L^ Avoine commune {Avena sativa
Fig. 557.
a les fleurs disposées en panicules lâches;— les
cnAP. 15«. DE L'AVOINE
épillets sont orHinairemenl à deux fleurs. Les grains swiil aloiigés, lisses et de coiiltur varia ■ ble.Celle espèce,comme son nom rindiqne,est la pins générulement cultivée. Elle a donné naissance à diverses races d'un mérite reconnu, mais dont il est difficile de déterminer la valeur relative, attendu que l'abondance et la qualité de leurs produits sont étroitement dépendantes de circonstances de cl-imat et de terrain peu appré(;iables autrement que par des essais locaux. Nous indiquerons les principales seulement de ces varié! «'S.
?. L'Jvoine d'hit er se distingue de la précédente plutôt par sa rusticité plus grande que par ses caractères botaniques. Cependant file en diffère assez st^nsihlement par la couleur de ses balles rayées de gris brun. — Dans une partie du sud-ouest et de l'ouest de la France, notamment en Bretagne, on la sème en septembre et au couimencement d'octobre. Sa maturité esl précoce, sa paille fort abondante, et ses grains, à la fois plus nombreux et plus i>esans,sont par cela même de meillture qualité que ceux de l'avoine commune. — Malheureusement elle parail être d'une réns-ite fort incertaine dans le centre, l'est, et à plus forte r.iison le nord de la France. Dans ces contrées, on peut néanmoins l'employer très-utilement, comme on le lait dans une partie du Berry, pour les premiers semis de février ou même de la fin de janvier. La propriété qu'elle possède de mieux résister aux froids que les avoines printanières , lui donne en pareil cas, sur elles, un avantage marqué, en certaines années.
3. L'Avoine noire de Brie est une des variétés les phis productives dans les bons terrains ; son grani, noir comme son nom l'indique, court, mais renflé, est de très-bonne qualité.
4. L' Avoine de Géorgie, nouvellement introduite, et, selon nous trop peu connue encore dans nos départemens, a le grain d'un blanc jaunâtre. Ce grain, remarquablement gros, lourd et si bon qu'il faut éviter de le donner en trop grande quantité, na d'autre inconvénient que la dureté de son écorce, qui le rend d'une mastication difficile pour les vieux chevaux. Sa paille est {{russe, élevée el cependant douce et fort bonne comme fourrage. Ses feuilles sont très-larges. Cette vai'iélé, précoce el féconde, au moins sur les bonnes terres, nous parait devoir attirer l'attention des cultivateurs.
5. L'Avoine patate, A.pomme-dc-terre,z le grain blano, court, mais pesant et farineux. Cette variété s'est beaucoup répandue depuis un certain nombre d'années en Angleterre. Dans les essais faits en France, du moins dans ceux qui nous sont connus, elle s'est d'abord montrée excellente, muis elle n'a pas soutenu Isng-lemps celle supérioiité. Elle nous a paru particulièrement sujette au charbon.
6. V Avoine iinilaièrale; — A. de Hornsne:— de Russie{Avtnauiientali.s)(Jig. 5.58). est considérée par la plupart des botanistes comme une espèce distmcle, facileà reconnaitre à ses panicules resserrées, dont les grains, portés sur de très-courts pédicules, s'inclinent tous (lu même cèté. On en cultive deux variétés,
l'une à grains Fig. 558.
blancs, l'autre à
grains noirs. Cette dernière est extrêmement productive dfins les bons terrains. D'après plusieurs essais répétés chez l'un de nous, elle est au contraire inférieure à l'avoine commune dans les terrains pauvres; son grain est, surtout en pareil cas, maigre et d'un faible poids; elle est, d'un autre côté, assez sujette à échauder. Malgré ces inconvéniens, son grand produit en grain el en paille lui fait donner dans plusieurs lieux la préférence sur toutes les autres. — L'avoine unilatérale blanche est remarquable par la force et la hauteur de sa paille. Son grain est souvent encore inférieur en qualilé à celui de la noire , mais elle réussit mieux sur les mauvais fonds.
7. L' Avoine nue ( Avena nuda) {fig. 559) esl aussi considérée Y\s,. 559. comme une espè»
ce; elle diffère de»
autres par ses épillets de 4 à 5 fleurs réunies en petites grappes, et par la disposition de ses graine à sortir tout mondés delà balle par l'effet du battage. Cette espèce, qui , au dire de M. De Candolle,
est préférée dans certains pays pour la confection du gruau, nous a toujours paru d'un faible produit.