RECOLTES DES FOUR RACES
cheval, doit être très-promple , mais aussi très-imparfaite. Au total, pour que ces instrumens ne fonctionnent pas avec une telle défectuosité qu'on doive renoncer à les utiliser, il est indispensable que la prairie soit parfaitement nivelée.
On a quelquefois proposé, pour hâter la dessiccation des foins, de les étendre sur une sorte de claie ou treillage. Cette méthode serait assez dispendieuse pour l'achat des lattis, mais elle retrancherait toute maind'œuvre ultérieure. Un vice radical s'opposera toujours à l'adoption de ce mode, c'est que le fourrage est exposé à la pluie et à la rosée, et nous ne saurions trop répéter que riiumidité, de quelque part qu'elle vienne, est un agent puissant d'altération pour tous les fourrages.
La dessiccation n'est pas le seul moyen que nous ayons pour conserver les substances végétales. On a tenté, mais sur une trop petite échelle pour accorder pleine confiance à des essaisincomplets, on a tenté, disons-nous, de faire, avec des herbages coupés verts, une .sorte de chou-croûte , en empilant et lassant le produit des prairies avec des couches alternatives de sel. On sait que l'addition, en certaine proportion, de cette dernière substance, empêche toute fermentation et la pulréfactiou qui en est la suite. Il est hors de doute que le foin ne puisse ainsi se conserver indéfiniment. Mais quels silos, quelles constructions ne faudrait-il pas pour conserver une grande masse de fourrage? L'excès du sel ne nuirail-il pas à la santé des animaux? C'est un moyen, d'ailleurs, auquel il ne faut pas songer dans l'état actuel des choses. Le prix du sel permettrait tout au plus de faire quelques essais. — Ce n'est pas que le sel ne soit d'un grand secours pour paralyser les effets d'une dessiccation incomplète. Si l'on rentre du foin naturel ou artificiel qui ne soit pas assez sec, on fera bien, en l'entassant dans le grenier ou dans la meule, de saupoudrer chaque couche de sel gris ou de rebut de salines, lorsqu'on peut s'en procurer à bas prix. Ce procédé est préférable ;i celui qui consiste à saupoudrer le fourrage avarié immédiatement avant de le donner aux animaux. Le sel, dans cecas, ne peut en détruire la mauvaise qualité , mais seulement la masquer, tandis qu'employé comme nous le conseillons., il prévient toute altération.
En Allemagne, on fait ce que l'on nomme du Join brun. Lorsque l'herbe est à moitié sèche, on la met en meule en la foulant et la tassant dans tous les sens. L'air extérieur n'a point de contact avec le fourrage. Il y a bien ensuite une sorte de fermentation, mais cette fermentation est lente, insensible et tout-àfait analogue à celle qu'éprouvent les plantes
un instrument qui fait économiquement la majeure partie de la besogne. Il se compose de deux traverses horizontales, maintenues entre elles, à la distance de trois pieds m\ environ, par des montans verticaux, de sorte que Tassemblagc imite assez bien le dos d'une chaise. Quatre chaînes attachées aux quatre coins se réunissent en un point où s'attache le palonnier. On conçoit que l'action d'une pareille machine, traînée par un
agglomérées des sols tourbeux. Aussi le foin biun a beaucoup de ressemblance avec la tourbe, et pour le donner aux bestiaux, on est forcé de le couper en prismes avec xux instrument tranchant. Le foin n'est pas du tout du goût des chevaux, mais, au dire de tous ceux qui en ont fait usage, les bœufs ie préfèrent à tout autre, et s'engraissent prouiplement avec celte nourriture. On connaît peu en France cette manière de faire le
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loin, et si elle ne préseute pas le danger de s'écliaiiffer au poiat de brûler, il est à désirer <ju"ou l'adopte partout oii l'oa se livre à Teugraissenieut da gros bétail.
Daas ce que uous avous dit jusqu'ici, nous a\ nus suppose (jue la température et les Incaiilés favorisent la dessicaliou du foin; il n'est fias rare que îa pluie, lc\ oragesviennent ùe ranger les calculs du cultivateur : celui-ci sera toujours prêt à faire face aux cbangejiieus les plus brusques, les plus imprévus de i'atmosplière : si des pluies d'orai^es, si des eaux boueuses , des rivières débordées uarcourent ses prairies et couvrent les herbages d'une vase iiupure. il est nécessaire de relard«;r le fauc'aage justju'à ce qu'uue pluie douce vienne lavtr les feuilles des végétaux ; &i cela ne suifit point pour rendre le fuurrage propre et sain, ()n n'eu fera pas moins la fenaison comme à l'ordinaire; mais, en préparant le loin, on aura la précaution de le secouer souvent et éuergiquemeiit, aiinde faire tomber la poussière; avant de l'emmagasiner on le battra au fléau : cette besogne sexéculera avec plus de perfection et de succès si on le fait passer par une machine à battre, dont la ventiljîion emportera auloiu la poussière. Ce travail est malsain pour les ouvriers, et on aura soin de les relaj^^er de tecQps eu temps.
Lorsque la température se dérange tout-acaufy au momt-nt oii l'herbe est déjà coupée, ou se gardera bien de la répandre, mais an [â laissera eii aadains ou eu chevrottes. Du reste, on se persuadera bien que, pour que la dessiccation soit arrivée à un degré convenable, il n'est pas du tout nécessaire tjue la tolaliié de l'eau de végétation soit évaporée. Tous les bons praticiens savent que ie foin emmagasiué, pour être de bonne qualité, doit subir une fermentation légère «t insensible, (jui manifeste sa présence dans le tas par une sueur (lui en couvre la surface. Ainsi, lorsqu'un foin n'est pas parfaitenientsec,et que la pluie menace, ne craignez pas de le rentrer, il n'en sera que meilleur. Si vous avez des doutes sur sa coaservatiou, tnélaijgez-le par couches alternatives avec du foin vieux et bien sec, ou stratifiez-le avec de la paille d'orge ou d'avoine. Avec l'emploi de ce moyen, vous pouvez être sans inquiétude.
Dans les près maréca^^eux, dans les enliroits ombragés, la dessiccation s'opère leutemeut, et le foin court beaucoup de chances dètre avarié. Il est prudeut, lorsqu'on le peut, de l'emporter de ces fonds humides aussitôt qu'il est coupé, et de le transporter dans un endroit oii il se sèche plus promptement et plus sûrement. Pour cela faire, ou emploiera avec suc<;ès le ràfleur dont nous avons parlé, ou un traîneau.
Dans le Tyrol, ou fait du très-bon foin dans les prairies très-humides ou même inondées, au moyen de perches {fig. 400) de 5 à (i pouces de circontérence, et de 4 à 5 pieds de longueur, qui porteutvers leur extrémité supérieure trois ou quatre -"élites traverses en cro;x. Après \a fauchaison, on ucue ces perches dans la prairie, on réunit le foin en assez gros tas qu'on pose sur les perches sûui les laisser toucher à terre. La forme
ACRICIILTURK : DES RECOLTES.
i'ig. 400.
convexe que preud l'herbe la soutient, et sert a rejeter les eaux pluviales. L'air circule doDC librement de tous côtés, et ie foin peut ainsi rester plusieurs semaines sans le moindre danger. Cette méthode comporte une dépense qui, une fois faite, ne se renouvelle plus peudant bien des années.
Sectio.n iiï. — De la récolte des granif ères, au des moissons.
On a comparé le cultivateur qui moissonne à un navigateur qui rentre dans le port aprts une expédition longue et périlleuse. Le cultivateur, en eflet, est un nautonnier qui, au » milieu des orages et des tempêtes, entoure d'ennemis puissans et nombreux, conduit sa frêle embarcation vers le port; mais qu'il n'oublie point (|ue cette rade qu'il appelle de ses vœux, est encore bordée d'écueils et de récifs, et que les périls de la navigatior» sont d'autant plus imminens qu'elle approche de sou terme. L'agronome sa vaut, le praticien distingué peuvent faire produire à la terre de belles récoltes; c'est à l'administrateur éclairé qu'il est donné de les recueillir avec le plus de succès.
Les cUconsîances sur lesquelles il importe surtout de diriger son attentioti sont l'époque ouïe degré de maturité le plus convenable pour obtenir des produits qui réunissent la quantité et la qualité, les modes les plus expéditifs et les moins coûteux selon les localités, et l'organisation du travail.
ART. I^. — Epoque et degré' de maturité'.
Si l'homme en cultivant les plantes se proposait le même but que la nature, c'esi-àdire la conservation et la propagation de.s. espèces, la question que nous examino'is n'offrirait aucune prise à la discussion. L'époque de la récolte serait précisément celle où la platjte, ayant accompli son œuvre, laisse tomber les fruits qu'elle a fécondés; c'est aussi relle-là que l'on choisit lorsque le but du cultivateur se rencontre avec le vœu de la nature, en la devançant de quelque temps afin de ne pas perdre sur la quantité. Mais il arrive souvent que , pour les besoins qu'elles sont appelées à satislaire, les plantes n'exigent pas un degré complet de maturité. Cela est vrai surloul pour les végétaux dont l**s semences sont destinées à la panification ou à la fabrication de Thuile.
Il y a d'ailleurs une question préalable ii examiner; c'est de sayoir si la maturation est entièrement un acte de la végétation, ou si elle nest qu'uue combinaison nouvelle des élémens préexistans, qu'une réaction chimique des substances contenues dans le périspermo. Tout nous autorise à admettre cette dernièi'e hypothèse. On sait que les fruits d'hiver se recollent vers la mi-automne, et que ce n'est que quelques mois plus tard
cHAf. 11'. RECOLTE DES GRANIFERES.
qu'ils ont acquis le parfum et In saveur qui Ses distinguent; pour eux la maturation s'accomplit indépendamMient de la végétation; et ce n'est pas se placer en dehors des probabilités, que de conclure que, dans la plupart des plantes, l'accomplissement de la maturité suit une marche analogue. Dans les plantes annuelles, les seules dont nous ayons à nous occuper ici, la maturité est le plus grand 3ym|>lôme de mort. Si l'on recherche avec les yeux du physiologiste les phénomènes qui accompagnent cet anéantissement de la vie végétale, on verra que l'on peut a<lmettre deux hypothèses:— la première, et c'est celle qui est la plus plausible, que la vie finit là où elle a commencé, c'est-à-dire aux racines. Or,une l'ois les racii.es morles,el!es nepeûveiri fournir à la lige des alimens qu'elle puisse s'assimiler; et, quand même tout le reste de la plante serait vert, l'intus-susception de noiivelles substances est désormais impossible par l'intermédiaire du système ladiculaire. — La seconde hypothèse, qui ne réunit plus qu'un petit nombre de partisans, c'est que la mort commence immédiatement audessous de l'épi. Il est encore évident qu'ici toute communication entre les semences et les parties vivantes ou herbacées est inlerî'ouipue. Dans ces deux cas donc, si le grain subit des transjormations, elles s'accomplissent indépendamment des autres parties, soit que la plante communique avec le sol, soit «ju'elle en ait été séparée. Si on examine au printemps, à l'aide de microscopes, la fécule des tubercules diris de Florence, on verra que le calibre de ces grains ne dépasse pas 1/100 de millimètre; si on abandonne ces tubercules au contact de l'air, après 15 jours les grains de fécule seront devenus trois fois plus gros. (Raspaii., lSom>eau système de chimie ori^anique.) Il est tlonc une époque où la âécule se développe sans que la plante commiMii(iue avec le sol.
Toutes ces considérations déduites des plus .saines théories, seraient encore de peu de poids en faveur de La coupe prématurée des céréales, si la pratique et l'expérience n'eu confirmaient les avanlages. On a cru cette méthode nouvelle, et plusieurs l'ont rejetée à cause de celte prétendue nouveauté. Cependant il y a bien des siècles que Columelle disait aux agriculteurs de son temps: « Rien <le plus pernicieux que le retard : d'abord f)arce ([ue le grain devient la proie des oiseaux et des autres animaux ; ensuite parce que les semences et les épis eux-mêmes se détachent facilement des chaumes : si des vents impétueux ou des tourbillons leur impriment de violentes secousses, les liges tombent à terre. C'est pourquoi il ne faut pas attendre, mais commencer la moisson aussitôt que les épis prennent une teinte jaunâtre, et avant que les grains tleviennent durs, afin qu'ils grossissent {arandescant ) dans la gerbière plutôt que dans le champ : car il est certain que si on moissonne à propos, le grain prend ensuite du déveio|)pement {incrementum). « (Coï^umelle, j). 99, édition des Deux-Ponts.)
Cadet de Vaux assure que le blé récolté avant complète maturité pèse 6 Àilog: par hectolitre de plus que l'autre : cl si l'on prend trois livres de farine de l'un et de l'autre
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froment, celle provenant d'un blé récoilepnmaturémenl donnera 4 onces de pain en plu-. Il est bien certain que le froment recollé bieu mûr a la pellicule bien plus épaisse et pUi . adhérente (|ue l'autre.
Voici en génér-al les avantages que l'on trouve à la coupe prématurée :
1° Tous les fromens mûrissent à peu près à la même époque; si l'on attend qu'ils soieni mûrs, les derniers coupés laisseront échapper le grain. En commençant le sciage, lorsque les liges sont encore verdàlres, ou évil'j cette perle ;
2" La paille, moins épuisée, esl meilleur'; pour la nourritui'e des animaux ;
3" On court moins de chances de voir la v colle détruite ou ati moins considérablement diminuée par les accidens de la température;
4" Le froment coupé prématurément cot tient moins de son; CokE prétend, ce semLi avec raison, que quand on laisse le blé Irop longtemps sur pied, la pellicule s'épaissit au . dépens de la substance nutritive contenu,; dans le grain ;
5" On n'est pas en danger de perdre les plus beaux grains. Ceux-ci sont toujours ccua qui ont mûri les premiers, et qui les premier :> aussi tombent de l'épi.
Wons ne pouvons cependant dissimuler qu cette méthode entraîne plusieurs inconvénien dont les principaux sont les suivans :
1° Si l'on a les plus beaux grains, il y en a aussi qui ne sont pas arrivés à un développement suffisant;
2° S'il survient des pluies opiniâtres, la récol le se sèche moins facilement: les semences, n'étant pas complètement sèches, sont dan . des conditions plus favorables à la germination ;
3" Le grain, dansia plupart des cas, ne peu servir de semence. On cite dans le déparleînent du Var la ville de Brignoles, qui récollait autrefois assez de blé pour fournira lu subsistance de ses habilans, et qui u'eii récolle plus assez pour les nourrir pendant six mois depuis que Ion se sert pour semencf de froineus récoltés prématurément, quoique la |)opulaliou ne soit pas augmentée.
Le ])oint où il convient de moissonner est celui où le grain n'est déjà plus assez tendre pour s'écraser sous les doigts. C'est là l'opinion des meilleurs agronomes.
Quant aux plantes oléagineuses, il es', facile d'apercevoir le moment le plus fa .'orable à la coupe, au moyen de l'inspection de la semence. Toutes les graines tieuneni à la plante par un point de leur périphérie nommé hile, et l'oi'gane où se trouve le poinr d'attache se nomme placenta. Aussitô' qu'il y a solution de contmuité entre le placenta et le hile, on peut couper, quel tjue soit l'étal de la plante.
Enfin le degré de maturité est subordonné^ dans quelques arts technologiques, à la nature des produits ({u'on veut obtenir. Dans l'ai't de l'amidonnier , par exemple, « la moulure altérant considérablement les grains de fécule, il s'ensuit une grande, perle dans l'extraoliou. D'un autre côté, la chaleur produite par la fermenlaiiou fai; éclater un assez grand nombre de grain»..
el |. ourlant la fermentation est nécessaire pour décomposer le gluten de la farine. Il y aurait un moyen d'éviter ces deux occasions de déchet, en employant, pour l'ex- Iraction de l'amidon, les grains de céréales avant leur complète maturité, et à l'époque où le périsperme s'échappe tant laiteux sous la pression des doigts; car, à cette époque, les grains d'amidon sont parvenus à leur maximum d'accroissement , et le gluten n'a pas encore acquis ses propriétés ordinaires, eu sorte qu'il est à présumer que les grains de fécul'- extraits a cette époque tomberont tous au lotid du vase, sans entraîner avec eux aucune parcelle de gluten assez appréciable pour m'-cessiter une fermentation. Le déchet serait nul et la perte de temps moins grande, .■ ( Raspail, Noineau système de chimie.)
ART. II. — Des différentes manières de moissonner.
§ I^^— Des instrumeDS pour moissonner.
Lorsqu'on lit dans les anciens auteurs les procédés usités de leur temps pour exécuter les travaux de la moisson, on ne tarde pas à s'apercevoir que cet art a été porté chez eux à un degré aussi élevé de perfection que chez nous. Dans l'énumération des instrumens agricoles que nous a laissée Auso- Mus Pompa, ou voit que la faucille des Romains était, comme la nôtre, en forme de croissant {lunatœ)., avec les modifications qui subsistent encore dans quelques départemens, telles que celles à dents. Le même auteur parle même d'un instrument qui ne parait pas s'éloigner beaucoup du piquet tlamand. Quant aux chars moissonneurs, il est à présumer que le peigne dont parle Pal LADiLS ne faisait pas un ouvrage plus détestable que ceux qu'ont inventés les Anglais, puisqu'il n'y a pas long-temps que Egidio Negri l'a appliqué à la moisson des rizières. L'instrument le plus généralement employé aujourd'hui est encore la Jaucille {fig. 401 ), mais la manœuvre en est différente dans quelques pays, fig. 401. Cet instrument secom-
pose de deux parties :
le manche el le fer.
Le manche doit être bien toarné, et en bois d'érable ou de frêne, ou de tout autre bois susceptible de prendi-e au tour un beau poli, afinde ne pas blesser la main du moissonneur. On a proposé d'adapter à la faucille un manche dévoyé qui aurait pour l'ouvrier l'avantage de ne pas le forcer à approcher la main trop près des éteulcs, ce qui le blesse quelquefois ; mais cette modification exige qu'on emploie plus de force pour obtenir une même somme de travail. D'ailleurs, l'inconvénient des éteules est une chimère pour rh'>mme qu'un peu d'exercice a familiarisé avec la faucille. — Le fer, dans sa iornie et son ouvertin-e, diffère d'une contrée à une autre, mais ces légers changemens n'ont pas une influence appi'éciable sur les
Fig. 402.
DES RECOLTES. iiv. i".
produits de la moisson ni sur la facilité dit travail. Il en est de même des dents dont se trouve armée le bord intérieur de la lame. Une expérience comparative, faite sur une grande échelle à Coëlbo, a même permis de conclure que [esjaucilles à dents sont plus tôt hors de service que les autres. Les dents doivent toujours être prises sur le côté supérieur de la lame et tournées vers le manche (>-. 402 ).
On se sert de la f anci lie de ((eux manières.
Dans l'une l'opérateur s avance la tête tournée vis-à-vis le grain qu'il veut abattre. Il saisi't leschaumesde la main gauche en tournant la paume en dedans. En même temps il engage le croissant de la faucille dans la moisson, l'appuie contre le grain saisi par la
main gauche, et tirant brusquement veri lui le tranchant de l'instrument, la poignée se trouve coupée.
La méthode que je viens de décrire est l;i plus usitée, mais je ne la crois point la merlieure. En Angleterre, on exécute avec la faucille une opération que j'ai retrouvée dari': les environs de Rennes, où on la désigne son^» le nom de crépeler ou crételer: l'ouvrier .se pose de manière que le grain à couper soit a sa gauche. La mam qui est de ce côté saisit les chaumes à 18 pouces au-dessus du sol, l.i paume tournée eu dehors, puis, faisant vibrer la faucille de sa main droite, il s'en sert comme d'une faulx pour couper le grain qui est dans la gauche; il fait un pas en arrit-re en poussant le grain coupé contre celui qui ne l'est pas et qui l'empêche de tomber, donne un second coup comme à la première fois, et recommence la même manœuvre jusl qu'à ce qu'il en ait assez pour former une ja- I velle. Quoiquece dernier procédé se soit peu répandu , je n'hésite pas à le considérer comme ayant sur le premier des avantages notables : ainsi, un même ouvrier coupe au moins 1/4 de plus; le chaume est également coupé plus bas. Il serait à désirer que cette manière de manœuvrer la faucille pût se pr pager rapidement; ce serait un achemir»cment vers l'emploi de la sape ou piquet Jlamand.
La sape {fig. 403), est, je crois, l'inslra-
ment le plus avantageux pour moissonner b'R céri'-a'.es dans les circonstances actuelles.
cn*i»> 11*.
RECOLTES DUS GRANIFÊRES.
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Elle est '^cilement maniée par les femmes, coupe le blé versé avec uneperfeclion et une
rroraptitudeque l'on chercnerait vainement rencontrer dans un autre instrument. La manière de s'en servir, quoique simple, exige cependant une telle complication de mouvemens simultanés, que nous n'essaierons pas de la décrire. Nous dirons cependant qu'elle ne diffère ducrépilage qu'en ce que l'ouvrier, au lieu de saisir avec la main le grain qui va être coupé, se sert d'un crochet emmanché à un petit bâton {fig. 404). Le point qui présente le plus de difficulté dans l'opération , c'est de rassembler les liges coupées sur le
f)ied, en forme de javelle. En effet, avec a sape, on coupe et on forme les javelles en même temps, et c'est là un avantage que ne possède pas toujours la /a«^.
Ce dernier instrument s'emploie de deux manières, selon l'espèce de grain qu'on veut couper. On fauche en dedans ou en dehors. La première méthode s'emploie pour les céréales dont les chaumes ont une certaine iiauteur, et généralement pour les diverses espèces de froment et de seigle. L'ouvrier a le grain à sa gauche, et la pointe de sa faulx étant dirigée vers la pièce, il dirige la lame <le droite à gauche, en jetant le grain coupé contre celui qui ne l'est pas. Le travail de la faulx est d'autant plus parfait que le grain coupé s'appuie régulièrement sur l'autre sans tomber. Une femme avec une faucille ou un bâton recourbé suit le faucheur, et met en javelle ce qui vient d'être abattu. Pour faucher en dedans, l'instrument est muni d'un accessoire nommé playon {fig. 405),
Fis. 405.
Fig. 405,
et qui n'a d'autre usage que d'empêcher les tiges de tomber au-deia du manche.
On fauche en dehors les céréales qui ont peu de hauteur, parce que les chaumes ne pourraient soutenir ceux qui sont coupés. L'instrument, dans cette circonstance, est armé de manière que la pointe, au lieu d'être tournée vers le grain, l'est dans le sens opposé. L'ouvrier la promène de gauche à droite. Elle est, dans ce cas, munie d'un crochet {fig. 406), qui n'est autre chose que deux ou plusieurs baguettes nommées râteau dans quelques contrées. Le fauchage est le même que celui de l'herbe; seulement le râteau A A. A A dispose régulièrement les épis qu'une légère secousse dépose sur le sol, mais du côté opposé où ils seraient si l'on fauchait en dedans. Dans ce qui vient d'être dit sur le fauchage eu dehors, j'ai toujours entendu qut le faucheur a legrain à sa gaftche.
ACniCUI-TURE.
Lorsque tous les épis ne sont pas dressés ou inclinés conjorrnement, il arrive que quelques-uns s'engagentenlrelesdentsau râteau, ce qui en rend la besogne moins parfaite, et le nianiementassez embarrassant. On est parvenu à détruire, ou du moins à atténuer cet effet, en tendant une toile grossière sur un arc de fer a a {fig. 407) par le haut , et en Fig. 407.
bas sur la laine même de la faucille par l'intermédiaire d une plaque de fer-blanc.
Si l'on cherche à établir une comparaison entre ces trois procédés, on trouve que la Jnuci/le e&l désavantageuse sous tous les rapports. Elle laisse des éteules plus grands; il huit un habile moissonneur pour îibattre en un jour 20 ares de céréales. Dans le même temps un sapeur coupe du grain sur une superficie de 40 ares. Un Jaucheur peut moissonner une surface de 60 ares, mais il a besoin d'un aide pour amasser et ranger le grain derrière lui. Avec la faucille on emploie )rs bras des enfans et des vieillards, ce qui est d'une grande ressource pour les populations : avec la sape on n'utilise que les forces des personnes vigoureuses : avec la faulx on emploie les uns et les autres
Chaque cultivateur consultera sa position et les habitudes de la contrée qu'il habite. 11 prendra garde, en adoptant un procédé nouveau, de donner l'éveil aux ressenlimeus et de heurter gratuitement les préjugés de la localité.
§ II. — Conventions avec les moissonneurs.
Dans quelques cantons, on donne aux mohsonneur un tantième de la récolte de tout