DES POMMES-DE-TKRKÈ
chez les peuples qui se sont acquis une juste célébrité daus Ja culture des porumesde-lerre.
1" PotJtnics-ae-terre saxonnes.
J^9 grosse pomme. Tiges creusées par 3 sillons longitudinaux; ailes déciirrenles peu prononcées; feuilles cordifornies, mais spatuléesavanlla floraison; fleurs très-blanches, en grosses houppes; tubercules ronds et aplatis. C'est une des plus productives; les tiges s'élèvent à 5 pieds.
L'dJm'ne.Ce qui la distingue, c'est qu'après avoir été gelée, elle peut encore servir à la reproduction.
La corne bleue. Fécule bleue passant au violet par la cuisson,
2° Pommes-de-terre néerlandaises .
JjA jaune d'août {Jemmapes). Très-hâtive; tubercule oblong; se cultive bien en seconde récolte.
Le bloc jaune {frise). Très-productive et très-grosse.
La neuj-semaines. Parcourant en tràs-[)eu de temps la période de sa végétation.
La bocine ou supérieure. De très-bonne garde.
Z° Pommes-de-terre anglaises.
Ox noble. Tardive, productive et vigoureuse.
La Ca^forèe/y. Tardive ; tubercule gros, jaune, long et lisse.
La champion. Belle espèce ; tubercule gros et jaune.
4" Pommes-de-terre suisses.
Pommes-de-terre de Rohan. Nous devons encore citer cette variété toute nouvelle, découverte, par M. le prince de Rouan, près Genève, qui l'a communiquée à MM. Jacque- MET-BoNNEFOîVD, pépiniéristcs à Annonay, lescpiels en ont adressé aux Sociétés d'agriculture et d'horticulture de Paris. Ses cpialités ne paraissent pas très-bonnes, mais elle produit immensément; ses tiges atteignent G à 7 pieds, et ont besoin d'êti-e soutenues.
Ce n'est pas tant le volume ni le poids absoluqu'il fautrechercher dans le choix d'une variété de pommes-de-terie, que la quantité de substance sèche qu'elle contient ; car c'est cette dernière partie seule qui est alimentaire, le reste n'est que de l'eau. Koeute, qui s'est beaucoup occupé de ce travail, et qui a examiné sous ce rapport 55 espèces de pommes-de-terre, a trouvé une grande différence dans la proportion de substance sèche contenue dans la même espèce de pommes-de-terre, suivant qu'elle avait été récollée à <les degrés diMérens de maturité. En résumant toutes les <lonnées que lui ont l'ournies ses recherches, on voit que des tubercules arrivés à une matjrilé complète ont réalisé une proportion de substance sèche qui va de 30 à 32 1/2 p. 100, tandis que ceux «ont la maturation n'avait pas été achevée ne pesaient, après complète dessiccation, que 24 p. 100 du poids primitif. 100 parties de tubercules ordinaires contiennent, en
moyenne, 24,89p. 100 de matière solide; .t dans celles-ci se trouvent compris 11,25 p. 100 de lécule.
Pour apprécier avec assez d exactitude la cjuanlité de matière solide (\\\{i contient une espèce de pomnie-de-terre, on en prend plusieurs tubeicules qu'on débarrasse de toute terre adhéreuic. On les pèse et on note le poids. On les coupe en tranches et on les fait sécher dans un lieu dont la température soit de 25 à 30 degrés. Lorsqu'après les avoir pesées à plusieurs reprises, à des intervalles d'une heuie, ils n'éprouvent plus de diminution, on note le poids et ou établit la proportion.
Le choix et la convenance des variétés sont encore subordonnés aux circonstances daus lesquelles on se trouve. En général, on peut se guider d'après les principes suivans : l°Dans les terrains argileux, ytré lérer les variétés hâtives et dont les racines s'étendent peu. — 2" Dans les terres sablonneuses ei chaudes cultiver les variétés tardives et dont les tubercules descendent à une grande profondeur. — 3° Dans les marais froids, on cultivera les variétés hâtives et dont les tubercul»;s iront chercher leur nouiriture à une glande distance. — 4° Pour la consommation des villes, on peut cultiver des variétés peu productives à la vérité, mais qui, en raison de leurs qualités pour les apprêts culinaires, atteignent un prix élevé. Elles seront hâtives; leur périphérie seia lisse, sans aniractuosités, alin qu'on puisse les peler sans déchet considérable et sans perdre beaucoup de temps.
§ m. — Du sol et du climat.
Il s'en faut de beaucoup que tous les terrains, que toutes les positions agricoles permettent de cultiver la ponime-dc-tcrre sur une grande échelle. Cette plante produit d'abord des tubercules qui n'ont qu'une ti-èspetite dimension, et sont très-mous. Si, dès leur formation, ils rencontrent une terre dure, sèche, impeitnéable aux influences atmosphériques, leui" accroissement est contrarié; ils se didorment. Il faut donc placer les pommes-de-terre dans un champ qui soit assez poreux pour j)er«ieltre aux protluits de se multiplier et de se développer. In soi argileux se laisse diflicilement travailler pendant l'été; or, celui qui a lu attentivement ce que nous avons dit de l'influence des façons d'entretien sur les récoltes sarclées, n'hésitera pas à renoncer à la culture de cette plante dans une situation où il serait dans l'impossibilité de donner ces menues cultures. Une autre raison vient encore confirmer et' [jriruipe: on sait (jue dans un sol oii se trouve une forte portion d'ai gile, les plantes nuu'issent bien plus tard que dans ceux où domine la silice. Ce même terrain demande à être, à l'automne, ensemencé pUistôtqueles autres, parce c|u'une fois les pluies arrivées, la charrue ne peut plus y fonctionner. Si l'on y mettait des pommcs-de-terre, elles n'atteindraient un degré suffisant de maturité qu'à une époijue si avancée, que les travaux d'ensemencement ne seraient plus possibles.
4is0 AGRICULTURE : DF.S FIANTES
Cttle considération doil attirer siirîoiil l'attention des culiivatenrs (|ui habitent le nord, on la période cultiirale est heanconp plus restreinte que dans le midi.
il ne faut pas conlondre uu sol argileux dans soQ état normal avec un sol marneux. Celui-ci parlicipi! dcj qualités des suis sableuxel de celle des sols argileux, et se Irouve être, dans bien des cas, le plus favorable à la production desponinies-de terre, pourvu que Télément calcaire y soit dans une pro()ortion sensible. vSi la chaux devient pi-édi)niiiiai!te. le sol n'est plus [)ropre à cette culture que dans quelques circonstances qui n'arrivent que de loin eu loin, comme après un défrichement de sainfoin.
Une humidité surabondante est encore plus nuisible aux pommes- de-terre que la séche-
CULTIVEES EN CxRAND. i.iv. i^^
resse. Dans ce dernier cas, la récolte peut être quelquefois réduite à fort peu de chose, il est vrai; mais dans un sol où l'eau demeure stagnante, les pommes-de-terre qui ne sont point pourries se conservent avec beaucoup de peine, et ont des propriétés nuisibles sur la sauté des èlres qui les consomment ; dans plusieurs circonstances, elles ont occasioné des épizooties qui ont causé des ravages incalculables. La surabondance (ihuniidité dépend souvent du sous-sol plulot que du sol lui-même. On devra donc avoir égard, non seulement à la superficie, mais encore aux couches subjacenies.
Pour fixer les idées sur ce point, je donne la composition chimique des sols qui, dans la plupart des cas, conviennent di la culture des pommes-de-terre.
SOL
Glaizo-calcaire
Vrgilo -calcaire
Loameux-argileux f ordinaire.
et sableux. . . .t calcaire. .
Siliceux I ordinaire.
l /;alcaue. .
Marneux
Calcaire