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HUMIDITÉ, SÉCHERESSE. — DES NUAGES ET DES BROUILLARDS

,eTn[)(^(her la diniitnilion de celle qui se rencontre dans le sol en de justes proportions. — Pour atteindre le premier but, il peut recourir aux travaux de dcssrchcment et dV'coulcment, dont l'imiiortance n'est pas assez généralement sentie dans nos campagnes; — pour approcher le plus possible du second, aux arrose m ('nx et aux divers moyens propres à retarder l'évaporation, tels que le paillage, les différentes couvertures utilisées en jardinage, et la culture de plantes dont Tenais feuillage couvre promptement le sol aun ombrage salutaire.

De l'humiflité et de la sécheresse de ratfiiosphère.

L'eau répandue dans V atmosphère agit sur les feuilles à peu près de la même manière que celle de la tirre sur les racines. Elle contribueà l;i nutrition desvégétaux parelleluéme et par les gaz qu'elle tient eu dissolution.

Pendant la belle saison, une trop grande huniidité de l'air peut devenir nuisible aux récoltes. En causant la coulure des fleurs, «^lle réagit sur la production des graines, et lors même qu'elle ne diminue pas la quantité des pn*duils agricoles, elle nuit toujours à leur qualité et rend leur conservation trèsdifficile, parfois impossible.

L'excessive sécheresse n'est pas moins dangereuse. Elle entrave, plus encore qu'une humidité surabondante, les travaux importans des labours et des semailles. — Lorsqu'elle se prolonge, les organes foliacés des végétaux, ne trouvant plus dans l'air la nourriture habituelle, et perdant, par Tévajjoration, leurs sucs les j)lus nécessaires, cessent d'exercer leurs fonctions conservatrices; ils se flétrissent, et leur destruction entraîne souvent celle de la plante entière. — L'évaporation des feuilles dans une atmosphère desséchée par les effets du soleil ou du vent est parfois si grande que, malgré des arrosemens fréquens, elle anêle la végétation. L'humidité du sol ne peut donc suppléer qu'en partie à celle de l'air, et l'on comprend dès-lors de quelle utilité doivent être les arrosemens donnés sur les parties aériennes des végétaux.

C'est en empêchant l'évaporation produite parla sécheresse qu'on peut faire réussir les greffes, les boutures chargées de leurs feuilles;—qu'on peut transplanter avec succès les plantes herbacées, même les arbres, au cœur de l'été; — qu'on peut, enfin, rendre fertiles, par des plantations, des terrains arides et brûlans.

La sécheresse du sol augmente avec celle de l'atmosphère, et l'une et l'autre s'accroissent en raison de la force et de la durée de la chaleur; aussi se font-elles sentir avec plus d'intensité dans le midi que dans le nord. Cette circonstance apporte des modifications importantes dans la végétation des divers climats. — Les régions intertropicales sont peuplées principalement de grands végétaux ligneux, dont les racines peuvent trouver encore, à l'époque des sécheresses, l'humidité qui s'est conservée à des profondeurs considérables. — Amesure qu'on se rafqiioclie «i«s pôles, on voit, au contraire, diminuer le

nombre des arbres et augmenter celui des plantes herbacées, base des cultures les plus productives des climats tempérés.

§ III. — Des nuages et des brouillards.

La vapeur d'eau répandue dans l'atmosphère s'y rencontre sous forme de vésicules imperceptibles à l'œil nu, creuses comme des bulles de savon, qui se dilatent et se dissolvent dans l'air lorsque la température s'élève ; qui se condensent et se tranforment en nuages, en brouillards et en pluie, lorsqu'elle se refroidit.

Les nuages, en raison de leur légèreté, s'élèvent plus ou moins au-dessus de la surface de la terre. Luke Howard, dans un travail curieux et qui ne manque pas d'intérêt pour les cultivateurs, a cherché aies déterminer et à les classer d'après leurs formes particulières et la place que leur assigne leur densité dans les basses ou les hautes régions de l'atmosphère.

Les nuages les plus simples affectent trois formes principales : — tantôt ce sont des espèces de filets parallèles, tortueux ou divergens, susceptibles de s'étendre dans toutes les directions [fig. 7, A, voir en tête de ce chapitre); taniôt des masses convexes ou coniques à base irrégulièrement plane (B); tantôt enfin, de longues lignes horizontales et continues dans toutes leurs parties ( C ). — En se réunissant de diverses manières, ils forment les nuages intermédiaires, dont on peut prendre une idée sur la figure précitée aux lettres D et E, et les nuages composés, qui résultent de la combinaison de tous les autres ( Foj. F, G, H). — Les nuages simples de la première des modifications que je viens d'indiquer semblent être les plus légers; ce sont aussi généralement les plus élevés. Ils varient beaucoup en forme et en étendue. On les voit paraître les premiers sur un ciel serein. Aux approches des tempêtes, ils s'épaississent et s'abaissent ordinairement du côté opposé à celui d'où souf' liera le vent. — Ceux de la seconde modification sont les plus denses. Ils se rapprochent par conséquent davantage de la terre. Une petite tache irrégulière, qui parait d'abord dans l'atmosphère, forme en quelque sorte le noyau autour <luquel ils se condensent. Lois des beaux temps, ils commencent à paraître quelques heures après le lever du soleil, parviennent à leur maximum au moment de la plus forte chaleur, et se dispersent totalement aux approches de la nuit. Avant la pluie, ils s'accroissent rapidement ; leurs contours se dessinent en larges protubérances floconneuses. Leur agglomération sous le vent, lorsque l'air est fortement agité, présage du calme et de la pluie. Lorsqu'au lieu de disparaître ou de s'abaisser au moment du soleil couchant, ils continuent à s'élever, on doit s'attendre à de l'orage pour la nuit.— Enfin les nuages de la troisième modification, quoique d'une densité moyenne, sont cependant ceux qui s'élèvent le moins. Leur base repose communément sur le sol même. lisse forment pendant la nuit detoutes ces vapeurs blanchiUres qu'on voit le matin se répandre connue une vaste inondation du fond des vallées ou de la surface des lacs et

AGRICULTURE : CLilMAT les sources. -

des rivières, et disparaître bientôt ou se transformer divt-rseinent sons l'ititlnence des rayons solaires. On sait qu'ils sont un indice de beau teiups.

Non seulement les nuages sont les dispensateurs de la pluie et les principaux moteurs des orages; ils interct'i>tent les rajons solaires ;— ils diminuent les effets de l'ôvaporation, et s'opposent à rémission du calorique de la terre par le rayonnt nient.

Les brouillards sont de véritables nua:-;es que leur densité |)lus jurande retient dans les basses réginus de lalmosphère. Lorsqu'ils s'élèvent par reflet de la dilatation, ils se transforment en nuages proprement diis, et lorsque les nuages s'abaissent par suite de leur condensation, ils forment les brouillards. — Lodeur fétide qui émane assez souvent de ces derniers prouve suffisamment qu'ils peuvent retenir et entraîner divers gaz, et donne à penser (juMIs doivent agir chimiqueïTient sur la végétation. On a pu remarquer, en effet, qu'en général ils fertilisaient la terre ; mais, d'un autre côté, il est vrai qu'ils contribuent Indirectement, en abaissant la température et en entretenant une humidité particulière, cà faciliter la propagation de la rouille des blés, Tavortement des fleurs, la fermentation des fruits, etc., etc.

§ IV. — De la pluie.

Les pluies sont dues principalement au refroidissement des couches d'air saturées de vapeurs d'eau, et à l'action électrique des nuages.—Elles contiennent une auantité souvent inappréciable d'électricité, Je l'air, du gaz acide carbonique, et quelques sels minéraux.

Toutes choses égales d'ailleurs, on sait qu'il pleut plus souvent dans le voisinage des grandes masses d'eau que danslescontrées arides, sur les montagnes que dans les plaines, dans les localités couvertes de grands arbres »iue dans les lieux découverts. — Il est aussi démontré qu'il pleut plus abondamment dans les pays chauds que dans les pays froids, quoique, dans ces derniers , les pluies soient plus fréquentes. La quantité moyenne d'eau qui tombe annuellement à Saint-Domingue est environ de 308 centimètres; à Calcutta, de 205 ; à Naples, de 95 ; à Paris , de 53 , et à Saint-Pétersbourg de 4() seulement. — A rnesure qu'on s'éloigne de l'équateur, les pluies sont donc moins abondantes; mais, comme elles deviennent plus fréquentes, et comme l'évaporation diminue, il en résulte que les pays froids sont plus humides que les pays chauds , et que si , dans le midi , il n'est pas

Fig. 8.

En été, elles réparent les pertes occasionees par l'exccisive évaporation.

Énumérer ici tous les avantages et les inconvéniens des pluies, ce serait répéter ce qui a été dit au con)mencen)ent de ce chapitre, on entrer, saison par saison, dans des détails que nous devons renvoyer à la pratique de chaque sorte de culture.

§ V. — Des instrumens propres à déterminer l'humidité ou la sécheresse de l'air.

Pluviomètre. Un vase de forme carrée, au fond duquel on aurait adapté un robinet, et qu'on aurait placé dans des circonstances telles qu'il pût recevoir librement l'eau du ciel, serait le plus simple des instrumens de ce genre; mais il aurait l'inconvénient d'offrir une trop grande surlace à l'évaporation. — Pour éviter cet inconvénient, on emploie de préférence des vasesàgouleau étroit, surmontés d'entonnoirs dont on connaît le diamètre. — Voici la description et la ligure données par M. Bailly de Merlieux, dans sa Météorologie, d'un des pluviomètres à la fois les plus simples et les plus exacts: — « Il consiste en un entonnoir de cuivre eu de ferblanc {Jig. 8) de 6 pouces de diamètre à son ouverture, et qui communique avec un tube de verre, muni d'un robinet à son extrémité inférieure. On examine l'instrument chaque jour à dix lieures, et s'il a tombé de la pluie dans les 24 heures, on en mesure la quantité dans ce même tube d'un 5* de pouce de diamètre, et pourvu d'une échelle divisée en pouces et eu 10*^' de pou-ce : de la sorte, la pluie tombée sur une aire circulaire de 5 pouces de diamètre, étant rassemblée dans un espace d'un 5'' de pouce , les pouces et dixièmes de pouce d'eau du tube correspondent à des centièmes et à des millièmes de pouce de pluie tombée sur la surface de la terre.»

Le pluviomètre de la fig. 9 fait connaître, sans mesura ge, la quantité d'eau tombée, par la longueur dont la tige portée par un morceau de liège sort du vase.

Comme il a été démontré par de longues observations que la quantité moyenne des pluies est à *• peu près annuellement la même dans chaque pays, et comme les expériences faites mois par mois donnent des résultats assez varia-

Fig. 9.

de cultures possibles sans arrosement, dans le nord il en est peu de productives sans dessé- j de

chement. — Dans quelques parties des vastes blés, il ne faut pas s'exagérer l'ira déserts de l'Afrique, des contrées septentrionales de l'Asie et de la côte occidentale d'Amérique, depuis le cap Blanc jusqu'à Coquimbo , il ne pleut presque pas ; mais partout où il existe de la végétation, des rosées abondantes et d'épais brouillards suffisent pour l'alimenter et l'entretenir.

Chez nous, les pluies les plus fréquentes et les plus favorables aux travaux et aux produits de la culture sont 'généralement celles de printemps et d'automne. — Kn hiver, elles pénètrent profondément le sol et régénèrent

portance des pluviomètres.

Les hygromètres sont sans contredit plus utiles. En indiquant la progression croissante de l'humidité ou de la sécheresse de l'atmosphère, ils mettent le cultivateur à même de prévoir et d'empêcher, dans plu sieurs circonstances, les fâcheux effets de l'une et de l'autre.

L'hygromètre le plus répandu et le plus parfait, mais aussi le plus cher (il coûte 30 f.;, est celui de Saussure [fig. 10); il est formé d'un cheveu préalablement lessivé, qui fait

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