‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 228 sur 304 · DU MA.IS · texte numérisé non relu

DU MA.IS

Fig. 667.

Fig. &66.

parcelles de l'épi, el les corps étrangers qui s"y trouvent mêlés.

Le moyen le plus naturel de conserver le nxiïs est de le laisser en épis, mais il peut dinicilement convenir aux pays de grande culture. — Lors donc qu'on a dégagé l«s grains delà rafle, les uns les serrent dans des greniers où ils les remuent de temps en temps; — d'autres les mettent dans des sacs, des coffres, des tonneaux. — En Toscane, en Sicile, à Malte et sur les côtes d'Afrique, on les enfouit, comme les grains de toute autre nature, dans des fosses souterraines, revêtues à i'intérieur de pailles ou de naltes de jonc, d'écorce, etc. — Chacun sait qu'un moyen trèspropre à prolonger la durée du mais consiste a le soumettre à uu degré de chaleur dont l'intensité, assez forte, à la Térité, pour détruire la vitalité du grain, paralyse en même temps les élémens de fermentation, et durcit assez la partie du grain enchâssée dans l'axe de l'épi, pour qu'il résiste à l'attaque des insectes. Malheureusement, la farine qui pro- Tient du maïs étuvé n'est pas d'une conservation plus longue que l'autre. On ne doit donc moudre ce grain que pour la consommation de quelques semaines. Plus la farine acquiert de finesse sous la meule, plus elle est susceptible de s'altérer.

§ X. — Des produits du maïs.

Si nous faisions, avec les voyageurs, des recherches sur les produits de la culture du ma/s dans les contrées méridionales, nous verrions qu'à l'aide des irrigations, on eu obtient sur le même sol au moins deux récoltes par an. C'est ce (jui a lieu dans quelques parties de l'E^cypte, et d'une manière bien plus marquée dans l'île de Cuba, où, au dire de M. Ramon de la Sagra, on voit se succéder jusqu'à4 cueilleltesde mais : la l'^en février,

la 2* en mai, la 3" en août, el la dernière en octobre.— Au sud del'Europe, il n'est pas impossible non plus, comme on peut le prévoir d'après ce qui précède, d'obfenir 2 récoltes, soi en faisant sur le même champ 2 cultures consécutives de mais précoce, soit en semant, en juillet, dans îes> intervalles des lignts de maïs ensemencées en avril; mais, d'une part, il faut beaucoup d'engrais pour réparer l'épuisement occasioné par cette production forcée, et, de l'autre, on chercherait vainement à l'obtenir hors de certains climats et de certaines positions favorisées par la proximité des eaux. — La multiplicité des recolles de maïs n'est pas le seul avantage des pays aussi heureusement situés : leur abondance en est un non moins grand. — Dans quelques parties de l'Amérique du sud, il est des lieu?:, dit M. de Humboldt, où l'on regarde comme médiocre une culture de cette grnminée, qui ne rend que cent trente à cent cinquante fois la semence.

D'après nos calculs, le produit ordinaire étant de deux épis dans les bons terrains, et d'un seul dans les médiocres , chaque épi contenant approximativement 10 à 12 rangées, et chaque rangée 30 à 40 grains, on obtient quelquefois en Piémont jusqu'à 180 pour un. — Toutefois, la récolte moyenne du maïs, dans ce même pays, nest que de GO p. 1. En réduisant encore ce total, on trouvera toujours que, partout où le maïs prospère, il est de toutes les céréales celle uni donne les plus aboudaus produits. 3Iatlli. Bomafous.

Section vil. — Du Millet et du Sorgho,

'Lq. Millet ow Panis {Panicum, Lin.); en anglais, Millet; en allemand, A///»-/-; en italien, Panico et Sa^eno, et en espagnol, Alcaudia, n'est cultivé un peu en grand que dans quelques-unes de nos provinces méridionales.

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On fait enlrer ses graines tlaos la confection lin pain ; on les mange à la façon du riz, «Miites clans du bouillon ou du lait ; on les t inj)loie à la nourriture de tous les animaux domestiques. — Ses feuilles sont avidement recliercliées par les bestiaux: — enfin, ses tiges sèches servent à chauffer le four.

Il existe trois espèces principales de Panis : le commun {Panicuni muiacc um, L\n. ) ; — le Millet d'Italie (P. Italicuni), et le Moha {P . ^ermanicum)^ que l'on cultive à peu près de la même manière, et dont les produits sont peu différens. Cependant le dernier, généralement préféi'able aux deux autres comme fourrage, est moins productif en grain (wv. le chap. Plantes fourragères^.

Le Millet commun {fig. 568) se dislingue

Fig. 568.

T DK LKLK CULTLMlESi'I.ClAJ.K. i iv. i"

1 smf

facilement du Millet d'Italie (J!g. .369). — Le premier porte des panicules volumineuses à longues ramifications, lâches et pendantes au sommet; la gaine de ses feuilles est hérissée et couronnée de poils à son orifice; ses graines sont blanches, jaunes ou noirâtres dans diverses variétés. — La seconde espèce a ses fleurs disposées en un épi serré, cylindrique, et à ramificahons si courtes qu'elles sont sensibles a la base seulement; les feuilles sont moins larges, moins longues, et ordinairement moins velues. — L'un et l'autre sélèventaSou 4 pieds (!■" ou 1 " 299). Quant au Moha {fig. .570;, il se rapproche beaucoupdumilletd'Italie. Sonépi estcependant généralement plus court, ses tiges plus grêles et plus nombreuses.

Tous les millets aiment une terre légère, mais substantielle, profondément ameublie par plusieurs labours, et richement fumée.

Dans les sols pauvres ou arides, ils ne donnent que peu de tiges et des épis peu chargés de graines ; — dans les sols humides, sans chaleur, ils pourrissent promptement par les racines.

Les millets, supportant mieux la chaleur et la sécheresse que la plupart de nos autres céréales, sont propres à succéder en seconde récolte à celles qui cessent d'occuper le sol à la fin du pnntemps ou au commencement de l'été, et à remplacer les cultures printanières détruites par quelques accidens. — IVous verrons qu'on peut aussi en tirer un parti avantageux conune fourrage.

Vers le centre de la France, dans l'appréhension des gelées, dont ces plantes ne peuvent supporter la moindre atteinte, on ne les sème que dans le courant de mai. — Plus au sud, il faut devancer cette époque, afin de* proliter de l'humidité accumulée dans le sol pendant l'hiver. Lorsqu'on n'opère pas par un temps de pluie, la graine des divers millets étant fort dure, il est avantageux de ia faire tremper pendant 24 heures dans de l'eau à une douce température.

Les semailles se font à la volée ou par lignes plus ou moins distantes, selon le développement que doit prendre chaque touffe, eu égard à la qualité du terrain. — En général, l'espace réservé d'un pied à l'autre est de 10 à 1.3 po.(0"* 271 à 0"" 298) environ.

Quelle que soit la manière dont on aura semé, on devra plus tard éclairctr, sarcler^ biner et buter d'après les mêmes principes que ceux qui ont été exposés en parlant du mais. Par cette raison, pour faciliter le travail de la houe à main, les semis en ligne doivent être préférés. S'ils exigent, lorsqu'on ne possède pas un bon semoir, un peu plus de temps que les autres, cette légère dilference est largement compensée plus tard par la plus grande facilité, la rapidité des sarclages et des butages, la perfec-

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lion du travail, et, en définitive, par l'abondance des récoltes.

On reconnaît que la plante approche de sa maturité à son changement de couleur. Les épis deviennent alors jaunâtres comme les graines; si Ton attendait pour les recueillir que ces dernières fussent toutes parfaitement iijùres, on en perdiait une grande quantité; aussi la récoke ne doit pas être dilférée jusque là.

On coupe les épis à un pied de leur base, et on les suspend clans un endroit aéré et sec, jusqu'à ce que la maturation soit complète; puis on les égrène à la main ou on les bat avec un fléau, et on les nettoie comme le blé.

Le produit en grain des panis est considérable.Malheureusement, leurq'ialité, comme substance propre à la nourrilurcde Thomme, n'est pas, à beaucoup près, en rapport avec leur quantité.

LeSORGHO(//b/c«.y .S'o/-^/(«/7/, Lin.); en anglais, Millet ; en allemand, Hirse ou Sorgsanien; en italien, Sorgo, et en espagnol, Jlf«M£^/a(/z^.571), est, comme onlevoitparcette Fig. 57L

synonymie, souvent confondu avec le millet, dont il diffère, du reste, assez peu par ses usagv's économiques sa culture et ses produits.—Sa lige forte, roide, analogue à cell« <Iu maïs, dont elle se dislingue cependant par sesmoindresdimensions, s'élèveà la hauteur de .j ou 6 pieds (1 à 2 met.). Ses feuilles sont plus K-u'ges et plus longues que celles dc-s millets. Ses fleurs et ses graines sont disposées, à l'extrémité des tiges, en larges pa-

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