‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 159 sur 304 · DE LA PRATIQUE DES ASSOLKMENS · texte numérisé non relu

DE LA PRATIQUE DES ASSOLKMENS

nent avec les cultures annuelles, de manière à former pour ainsi dire deux assoiemens en un. J.(;s rotations do 7 et de 8 ans, bien qu'elles se prêtent aux marnes combinaisons que toutes celles qui précèdent, nous en offriront quelques exemples.

Jvec un assolement septennal on peut avoir pour but d'obtenir quatre soles de céréales et trois soles seulement de plantes fourragères. C'est ainsi que dans les terres les plus riches du SuJJolk on récolte :

r" année : Turneps. — 2' année : Orge. — 3" année : Fèves. — 4' année : Blé froment. — 5' année : Orge. — 6' année : Trèfle. — 7' année : Blé.

Mais une telle métbode ou toute autre analogue ne peut être recommandée (jue comme une rare exception. — Plus ordinairenient, si l'on préfère l'assolemenl septennal à l'assolement de six ans, c'est afin d'éloigner plutôt que de rapprocher le retour des bléa et d'augmenter le nombre des cultures améliorantes. Ainsi en commençant la rotation par une récolte sarclée et fumée, on aura : 2= année : Céréale, puis trèfle. — 3= année : Trèfle. — 4'^ année : Céréale. — 5' année : Culture sarclée et fumée. — 6' année : Fourrage annuel, vesces ou autre plante légumineuse avec parcage. — 7' année : Céréale.

On obtient ainsi trois céréales, deux cul- I lires fourragères ou industrielles, tumées, binées ou butées , et deux prairies arlilicielles, fauchables en vert; sans compter les récoltes doubles que le climat peut permet-

tre.

/^'aM^/-ej-/o/,y on forme les rotations septennales d'un assolement de 3 ou de 4 ans, auquel succède une prairie artificielle de 4 ou de 3 ans. — Cette pratique est surtout applicable aux terrains d'une petite valeur qui supporteraient difficilement un cours plus productif. Il arrive cependant que puur entretenir plus sûrement ou pour augmenter progressivement la fécondité de chaque sole, ou la soumet a son tour à uue semblable rotation.

A. Dans le nord et le centre.

1» En terres plus légères que fortes, de bonne (jualite.

l'' année : "Vesces d'automne ou de priatemps. — 2' année : Pommes-de-terre luiiiées. — 3' année : Avoine et trèfle. — 4<- année : Trèfle. — 5" année : Froment. — 6' année : Betteraves, carottes, navets fumés.

7= année : Céréale.

Ou bien l'assolement restant le même jusqu'à la 6' année, on peut remplacer les racines fourragères par du colza, de rœillette. du lin, etc.

2° £n terres plus légères que fortes, de médiocre qualité.

Vannée: Pommes-de-terre fumées. — 2' «/inéc : Avoine. — o' année : Trèfle ou lupuline recouvert, après la première coupe de |)rinteinps, d'engrais pulvérulent. — À' année ; Froment ou soiulc avec sainfoin. — J", 6* ^t

1" année : Pommes -de -terre fumées. — 2* année : Avoine ou orge. — 3' année : Betteraves filmées. — 4* année : Sei-le ou blé, puis sainfoin. — 5^ année : Sainfoin. — 6*= année : Sainfoin. — 1' année : Sainfoin.

Le sainfoin est dans les sols légers, surtout lorsqu'ils contiennent une quantité surabondante de calcaire, un des meilleurs fourrages connus. — 11 peut entrer, selon les circonstances, dans des assolemens à termes plus ou moins longs, et l'amélioration qu'il opère dans la couche labourable est tres-sensible. Ceiieadant, si on le faisait revenu; trop fréquemment aux mêmes places, il cesserait comme tous les antres fourrages de ^egeler avec vigueur; il serait doue peu prudent de suivre plusieurs fois de suite les deux cours

précédens. . , , o , ii

Sur les champs arides de la Sologne, I assolement suivant n'est pas rare :

V' année : Sarrasin et genêt qui levé spontanément. - 2" année : Genêt. - 3^ année : Genél pacagé. — 4* année : Genêt pacage. — 5* année: Avoine de mars. — 6^^ année : Seigle fumé. — 7* année : Turneps et pommes-deterre.

Ou, ce qui vaut mieux: .

V année : Sarrasin el genêt, quelquefois pommes -de-terre sur engrais. — 2^ année : Genêt.— 3' et 4' années : Genêts pacages. — 5-= année : Avoine de mars et lupuline. — 6'' année : Lupuline fumée à la surface avec du fumier de mouton et retournée de bonne heure. — 7° année : Seigle.

3° Dans les terres plus fortes que légères.

V<^ année : Vesces fauchées pour fourrage

vert. 2 année : Choux fnmés. — 3- année :

Céréale de printemps et trèfle. — 4« année : Trèfle. — 5' année : Blé d'automne. — 6 année : Fèves fumées.— 7*^ année: Blé.

Ou, daprès M. LuUin de Genève:

r' année : Vesces richement fumées, fauchées en vert, puis choux el turneps ou rutabagas entre leurs rdn^^. — '2^ année : Fèves en rayons.— 3^a««ee: Céréale, puis trèfle.— 4*" a/?née : Trèfle. — 5*= année : Blé, suivi, s'il est possible, de sarrasin. — 6*= année : Vesces fumées, puis turneps consommés à l'élable. — 7 année : Blé.

B. Dans le midi.

X°En terres plus légères que Jortes, dites boulbènes douces.

1" année : Pommes-de-terre fnmées. — T année : Céréale d'automne. — 3' année : Maïs, fourrage, seul ou mélangé.— 4*«««^^ : Céréale d'automne. — 5% 6' et 7^ années : Sainfoin. Ou, . , ,

r* année : Céréale et trèfle sur jachère ou sur culture fumée. — Tannée: Trèfle. — 3* année : Méleil. — 4" année : Pommes-deterre fumées. — â^ année : Mais ou autre fourrage vert. — 6* année : Céréale. 7" année : Jachère fumée ou betteraves avec engrais.

2° En Le ries plus Jortes que Légères, dites terre-forts.

L'assolement ordinaire étant :

AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS. liv. i"-

Blé , maïs, puis fève ou jachère :

On trouvt-rait sans nul doute profitable de lui substituer l'un des suivans :

1''' année : Blé froment, sans engrais. — 2^ année : Maïs. — Z^ année : Fèves fumées. — 4' année : Blé froment. — 5' année : Fourrage vert, vesces, lupins et maïs semés ensemble. — ii'^ année : Blé froment. — 7« année : Fèves fnmées.

V' année: Blé froment. — 2^ année: Fèves en lignes, fumées. — 3' année : Blé. — 4* année : Maïs. — h année : Jachère, puis fumure. — %^ année : Blé. — 7' année : Maïs fourrage.

Dans les terrains favorables à la culture de i<i garance. Cette plante peut très-bien trouver place en un cours de 7 ans :

l'« année : Céréale. — 2' année : Prairies vertes. — 3'^ année : Céréale. — 4* année : Culture sarclée. — 5^,6*et7-a/2/2eej: Garance.

§ VU. — Assolemens de huit ans.

Les rotations de huit ans ne sont, assez souvent, que deux assolemens de quatre ans, mis à la suite l'un de l'autre, dans le but principal de remplacer en l'un d'eux le trèfle par un fiurrage différent, afin d'éviter son retour trop fréquent. Sous ce seul point de \ue, tontes les autres circonstances restant les mêmes {voy. le 4' paragraphe), ils doivent être généralement préférés.

Dans les lieux où la nature du sol ne s'oppose pas à Texcellente pratique des défoncemens, une première rotation de huit ans avec jachère, qui permet à la couche labourée de se mûrir convenablement, peut être d'autant plus profitable que les terres neuves, [)our devenir fécondes, ont besoin d'abondans engrais, de façons fréquentes, el, qu'elles se prêtent surtout à la culture des racines sarclées. L'une des meilleures combinaisons possibles, en pa.reil cas, me paraît être celle-ci :

1*^^ année: Jachère avec défoncemenl. — 2* année : Racines binées et sarclées. — 3" année : Autres racines binées et sarclées. — 4<^ année Céréale. — 5' année : Culture sarclée. — 6« année : Céréale et trèfle. — 7* année : Trèfle,

— S' année : Céréale.

Les assolemens analogues sont excellons sur défriche et sur tous les terrains salis de mauvaises herbes. A la vérité les façons qu'ils exigent sont nombreuses, mais leurs résultats, fort bons en eux-mêmes, concourent encore efficacement à l'amélioralicn progressive du sol. — Dans la plupart des cas il est toutefois possible d'éviter une jachère complète. — L'assolement sera alors celui-ci, ou quelque autre basé sur les mêmes principes :

1"^" année: Sur 3 ou 4 labours d'automne et de printemps, culture sarclée. — 2* année : Seconde culture sarclée. — 3* année : Céréale.

— 4'" année: Troisième culture sarclée. — 5' année : Fourrage vert annuel. — G' année : Céréale et trèfle ou lupulin. — V année : Trèfle ou lu|>uline. — 8 année: Céréale.

On conçoit qu'il serait aussi facile d'introduire le sainfoin dans un assolement de 8 ans que dans ceux de 7 ans.

§ VIII. — Assolemens de plus de tiuit ans.

Au point ou nous en sommes, il paraîtrait

cnAP. 10^ DE LA. PRATIQUE

sans doute superflu d'ajouter beaucoup aux exemples que j'ai cru devoir multiplier précédemment, en raison de leur importance relative, et de leur plus fréquente adoption.

— Les combinaisons diverses, avec lesquelles le lecteur est désormais familier, se retrouveraient toujours les mêmes ou à peu près, en des rotations plus longues. — Dans un assolement de 12 ans, par exemple, on pourrait chercher à obtenir six céréales, précédées et suivies d'un égal uombre de cultures neltoj'antes ou reposantes, calculées de manière à produire la quantité de fourrages et d'engrais nécessaire, comme nous avons vu qu'on parvenait à le faire avec deux assolemens de six ans. — En 13 ans on suivrait la même marche qu'avec deux rotations de 7 et de 5 ans, etc., etc.; cependant il ne faut pas perdre de vue que plus un assolement se |)rolonge, plus il est facile de varier ses élémens et d'introduire, d'une part, diverses piaules industrielles, — de l'autre, l'une des prairies artificielles les plus durables et les plus précieuses, la luzerne. — Il a été malheureusement démontré, par de nombreuses épreuves, que celte plante ne peut revenir avec un plein succès sur le même sol qu'après un laps de temps d'autant plus long, quelle y a précédemment séjourné plus long- temps; aussi n'ai -je pu en parler jusqu'ici dans aucun des assolemens qui ont dû nous occuper

YvARF pensait que V intervalle à observer avant de faire reparaître la luzerne sur le champ qui l'a déjà nourrie, doit être égal au moins a la durée de son existence sur ce champ; d'après ce principe, si elle occupait le soi 5 ou 6 ans, elle pourrait rigoureusement entrer dans une rotation de 10 ou de 12ans.Je ne niepas que dans un terrain encore vierge de ce riche fourrage, il puisse en être ainsi pendant un certain temps; mais depuis que notre savant collègue écrivait son excellent article Succession de culture, des faits multipliéset païens sont venus attester qu'un semblable intervalle était loin de suffire dans les localités au moins où la luzerne était depuis longtemps cultivée, et l'on a dû l'auguienter du double dans la crainte de dépouiller l'avenir au profit du présent. — En bonne pratique, je crois doncqu'on ne pourra mieux faire que de se rapprocher d'un des exemples suivaus :

— le premier est le résultat de la longue expérience et des méditations de M. de Mokel VI^DÉ ; le second est dû aux essais multipliés et fructueux de notre coufi'ère M. Dailly.

M. DE ViNDÉ a partagé sa propriété entière en dix soles^ sur chacune desquelles il a admis un assolement de 20 ans ; tantôt à base de luzerne et de trèfle; tantôt à base de sainfoin et de trèfle. — Sur la première sole, la luzerne commence semée avec une céréale de mars; — elle occu[)e le ton-ain jusqu'à la fin. de la 5* année. — Viennent ensuite les cultures des céréales et plantes sarclées, disposées de manière à ne demander qu'une forte fumure la 9" année, et à faire précéder le froment sur la défriche de luzerne; de deux autres cultures au moins, l'une d'avoine et l'autre de plantes sarclées. — Le trèfle semé comme la luzerne sur la dernière céréale de mars, de l'une des rotations du 7 ans, parait

DES ASSOLEMENS.

la 12^ année. A l'aide d'un terreautage d'hiver et d'un plâtrage de printemps, M. de Vixdé trouve de l'avantage à le conserver 3 ans, après les{|uels recommence la rotnlion septennale avec une seconde fumure ; en tout, comme on voit, 20 ans.

Sur la seconde sole le sainfoin remplace la luzerne, mais sa durée et celle du Ircfle étant les mêmes, les résultats sont aussi analogues; seulement la première prairie artificielle ne commence que la 3'^ année. Dans la 3' sole elle ne vient que la 5*, et ainsi de suite, de manière qu'à la fin des 20 années toutes les soles ont passé également et régulièrement par les 3 sortes de prairies artificielles.

Par ce moyen, quoique 3/10 de la propriété soient annuellement eu prairies artificielles fauchables, on voit que la luzerne, ne la fiton pas alterner avec le sainfoin, ne reriendrait à la même place qu'après 15 ans.

Voici l'assolement que M. Dailly a adopté pour une partie de sa propriété de Trappes ( Seine-et-Oise) : l''* année, luzerne plâtrée ;

— 2% 3<', 4' années, \uze,r ne fauchée; — 5- année, luzerne retournée ; — 6'" année, avoine :

— 7' année, pommes-de-terre fumées ; — 8 année, blé de mars ; — 9" année, colza avec poudrette; — iO^ année, blé d'hiver; — il' année, vesce d'hiver et pépinière de colza, puis parcage ; — 12^ année , avoine ; — 13* année, œillette ou racines sarclées fumées; — 14* «.7née, blé d'hiver; — ib' année, racines sarclées fumées. — i(i^ année, hlé de printemps ou d'hiver. — 17* année, colza avec poudrette;

— 18" année, blé d'hiver; — Id' année, racines fumées; — 20'= année, avoiue ou semis de luzerne.

Dans ces deux exemples, non seulement la luzerne ne revient qu'à de longs intervalles, mais on a bien soin de ne culiiver le froment sur la terre qui l'a portée que la 3' année. Cette double précaution est d'une haule importance, et je regarde comme c«Ttain, que, si on l'avait constamment prise, nous n'aurions pas été affligés tout récemment de discussions qui ne tendaient rien moins qu'à faire croire que la culture de la luzerne était nuisible à celle du froment, tandis que cette grave question, réduite à sa vraie valeur, n'était plus qu'une question fort simple de bon ou de mauvais assolement, et dont la solution si vivement contestée se retrouve, selou moi, en grande partie dans le passage suivant.

« N'allons pas, surtout par une avidité déplacée aulanl que par un faux calcul, vouloir exiger des récoltes de froment, avant (|ue les détrilus (ju'elle (la luzerne) a laissés sur le sol soient eutièi'ement réduits en terreau. Le volume de ses racines; l'épaisseur ilu gazon, qui s'accumule toujours dans ses derniers momens, quelques précautions que l'on prenne pour s'y opposer; le soulèvement de la terre, généralement nuisibk- à la prospérité du froment, enfin, la grande fécondité même, dont le sol est pourvu, sont autant de circonstances qui rendent, presque toujours, cette récolte précaire, soit en opérant le déchaussement, soit en occasionant wnc végétation luxuriante, toujours aux dépens de l'abondance cl de la (jualilé du grain, vérité dont nous nous sommes trop particulière- 1 ment assures pour ue pas ,y insister avty

loiile l'énergie dont nous sommes capables, etc.» (YvARt; Nouveau Cours complet d'as;riculture théorique et pratique, 1823.)

Du reste, on sait que ce qui se passe en pareil cas après la luzerne, a lieu également sur presque toutes les défriches : — Le froment ne prospère ivim.édiatement, ni dans l'emplacement d'une vieille prairie naturelle ou d'un ancien bois; ni sur un défoncement ; ni même après un simple écobuage. Dans tous ces cas les racines, l'avoine, l'orge même et le seigle offrent un meilleur emploi du terrain.

Les graminées fourragères dont il sera parlé dans l'un des chapitres de ce même livre, font quelquefois, mais moins souvent qu'elles ne le devraient, partie des assolemens à long terme. Après un temps, dont la durée est déterminée par les premiers indices de leur dépérissement, ces plantes peuvent faire place : — La V année, à des racines fourragères ou à des plantes binées et sarclées à semences oléifères; — la T année, à de l'avoine, ou de l'orge, selon l'état plus ou moins meuble de la terre, puis à des raves, de la spergule ou toute autre pâture d'automne ou d'hiver; — la S'' année, revient une culture sarclée différente de la f; — la 4' année de l'orge, du seigle ou du froment, puis du trèfle, de la lupuline ou tout autre fourrage légumineux, qui occupe le terrain pendant la ;')"' année ; — la 6"= année, du froment ou du seigle, et si cette récolte est belle, on fera bien de la faire suivre d'une nouvelle culture sarclée ou d'une seconde prairie légumineuse ; puis la 8" année, d'une dernière céréale avec graines de graminées pour rétablir la prairie ou le pâturage.

Enfin, en des circonstances peu favorables, quoique assez fréquentes, on Jait entrer les végétaux ligneux dans les assolemens. Sur des terrains à pente rapide, d'un travail pénible, où les labours deviennent nuisibles en facilitant l'éboulement des terres; — dans les localités arides, où les racines et les fourrages verts viennent aussi mal que les céréales, il est bien indispensable de recourir à ce mo}en pour obtenir quelques produits sans des dépenses excessives. Aux genêts et aux ajoncs ou a quelquefois substitué ou ajoute les pins, qui occupent alors le sol pendant au moins 7 ans, et qui lournissent dans les 3 dernières années des branchages, dont on peut à la rigueur affourager les bêtes à laine pendant l'hiver, et qui peuvent être utilisés au moment où on les abat comme écha- ]as. — Voici quelques-uns de ces assolemens proposés par M. de Morogles.

1" année, sarrasin et pins; -- 2% 3* et 4"

années, y^\\\s gardés; — b^ année, pins pacagés- — {],*= année, pins éclaircis; — 7* année, pins arrachés; — 8* année, avoine ; — 9'' année, seigle sur fumier; — 10" année, turneps et pommes-de-terre.

Ovi\" année^ genêts et sarrazin; — 2% 3* et 4^ rt««ef.v, genêts gardés et pacagés; —h" année, avoine; — iî" année, seigle fumé;— 1^ année, turneps et pommes-de-terre ; — ^'^ année, sarrasin et pins ; — 8*,9% lO*" et 1 XUi/mées, pins gardés; — 12' année, pins pacagés; — 13'- année, pins éi laircis ; — H' annét^ pius

DES ASSOLEMENS. t'v. V\

arrachés; — l.'i'' année, avoine: — IG» uuncr^ seigle sur fumier.

Ou enfin, étendant davantage les cultures aunueiles : V année, sarrasin et genêt; — 2*", Z' et 4^ années , genêt; — 5% 6% 7', 8" ef y années, céréales, plantes sarclées et fourrages verts; — 10' année, sarrasin et pins; —"il", 12\ 13% 14% 15' et If/ années, pins; — 1-7% 18% 19", 20' et "il* années, nouvelles cul tures de céréales, de navets ou de pommesde-terre et de vesces.

Dans ces divers exemples choisis pour le pays qu'il habite (la Sologne), M. de Morogles n'a pas craint d'adopter les coutumes locales sur deux points: il recommande de donner la fumure sur une céréale, et il fait venir constamment 'e seigle sur l'avoine, quoiqu'il lui fût facile de l'en éloigner par la culture des navets qu'il admet en 3" lieu. La pauvreté des terrains qu'il a en vue, et la parcimonie avec laquelle on peut y répandre les engrais, excusent suffisamment la 1'* pratique, dont la seconde est une conséquence malheureuse. — Il est rare qu'on ne puisse arriver à mieux. — IVous verrons ailleurs qu'il n'est pas impossible non plus d'utiliser d'autres végétaux ligneux comme fourrage.

On trouve quelques exemples de cultures intercalaires établies dans les bois à l'époque de leur coupe. Sur quelques points du duché de Luxembourg on exploite les taillis à l'âge de 18 à 20 ans pour les convertir en bois de chauffage, en écorces et en charbon. Les menus branchages restent sur le sol, où ils sont brûlés dans le courant d'août suivant, ainsi que les jeunes pousses de l'année, et, quelques jours après, on sème du seigle qui donne généralement une récolte piécoce et fort abondante; quelquefois la seconde année, à travers les nouveaux scions du taillis, il est encore possible de cultiver des pommes-de-terre. — Dans la Haute -Garonne, ainsi que l'a fait connaître M. de Ville>euvë, le propriétaire qui possède des bois sur d'assez bons terrains, pourvu que ce ne soit pas sur un coteau rapide, peut en retirer quelque surcroit de revenu. Si la terre est douce et propre aux pommes-de-terre, il la fait labourer dès que le bois a été coupé, et planter au printemps en tubercules de ce végétal, et il peut encore tenter le même moyen Tannée suivante. Si la terre est forte, on y sème de l'avoine ou du seigle.

Toutefois, de semblables exemples sont peu fréquens et ne trouvent que de rares applications. Plus ordinairement, après la coupe définitive des futaies ou des vieilles forêts, on rend pour un long temps l'emplacement qu'elles occupaient aux cultures économiques et industrielles qui y réussissent d'autant plus facilement et plus sûrement, que le

sol est d'une extrême fécondité.

Dans un pays neufXdi première condition de culture est la destruction d'une partie des bois qui le couvrent. — Plus tard, une sage législation met des bornes à l'abus que les intérêts privés pourraient faire d'un tel moyen au détriment de l'intérêt général ; — puis, il vient une époque où les plantations deviennentindispeusabiesetoù la culture des forets fait, pour ainsi dire, partie dea asso-

bKS RÉCOLTES.— PRÉCAUTIONS GKMJiALJ.S.

OHAP. 11*.

lemens qui doivent assurer la pi-ospérilé nationale pai' une augmentation de produits «!;':^ale aux besoins de la pof)nIation croissante. Tandis (pie les lîonn-'s terres et toutes celles que itnir position rend d'une culture; facile et productive, doivent progressivement être sillonnées par la charrue, les sols ingi'ats on éloignés de la consommation peuvent se couvrir de grands végétaux ligneux. Ici le bois fait place au blé; là, les landes les plus arides, les dunes mouvantes, les craies et les sables inféconds que fatiguent à de longs intervalles de chétives récoltes de

sarrasin ou de |ion!mes-de-lerre, disparaissent abrités sous r<';paisse verdure d»s scn,is de pins; et l'iniaginalion, naguère attristée de rir-siiffisance des travaux du cultivateur pour lutter contre une nature ingrate, peut désormais se reposer sur d'utiles produits et prévoir le temps oii nos neveux, détruisant à propos des travaux dont ils méconnaîtront peut-être la bienfaisante origine, relrouvel'ont à ces mêmes i)laces des champs d'une riche et longue fécondité.

Oscar LECLERC-TiiotiN,

Page 1