DE LA CHALEUR ET DU FROID
plus rigoureuses, furent atteints parcelle-ln. Beaucoup darbres perdirent leurs feuilles, leurs fruits et leurs i-a ineaux encore mal aoûtés. Des vignobles entiers lurent détruilsjus- (ju'à rez-terre, tandis (jue les raisins dont ils étaient chargés, décolorés, sans saveur et même sans acidité, durent être en partie abandonnés sur les ceps.
Les effets de ces brus()ues gelées semblent être d'autant plus funestes ({ue le soleil vient fra|)[)er imniédiatement les parties qui en ont été saisies. Que cela soit du au refroidissement considérable |)roduit par l'évaporation, ce qu'on ne peut guère admettre que l()rs(|ue la surface du végétal est couverte de glaçons, ou Ji la température différente des j)arties qui sont ou ne sont pas en contact direct avec les rayons calorifi(|ues, le fait est avéré, et les jardiniers mettent fréquemment à profit pour la conservation des végétaux la connaissance qu'ils en ont acquise. Lorsque les plantes sont en pot, ils les rentrent clans des lieux fermés quelques instans avant l'apparition du soleil. Privées pendant vingtquatre heures de la grande lumière et delà chaleur du jour, elles dégèlent lentement, «'gaiement, et éprouvent rarement les accidens qui seferaient sentiràTairlibre.— Si elles sont en i)leine terre, ils cherchent à leur procurer de l'ombre; ils enveloppent leur tige de paille. — Lors de la plantation, ils préfèrent, dans beaucoup de cas, l'exposition du nord à celle du midi, qui paraîtrait cependant plus favorable au premier aperçu. —Enfin, ils évitent un dégel subit avec autant de soin que la gelée elle-même.
Les agriculteurs n'ont pas les mêmes ressources. Dans un jardin, des paillassons, de siinf)les loiles de canesas, des fanes sèches ou des feuilles peuvent arrêter jusqu'à un cei'tain point les effets des gelées passagères, comme le sont pres((ue toujours celks qui se font sentir à con;re-sais in. — Dans les champs, le mal est souvent irrémédiable. Cependant les brûlis d'herbages humides, en produisant une épaisse fumée qui intercepterait les rayons solaires, seraient sans doute parfois de quelque utilité et devraient être employés en pareil cas, connue on l'a recommandé, dans les localités cultivées en vignes, en oliviers et même en orangers, Un autre moyen applicable aux plantes herbacées cultivées en plein champ, consiste à faire traîner par deux personnes un cordage plus ou moins pesant, de manière à courber et frotter une ou plusieurs fois toutes les plantes du champ (|u"ou veut préserver des fâcheux effets des gelées blanches.
Indépendamment de ces inc(Hivéniens, les gelées eu ont encore un qui n'est que trop général dans certaines localités. Eu soulevant les terres d'une certaine nature, elles déracinent et détruisent en partie les céréales d'automne. — Mais aussi, par suite de la même action, elles ajoutent aux bons effets des labours dans les terres tories, et elles rendent, d'ailleurs, un service réel en détruisant une foule de larves d'insectes et des générations entières d'animaux nuisibles.
La neige se forme hirsque les vapeurs aqueuses perdent, par suite du refroidissement subit de l'atmosphère, une quantité de