‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 281 sur 304 · DES DIVERSES PLANTES FOURRAGERES · texte numérisé non relu

DES DIVERSES PLANTES FOURRAGERES

Fie. G 15. moins abondant, il [)o,ssède en compensation

la propriété de mieux réussir sur les terrains élevés, de qualité même médiocre. On le voit souvent croître spontanément dans les champs cultivés. Après la moisson des céréales, il procure aux troupeaux un pâturage excellent. — Yvaut s'est bien trouvé de le mêler parfois à des trèfles et à d'autres prairies artificielles.

Le Fulpingenouillé^Alopecurusgeniculatus, Lin.) [fîg. 647), vivace, a les panicules plus courtes que les deux espèces précédentes;sa couleur est d'un vert plus franc;— ses fleurs, quelquefois tout-à-fait glabres à la base de l'épi , sont légèrement velues à la sommité, — ses tiges sont fortement genouillées.

Ce vulpin, qui croit naturellement au bord des étangs et dans beaucoup de lieux humides, est particulièrement propre aux terrains marécageux. Son fourrage est de meilleure qualité que celui de beaucoup d'autres plantes de semblables localités. Les vaches,

les bœufs et les chevaux s'en accommodent et s en trouvent fort bien.

Fléole [Phleum). Glumeà deux valves ti'onquecs et surmontées de deux pointes, à «ne seule fleur; — balle plus petite que la glume. {Poy. les (léiails de la fig. 648.)

J'ièule (lc.<ifjrcs{Phlciim pratense, Li n .), 77j/mothj (lei> Anglais, /('«M, etc. [fig. 648), vi- Fiir. 648.

La rapidité avec laquelle il accomplit les diverses phases de sa végétation, rapidité si grande qu'il n'est pas rare de le voir épiller deux fois la même année, lorsqu'il a été fauché de bonne heure une jiremière fois, rend assez difficile de l'allier avec d'autres gramens ; cependant il en est, tel que le raygrass, la houque et diverses bonnes espèces, qui arrivent a leur point de fauchaison lorsque les liges du vulpin des prés sont encore succulentes.

Cet excellent fourrage aime la fraîcheur autant qu'il redoute une humidité stagnante. Il convient parliculièrement aux prés bas, aux étangs desséchés, mais il s'accommoderait fort mal des fonds marécageux. — Il ne redoute nullement les froids de nos climats, aussi peut-on le semer de bonne heure eu automne ou au printemps. — M. Vilmorin recommande de répandre environ 20 kilog. de graines par hectare.

Le Vulpin des champs {Alopecurus agrestis Lin.) {fig. 646) est vivace. Il se distingue fa

Fi g. 646.

cilement du précédent, non seulement à ses glumes absolument glabres, mais à la simple inspection de sa t)anicule cylindrique , )eaucoup plus grêle et plus alongée,qui prend souvent une teinte d'un vert purpurin. — a glume; — b balle extraite de la glume et vue au momeul de la floraison.

Il s'élève communéaicnt moins, mais il lalle peut-être plus encore que le vulpin des prés, et s'il donne en définitive un fouirage

vacc; sa lige, articulée, droite, feuillue, s'élève au-delà de 3 pieds (1 mètre); — !'

AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGÈRES

Liv. r

lyndrique, grêle et serré, est long d'environ 4 pc; — les balles sont petites, blanches à l'extérieur, vertes sur les côtés.

Ce gramen, justement vanté par les Anglais à cause de l'abondance de ses fanes et de la bonne qualité de son fourrage pour les bestiaux de toutes sortes, a depuis longtemps été semé isolément pour en faire des prairies artificielles. — Il se plaît de préférence et donne ses meilleurs produits dans les terrains humides, quelle que soil d'ailleurs leur conn position, argileuse, sableuse ou même tourbeuse. — « Dans les terres sablonnenses de Bonny (Loiret), j'en ai vu, dit M. Vilmorin, des pièces excellentes chez feu M. le comte de Chazal, qui en obtenait depuis lOOt) jusqu'à 1400 bottes de 5 à 6 kilog. par hectare. Le foin de cette plante, quoique gros, est très-bon. Le thimothy étant une des graminées les plus tardives, si on l'emploie pour former le fonds d'une prairie permanente, on doit éviter de lui adjoindre les espèces très-hâtives. Les agrostis, les féluques des prés et élevée, sont celles qui, sous ce rapport, iraient le mieux avec lui. — On peut encore employer très-avantageusement le thimothy en pâture, même sur des terrains médiocres, pourvu qu'ils aient de la fraîcheur; M. de Chazal en faisait également un grand emploi de cette manière. — La graine se sème en septembre et octobre, ou en mars et avril, à raison de 14 à 16 livres par hectare.»

La Fléole noueuse {Phleum nodosuni, Lin.) est facile à distinguer j)ar ses racines bulbeuses, par ses tiges remarquablement coudées aux articulations, par sa panicule plus courte et ses glumes parfois purpurines encore plus distinctement ciliées.

Cette espèce, qui se plaît dans les mêmes terrains que la précédente, n'est ni plus précoce ni aussi productive.

Phalaris {Phalaris).G\wme uniflore, à deux valves égales creusées en nacelle, et non tronquées comme dans le genre précédent ; — balle à deux valves inégales, pointues et de moindre longueur que la glume; — fleurs en panicule ou sorte d'épi cylindrique. (Foj. les détails de la fig. 649.)

Phalaris roseau {Phalaris arundinacea, JJn.), Ruban d'eau; — Rubanier; — Alpiste roseau, etc. {fig. 649), vivace; tiges droites de 4 à 5 pieds, poussant facilement des racines de chacun de leurs nœuds; — feuilles lisses, larges et longues; — panicules blanchâtres nuancées de violet. 11 existe une variété bien connue par ses feuilles rubanées de vert et de blanc.

Quoique cette belle graminée ait en quelque sorte l'apparence d'un roseau, elle en diffère cependant essentiellement par le fait. Ses tiges, dans leur jeunesse, produisent sous la faulx un fourrage tendre et nourrissant. — Elle abonde à la vérité dans les prairies humides eu arrosées de la Lombardie, de la Suède, et on la retrouve fréquemment en France dans des lieux analogues ou sur les bords des fleuves; mais, bien qu'elle ne croisse spontanément que dans les terrains presque aquatiques, des expériences récentes dues à MM. Vilmorin, dans le Gâtinais, Jacquemet-Bonnefonds , [)rès d'Annonay, et Descolombieks, aux environs de

Fig. 650.

Moulins, ten dent fortement à faire croire que la même plante peut utiliser des terres calcaires assez maigres , des terrains granitiques très secs, et qu'elle résiste même

mieux que beaucoup d'autres à des étés peu pluvieux.

Le Phalaris, ou Jlpiste des Canaries {Pha' laris canariensis. Lin.), dont il a été parlé ailleurs sous d'autres rap ports (/^oj.pag.

410 et y?^. 650,, peut aussi servir de fourrage.

Les chevaux s'accommodent assez bien de sa paille fauchée après la maturitédesgraines, quoiqu'elle soit en cet état dure , et qu'elle doive communément être préalablement brisée. En Angleterre, où os cultive çà et ià celte plante pour sa graine, et où on la regarde sous ce

point de vue comme une récolte fort incertaine, eu égard au climat, on se console en partie de la voir manquer, parce qu'elle donne toujours au n)oins un foui rage vert plus estimé, d'après Loudon, que celui de tous les autres végétaux culmifères.

Le Phalaris Fléole ( Phalaris phleoïdes. Lin.) est beaucoup moin élevé que le rubanier ; — ses feuilles sont larges et courtes; — ses fleurs, réunies en une sorte d'épi grêle assez semblable à celui de la fléole des prés, mais dont les épillels sont portés sur des pédoncules rameux. — On le rencontre ordinairement sur les terrains élevés et peu fertiles; aussi est-ce en pareille situation qu'on peut recommander de l'utiliser.

Il fournit un herbage recherché de tous les bestiaux, et surtout des bêles à laine, qui le broutent avidement sur les pâturages où ils le rencontrent encore jeune.

Panis (ParticwOT). Glume uniflore, bivalve, à la base de laquelle se trouve une troisième valve {\lacé<î en dehors du côté plane de la

fJlAP. tS'

DES PRAIRIES

fleur. — fleurs en panicules. {f^oy. la fig. suivante.)

Le Punis élevé {Pamcum altis.ùmum. Vil m.), Herbe de Guinée (fig, 650i vivacc, a les liges

droites, lisses, marquées d'une nervure longitudinale blanche, s élevaiit parfois à plus de 4 pieds; il forme des touffes fort larges d'un vert gai ; — sa panicule est lâche, alongée ; — ses fleurs verdàtres.

L'herbe de Guinée est fort estimée en Amérique comme fourrai;e. Il y a longtempsqu'on a cherché à l'introduire en France, oii elle a été plusieurs fois confondue avec d'autres panis; mais ce n'est que depuis une quinzaine d'années que les essais sont devenus fructueux, puisque jusque là ou n';ivait pu parvenir à la faire giainer. Maintenant, la plupart de ses graines arrivent à maturité; et le petit nombre de celles qui sont feitiles se r-ssèment et lèvent foit bien d'elles-ruêuies, non seulement dans nos dé partemens méridionaux, mais sous le climat de Paris. — (le n'est que la seconde annéeque chaque touffe accpiiert toute sa force. Elle est alois tt'lleiitent féconde en tiges eten feuilles, qu'elle présente une masse on peut dire extraordinaire d un fourrage particulièrement propre à être donné en verl aux chevaux, aux vaches et aux hœul's. C'est une excellente acquisition pour nos pays.

En Amérique, c'est par la division et la plantation des touffes qu'on multiplie fré- (luemment celte graminée , afin d'avancer aune année le moment de ses plus riches produits. Le même mode pourrait être adopté en France. — Quand on veut semer, ce ne peut être, dans nos régions du centre, avant la fin d'avril ou le courant de mai ; encore choisit-on une exposition chaude et abritée. — Si l'on semait en place, ce devrait être fort clair; mais, jusipià présent, dans la crainte de compromettre l'avenir de cultures encore si précieuses, autant (jue pour régulariser mieux leurs résultats, on repique en juin chaque plant, en rayons espacés les uns des autres de 12 à 15 po. (0 .n. 32.5 ;\ 0 m. 406).

Le Panis ou Millet cC Italie {Pamcum ittilirum, [,in.), voy. p. 404, fig. 569, — et le MiLlet à grappes ou commun{Panicum r/ii^iaccuni, i'\n.), voy. mêmepag..fig. 568,— .sont plutôt cultivés pour leurs graines que pour leur fourrage.

ACIUri LTUUE.

Cependant, semés épais en terrains légers et à exposition chaude, ils produisent un fort bon fourrage vert réservé, dans quelques contrées, pour les vaches laitières dont il augmente et améliore les produits.

Le Moka, Millet de Hongrie {Panicum altissinium, ■\Villd.),dont il a été parlé aussi {voy. pag. 404, fig. 570), est cultivé depuis quelques années sur divers points de la France, notamment à la ferme-modèle de Grignon.

'Vantée d'abord outre mesure, celte espèce, étudiée depuis comparativement avec celle d'Italie, s'est cependant montrée constamment supérieure comme fourrage, parce que ses tiges sont à la fois plus nombreuses et plus minces. Le moha esltrès-fourrageux sur les fonds légers et substantiels de nature sableuse ousabl o-argileuse. IM. Vilmorin a éprouvé que dans les terres calcaires, même d'assez bonne qualité, il ne donne pasàbeaucoup près d'aussi riches produits.

La culture de ce millet ne diffère en rien de celle des autres. Il aime des champs richement fumés. On l'y répand à la volée de la fin d'avnl au milieu de mai.

Paspale {Paspalum). — Ce genre diffère du précédent, dont il se rapproche sous divers autres rapports, par l'absence delà troisième valve qui caractérise les panis. ( Voyez les détails de la figure suivante.)

Le Paspaie stolonijère {Paspalum stoloniferum., Bosc ; — Milium latijolium., Lin.) ( fig. 652), vivace, est une plante du Pérou que Bosc a fait

connaître en Fig. 652.

France et recommandée à l'atlentiondes

cultivateurs du midi du royaume comme un excellent fourrage; elle existe depuis longteui|)sdans les carrés du Jardin ties plantesdeParis.oii elle ne donne malheureusenienl ((ue peu

de g:aines , parce qu'on ne doit la semer ([ue tard,

et que les

froids arrêtent !-a végétation avant l'entière maturation.— «Cette espèce, (lisait l'agronome que je viens de citer, est vivace, s'é'lève de 2 à 3 pieds, et chacun de ses nœuds inférieurs prend successivement racine, de sorte que, dans le courant d'une année, une seule gi'aine peut fournir de quoi couvrir plusieurstoisescarréeseu fourrages; ses feuilles larges sontsi tendreset si sucrées, ainsi que les liges, que j ai trouvé du plaisir ;i

lesmâcherOn peutsans doute les couper trois

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