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RECOLTE DES RACINES

Possibilité de l'exlraclioa des racines par emploi de la charrue. Le prestige de leur parole était tel que les plus hardis novateurs n'osaient tenter la rombioaison d'un instrument qui pût procurer économiquement le résultat désire. Cependant, aujourd'hui, on est parvenu à exécuter l'arrachage des racines et des tubercules d'une manière satisfaisante au moyen d'instrumens coqduits par des animaux.

Lorsqu'on veut arracher des plantes tuberculeuses semées en lignes parallèles, il est essentiel de couper les tiges auparavant. C'est ce qu'on' fait dans le département de l'Oise pour les Pommes-de-terre . M. Bazin se contente de faire manger les sommités par un troupeau de moutons, et cela suffit. On fait ensuite passer une cliarrueà deux oreilles ou butoir sur le milieu des rangées, en ayant i soin d'en laisser alternativement une sans y toucher, en sorte que cette première opération n'arrache que la moitié des plantes; on met immédiatement des ouvriers à amasser les tubercules découverts et amenés à la surface par l'instrument ; la charrue revient derrière les ouvriers et arrache les rangées qui étaient demeurées intactes. Avec ces précautions on n'a pas à craindre que la terre remuée recouvre les tubercules arrachés dans la ligne qui précède, inconvénient grave si l'on opérait à la fois sur la totalité, et qui est l'épouvantail de ceux qui ne veulent point croire à la perfection avec laquelle on arrache ainsi les pommes-de-terre sur de grandes superficies. J'ai calculé que deux chevaux, un homme pour conduire le butoir et un enfaut pour débourrer, expédient autant de besogne que 35 arracheurs exercés.

Ce que celte méthode offre d'avantageux, c'est qu'elle ne nécessite pas l'acquisition d'un nt/uvel instrument qui, outre son prix, aurait l'inconvénient d'exiger de la part des valets une sorte d'apprentjssage, comme cela est indispensable dans le maniement de la charrue à arracher les racines fusijormes . Ce dernier instrument s'emploie surtout pour les Betteraves, les Carottes, etc. C'est une charrue ordinaire {Jig. A\.%) dont on a re- Fig. 418.

tranché le versoir; celui-ci est remplacé par une pièce de Ijois en forme de coin, placée de manière à ne faire qu'un plan continu avec la face supérieure du soc. On fait piquer riustrumeut un peu à gauche de la ligue des plantes qu'on veut arracher. L'unique effet de l'opération consiste dans le soulèvement des plantes; le résultat est tel, que les racines n'adhèrent plus au sol par aucune de

leurs parties, quelque léger qu'ait été le soulèvement. Aussi, au premier aperçu, on croirait que l'action de l'instrument a été nulle. Il est à présumer que cette manière de procéder remplace 15 hommes pour les betteraves et 25 à 30 pour les carottes, selon que celles-ci sont de la variété blanche ou orangée.

§ V. — Des operatioQS postérieures à l'arrachage.

Immédiatement après leur extraction les plantes qui conservent encore leur feuillage doivent en être dépouillées. Le dccoletage est quelquefois aussi dispendieux que l'arrachage lui'jnérae. Autrefois, pour les betteraves, on arrangeait l'égulièrement les plantes en disposant les racines et les feuilles d'un même côté, puis avec des louchets bien tranchans on coupait toute la partie herbacée. Aujourd'hui, on a reconnu dans ce travail une grande imperfection, et on y a substitué le décoletage au couteau ou à la serpette. Ce dernier procédé est le seul praticable pour les carottes et les navets.

A mesure que les plantes sont décoletées, on les jette en petits monceaux si elles sont, bien sèches. Ou bien, avant de les entasser, (in les laisse ressuyer sur la terre si elles sont humides : la terre adhérente s'en détache alors par la moindre secousse. La besogne marche plus vite, et la conservation court moins de chances.

Antoine, de Roville.

Section v. — Des assurances contre la grêle.

La plupart des physiciens s'accordent à penser que la grêle se forme sous l'influence de l'électricité. On a proposé , en conséquence, divers appareils pour s'emparer de cette puissance à mesure qu'elle se manifeste : il en a été question précédemment dans le chapitre qui traite du climat et des agens physiques. On a vu que jusqu'à présent les résultats obtenus n'mspirent pas assez de confiance pour conseiller la dépense des appareils proposés. Il n'en est pas de même des sociétés qui se sont formées pour assurer contre les chances de la grêle, à l'instar de celles qui ont pour but d'assurer contre les incendies et contre les naufrages.

On sait, avec une exactitude qui laisse peu à désirer, dans quelle proportion un désastre de telle nature affecte telle ou telle récolte. Dans le Midi, on calcule que sur chaque septième année il y en aura une dont le produit sera nul.

Dans presque toutes les localités, on a pu déterminer quelle quotité du produit anuuel serait indispensable pour rembourser le sinistre prévu. Partant de cette idée, des sociétés se sont formées, qui ont offert aux exploilans de leur payer les pertes occasionées par la grûle ou le feu du ciel, moyennant une prime annuelle établie sur chaque mille francs de la valeur des produits déclarés par le cultivateur. Les prini^^s de ces assurances soûl proportionnées aux risques assurés, aux. intérêts du capital do cautionnement et aux

AGRICULTURE : CONSERVATION DES RECOLTES

frais exigés par les remboursemens partiels, ainsi que pour les expertises eontradictoires qui ont lieu pour déterminer l'étendue du sinistre.

Les assurances dites mutuelles sont fondées sur un autre principe. Elles ont pour but de répartir les pertes éprouvées par quelques associés sur la masse des assurés. Dans ce cas il est facile de voir que la quotité n'est point fixe, mais qu'elle varie en raison des pertes éprouvées chaque année. Cette prime est d'autant plus variable, que le nombre des assurés est plus petit, et d'autant plus fixe, que les membres sont plus nombreux. En effet, soit les deux individus A et B qui forment entre eux société, de manière que si un sinistre frappe les récoltes de l'un, l'autre en paiera la moitié. Si pendant cinq années aucun désastre ne survient, les deux associés n'auront aucun déboursé à faire. Si à la sixième l'un perd pour 3,000 francs, l'autre sera obligé d'en payer 1.S00 : d'où l'on voit que la prime monte de 0 à 1500; ce qui est presque la même chose que si le second eût éprouvé lui-même un désastre.

Si l'on suppose au contraire quinze associés, et qu'il arrive tous les ans un sinistre de 1500 francs sur l'un d'eux, ils auront tous une prime à payer qui sera moins forte, mais qui sera remboursable tous les ans; la proportion sera plus fixe, mais annuelle. On paiera bien, en définitive, la même somme dans l'un ot l'autre cas; maison ne sera pas tenu à des remboursemens brusquement augmentés.

Mv. r%

Dans les assurances de la première espèce^ la compagnie assurante n"a aucun compte à rendre de sa gestion; les assurés n'ont rien à faire dans l'administration. Dans les assurances mutuelles, chaque assuré doit pouvoir constater lui-même la probité de l'administration. Lorsque l'assurance a étendu son réseau fort loin , le contrôle s'établit difficilement, les employés subalternesi gaspillent. Il faut donc que ces assurances s'étendent à un déparlement au plus. Dans tous les cas, lorsqu'elles sont bien administrées, lorsque les dépositaires des fonds présentent des garanties contre la banqueroute, elles remplissent un haut degré d'utilité. Une des premières qu'on ait vu s'établir, c'est celle dont le siège était à Nancy, et dont les administrateurs intègres ont bien mérité des contrées environnantes ; il en existe aussi plusieurs dans les départemens voisins de la capitale.

Quand on s'adresse à une compagnie assurant à son compte, il faut bien moms regarder à la quotité de la prime qu'à la probité reconnue des administrateurs. Il est des sociétés qui demandent une haute prime, et qui remboursent avec générosité tous le* sinistres. Il en est d'autres qui exigent une

firime plus faible, mais qui sont tracassières, entes à réparer les désastres. Avec ces dernières, on n'esn remboursé qu'incomplètement et après avoir essuyé bien des difficultés et des désagrémens.

Antoike, de Roville.

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