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calorique plus que suffisante pour se condenser en gouttes d'eau. — Il est certain que la présence prolongée de la neigea la surface du sol est avantageuse aux produits de la culture. Sans chercher, comme aulrefnis, à expliquer ce fait par des propritMés chimiques (ju'i'lle ne peut pas posséder à un degré plus eminent que la pluie, il est naturel de penser qu'elle agit physiquement en empêchant les effets des gelées et en retenant au profit de la végétation la chaleur de la terre el le peu de gaz qui [)euvent se dégager sous son influence. — C'est donc un vtMMlal)le ahri <ine la nature prévoyante a destiné aux pays froids.
^ V..— Des moyens de déterminer la température.
Il importe fri-quemnient en agriculture de jiouvoir a|)précier les variations de la lempt'rature. — Le thcrrnnmètre en offre les nmyens. Cet instrument , hase sur la propriété que nous avons reconnue au calorique de dilater les corps, se compose d'un tube en verre {fig. 12 ) terminé par une houle creuse , en partie rempli Fig. 12. d'un liquide qui gèle diffici-
1 s 3 lemenl, tel que le mercure
ou resprit-de-vin,etduquel tube on a expulsé l'air le plus exactement possible.
— L'instrument est gradué de manière que le zéro indique le terme de la congélation, et que l'espace qui se trouve entre ce point et celui de l'eau bouillante est divisé en 80 ou en 100 parties, selon qu'on veut obtenir un thermomètre de Réaumur ou un thermomètre centigrade. — Les mouvemens progressifs de la colonne liquide au-dessus et audessous dé zéro indiquent l'augmentation de la chaleur ou du froid.
Le thermomètre de Reaumur est le plus répandu en France, quoique les physiciens fassent ordinairement usage du centigrade. En Angleterre et en Allemagne on emploie celui de Fahrenheit, qui est divisé en 212 parties, et dans lequel le nombre 32 correspond au zéro des deux autres.
Un bon thermomètre a mercure, monté sur bois ou sur ardoise, coûte 4 fr. ; à espritde-vin 3 Ir. 50 c.
Section iv. — De l'élertncite et ae son in- Jluence en agriculture.
\.G fluide électrique, principe du tonnerre, abonde dans la nature entière. On le considèie généralement comme composi- de deux fluides différens, dont la manière d'agir est telle, que les molécules de chacun d'eux se repoussent et attirent celles du tluide contraire.
Dans l'état ordinaire des choses , c'est-àdire dans l'état du repos , tous les corps p;iraissent retenir à leur surface une égale quantité de ces deux fluides qui se neutralisent mutuellement; mais, d'après leur nature, ces mêmes corps sont prédisposés à se
dessaisir de l'un plutôtquede l'autre. Selon qu'ils offrent sous ce rapport de l'atialogie avec la résine ou le verre , ils émettent, dans certaines circonstances, de V électricité (\\.y on a nommée résineuse ou vitrée.
L'équilibre électrique une fois détruit tena sans cesse à se rétablir. — De là les phénomènes terribles que présentent les orages. En effet, lorsque des nuages sont électrisés différemment, ou lorsque l'électricité dont ils sont surchargés a décomposé, dans sa sphère d'action, celle de la surfacedu globe, il s'établit aussitôt de ces nuages entre eux ou avec la terre, au moyen de la foudre, des échanges qui ne cessent d'avoir lieu que lorsque les deux électricités , de nouveau combinées en de justes proportions, se retrouvent à l'état A' électricité neutre.
On ne connaît encore que fort imparfaitement l'action directe du fluide électrique sur la végétation. A la vérité on sait que , communénient, pendant les temps orageux, la germination se fait plus facilement, — hî développement des tiges est plus rapide, — la maturité des fruits plus prompte, — la vie végétale plusactive dans toutes ses parties; mais, hors de ces généralités, lorsqu'on a cherché à pénétrer les causes d'un semblable phénomène, ou seulement à le siiivi'e dans ses détails et à le reproduire artificiellement, on a rencontré le doute et .souvent à sa suite la contradiction. Cependant, après les beaux travaux de Davy sur la décomposition des oxides terreux jiar l'action de la [)ile galvanique, M. Becquerel a fait voir, par de récentes expériences, que si les grandes forces électriques ne paraissent agir sur les plantes que d'une manière destructive, il n'en est pas ainsi des forces très-petites, dont l'étude fait en ce moment espérer des découvertes importantes pour la science, et par suite pour la pratique.
Les orages, fort rares dans les climats septentrionaux et pendant la saison des froids, sont d'autant plus fréquens et plus violens, q^u'on se rapproche davantage de l'équateur. Ils exercent une influence tantôt heureuse, tantôt nuisible. — Sans eux, à l'époque des sécheresses, les régions inlertropicales seraient inhabitables, et les climats tempérés eux-mêmes ne recevraient plus la quantité d'eau nécessaire au maintien de la santé des animaux et des végétaux. — Mais, sous d'autres rapports, on ne connaît que trop le^ désastreux effets du tonnerre, des ouragans, des lorrens de pluie et des ondées de grêle qui l'accompagnent ordinairement.
La grêle surtout, dont on ne peut expliquer convenablement l'origine qu'à l'aide des théories électriques, est d'autant plus redoutable pour le cidtivateur, qu'elle tombe particulièrement alors que le sol est couvert de ses plus riches produits. — Non seulement elle détruit en peu d'instans des récoltes entières, mais elle laisse sur les végétaux ligneux des traces que plusieurs années parviennent à peine à effacer.
On avait pensé que des espèces de paratonnerres, nowwné^ paragrêles , placés de distance en distance dans les champs cultivés, pourraient, en soutirant le fluide électrique, arrêter la production de la grêle.