‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 132 sur 304 · JI!III.!U · texte numérisé non relu

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d'une longueur variable, et armé d'un fer à douille, avec un tranchant en forme de biais. Le meilleur fer est celui des vieilles faux ou faucilles; dans ce cas il n'a pas de douille, mais se termine [fig. 345) par une pointe qu'on enfonce dans le manche et qu'on y maintient avec un anneau en fer.

On connaît dans certaines provinces, sous le nom ^ échardonnette {fig. 346), un in-

Fig. 346, 347 et 348.

slrument dont l'extrémité, bien acérée et tranchante, a iO lignes de large. Le milieu a une longueur de 22 lignes, et se termine par une échancrure destinée à enlever les chardons coupés et embarrassés dans les céréales. De tous les instrumens de ce genre, l'échardonnette parait préférable, ou bien \ échardonnoir à crochet {fig. 347).

Enfin, lorsque les tiges et les racines des chardons sont ligneuses, on se sert, dans (juelques départemens, des tenailles ou nioïttes {fig. 348), qu'on emploie également pour arracher d'autres herbes qui croissent dans les céréales, telles que l'Yèble {Samhucus ebula), les Arrêle-bœuf ou Bugrane ( Ononis), etc. U échardonnoir hollandais ( \oy. fig, 135, p. 154 ci-devant) remplit le même objet.

Parmi les herbes inutile^qui croissent dans les céréales, il en est une qu'on ne cherche généralement pasà détruire, parcequelleparait assez innocente, et que d'ailleurs elle résiste aux moyens ordinaires de destruction. C'est la Prèle ( Eqiiisetum), appelée vulgairement queue de c/unal. Cette plante a des tiges de deux sortes : celles qui portent les fruits paraissent aux premiers jours du printemps.

et meurent aussitôt que la fructification a lieu, c'est-à-dire après 7 ou lOjours, suivant les circonstances. C'est seulement alors que les tildes stériles ou foliacées commencent à se développer. D'après cela il est aisé de se convaincre que, pour détruire la prèle, il est indispensable d'arracher les liges fertiles à mesure qu'elles se montrent. Il ne faut pas songer à en arracher les racines; elles pénètrent à une trop grande profondeur.

Le Mélampyre des moissons { Melampjruni arvense)., appelé aussi rougeole, queue de renard, est une plante de la famille des Rhinantacées, haute d'environ 1 pied, dont les feuilles intérieures sont entièreset sessiles,cellesduhautn'ontpoint non plusde pétiole, mais elles sont découpées comme une plume. Les fleurs sont toujours fermées, rouges, avec une tache jaune dans le milieu. Elles sont disposées en un épi terminal et entremêlées de bractées purpurines; chaque capsule porte une semence marquée à son extrémité d'une tache noire. Cette semence, du reste, a la forme et la couleur du blé. La présence de cette plante diminue le produit du froment et de quelques autres plantes, mais elle produit encore une détérioration sensible sur la farine de froment, soumise à la panification. L'homme, au moyen de machines plus ou moins perfectionnées, parvient à débarrasser le blé des graines plus petites ou plus grosses, plus légères ou plus pesantes que lui; mais celle du mélampyre, par son poids et son volume, échappe à toute opération de ventilation ou de criblage. Le blé qui en contient, même en très-petite proportion, communique au pain une couleur violette qui lui donne moins de valeur commerciale. Mais cette propriété a paru jusqu'alors n'avoir aucune influence malfaisante sur l'économie animale; aussi , le blé qui contient beaucoup de mélampyre est-il l'aliment ordinaire des fermiers. Cette plante se cantonne dans les terrains argileux et calcaires. Il est difficile d'en débarrasser un terrain qui en est infesté. De même que plusieurs autres végétaux, cette plante vient surtout dans les récoites hivernales. Il n'en lève presque point dans la jachère ni dans les récoltes sarclées. Dans le blé même le mieux soigné, le peu de plantes qui ont échappé aux sarclages se développent avec rapidité, fleurissent et mûrissent une partie de leurs graines avant la moisson. Celles qui sont complètement mures tombent et infestent le sol de nouveau; les autres se trouvent mélangées avec le gi-ain. Les moyens qui paraissent les plus surs pour opérer la destruction de celte plante sont les sarclages rigoureux et répètes. On pourrait aussi faucher la céréale pendant qu'elle est en fleurs : cette opération détruirait en même temps le mélampyre. C'est au cultivateur à juger si ce iacrifice serait assez compensé par la beauté et la pureté des produits ultérieurs.

Quant à la plupart des autres plantes pour la destruction desquelles on emploie le sarclage, je n'en finirais pas si je voulais les énumérer. Elles ne déprécient pas autant le froment que le mélampyre, parce qu'elles ne lui communiquent pas de couleur uoii-àtre, et que d'ailleurs le vannage les sé|)are toujours du bon grain avec facilite.

Cependant, les plantes suivantes demandent encore une attention particulière ; d'abord le Liseron {Conwoh'ulus an>ensis).S\, pour sarcler une céréale qui en contient beaucoup, on attend que les chaumes soient montés, on causera du dommage aux plantes, on les cassera ou on les arrachera. Le liseron est une des plantes que les botanistes nomment roliibiles, parce qu'elles s'enroulent autour des objets qu'elles rencontrent. Le liseron repousse promptement, lorsqu'on ne l'a pas coupé à une grande profondeur. Au lieu de l'arracher à la main, on fera mieux de se servir d'une faucille usée, et de le couper profondément entre deux terres.

L'espèce d'Lraie qu'on nomme enivrante (Loiium tcmulentuTTi) a certainement des propriétés délétères sur la vie animale. On la distingue des autres espèces, en ce que les épillets n'ont jamais plus de douze fleurs, et que les chaumes sont rudes au loucher, surtout dans le haut. Heureusement cette plante est assez rare.

La Folle-avoine {Avenu fatua) est quelquefois si abondante dans certains cantons, qu'elle forme la moitié de la récolte; elle est alors fort nuisible et difficile à détruire. On ne saurait trop recommander de l'arracher à la main dans les blés, et surtout dans les fèves qui paraissent avoir la propriété d'en favoriser la naissance.

Le Pas-d'Ane {Tussilage Jarfara\ regardé comme indomptable , parce que ses graines naissent de si bonne heure au printemps, qu'elles sont ordinairement tombées avant ipie le sol ait reçu le second labour, peut être facilement détruit en arrachant les plantes après la récolte des grains, en août, septembre et octobre.

Les Patiences {Rumex acutus et ohtusifolius) sont des plantes vivaces dont l'extirpation est difficile, à cause de la longueur de leurs racines qui reproduisent obstinément de nouvelles tiges, et de l'énorme quantité de leurs gi'aines. On ne peut arracher leurs racines pivotantes qu'à la main après une forte pluie.

Plusieurs plantes nuisibles ayant leurs semences ailées, notamment les chardons, il est évident que leur destruction ne pourra être complète que quand il existera cfes dispositions législatives et des réglemens locaux qui la rendront générale. Jusque là, le cultivateur soigneux sera victime de la négligence de son voisin. Ce sujet sera traité dans la Législation agricole.

Art. IV.

Emploi des produits des binage's et des sarclages.

Lorsque les herbes détruites par les menues cultures sont peu abondantes , ou n'ont pas .pris beaucoup de développement, on les laisse sécher sur le sol, pourvu que leurs graines ne soient pas arrivées à maturité; si elles étaient dans ce cas, on devrait les transporter hors du champ, les /ai>e ^f^cAer et les brûler. — Il est beaucoup d'herbes inutiles qui sont pour les animaux une assez bonne nourriture; on devra les amasser avec soin, secouer la terre qui adhère à leurs racines, et ]e& porter auratelier. — Lorsqu'on a d'ailleurs beaucoup de fourrages ou que les plantes sont

ENTRETIEN DES TERRES. liv. i".

dédaignées par le bétail, on se trouvera bien de suivre la méthode usitée dans les Etats- Unis. Elle consiste à stratifier ces végétaux par lits alternatifs avec de la chaux. Le compost ne tarde pas à fermenter, et les substances qui le constituent se combinent et forment un bon engrais. On pourrait également Jeter ces plantes dans un croupissoir ou excavation remplie d'eau. La décomposition des substances végétales réagit sur le liquide et le rend très-propre à l'arrosemeut des prairies.

Véclaircissage de quelques récoltes fournit encore des produits qui ne sont point à dédaigncr.A.insi,dans la culturedumaïs,on sème deux fois plus épais que cela n'est nécessaire ; on laisse venir toutes les plantes jusqu'à ce qu'on s'aperçoive qu'elles commencent à s'affamer et à se gêner dans leur développement. Alors seulement on retranche les pieds surnuméraires qui forment pour toute espèce de bétail une excellente nourriture. On agit de même dans la culture de la Carotte , de la Betterave, du Navet, etc.

AkT. V. — Retranchement des feuilles et des sommités des tiges.

Ces diverses opérations s'exécutent sur un trop petit nombre de plantes pour que nous nous en occupions longuement ici. Nous dirons seulement que trop de personnes se fout illusion sur les avantages de cette pratique. Le retranchement des sommités du Maïs, des feuilles de laBetterave, des tiges de-la Pomme-' de-terre fournit bien une nourriture plus ou moins alibile pour beaucoup d'animaux; mais la soustraction de ces diverses parties ne peut que nuire au produit principal, parce qu'elle aiminue les surfaces destinées à puiser dans l'atmosphère les élémens de fertilité qui s'y trouvent. Il a été prouvé par maintes expériences que si on retranche par exemple les faunes des pommes-de-terre 1 mois après la fleur, on n'obtiendra, dans un bon sol, que 30 mille livres de tubercules, tandis (jue si l'on eût fait cette opération 2 mois après la fleur, on eût récolté 41 milliers. Il n'en est pas de même du retranchement des parties florales. Comme elles ne servent point à tirer les gjz répandus dans l'atmosphère, mais à être le récipient des sucs élaborés par les autres parties, il estévident que leur retranchement se fait à l'avantage des parties qu'on veut conserver. Pour les plantes dont le produit consiste en fruits, on ne retranche que quelques fleurs : ainsi, il est hors de doute que ie vigneron gagne beaucoup en ne conservant sur chaque pied de vigne qu'un petit nombre de raisins; qu'on augmente le nombre et la grosseur des pois, des féverolles, des haricots, etc., en coupant les fleurs des sommités.

En somme, la soustraction des feuilles est presque toujours nuisible, et celle des fleurs presque toujours utile.

Nous ne pouvons mieux terminer ce que nous avons dit sur les menues cultures que par les sages réflexions du Musœum rusticum, le plus ancien journal d'agriculture.» On ne peut pas douter, dit-il en parlant de la végétation du froment, que les épis en générai n'arrivent pas à la grosseur dont ils sont naturellement susceptibles; et si le temps où ils

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