C. Variétés à grains rouges
21. Maïs rouge. — L'égrenage de 100 épis donne 30 livres de grains, et les 23 litres pèsent de 45 à 46 livres. Celle variété, aitihi qu'une sous-variété (|ui, à la couleur près, se confond avec le maïs à poulet, sont, l'une et l'autre, très-robustes, et mûrissent facilement dans les pa\s tempérés.
22. Maïs jaspé. — Le picduit de 100 épis est de 17 livres, les 23 litres pesant 46 à 47 livres. La maturité de son grain devanced'uuc semaine celle du maïs précédent.
§ III. — Choix du terrain et du climat.
A ne considérer le maïs que dans ses rapports avec la culture française, le choix du icrrainneal puisqu'une question secondaire, tandis que celui de la latitude en devient une de première importance. — En effet, celte céréale, (|ui aime de préférence un sol ai gilo-sableux et fraisdans le midi, sablo-argileux et lacile à é. hauffer vers le centre, s'accommode cependant des terres de toute nature, pourvu qu'elles soient suffisamment ameublies et convenablement fumées. On voit mûrir le maïs dans les p\a\nes quartzeuses de la Nouvelle-Jerse\ ; dans leterriloire de Car- Ihagène, en Colombie, trop humide pour que l'orge et le froment y viennent bien; dans les terres arides de la Carintliie. situées entre Trevise ei Bass^no. Jai vu celle plante prospérerau milieu des plaints sablonneuses qui longent l'.'^dour. Au pied des Pyrénées, les Basques l'ont acclimatée dans le sol /'/e/reM; qu'ils
CMAP. 1&*. DU MAIS.
habitent. Au-delà decesmonls, sa culture s'accommode des débris de granit et de schiste quiencoiubrentleterrain.On i'observesur les montagnes du Béarn, à une hauleur apprdxiinative de 3,000 pieds. Je 1 ai vue réussir aussi dans des terres ^/rii'e/eM.vev de l'Alsace, dans les terrains siliceux du pa^s dt- Baden el d;ins \ardoi.sc décomposée de quelques vallées de Maurit'une. Kn France, il serait facile d'ajouter à la masse de semblables laits, en prenant pour point de départ, au sud, les houlbènes et le> terres Jorts du l.angutdoc ou de la vallée de la Charente, et, au nord, les subies blanchâtres d'une partie de la >arlhe, où le maïs et le sarrasin semblent seuls, à coié des pins, pouvoir donner des produits quelque peu avantageux.
Quant au climat propre à laculture du maïs . on avait cru autrelois pouvoir tr.icer ses limites approximatives, par une ligne tirée obliquement à 1 équaleur, de la Garonne au Khin, de sorte qu'à l'est du royaume, cette céréale se sérail approchée du '19'' degré de latitude nord, tandis qu'à l'ouest, elle n'aurait guère dépassé le 45". — Mais on s'est aperçu depuis qu'on avait gratuitement refusé à celte dernière partie de la France un avantage dont elle peut jouir tout aussi bien que l'autre, et dont elle jouit en effet, puisqu'on cultive le maïs assez en grand pour l'engraissement des porcs el des volailles, jusqu'au nord des départemens de la Sarihe el de la Mayenne. — 11 yaqueiques années, la Société d'horticulture de Paris chercha à étendre la culture du maïs aux environs de cette ville, el son zèle ne lui pas sans récompense.ll est désormais hors de iloule que, dans les années fa^orabL .v, et en faisant choix des variétés, sinon les plus productives, au moins les plus précoces, on doit en espérer des récoltes avanla;<euses dans le département de la Seine.Malheureusement, ainsi posée, la question agricole ne peut être considérée comme résolue. Car, d'une part, il ne suffit pas au cultivateur d'obtenir «tc«/t'«^<»/- Icment de bons produits; et, de l'autre, lors même que ces produits ne seraient pas aussi casuels qu'ils le sont, il faudrait examiner encore si leur abondance et leur valeur les mettraient au-dessusdetous ceux qu'on pourrait demander dans les n)êmes circonstances, en même terrain. — Eu définitive, quoique nous voyons qu'il soit suscepiiblede mûrir ses épis, presque sur les cinq huitièmes de la France, nous ne pensons pas que le maïs devienne jamais, sous le 49'' degré, l'objet d'une culture éminemment productive.
§ IV. — De la préparation du terrain.
On conçoit, d'après ce qui précède, que cette préparation doit être infiniment variable, puisque l'uue des premières conditions de succès étant que la terre soit suflisammenl ameublie, le nombre des labours change selon sa nature, et il uevient impossible cle le préciser. — Il est telle localité où, comme en Lorraine, on en donne 3 : le 1"^ a\anl l'hiver, le 2' au printemps el le 3* directement avant la semaille. — Dans d'autres, comme la Bourgogne, la Bresse, etc., on eu donne 2 : le 1*' en décembre , le 2* à l'épo-
que dessemis; — enfin, il n'est pasrareqn'un seul labour suffise, mais alors ce ne peut être que dans un sol natiir*^llement b'ger; car ce labour,servanl à la fois à enterr er le fumier, à préparer la couche labourable, et à recevoir la semence, doit être peu profond, afin que les racines coronales puissent al teindre les engrais à mesure qu elles se développent.
Si ["épaisseur de la terre végétale é\n\[ habituellenientde 10 à M p()uces(27 à 30 cent.), on obtiendrait ainsi des produits infiniment plus abondansque lorsqu'elle n'est que de 7 on 8 po. (19 à 22 cent.). Mais il est bon de se rappelerce qui a été dit ailleurs, que la profondeur des labours doit toujours être propor ionnée à la quanlilé d'ent^rais. — Le maïs se trouve toujours assez bien de leur abondance, et s'aicommode parlaileiuent de leurs diverses sortes.— Il vient fort bien sur défriches. A mesure que les Européens ont pénétré dans les deux Amériques, sur les débris encore lumans des vieilles forêts, ils ont commencé leurs cultures par des semis de celle plante. — Les Brésiliens, sans aucun labour préparai© re, jettent les graines, pour ainsi dire, au milieu descendres. — Aucuneautre plante, si ce n'est la pomme-de-terre, ne réussit aussi bien aprè un écobuage. — Enfin, de toutes les céréales, c'est, ainsi que le démontre la pratique du Midi, celle qui peut succéder, peut-être avec le moins d'inconvénient et le plus de succès, au froment.
§ V.— Du choix et de la préparation des semences.
Le maïs, ainsi que le froment, conserve sa propriété germinatiue p\i\s longtemps qu'on ne le croit généralement. Des expériences que j'ai répétées sur plusieurs points, démontrent qu'en certaines circonstances, il peut germer après 10 et même 12 ans; néanmoins, je regarde commeprofilable de préférer les erains de l'année précédente à ceux de 2, et, a plus forte raison, de 3 ans.— Une dUtre précaution recommandée, et généralement suivie chez les bons eu Iti valeurs, c'est déviler de prendre ceux qui avoisinent la base et la sommité de l'épi, parce qu'ils sont toujours moins bien formés et moins gonflés de la substance farineuse qui doit lnurnir à la première nourriture de la jeune plante.
Le maïs étant sujet au charbon, Bosc avait proposé de chauler les semences avant de les mellre en terre. Depuis que cet agronome concevait l'espérance de voir ainsi diminuer la cause première du mal, quelques faits ont paru justifier isolement ses pré\isi(iiis. De nouvelles expériences auraieutdouc chances de succès.
La submersion des semences dans un liquide (pii puisse les /amollir et les disposer à une /dus prompte germination, esl surtout favorable au maïs lorsque la terre est sèche ou lorsqu'on emploie des grainssuranues, parée que ces derniers, toujours plus longs à germer que d'autres, couriaienl les risques de pourrir, sans une semblable précaution, qui aclive de plusieurs jours la sortie de leurgerme. Cependant elle n'est utile qu'autant que la terre estsulfisamment réchaullée po.r que la germination ait heu immédiatement; autrement, elle serait plut miiiùble qu'avanta*
400 AGKlClil/iLlŒ : bhS CEREALES ET geuse. — L'eau pure, élevée un peu au-dessus de la température atniosphériiiiie. à l'aide du soleil, nous a toujours paru suflire à celle opéra tiou.