‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 224 sur 304 · CHAP. 16«. DU SARRASIN · texte numérisé non relu

CHAP. 16«. DU SARRASIN

lées el l'excessive humidité du sol. Non seulement les avojnes mises les premières en terre sont les plus belles, si le temps leur est favorable, mais elles mûrissent plus tôt, de sorte qu'elles ont moins à crainlre ks eCft'ts de la grêlf, des vents, et qu'elles dontu-nl plus de temps pour préparer le sol à recevoir d'autres cultures. — Dans plusi<*urs loraiiié'J, ou donne pour motif des .semailles tardives de i'avoinfy la nécessité de détruire, en faisant ce semis, la raveluche ou sau\e{Sinapis arvensi-^)y (|ui,sanscf la, serait beaucoup plusabondanie et nuirait à Tavoiiie.

Il est toujours fort d/J/îa le, en agrirullure, d'indiquer des quantités précises. C'est surtout par rapport aux semisd'avi'ineque retie uifficullé se (ait sentir. Non s> ulemt-nl il faut plus de grains pniir les seiuailU-s à la heise que pour les semis sous raies; — nour ceux qu'on effectue en automne, quand on a encore tout à redouter des j^elées, que pour ceux qu'on diffère jusqu'à la fin de l'hiver ; mais l'état de fécondité du sol et les coutumes locales, en général, basées sur la connaissance du climat, apporlentdf si grandes différences qu'il serait fort imprudent de chercher à formuler ce qui doit varier sans cesse. De toutes les céréales, l'avoine est cependant celle qu'il y a le moins d'inconvénient à semer épais. Dans quelques parties de l'Angleterre, ou ne craint pas d'employer, au dire de M. de Dombasle. jusqu'à 6 hectol. par heciare.— En France, la quantité la plus ordiuaireesl, comme pour l'orge, de2 à 3 hect., bifu que, sur divers points, on en répande quelquefois moins encore sur les bonnes terres.

§ V.— Du mode des semis et des cultures d'entretien.

Quoiqu'on ait proposé, à diverses reprises, de semer l'avoine en lignes comme les blés, à l'aide du semoir ou du (tlaiitoir, ni l'une ni l'autre de ces coulumes n'ayant prévalu nulle part, nous ne nous occuperons ici que des semis à la volée. — Ils ne se pratiquent pas partout de la même mani»'re : tantôt on la'toure le sol préalablement aux seniailles ; on sème, et on recouvre à la herse. — Tantôt on répand la graine sur le vieux labour, et on l'enterre par une seule façon à lextirpateur ou à la charrue. — D'autres fois, entin, on sème à la surface du champ non labouré, el on couvre à la charrue.

Le premier moyen convient sur les sols coujpactesqui exigent plusieurs labours préparatoires; dans lesquels les graines lèveraient mai et tardivement, si elles étaient trop profondément enterrées ; et qui ne se prêteraient d'ailleurs que fort diflicilemeut aux deux autres moyens. C'est la méthode la plus ordinaire.

Le second est excellent sur les terres de consistance moyeime , lorsqu'elles ne sont pas rassises, depuis le Jernier labour, assez pour rendre l'action de l'exlirpateur pénible ou incomplète.

Le troiiième moyen remplit suffisamment le but qu'on se propose dans les terrains légers, parce «ue, dune part, un seul labour

les divise suftisaniment, el que, de l'autre, il polygonées. Il se re

importe qnc les semences soient à une assez grande profondeur pour profiter du peu de (raiclipur qu'elles ne trouveraient pas plus près de la surface.

Les cultures d'entretien se bornent à des sarclages, et, selon les circonstances, fies roulages on des hersages. Vour ces trois npera- 'ioiis, nous renvoyons à ce qui a été dit ptécédemnient à l'occasion du froment.— Afin d'éviter un double emploi, nous prions éj^alement le lecteur de consulter, pour les récolles des blés et de l'avoine, la 3" section du chap. XI de ce livre. Pour le javelage et les diverses manières de l'exécuter, voir page 299, et la figure 412.)

ç Vj. — De la quantité des produits.

On a souvent cherché à comparer les produits de l'avoine à ceux de i'orpe, pour faire ressortir les avantages de la culture de l'une ou de l'autre de ces céréales. Técuniairement parlant, la différence tient surtout à deux causes dont on n'a pas toujours assez tenu compte : le climat et les moyens de consommation. — Si, dans le midi, l'orge est généralement plus productive, dans le nord il arrive souvent le contraire. A cet égard, c'est au cultivateur, avant de se fixer, à bien étudier le pays qu'il habite. —D'un autre côté, le prix relatif de ces deux graius varie selon les besoins du comiuerce, pour la fabrication de la bière ou la nourriture des chevaux, de manière que chicun, sous ce second point de vue, ne doit encore prendre conseil que de la position dans laquelle il se trouve.

En Belgi>)ue, daprès les calcids de ScHWERTZ, la production de l'avoine est en volume à celle de l'orge, comme 24 à 17.

Arthur YouNG est arrivé à très- peu près aux mêmes résultats pour l'Angleterre. La différence est au moins aussi forte au nord et au centre de la France.

Oscar Leclerc- Thouin et Vilmorin.

Section v. — Du Sarrasin.

Le Sarrasin {Poly go num Fagopyrum, L.) ; en anglais, Buck fF/irat;en allemand, £uc/i iveizen , Heide- Âorn;en italien, Grano xaraceno, Polenta negra; en espagno^r/c^o negro; vulgairement blé noir, carabin, bucail,bouquette, appartient à l'octandrie trigvnio de Linné et à la famille naturelle des

Fig. 561.

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connaît aux caractères snivans : racine fibreii>e, aoiuielle; lige tierl)a(éf, dressée, haute d'un pied ou deux, cylindrique, glabre, l>-gèremenl pube>cente à l'arl cul.ilion de chaque feuillf, rameuse, mugeàli-e dans sa parlie inlërieuie ; feuilles Irès distantes entre elles, cordiforn)es, aiguës, un peu sinuées et ponées sur dos pétioles longs d'un pouce à trois; tlnurs blanches, disposées à l'aisselle des (euilles en épis courts et serrés, dont les supérieurs, pluscourls que les inférieurs, forment une sorte de corymbe terminal ; calice persistant, divisé supérieurement en cinq lobes ovales; cinq élamines en dehors des tubercules du disque, el trois en dedans; anthères globuleuses, rougeâtres; ovaire comme pyramidal et triangulaire; fruit d'un noir pâle, à trois angles fort saillans. — On croit que le sarrasin est originaire delazone tempérée derAsie,oùsacuUureest assez répandue, el d'où il nous a élé apporté à l'époque des Croisades suivant les uns, vers la fin du xv* siècle suivant les autres. Aujourd'hui. il est naturalisé dans tout le centre et le midi de l'Europe.

Une autre espèce^ que, depuis quelques années, les agronomes ont tente d'introduire dans la gi-ande culture, est le Sarrasin de Sibérie ou de Tartarie [Polygonum Tataricuni), \ fig. 562), qui diffère du premier par ses grai-

Fig. 562.

nés plus dures, plus petites, muniesde dents sur leurs angles, et par ses ùj^v^ plusjai'nàtres.plus fermes et plus ramifiées. On ditqu'il a sur son congénère l'avaniage d'être |)liis rustique, plus vgoureux, plus précoce,, plus productif; d'exi.^er moins de semence, et de donner un grain plus pesant, plus facile a vanner, qui acquiert de la qualité en vieil-

lissant; mais son grain s'échappe encore nUis facilement du calice, et se moud plus dilfi* cilemenl ; la farine qu'on en retire est noirâtre, plus rebelle que celle du sarrasin ordinaire à la fermentaiion, et amère. Il est vrai qu'on attribue celte amertume à l'ccorce du giain, el qu'on pourrait vraisemblablement la faire disparaître par un procédé de mouture qui séparerait exactement la farine de l'écorce. Quant au produit, il a élé de plus de 80 p. 1 dans les essais de MM. de Turme- LiN et Martin, de l'Isère, insignifiant, au contraire, dans ceux de Thaer.

Le tissu du sarrasin est tendre et aqueux; il se décompose promptement quand ou l'enfouit. Dans 100 partiesenpoidsdepaillesèchedesarrasin, le professeur Sprengel a trouvé 22,600 de matières solubles dans l'eau; 23,614 de matières solubles dans une lessive alcaline caustique ; 0,900 de cire el de résine; 52,886 de fibre végétale. L'extrait aqueux ne contenait que quelques traces d'albumine, beaucoup d'acide libre ou d'un sel végétal acide, peu dégomme et beaucoup de mucilage ; la saveur de cet extrait était fortement acide, acre et astr'ingente; les cendres de la paille de la même piaule contenaient, comparativement aux autres plantes ordinairement employées comme engrais, beaucoup d'acide f)liosphorique, d'acide sulfurique, de chlore, de soude el surtout de magnésie.

Les expériences de Vauquelin lui ont indiqué, dans la paille de sarrasin, 20 à 30 p. 100 de carbonate de potasse. Sprejîgel, au contraire, n'a obtenu de 100 parties en poids de la paille réduite en cendres, que 0,332 de potasse caustique.

Les fleurs du sarrasin, nombreuses et odorantes, s'épanouissent successivement, et, par conséquent, leurs graines n'arrivent pas luutes en même temps à leur matuiité. Cent [)Avi\e?,dii CCS graines, analysées par le professeur Zemveck, lui ont donné les résultats suivaus 20.94 fibre végétale; 52,29 fécule; 10,4/ gluten; 3,06 matière extraclive avec sucre; 2,53 matière extraclive oxigénée; 0,36 résine, et 0,22 albumine. La farine de sarrasin a une saveur propre, qui paraît plus développée dans les pays granitiques (Bosc).

§ I". — Usages du sarrasin.

Le sarrasin est susceptible de recevoirquatre destinations dijjéren*.es. Il peut servir à la nourriture de l'homme, à celle des bestiaux, à celle des abeilles, el à l'engraissement du sol.

Son grain seul est consommé par l'homme. La farine qu'on en lire est convertie en bouillie, engalelles, en };âleaux, d'une faculté nu- Irilive assez grand--, el qui ne causent pas d'aigreurs sur l'eslomac. Eu temps de disette, de même que dans les pays pauvres, comme, par exemple, la Bretagne, on eu fabi-ique aussi du pain. Ce pain lève mal, et «■ependant, à en juger par l'analyse du professeurZenneck, le tdé noir n'est guère moins riche en gluten que le froment. Faut-il conclure de la, avec ce professeur, que si l'on appliquait à la mouture du sarrasin un meilleur mécanisme, sa farine., qui, d'ailleurs, donne à peu près le même produit que le seigle ea

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amidon, ne le céderait pasen qualitéà celle de plusieurs sortes de blés ? ou bien, doit-on admeltie que le gluten n'est [)as la cause première de la fermHnIaliou panaire? Le grain du blé noir a été employé à la dislillaliin en' Angleterre, et il Test encore sur leContinent (LoLDo:«). — Mais c'est à la nourriture de la volaille et des bestiaux qu'il est particulièremtnt consacré. Suivant Arlluir You.xg, un bushel (36 lit. 35) équivaut à 2bushels d'avoine, pour la nourriture des chevaux ; 8 bushels de la farine les enlreiienneut autant que 12 bushels de farine d'orge. M. Mathieu de Dombasle se borne à dire que ce gra n a autant de valeur que l'orge pour la nourriture et l'engraisseuient des cochons, et qu'il est plus nutritif que l'avoine pour les chevaux. Rozier assure que. mêlé à celle ci par portions égales, et donné aux chevaux et au bétail qui travaille, il les entretient en chair ferme. Bosc prétend qu'il fait pondre de bonne heure les oiseau.\ ue basse-cour qu'on eu nourrit. Il enivre, dit-on, les animaux qui en mangent pour la première fois.

Tels sont les emplois du grain. Quant aux tiges et aux feuilles^ aWei, forment un assez bon fourrage, lorsque la plante est fauchée pendantla floraison, et qu'elle est donnée aux fcesliaux encore vertt*. Dans cet état, elle possède une faculté nutritive supérieure à celle du trètle, suivant Loudon; inférieure, suivant M. de Dombasle. Elle influe, dit-on, favorablement sur la quantité et sur la qualité du lait, chez les vaches qui la consomment. On ne sait trop si les bestiaux trouvent du plaisir à la matjger, comme quelques agronomes l'assurent, ou si elle leur cause d'abord quelque répugnance, comme d'autres le |)ensent, et ainsi qu'on peut le supposer a priori^ en ayant égard au principe acre qu't lie contit-nl. Elle ne paraît pas d'ailleurs sans (luelque inconvénient; des expériences faites à Mœglin, et plusieurs faits rapportés par différens obseivateurs, tendent à montrer que, sous certaines conditions du moins, elle fait enfler la tête des moutons qui s'en repaissent, et leur occasione des boutons dans cette région du corps. A l'état de dessiccation, elle ne parait presque pas appelée par les animaux, et on ne la conserve pas volontiers au-delà de Noël pour la leur donner, soit à cause de celle circonstance, soit parce qu'elle est difficile à dessécher. Sous le rapport de sa valeur nutritive, M. Sprexgel place la paille de sarrasin au dernier rang, dans une série composée de 12 espèces de pailles communément employées comme fourrages et chimiquement analysées par lui. Rozier dit que les chevaux la mangent lorsqu'elle est battue.

Les fleurs de sarrasin fournissent une riche pâture aux abeilles pendant un espace de temps assez considérable, d ins une saisimoù les autres tleurs commencent à manquer; les abeilles qui se nourrissent de leur nectar, produisent un miel lrès-coloré,maisde b(^nne qualité, comme le prouve celui du Câlinais, si connu à Paris (Bosc).

EnQu, on cultive encore le sarrasin ^o«r le faire sen-ir d'engrais, en l'enterrant pendant sa floraispu. C'est uqedes meilleures plantes que Ton connaisse pour former un engrais

S95 végétal, est-il dit dans \e Calendrier du bon cuittvateur. — C.imme litière destinée à être cc.nvertie en f imier, M. Spreîigel cla^se la paille du sarrasin entre celle de» vesces et celle des fèves.

§ II. — Culture du sarrasin.

Après avoir fait connaître it"s caractères, les propriétés économiques et Ifs princ paux usages du sarrasin, envisageons-le plus spécialement sous le rapport de la culture et de l'assolement.

Voici les principaujr avantages qu'il présente à cet égard : il se contente de terrains trop rnaigres pour toutes les autres espèces fie grains d'été ou de printemps; il y produit davantage. C'est l'unique récolle qui réussisse entre celles de seij;le dans les contrées sablonneuses (THAER).Surles terres qui n'ont pu être suffisamment pré|)arées, il est plus profitable que l'orge (Arthur Young,. On le place inditléremment avant ou après toute espèce d'autre récolle. Il est très-propre à combler une lacune dans l'assolement, à remplacer d'autres plantes ou même des céréales à fourrage qui n'auraient pas réussi, ou qu'on n'aurait pu semer à l'époque convenable, el à atténuer ainsi les effets de la disette. On peut facilement, dit M. de Domdasle, le, semer en seconde récolte après du seigle, du colza, des vesces, etc., et même après du blé, lors()u'on veut le faucher en vert ou Tenfouir pour engrais. Le trèfle, la luzerne, le sainfoin, et probablement aussi, les autres espèces de plantes de prairies arlificielles, réussissent parfaitement bien dans sa sociéié, peut-être mieux que dans celle de toute autre espèce de réct)lle. Il laisse le sol dans un aussi bon élat d'ameublissement et de propreté qu'une récolle sarclée, et est moinsépuisantqu'aucuneaulrecéréale, parce qu'il ombrage davantage la terre et tire beau-

coup de nourriture de l'atmosphère. Enfin, sa culture exige peu de travail.

Quant à ses défauts, en ce qui concerne sa culture, on lui reprochesa sensibilité au froid et aux intempéries, l'incertitude de ses produits, l'inégalité avec laquelle il mûrit ses graines dans un mêmechimp; la facilité un peu trop grande avec laquelle il les laisse tomber, et la difficulté de sa dessiccaiion.

Suivant Rozier el quelques autres agronomes, il prétère \m% terrains forts à tous les autres; d'après M de Dombasle, au contraire, il léussil mal dans l'argile et se complaît daus les terres meubles. Il est possible que cette divergenced'opiuionstienneauxdifrérenselfets du climat, de l'exposition el du mode de culture, ou qu'elle n'existe réellement pas, et que l s denxasserlionsseconcilienlen ce sens que la végétai ion du sarrasin sera il pi us vigoureuse sur les sols de la |)remière e>pèie, et que ceux de la seconde seraient plus favorables à sa fVuclification. Quoi qu'il en st-it, c'est principalement sur les sols légers, sablonneux et arides, qu'on le place. On sait, en Bretagne el ailleurs, qu'il réussit sur les défrichemeus de bruyères et de landes ; cependant on ne craint pas, daus maintes contrées, dans la Frise orientale, par exemple, de le cultiver snr de» emplacement de marais qu'on a «a-

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sainis et écobuës. Concluons de là qu'il n'est pas difficile sur la nature du sol, et (|ue, comnae toute autre plante, il croit plus vigoureusement sur les sols riches, bien liiinés, mais aux dépens peut-être de sa Irurtificaliou. C'est, dit V. Yvart, une des plantes les plus précieuses pour les assolemrns des terres sèches, siliceuses, caillouteuses et creîacées.

La croissance du sarrasin est rapide. Il est très-sensible aux influences atmosphériques : la moindi-e gelée le détruit. On prétend que les éclairs lui causent beaucoup de mal (.Duhamel), et que sa fleur coule dans ce cas, ou lorsque les phénomènes électriques se dé\elop|ient dans l'air sans qu'il pleuve (Tiiabr). Elle ne supporte pas non plus la trop i;rande ardeur du soleil, ni les \enls violens de l'Est. — Le sarrasin ne craint pas une température sèche. Immédialement après qu'il a été mis en lerre, il lève, même par les plus grandes séclieresses ; mais, lorsqu'il se revel de sa troisième feuille, il demande la pluie pour pouvoir dévelop[)er les autres; sa Ionique floraison se développe quelques semaines après, et alors il doit avoir alternativement de la pluie et du soleil pour que sa croissance s'achève et que ses fleurs nouent; après sa floraison, il veut derechef un temps sec qui accélère et éi^alise la maturation dé ses fruits, qui arrive aprè^ un temps variable entre 2 et 3 mois.

On peut semer le blé noir à toute époqrie de la bflle saison, en prenant garde qu'il ne soit exposé ni aux gelées du printemps, ni à celles de l'autoume. Pour plus de sûreté, ou pour avoir un produit continu en fourrage, on sème à 3 ou 4 époques diflérentes. Si le champ doit être fumé, il convient de répartir le fumier de manière à en ré|>andre la moitié seulement avant l'ensemencement du sarrasin, et le resie après la réc Ite. I es débris de bruyère lui conviennent particulièrement.

Ordinairement, on ne donne qu'un labour au champ qui doit le recevoir. C' pend nt TnAER croit qu'il estindispensable de labourer deux fois, afin, surtout, de détruire les mauvaises herbes, et M. de Uombasle va jusqu'à dire que, si 4 ou 5 labours sont nécess ires pour ameublir le sol, on ne doit pasles épargner. ;VRoville,onexécule2 labours: l'un en avril, l'autre en mai, et on les lait précéder chacun d'un hersai^e. Au reste, le nombre dt'S laçons préparatoires peut varier, suivant ru>age auquel on destine la pianle.

Le mode de sa \égélalion exig»* qu'on emploie peu de semence. Il n'en faut ^uere qu'un demi-hectolitre pai* hectare, quand on a en vue la production de sa graine, et le double quand on veut le faire servir d'engra-s CVil- MORix). La graine demande à être enterrée peu profondément, et par un simple coup de herse ou d'extirp.Ueur.

Ou choisit pour la récolte le moment oii la plus gnnde partie des graines sont niûres. il y a deux manières de l'exécuter : l'unt-consiste à con|)er bs liges a\ec la laulx ou avec la faucille; l'autre, a les arracher. La première est plus expt'ditive el plus iisilée; la secouue diminue la perte qui résulte de i"égrenage, et permet à un plus grand nombre *

de graines d'achever leur maturation après le moment delà récolle. On réunit les tigesen bottes qu'on dresse les unes contre lesautres, et qu'on laisse plus ou moins long-temps sur place en b s <lisposant en moquettes, comme il a été expliqué nu chap. des Récoltes, pour les préserver des déprédations des ois^^aux.

<jn est presque toujours forcé, dit le directeur de Rov i Ile, de /?'oc^'<T?cr rt« battage lorsque les plantes sont à moitié sèches, et alor-> on ne peut conserver la paille. On étend le grain en couches très mincrs d insbs greniers, afin d'en achever la riessiccation. Le sarrasin se bat très-bien au fléau et à la machine.

Le produit qu'il donne est très-variable. Lorsqu'on le sème après nue récolte de céréales, dit Thaer, on compte eu 7 ans, sur une bonne récolte, trois médiocres et trois mauvaises; si on le confie à un champ qui est resté en repos ou en pâturage pendant plusieurs années, on s'attend en revanche à une bonne récolte sur deux : 20 à 2.3 hectolitres de grain par hectare doivent être regardés comme une bonne récolle; dans les années parti ulièrement favorisées, le fu'odnit peut s'élever au double. Celui du sarrasin, culiivé comme fourrage., est également variable : à terrain égal, Thaer la trouvé plus considérable que celui des vesces. Lorsqu'on enterre en vert., on fait agir la charrue a simple ou à double versoir. J. Yung.

Section vi. — Du Maïs.

Le Maïs {Zea Maïs, Linn.); en anglais, Maïze ; en allemand, Mays; en italien, Gran turco ; en espagnol, Maiz , vulgairement connu en diflerens lieux !^ous les noms de blé d Inde, blé de Turquie, blé d'Espagne, blé de Barbarie ou de Ùuinée. etc., paraît originaire des Deux-Mondes, ainsi qu'il ressort des pi-euves historiques que j'ai développées ailleurs.

§ i". — Usages.

Il n'est aucune plante d'un intérêt plus grand et d'une utilité plus générale que le Maïs. Il croit sous les tropiques, à côté du manioc et de l'ij^name, et ses épis féconds se retrouvent dans une grande partie des régions tempérées rivaux de ceux du blé. Il sert, sous un grand nombre de formes différentes, à la noui'riture des homn;es, à celle des animaux domestiques : — aux besoins de l'écouomie industrielle; — et il offre des ressources à la médecine hygiénique.

Stnis le premier point de vue, on utilise ses grains, \.àn\ài simplement grillés ou bouillis quelque temps avant leur complète maturité; tantôt réduits en farine et sons forme de pàte,d"une digestion facile, à laciuelle on a donné, selon sa consistance, le cnoix des assaisonnemens et le mode de préparatior), les nom^ de polenta, de gaude ou de midias; — d'autivs fois, sous forme de pain ou de gâteaux, avec ou sans mélange de farine de froment, de seigle, de sarrasin, de fécnle ou de pulpe de pommes-de- terre. — Siumis ;• la lèrnientation alcoolique, le mais peut remplacer l'orge ou le blé dans la

CUAP. 15'.

préparation de la bière.— OtJ en extrait, par infusion, apiès l'avoir torréfié, un breuvaj^e qui a l'appiMence du café, et donl lesChilitiis sont f rt avides. — Sous les Irupiques, la li^e de celte plante est tellement sucrée (pie les Indiens la sucent, connue dans d'autres lieux on suce la canne à sucre. — Le suc qu'on peut en extraire, après avoir fermenté, sert, en divers lieux, à la préparation de liqueurs spiritueuses ; el, si des ex|)ériences diverses n'ont pas encore suffisamment démontré (ju'il contienne une assez grande quantité de sucre poiM- pei-meltre de l'utiliser profitablement à l'extraction de ce précieux pioduit, on peut en retirer, en propoitioii notable, du vinaigre par la fermentation acide, ou de l'alcool par la distillation. Ajoutons que ce même suc concentré par une chaleur modérée, et étendu de beaucoup d'eau, fournit une boisson douce et rafraîchissante : midé avec du jus de groseilles, et sans addition de sucre ou de sirop, il donne un breuvage aussi sain qu'agréable.

Nous n'avons pas à nous occuper ici de l'emploi du maïs comme Jburraife ; sas ^vinns sont une excellente nouriilure pour presque tous les animaux ; — les chevaux s'en accommodent ft)it bien; — les porcs ne s'en dégoûtent jamais, et l'on sait combien les oiseaux d'étang et de basse-cour en sont avides.

On peut employer lesjeuilles dix mais pour la fabiicalion du papier.— En Amérique, on extraitdesesgraiiisune sorted'huile grassedans la proportion d'un litre environ par boisseau. — Dans le même pays, on lait de ses spalhes des chapeaux assez solides. — Ailleurs on en fait des nattes, ou en tresse des liens; — on en remplit les paillasses, matelas, coussins, etc., et ce dernier emploi ist d'un très-bon usage.

§ H — Espèces et variétés.

Nous cultivons depuis plusieurs années, dans le Jardin dont la direction nous l'st

Fig. 563.

DU MAIS. i97

confiée, quatre espèces de m^fs, dont la première seule a jusqu'ici fixé l'attenlioit d<'s cullivateurs européens. C.a sont : le Zen maïs, \.\n., foLits inlegerrimis{a^ feuilles entières) {fig. 563 et 564, ; — le Zea Curagua, Mol.,

Fig. 564.

foliis suhserratis (à feuilles denliculées); — le Zea hirta^ '^oh., /oli/s hirtis {a feuilles velues);—et \eZea erithrolepis, fioh., semifiibus compressis, glumis rttbris (à grains comprimés, à rafle rouge^.

Ces espèces, dont les caractères ne s'altèrent jamais au point de devenir méconnaissables, ont donné naissance, la première surtout, h \\n grand nombre de variétés Iransmissibles de semis, ou plutôt à une multitude de races qui diffèrent entre elles par la couleur, la (orme, le volume des grains, leur consistance, l'époque de leur maturité,ou par d'autres modifications plus légères, mais assez solides néanmoins pour se reproduire.— Les unes sont préférables à raison de la grosseur ou de la qualité des grains, les autres à cause de leur plus grand produit, de leur précocité ou de leur aptitude à résister au froid, à la sécheresse, etc.

Dans notre ouvrage, où sont figurées de grandeur naturelle et ref»résentées en couleur les principales variétés de mais, nous avons rangé ces variétés en trois sections basées sur la couleur des grains, caractère assez fixe lorsqu'on a so n d'éviter les effets de rh,>bridité si fréquente chez les végétaux monoïques.

A. variétés à grains roux,

1. Maïs d'août ou d'été, connu en Piémont sous le nom de melia ostenga ou agostana, dérivé de ce que cette variété, la plus généralement cultivée en Italie, y vient à maturité dans le mois d'aofit. Cent "épis produisent 20 à 24 livres de grains ; le poids moyen de réniine (23 litres) n'excède pas 49 livres. — La diiiée ordinaire de la végétation de ce maïs est de quati-e mois.

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