L'Avoine courte; {Avena brevis) {fig
560 ), a les feuilles courtes Irèsérigées, d'un vert blond; — la panicule est lâche et légère; — les barbes, persistantes el fortement genouillées , sont plus courtes que celles des autres espèces ou varié-
A. pied de mouche Fig. 560.
392 AGRICULTURE : DES CEREALES ET tés;— les grains sont aussi sensiblement plus courts. Cette espèce, cultivée dans plusieurs contrées montagneuses, notamment en Auvergne, dans le ïorez, l'Espagne, etc., est regardée au 3Iont-Dore con)nie préférable à loule autre pour l'emploi des mauvais terrains. Elle s'élève beaucoup, est très-hàtive ; son grain, à volume égal, est moins nourrissant que celui de l'espèce ordinaii-e, mais, dit on, plus sain; — ses tiges, longues et fines, produisent, ver les ou sèches, un excellent fourrage.
§ II.— Choix et préparation du terrain.
Si l'orge se plait de préférence dans les régions méridionales de l'Europe, Vavoine préfère celles du nord; — l'une prospère souvent en dépit des longues sécheresses ; — l'autre aime la Jraîcheur et ne redoute l'humiditéqu'autant qu'elle est trop permanente. Aussi sa culture, tiès-importante dans les départemens du nord et du centre de la France, l'est- elle beaucoup moins dans ceux du midi.
De toutes les céréales, celle-ci est la moins difficile sur le choix du sol. Les argiles compactes;— les terrains tourbeux, les marais, les étangs nouvellement desséchés;— les graviers , les sables suffisamment humectés, lui conviennent presque également. — On la voit prospérer sur de riches défriches ; sur un défoncement qui ramène à la surface une quantité notable de tei-re vierge;— comme sur une lande écobuée, et après toutes les cultures qui ne contribuent pas ainsi qu'elle à faciliter l'eavahissementdes mauvaises herbes. On la cultive même fréquemment à la suite d'un blé; mais une pareille coutume, résultat inévitable du triste assolement tiiennal avec jachère, est aussi vicieuse eu ihéorie qu'en pratique. La véritable place de l'avoine est après une culture sarclée, ou sur le défrichement d'une prairie naturelle ou artificielle.
De même que l'avoine est peu difficile sur le choix du terrain, elle l'est fort peu aussi sur sa préparation, ce qui ne veut pas dire qu'elle ne puisse bien payer les Irais d'uue culture plus soignée que celle qu'on lui accorde d'ordinaire. I! n'y a rien à ajouter, à ce sujet, à ce que disait, il y a peu d'années, feu Vict. Yvart: "Cette plante robuste et peu délicate est une de celles quisoufirent le moins de la négligence du cultivateur qui prend souvent peu de soins pour assurer son succès. Toute sa culture se borne communément à un simple labour; mais, s'il suffit quelquefois, comme nous en citeronsdesexemples,il ne faut pas en conclure cependant, comme on ne le fait que trop souvent, qu'il soit le seul, dans tous les cas, rigoureusement indispensable. Un assez grand nombre de faits démonirenl que deux et même trois labours sont très-souvent amplement payés par un accroissement proportionnel de produit, indépendamment du nettoiement de la terre, objet qui est toujours de la plus haute importance; et, parce que, dans la routine ordinaire, la terre destinée à cette culture ne reçoit point immédiatement d'engrais, il est aussi absurde d'en conclure qu'elle peut et doit toujours s'en passer, qu'il le serait d'a-
DE LEUR CULTURE SPECIALE, i.iv. i".
vancer que, quoiqu'elle n'exige pas toujours, pour prospérer, le terrain le plus fertile el le mieux préparé, ses produits ne sont pas généralement proportionnés à la qualité et à l'état de la terre.»
§ III. — Choix et préparation de la graine.
Dans quelques lieux, parsuite d'un faux calcul d'économie, on sème h s avoines les plus menues, dans le but de diminuer la quanlité de semence, afin de ré>ei'ver les autres pour les chevaux. Une p ireille pratique est si évidemment vicieuse que nous ne nous arrêterons pas à la combattre. L'expérience a démontré à tous ceux qui ont voulu faire des essais comparatifs, que la méthode contraire est, en résultat, beaucoup plus avantageuse. Dans d'autres localités, on néglige les criblages, ou, tout au moins, en les exécutant, on ne prend pas assez le soin de rejeter les graines étrangères, telles que celles de la sauve ou moutarde des champs, de l'ivraie et surtout de lafolle-avoine, dont les grains plus légers se rassemblent cependant d'eux-mêmes au-dessus des autres. — Cette dernière plante, l'une des plus rustiques de celles qui envahissent nos moissons, se multiplie de préférence dans les terrains frais qui conviennent à l'avoine, dont elle devance la maturité. Ses semences se conservent longtemps en terre sans perdre leur faculté geriiîinHtive,de sorte qu'on ne peut trop attentivement les séparer des bonnes graines, préalablement aux semis. La moindre négligence, à cet égard, pourrait occasioner plus tard de graves uicon\éniens, et, à coup sur, nous ne sommes pas les seuls à avoir remarqué des cultures tellement infestées de folle-avoine, qu'il ne restait au propriétaire daulre ressource que de faucher, vers l'époque de la floraison, les avoines dont il espérait récolter le g'ain, et de laisser en jachère les cham|>s qu'à l'aide, peutêtre, d'un seul criblage attentif, il aurait pu soustraire à cette fâcheuse nécessité.
Dajis lecasoii lespauicules d'avoineseraient entachés de charbon, il pourrait être fort utilede f/irt«/e'/lrs grains quien proviendraient; car, quoiqu'il ne soit pas rigoureusement démontré que celle étrange maladie soit contagieuse, il est d'observation qu'en certaines circonstances, qui jusqu'à présent n'ont pu être bien appréciées, le chaulage eu diminue les effets.
§ IV. —De l'époque des semailles et de la quantité des semences
Selon les variétés que nous avons fait con-
naitre, on sème l'avoine depuis septembre jusqu'en mars et même t-n avril. — La premièie époque est préféreeavec raison dans le midi et une partie de l'ouest de la France, et devrait l'être, pour tous les sols légers, partout oii le.*; froids ne sont point assez intenses pour endommager cette céréale, parce qu'elle aurait moins à redouter les sécheresses du printemps. Aux environs de Paris, on choisit février et mars. En général, conformément au vieux proverbe : Avoine de février remplit le grenier, on se trouve bien de semer aussitôt qu'on n'a plus à redouter les très-fortes ge-