‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 220 sur 304 · Le Seigle d automne {fg. 550 ), qui est · texte numérisé non relu

Le Seigle d automne {fg. 550 ), qui est

au seigle de printemps ce que les fromens d'hiver sont aux fromens marsais. Sur pied , on le reconnaît à sa végétation plus forte, à ses produits en tout plus abondans ; — après la récolte, à la grosseur et au poids plus considérable de ses grains.

2. Le Seigle de mars ou Trémois, qui a la paille moins longue et plus fine que celui d'automne, et dont le grain est plus menu, quoique pesant et de bonne qualité. Diverses expériences positives de M. Tessier démontrent que cette variété, si on la sème en automne, perd d'année en année les faibles caractères qui la distinguent, et qu'elle reprend tous ceux de la race, ou plutôt de l'espèce hivernale.

3. Le Seigle de la Saint-Jean, qui se dislingue des deux autres par la longueur de sa paille et de ses épis, par son grain un peu plus court tjue celui du seijjle d'aulomue, et la

DES CÉRÉALES ET DE LEUR CULTURE SPÉCIALE, nv. i»». propriété qu'il possède bien sensiblement de taller davantage et de miiiir plus tard. En Saxe, où on le cultive à la fois comme fourrage et pour son grain, on le sème, ainsi que l'indique son nom, vers la fin de juin ; on le fauche en vert, ou on le fait pâturer depuis l'automne jusqu'aux approches du printemps, ce qui n'empêche pas de le moissonner Tété suivant. — Cependant-, comme l'a tait observer ailleurs celui de nous qui a particulièrement contribué, dans ces derniers temps, à faire mieux connaître en France le seigle de la Saint-Jean (M. Vilmorin), cette époque de semaine n'est pas de rigueur, ce dernier pouvant être, aussi bien que notre espèce commune, semé à l'automne et mûrir en temps ordinaire, l'année d'après. — D'un autre côté, quelques essais ont paru établir que notre seigle d'hiver, comme l'espèce du Nord, peut en quelques circonstances être semé au milieu de l'été et donner des résultats analogues; en sorte que la différence entre les deux races, sous ce rapport, n'a pu être encore parfaitement établie. Ce qui est quant à présent bien constaté, c'est que le seigle de la Saint-Jean constitue une variété intéressante par sa grande vigueur, et qui mérite, à tous égards, d'être essayée comparativement avec notre espèce ordiuaire, comme grain et comme fourrage. A raison de la petitesse de son grain et de la force des touffes, il demande environ 1/5 de semence de moins que le seigle commun.

Il est probable que la variété que Thaer a reçue des provinces russes des bords de la mer Baltique, et qu'il désignait sous le nom de seigle à buisson, diffère fort peu, si elle diffère réellement, de celle-ci. Voici ce qu'il en dit : « Elle résiste beaucoup mieux aux intempéries que les autres, elle talle davantage, ne verse pas si facilement, lors méiue qu'elle végète sur un sol très-riche, et, sur un terrain bon et bien ensemencé, elle donn»' toujours un plus haut produit; seulement, il faut absolument qu'elle soit en terre avant la fin de septembre. Si on la sème plus lard et sur du terrain tout-à-fait maigre, sans doute elle perd ses avantages. Elle pousse ses tiges, fleurit et mûrit sensiblement plus tard que le seigle ordinaire; pour pouvoir la récolter en même temps que l'autre, il faut la semer de très-bonne heure. Cette variété me

parait très-constante »

En résumé, on peut conclure de ce qui précède, que les races les plus tardives de seigle sont aussi les plus productives, et il est hors de doute que le seul changement de position peut leur faire acquérir ou perdre à la longue cette double propriété. Aussi remarque-t-on que sur les montagnes, notamment dans le Briançonnais, l'Auvergne, etc., où elles mûrissent plus tard que dans la plaine, elles ont une végétation plus forte, une paille plus abondante, des épis plus volumineux et des grains plus gros.

§ II.— Choix du terrain.

Le seigle est beaucoup moins exigeant que le froment, sur le choix des terrains. — On peut dire que tous ceux qui ne coniienneut

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pas une luiuiidité surabondante lui conviennent.— Il vient très-bien clans les sols argilo-s^bleux, siibstanliels et prolonds, quoiqu on ne I y I encontre pas souvent, parce que se.-, produits soûl inlerienrsen qualité à ceux du Ironieul, <pii aime de prédilection ces sortes de sols. — Il vient éf^alenient bien dans les terres sablo-argileuses, sableuses même, et saiisl)eaucoup de fond. — Enfin, et c'est un de ses plus précieux avant.iyes, il cou\re utilement des sois crayeux ou marneux de trèspeu de \aleur.

Moin.i que les autres céréales, celle-ci redoute L'>aridité du fonds sur lequel elle croit, sa us d< lu te parce tjue sa végétât ion rapide et sa maturité précoce font (jueile ombrage mieux Ja couche labourabledès sa jeunesse, etqu'elle n'a plus autant besoin d'humidité poui* continuer sa courte existence, à l'époque des furies chaleurs de nos élés. — Par suite de cette disposition, le seigle, dont les tiges sont proportiunnelleuieut plusgi'éleset les grains moins pesans que ceux du froment, exige aussi des champs moins féconds. Il parvient à maturitécomplète dans les régions montagneuses, oii 1rs courts étés sont loin de sutli»'e toujours à celle de nos antres grains, l'orge exci-ptée, tandis que, dans la plaine, on le lioissonne parfoi-i assez tôt pour obtenir après lui une seconde récolte fourragère ou une culture propre à être enfouie. — Enfin, il redoute si peu l'intensilé du froid qu'on le voit prospérer, eu dépit des hivers vifs et longs du nord, juscjue dans les contrées voisines du cercle polaire.

§ m. — Préparation du terrain.

Ce que nous avons dit de la préparation du sol, pour les semailles du froment, peut s'appliquer en grande partie à celles du seigle. Cependant il est d'observation que ce dernier préfère un guéret plus entièrement divisé. Le but des labours est donc, pour lui, d'arriver à un ameublissement aussi grand que possible, cecjui ne veut pas direque leur nombre doive être pour cela plus considérable, attendu que la pulvérisation des terres légères est beaucoup plus facile que la division, même incomplète, des terrains argileux.

Le seigle prend dans les assolemens le rang du Jroini-nt qu'il remplace, mais il esta rem<ir(|uer qu'il ne parait pas donner conime lui de moindres ou de moins bons produits sur les terres neuves ou renouvelées par une longue culture forestière ou herbagère; de sorte que, si nous nous en l'apportions à notre propre expérience, nous le regaiderions comme aussi propre que l'avoine à féconder les pi emiéres années d'une défriche.

Le trèjle ne réus>issant pas dans toutes les terres à seigle, la lupuline ou le sainjoin le remplacent avantageusement comme culture préparatoire de cette et ("éale. îs'ous ne répéterons pas ce qui a été dit, à l'article Assolement, des autres plantes fourragères et industrielles des sols légers. — Conime pour le froment, un terrain bien net est une condiiiou importante de succès. Toutefois, moins peut-être que les autres blés, et no-

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tamment que ce dernier, le seigle favorise la niulliplicalion des mauvaises herbes.

La pliinte utile qui nous occupe /•eu.w.ri'û/i< plus ou moins bien sur des sol, médiocres, oa se montre souvent pour elle fort uvare d'engrais; mais, en notant ce fait, nous sommes loin de l'approuver, et les bons cultivateurs sont d'autant plus soigneux de semer leur seigle en des terrains non épuisés, qu'ils connaissent le jirix de sa paille et qu'ils savent apprécier à sa valeur la différence de ses produits, aussi bien que de ceux en grain. — Du reste, tous les fumiers et les amendeniens favorables aux fromens, pour les terres de consistance moyenne; tous ceux qu'on emploie de préférence dans ies sols légers, pour les localités sablonneuses ou calcaires, peuvent être avantageusement appliqués au seigle.

§ IV. — Du choix de la semence.

Le choix de la semence de seigle ne présente aucune particularité qui .l'ait trouvé place dans la settioii |)i'écédente. On ne lui donne ordinairement eucune préparation, quoiqu'elle soit sujette à l'ergot, et qu'on puisse croire que le chaulage détruirait le germe de cette singulière maladie, dont il sera parlé plus loin, en même temps que de toutes celles qui affectent d'une manière générale les plantes de grande culture.

§ V. — De la quantité de semence et de l'époque

des semis.

La quantité moyenne de seigle qu'on emploie aux environs de Paris est de 120 livres (60 kilog.) par arpent de 100 perches de 18 pieds (34 ares 19 centiares). Il en faut un peu plus dans les très-mauvaises terres, un peu moins dans les bonnes. M. Matuieu de DoMBASLE n'établit aucune mesure fixe entre 150 et 200 litres par hectare. 11 est certain que la qualité dillérenle du sol et le mode particulier de semis rendent difficile d'arriver à plus de précision, à moins d'entrer dans des détails particuliers à chaque localité.

On est dans l'usage de semer le seigle d'hiver avant le froment. «On ne saurait, disait KoziER, le confier à la terre de tn-p bonne heure, soit dans les plaines, soit dans les pays élevés. Plus la plante reste en terre, plus belle est sa récolte, si les circonstances sont égales. Sur les hautes montagnes, on sème eu août; innesureque l'on descend dans une région plus tempérée, au commencement ou au milieu de septembie, afin que la plante et sa racine aient le temps de se fortifier avant le froid. Si la neige couvre la terre, et que la gelée ne l'ait pas encore pénétrée, la végétation du seigle n'est pas suspendue.

■» Dans le midi, iTimporte que les semailles soient finies à la fin de septembre, parce qu'il est nécessaire que les racines et les feuilles profitent beaucoup pendant les mois d'octobre, novembre et décembre, saison des pluies, et acquièrent assez de force pour résister à la chaleur et souvent a la sécheresse des mois d'avril et mai suivans. Toutes semailles faites à la fin d'octobre y sont ca«

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