‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 193 sur 304 · C. B. DE M · texte numérisé non relu

C. B. DE M

Art. III. — De la conservation des racines.

Les racines sont, de tous les produits agricoles, ceux qui, pour être conservés, demandent le plus de soins et l'attention la plus minutieuse. On ne doit pas seulement chercher à les préserver de la gelée, on doit encore éloigner l'humidité, la trop grande chaleur, la présence de la lumière; enfin, on doit les mettre dans des conditions telles qu'elles ne puissent ni pourrir, ni fermenter, ni germer; il n'y a aucun doute que la difficulté de soustraire les racines à ces diverses causes de destruction a empêché beaucoup de cultivateurs de les introduire dans leurs assoleinens. Je désire que les moyens de conservation que je vais décrire paraissent à tous simples faciles et économiques.

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Des serres, celliers et caves

Toutes les 'observations nous apprennent que la température de la terre, a une certaine profondeur au-dessous de sa surface, est constante, et égale à la moyenne des différentes saisons; voilà pourouoi Jfs c.ivt;s nous paraissent chaude» en hiver et froid(;s en été : c'est que la température y varie en effet très-peu. Il est donc certain qu'en plaçant des racines à une certaine profondeur, dans des constructions qui les protégeraient contre l'humidité, on les conservera trèslongtemps. De là les caves et les celliers disposés pour la conservation des racines alimentaires à l'usage du bétail; de là les serres.pour la conservatiofi des légumes destinés à nos tables.

Les celliers et les caves seront creusés à une profondeur suftisaule pour être à l'abri des fortes gelées. Cette profondeur varie suivant les circonstances de sol, de position et d'abri. Le sol argileux est toujours humide, mais n'abandonne pas facilement son humidité aux objets qui l'environnent : de plus, il a l'avantage de ne point laisser filtrer l'eau; il est donc convenable aux celliers sous tous ces rapports. Le sol siliceux a la plupart des propriétés opposées : quoique en général il soit plus sec que l'argileux, il ne convient pas aux constructions souterraines, parce qu'il se laisse pénétrer par l'eau. Néanmoins ces circonstances sont aujourd'hui bien moins importantes qu'autrefois, parce que la chaux hydraulique offre de grands avantages toutes les fois que l'on construira sous terre.

La position est singulièrement à considérer. La porte d'ouverture sera placée vers le sud, et tout le bâtiment sera adossé contre une élévation, s'il est possible; si les circonstances ne le permettent point, ony mettra au moins des arbres, qui arrêtent la neige et abritent contre les vents froids. On sait combien le vent agit puissamment pour faire pénétrer le froid dans les appartemens ; aiissi les abris nature! : que nous venons d'indiquer seront toujours utiles, et si on ne peut s'en procurer, on s'efforcera d'en construire d'artificiels.A.insi,on placera près des celliers les meules de fourrages et de grains, les monceaux de bois et de fagots, etc.

Uemmagasinement dans les caves est subordonné a la disposition intérieure des bâliniens. Dans tous les cas, il vaut mieux faire plusieurs petits monceaux que de réunir le tout en un seul : on les arrangera de manière qu'un honmie puisse facilement circuler autour de chacun d'eux. Ordinairement, on accole les tas de racines contre les murailles, et on réserve dans le milieu une seuie allée. On trouvei'ait plus d'avantages à faire une allée tout autour des murs et à placer les racines dans le milieu. On a renuu'((ué que le contact des murs tàvorisc singulièrement l'action <le la gelée et de la pourriture sur les objets qui les avoisiuent. 11 est vrai que par là on augmentera les frais d'échafaudage, puisqu'au lieu d'avoir à les établir sur une seule lace, on sera obligé d'en i)lacer aux quatre côtés des nu)nceaux ; mais on

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