CHAPITRE VIII. — DES FAÇONS d'entretien des terres
Ces opérations portent en général le nom de menues cultures. On comprend sous cette dénomination les travaux qui ont pour but d'assurer, depuis la semaille ou la plantation jusqu'au moment de la récolte, le succès des diverses cultures. Celte partie de l'art agricole intéresse le cultivateur à un trop haut degré pour que nous négligions aucun des détails qui y ont rapport.
Section i". — Façons pour l'é goutte ment du sol.
Le premier objet qui mérite une sévère attention, c'est le tracé et l'entietien des /vz/é'j d^ écoulement. Elles ont pour but de soustraire les récoltes à l'influence d'une humidité prolongée et aux désastres qu'occasione aux emblavures d'hiver, l'eau qui ravine les coteaux lorsqu'on n'a pas eu la précaution de lui ménager une issue. On est communément trop disposée se déguiser à soi-même le tort que fait aux plantes le séjour de l'eau dans le sein de la terre. Des observations que l'expérience semble justifier portent à croire, que le seigle succombe à une inondation qui ourerait 8 jours, l'orge d'hiver et l'avoine à une inondation de 12 jours, et que le froment résiste 38 jours. Or, quelle différence y a-t-ii pour ces plantes entre une inondation pen-
dant laquelle chaque partie de l'eau est sans cesse l'emplacée par une autre, et la stagnation d'une eau qui croupit, fermente avec les racines des plantes et finit par les décomposer.' S'il yen avait une, elle serait à l'avantage de l'eau qui ne fait que passer plutôt qu'à celle qui séjourne. Il est donc d'une grande importance de procurer à l'humidité un écoulement toujours facile. Le nioyeu est simple et peu dispendieux. On prend une charrue ordinaire et on ouvre un sillon qui serpente du point le plus élevé de la pièce à la partie inférieure, en passant par les endroits où l'eau parait devoir rester staiionnaire. On trace un nombre de raies suffisant pour procurer un assainisseuîent complet.
Toutes ces rigoles particulières (A B C D E, fig. 322) viennent se rendre dans une autre
plus large et plus profonde (F G) placée au