DU TRANSPORT DES RÉCOLTES
pour forcer les deux chevaux qui y sont attelés, on attache sous l'essuni la poulie C, sur laquelle passe la corde/., dont l'une des extrémités s'attache au collier du cheval de devant, et l'autre au collier du cheval de derrière. Cette disposition force les deux chevaux a tirer également, parce que celui qui refuserait d'employer ses forces serait obligé de reculer.
La charrette de Russie {Jig. 436) est remarquable par sa simplicité; 'la grandeur du diamètre des roues, qui est de 7 pieds et J/2,
Fig. 436.
doit la rendre capable de surmonter des obstacles puissans.
Dans les véhicules à dexw roues sont ordinairement classés les tombereaux. Le tombereau ordinaire [/if;. 437 ), avec rehausses
Fig. 437.
qu'on enlève à volonté, est un instrument indispensable, non seulement pour les récoltes, mais pour les transports de terre, de gravois, etc. Dans la construction et le chargement des tombereaux, il faut se souvenir que ces instrumens basculent avec la plus grande facilité : on aura soin, par conséquent, décharger un peu plus sur le devant que sur le derrière. Avec cette précaution le cheval limonier ne sera jamais enlevé.
Le haquet ou tombereau Perronet [fig. 438)
Fig. 438.
se charge avec promptitude, et se décharge avec céléritc'. Il joint à ces avantages celui d'une construc-liou simple et facile."' Comme la partie supérieure, plus évasée, ferait inrcssanimeut la bascule, on la relient au moyen d'une traverse en planche qu'on enlève lorsqu'on vint décharger.
Les chariots reposant sur i]u<itre roues sont gi'-néraloment employés dans les contrées de i'Kuropi» les mieux cultivées, dans la Flandre, !a Belgique et l'Allemagne septentrionale.
Le chariot flamand [ fig. 439 ), destiné à recevoir des charges pesantes, est très-solide dans toutes ses parties. Il se compose d'une pièce de bois aa., qui lie le train de devant à celui de derrière,et que l'on nomme a/n/ige; son extrémité antérieure est aimée d'une
AGRICULTURE : COJNSERVAÏlON DES RÉCOLTES. Fig. 4S9. ' "'«• "*» =•
large bande de fer, qui permet d'en diminuer la force en ce point et de réduire l'écartenient entre les pièces de l'essieu. Les bords de la voiture sont formés par deux pièces de bois courbes bb, nommées écaliers de dessous, où s'assemblent exactement les planches du fond et les monlans. Au-dessous de ces pièces sont deux autres ce, qui leur rorrespondent et courbes égaler. eut, mais dans un plan vertical, et que l'on nomme écaliers de dessus. Vis-à-vis les roues de derrière et sur les écaliers de dessus, se voient deux petits écaliers dd nommés f;arde-roues ; ils ser- \enl au même usage que les écaliers. — Les deux écaliers correspondans, de dessus et de dessous, liés par les montans, sont maintenus dans une position invariable et snute- Dus, ainsi que le fond, par des supports unis entre eux au moyen de tenons et de mortaises, et par des brides de fer qui les fixent aux écaliers. Comme Técalier supérieur est très-bas dans le milieu, et que cette partie de la voilure est très-large, le voiturier peut charger et décharger avec une giïiude facilité. — Lorsque le fermier conduit des substances terreuses, il applique contre les écaliers des planches ou bordages qui s'y attachent; il place ensuite sur l'écalier supérieur et le garde-rone une autre planche, qui s'assemble au moyen de traverses en fer ttt, rr.
Le chariot de Roville, qui diffère peu du franc-comtois, est purlé à un haut degré de perfection. Les échelaf;es en sont mobiles et peuvent, suivajit les circonstances, être remplacés par des ridelles pour la conduite des fumier^., ou par des madriers lorsqu'il s'agit de transporter des pierres, des marnes, eic. Enfin, on peut y adapter une caisse en planches pour le transport des sables et autres matières pulvérulentes. Quoique en général on doive se défier des véhicules à plusieurs fins, celui de Roville {Jig. 440) remplit les
divers objets que nous venons de mentionner et cela sans nuire à la solidité et à la simplicité. Néanmoins, dans les exploitations où l'on a à opérer le transport d'nne grande quantité de racines, il est à désirer fuie l'on ail un tombereau fixe monté sur 4 roues, n'ayant aucun point d'attache par-devant et mobile sur l'essieu de derrière, afin que, faisant levier, la charge puisse aisément être versée à terre, comme on le voit par la Jig. 441.
Fig. 441.
On a sans doute été étonné qu'un chariot aussi léger que celni de Roville puisse supporter le service d'une exploitation rurale. C'est que dans cet établissement il est rare qu'on attèle plus d'un cheval à un même véhicule. Quoique l'on doive, d'après cette disposition, ne mettre sur chaque chariot qu'un poids moins fort que sur les autres, M. DE DoMBASLE affirme néanmoins qu'un seul animal transporte la moitié du poids que l'on met sur un chariot traîné par 4 chevaux; et cela paraîtra probable à celui qui sait que plus on multiplie les roues pour une charg!' déterminée, plus le transport est facile. Objeclera-t-on qu'alors il est nécessaire d'employer un plus grand nombre de conducteurs? nous répondrons que ces véh.icnles sent ordinaii-ement confiés à un enfant de 12 à 15 ans; en le rétribuant convenablement, c'est-à dire en lui donnant 50 à 60 centimes, on peut être sûr que le transport se fera avec plus de piomptitude et d'économie que si l'on confiait un chariot attelé de 4 ou 6 chevaux à un charretier habile, chose que l'on ne rencontre pas toujours, qu'il faut payer à des prix souvent exorbilans, et qui se mutinent au premier mot parce qu'ils se sentent nécessaires. Que l'on réfléchisse ensuite que, conduits par un seul cheval, ces chariots se chargent avec pror.iptitude, se déchargent sans embarras, et l'on sera très-disposé à se ranger à l'avis de M. do Dombasle.
Antoine, de Rovifle.
CHAP. tT