KGRENAGE AU MOYEN DES MACHINES
brc /', (jui fSit aiiij'i v^'utrainé clans le inouvcmciil impririK- au bras d'atlelage; i roue <i'.uij,'le iiioiilée sur l'arhre /, el menant 1(! \i\gnoii /,m()nU; lui-inêiiie sui- l'arbre de couche /•; / crapiiudine dans laquelle tourne l'arbre verliciil/",- rn coussinet faisant corps avec la crapaudine /, et recevant le bout de l'arbre de couche X-; n n sont les deux autres coussinets qui soutiennent le même arbre; <> pont en bois sur lequel passent les «-hevaux. La roue i porte 5G dents, le pignony en a 18; le rapport de vitesse de la roue au pignon est donc à peu près comme 1 est à 3. La flèche d'atlelage étant de 10 pieds, et le pas du cheval de 3 pieds par seconde, il parcourra la rirconféretice enmoinsdeSl secondes, et fera faire dans le même temps une révolution à la roue i, et trois révolutions au pignon /. L'arbie /aura donc une vitesse deneuf tours par minute environ.
Vonr décider V af^ricultcur français à préférer la machine écossaise, en abandonnant les anciens modes de battage, il faut le convaincre avant tout ()ue ce moyen mécanique est plus économique que les autres. Tous les agriculteurs éclairés ont senti l'iniporlance de cette question, et plusieurs ont lâché de la résoudre d'une manière satisfaisante. M. UE DoMBASLE s'cn cstoccupé particulièrement, et avec autant de conscience et d'impartialité que de discernement; mais, en même temps, il a senti et avoué la diffi- ! culte d'établir une comparaison concluante entre les différens modes de battage, sous le rapport économique. Le résultai de l'égrenage, au moyen de la machine écossaise, dépcn! de tant de circonstances presque insaisissables, telles que du degré de perfection de la nnchine employée, de sa dimension, de l'adresse des ouvriers qui la servent, de la disposition de la grange, plus ou moins convenable à l'action de la machine ; du nombre des journées durant lesquelles on se sert de la machine dans le cours d'une année; de l'occasion d'utiliser d'une au tie manière le manège attaché à la machin", p(;ndant quecelleci chôme, etc., qu'il n'y a peut-être pas de localités où le battage au moyen des machines puisse présenter les mêmes résultats sous le rapport économique.
Cependant M- de Dombasle, pour sortir du vague, ou plutôt pour servir de guide aux agriculteurs dans l'appréciation des Jrais de battage au moyen des machines, a formulé un calculapproximatif (jue nous n'hésitons pas à piésenler à nos lecteurs, puisque nous le trouvons analogue à notre expérience; avec la seule modification qu'à notre avis on ne peut compter, pour une journée, terme
moyen, que Slieuresau lieu de 10 heures, d'après la supposition de M. de Dombasle. Nous appuyons noire opinion de deux observations : 1° que le travail du manège est trop fatigant pour que les chevaux puissent le prolonger .'i heures durant, sans relâche; 2" le battage au moyen des machines se fait, la plus grande partie, en hiver et pendant le mauvais temps, oii lemanquc de lumière raccourcit les heures de travail. Cette rérluction est au moins applicable à la partie septentiionale et au centre de la France.
Les suppositions suivantes servent de base au calcul approximatif de INI. de Dombasle:
1° Le prix primitif de la machine est supposé être de 2,000 fr.
2° Il n'est question dans ce calcul que du froment, et M. de Dombasle part du principe que le produit du battage, pour la quantité des grains, est dans une proportion inverse avec leur prix vénal; le produit de l'avoiîie est à peu près double du produit en froment.
3° Cinq pour cent comme intérêt du capital de premier établissement est mis annuellement à la charge du battage.
4" Idem deux et demi pour cent pour couvrir les frais d'entretien etdu renouvellement partiel.
5" Il est supposé que la ferme fournit par campagne 20,000 gerbes au battage, et que la machine égrène 100 gerbes par heure, en occupant 4 chevaux et 5 ouvriers. Le prix du travail du premier ouvrier est évalué à 2.5 c. par heure, et à 12 c. 1/2 par heure le travail de chacun des 4 autres ouvriers. Le prix du travail des chevaux est évalué à 25 cent, l'heure par cheval.
6" Les 150 francs pour l'intérêt du capital de l'établissement de la machine et de son entretien, répartis en 200 heures de travail, donnent pour résultat 75 cent, par heure.
Ces suppositions admises, le montant des dépenses d'une journée de 8 heures est de 14 f. 75 c., et comme 8 heures sont supposées devoir sulïire à l'égrenage de 800 gerbes, dont le produit en grain, à raison de 5 hectolitres, est supposé de 40 hectolitres, l'égrenage coûte 36 fr. 35 40 [)ar hectolitre.
Le prix proportionnel du battage devient plus considérable s\ tOO gerbes ne rendent pas 6 hectoliti-es de grains. De même les frais grossissent proportionnellement si la ferme lournit au battage moins de gerbes que la quantité supposée.
Les deux tableaux suivans sont le résultat des calculs appi'oximalifs basés sur les sup- }>ositioiis ci-dessus indiquées, en comptant 10 heures de travail par.journéo.
I. Dans une exploitation oii on récolte aiiiuiollcinoiit ;">,00« gerbes.
3 ici /,/. , . '.^o.ooo
4 id i(l. . . 10,000
ilu li.iua^c
uv.c
i.icliior.
...irbl
fr.
;iG
AGRICULTURE : CONSERVATION DES RECOLTES
Gerbes.
1. Ferme d'une vingtaine d'hectares produisant 5,oOO j2. — 40 à 50 hectares 10,000
Produit
eo hectol.
Frais de battage
Par
dépiquage.
l'.r le neau
l'ar une pplili-niiiibii!»-.
Par une i;raiidr marhinr
Il n'est pas question dans ces calculs du surplus du produit en grains, résultant d'un meilleur égrenage, qui ne peut êlre obtenu que par le moyen des machines, et qui est évalué, en Angleterre, au moins à 1/20 du produit total. Ce seul profit suffit pour couvrir, en moins d'une année, les frais de premier établissement, dans une ferme qui a 160 à 200 hectares d'étendue.
Je pense en avoir dit assez pour mettre au grana jour la supériorité de la machine écossaise et les avantagfis qui résulteraient de son introduction dans toutes les fermes audessus de 20 hectares. Je me suis abstenu de m'appuyer dans mes assertions, sur ma propre expérience din*ant plusieurs années, tous les faits allégués étant puisés à des sources irrécusables. Je provoque de tous mes vœux, datis l'intérêt de l'agriculture française, l'établissement, à Paris et autre point central, de fabriques et de bazars des machines agricoles, à l'instar de celui de Wire à Londres, et d'Evans à Varsovie. Les détails de la machine de Meikie, exécutés en fonte, sont les principaux et les plus coûteux, quand il faut les faire exécuter d'aptes des modèles à faire; mais, quand on aura la possibilité de se procurer les roues, les pignons, les coussinets, etc., en fonte, tout faits, les meilleures machines seront facilement copiées à peu de frais par des constructeurs de moulins, des menuisiers et autres artistes un peu familiarisés avec les principes de la mécanique
Art. h. — Du vannage et du nettoyage des grains.
Les grains séparés des épis, pour être utilisés a la nourriture des hommes, à la semence, ou à tout autre usage, doivent encore être séparésdes balles ou meiiuespailles, des graines de mauvaises herbes et aulres corps étrangers. Pour effectuer celte séparation, au battage ou dépiquage succède l'opération appelée vannage.
Dans l'usage ordinaire, le vannage s'exécute à l'aide d'un instrument en osier, appelé van{fig. 482 ), et l'on n'a recours aux tarares ou moulins à vanner, dont nous parlerons tout-à-l'heure, que pour achever le complet nettoyage du grain. L'ouvrier, pour se servir du van, se place dans un courant d'air, le plus souvent sur l'aire de la grange; il prend dans son van une certaine quantité de grain battu après en avoir écarté la paille et les balles les plus volumineuses; secouant alors sou van qu'il tient des deux mains,el qu'il appuie contre ses deax cuisses, il fait sautiller le grain et les substances qui s'y trouvent mêlées; dans ce mouvement, les plus lé^eics
Fig. 482.
sont emportées par Pair, et les aulres, sous le nom de autons, se rassemblent à la surface, où il est facile de les réunir avec la main et de les pousser au dehors. On conçoit (lue ce procédé, comme le suivant, ne peut opérer la séparation que des corps trèslégers.
On vanne aussi le blé en jetant contre le vent, avec une pelle, dans une direction demi-circulaire, le-, grains, dansl'élatoii les a réduits le battage, c'est-à-dire mêlés avec les enveloppes, la menue paille, etc. Par l'action du vent, les balles et autres corps légers sont rejetés en arrière , tandis que les grains et les corps pesans tombent en avant. Ce procédé ne suffit pas pour séparer le blé des autres corps d'une pesanteur à peu près égale à la sienne. Pour compléter le nettoiement, les grains vannés de cette manière doivent passer à travers plusieurs cribles^ qui retiennent les grains d'une certaine forme et grosseur, en laissant passer les corps d'une grosseur et configuration différentes.
Le vannai^e exécute à bras d'' hommes .^ sans être aussi fatigant pour l'ouvrier que le battage au fléau, exige cependant beaucoup de travail; il augmente les frais de i'égrenage au moins d'un dixième, terme mojen, et il est accompagné de très- grands inconvéniens.
La bonne exécution de ces modes de vannage dépend autant de l'influence atmosphérique <iue de l'adresse etdu bon-vouloir des ouvriers. Le vent, s'il est trop fort, jette une partie du grain sur le maigot; trop faible, il rend la séparation imparfaite. Le vanujgeest tout-à-fait impraticable par le calme, de sorte que ce travailest quelquefois interrontpu pendant plusieurs jours, interruption qui dérange toujours l'agriculleurdanslemploi des ouvriers, qui lui devient surtout fâcheuse dans les localités où le battage s'exécute en plein air, et dans les cas où la [jluie survient pendant le calme. La détérioration de la qualité des grains est alors presque inévitable. — \x. venl le |)liis iavorabie ne suKil pas , eu outre, pour garantir un nettoiement parlait
du blé; l'adresse et l'attention soutenue de l'ouvr-ier sont itulisp(*nsables. L'ouvrier iiisoiiciaiit, ou qui n'a pas f^rand usage de ce travail, laissera beaucoup de menue paille et autres corps mêlés avec le blé. —Ces inconvéniens sont trop frappans pour {|ue l'agriculteur n'ail pas appelé la mécanique à son secours; la mécanique, celte science secourable qui a tiré l'homme de tant d'<'mbarras, de tant de perplexités; qui, inépuisable dans st-.s moyens, par des combinaisons ingénieuses, augmente et accumule les forces quand il le faut , les régularise, en accroît ou limite la vitesse, et prolong'': la durée de l'action; qui économise sur le temps, sur la dépense ou siii" la matière; qui exécute les opérations trop délicates pour les bras de l'houmie, etc.!
Les efforts des mécaniciens pour remplir ce besoin de l'agriculture, ont été couronnés du succès le plus brillant. Le tarare, dans sa perfection actuelle, et com'biués avec ur, système de cribles , rend la séparation du grain d'avec tous les corps étrangers, aussi parfaite que l'opération même, au moyen de celte machine, est peu fatigante pour l'ouvrier et expédilive.
Les tarares servent pour le vannage et pour le nettoyage des blés, ou seulement pouicette dernière opération. Aux tarares qui .servent en même tempsau vannage, on donne relativement une plus grande dimension.
Ce genre de tarares, reunis aux machines écossaises, sont d'une uiilité inajjpréciable.
Les tarares en usage dans tous les pays sont basés sur le même principe. C'est le courant d'air qu'on produit, et qu'on rend plus ou moins fort au moyen de volans, qui, en séparant les corps relativemtnt plus légers des ccrps plus pesans, elfeclue le vannage et le nettoiement-
Le tarare dont nous donnons la description {Cii;. 483 et 484) peut être utilisé, ou conjointement avec une machine à battre écossaise, ou séparément. Des planches d'une forme oblongue sont placées sur un axe horizontal, à égale distai. -e lune de l'autre, de telle manière que ces planches remplissent la largeur de la machine. L'axe de ce volant (t'ai tourné par une roue engrenée dans un pignon dont la manivellelui comuiuniqueunegrande vitesse ; les ailes du volant, en suivant ce mouvement de rotation, produisent un grand courant d'air. Le blé qui doit être vanné est placé dans la trtmie qui est au-dessus de la niactune,et tombe sur un ou plusieurs c/v^/fi' qui S(.nt fixés dans la machine, de manière à être dans le mouvement horizontal accéléré de va-et-vient. Pendant que ces cribles, par ce mouvement horizontal, interceptent et séparent les grains et les balles, le courant d'air repousse celles-ci au loin, comme trèslégères; le grain descend et s'écoule par une ouverture méua;;éeau bas de la machine .
h\\ fii^ure 183 représente un côté de cette machine. A est la roue, (|ui peut être mise en mouvement par la manivelle H. Cette roue, en engrenant le pignon., communique le mouvement- à Vaxe, sur lequel sont fixées les quatre planches oblongues ou ailes. Ce volant, qui est presque envelo()pé de trois côtés par la caisse en bois, est alimenté d'air au moyen de deux ouvertures ménagées des