qui termine chaque plante ne se replie stu* lui-même , ne force la sève à dévier et à déformer la racine. Cet inconvénient est moins à redouter pour les végétaux qu'on ne cultive pas pour leurs racines, (]ue pour ceux dont cette partie du végétal forme le produit principal.

On a proposé de tremper les racines dans dii-erses préparations, dans le but de les préserver cies suites de la sécheresse. En application, celte méthode est embarrassante, coûteuse, et en définitive peu profitable. Cependant, lors(|u'un plant délicat doit être transporté à une grande distance , cette précaution diminue les chances qu'il court clans le trajet. Cette préparation consiste à tremper les racines dans une bouillie composée d'un mélange de terre, de purin et de fiente de bêtes à cornes.

Une précaution qu'on ne néglige jamais impunément, c'est de repiquer le jour même où l'on a donné le dernier labour. L n auteur anglais s'estassuré qu'une terre récemment labourée laisse échapper iine très-grande quantité d'eau à l'état de vapeur. Les feuilles, par les pores dont elles sont criblées, s'emparent d'une partie de cette eau et récupèrent ainsi les pertes qu'elles subissent. Le même observateur a reconnu que sur un ancien labour l'évaporation est presque nulle.

Un défautgénéral chez les cultivateurs qui établissent des pépinières, c'est de semer trop dru. Les plantes serrées à l'excès s'étiolent, montent en tiges grêles et qui, transportées en plein champ, bouffrenl tlun ch.inj4ement brusque. Il vaut mieux demander \n\ moindre nombre de végélaux à la teri-e et avoir du plant vigoureux et bien développe.

Art. III. — Exécution des plantations.

Il y a 2 méthodes générales de plantation et de repiquage : a la charrue., — au plantoir. La première convient aux plantes tubéreuses, comme la pomme-de-terre, le topinambour, et aux plantes (jui ne sont pas cultivées pour leurs racines, comme le colza, les choux. Des culiivaleurs ont avance qu'on peut également se servir de la charrue jiour repiquer les végétaux dont la racine forme le principal produit, .le puis affirmer, par expérience, que l'opération n'aura qu'un faible succès si des ouvriers ne suivent l'instrument pour rechausser les niantes qui n'ont pas été assez recouvertes de terre, et pour déiiager celles qui ont été enfuiies. Si l'on met en compte la dépense qu'exige celte opération supplenienlaire, on se convaincra que le repiquage à la main eut t'té plus parfait vi non moins économique. Les plantes oléai^ineuses n'exigent pas autant d'attention, elles reprennent <(i;and même elles ne tiendraient à la terre que par un filet.

On obtiendra pour cette opération une grande économie en adoptant la division du travail. Une partie des ouvriers sera occupée

AGRICULTURE : EÎNSEMENCEMENS ET PLANTATIOISS.

a ai'raclier le plani , une autre â rhabiller; quelques-uns le transporteront de distance en distancesur la pièce destinée à le recevoir; les aulressuivTontlacharrue,prendronllapJante avec précaution et la coucheront contre la bande (jui vient d'èlre retournée. C'est à la sagacité du cultivateur à déterminer s'il faut planter chaque 2' ou chaque 3*^ raie. C'est à l'intelligence de l'ouvrier à voir s'il place le plant trop haut ou trop bas.

Si l'on ne se sert pas de la charrue, le sol aura dû être auparavant rayon m- ou disposé en crêtes saillantes par le labour. I.e plant est transporté sur toute la superlicie comme nous venons de le dire. Des ouvriers armés de plantoirs {Jig. 318) formentdes trousoù ilsdé- Fig. 318. posent une plante eu suivant la ligne tracée par le rayonneur; puis, à l'aide du même plantoir, ils serrent la terre contre la racine eu le plongeant 2 ou 3 fois autour de la première ouverture. L'essentiel , pour cette opération, n'est pas de prt^sser la terre contre lecollet, mais bien contre la partie inférieure de la racine. Le tollel de la plante doit être de niveau avec la superficie du sol; s'il s'élevait au-dessus, la partie qui serait en dehors ne produirait pas de chevelu et se dessécherait; si on le meltait au dessous, la terre couvrirait les feuilles du centre, la pluie et la rosée y séjourneraieut et amèneraient la pourriture.

Fig. 320.

Le plantoir des jardiniers offre plusieurs inconvéniens lorsqu'on le met entre les mains de personnes peu habituées à s'en servir; c'est ce qui a fait imaginer le plantoir-truelle dont parle Thaer {fi)^. 319). Il ressemble un Fig. 319. peu à une houe qui se ter-

minerait en pointe triangulaire alongi'c. L'ouvrier le plonge dans la terre, et, sans le sortir, il l'attire vers lui et forme l'ouverture {Jjg. 320) dans laquelle il dépose le ( lant ; repoussant ensuite la terre avec son pied , il le rerhausse à la hauteur convenable.

Enfin , les Flamands , qui se servent souvent de la méthode du repiquage, ont na plantoir à deux branches (yf^- 321) que nous représen- Fig. 321. tons en A vu de face, en

B vu de côté. Un ouvrier saisit cet instrument, le plonge en terre en appuyant avec son pied sur la traverse horizontale ; puis, faisant un pas à reculons, il ouvre 2 trous en ligne droite avec les ( y jf premiers; des femmes

viennent pour disposer le plaol et fermer les ouvertur-es.

AsiToiNE, de Roviiie.

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