‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 282 sur 304 · LIV. I · texte numérisé non relu

LIV. I

OU quatre fois l'année dans les parties méri dionaies de la France. »

Agrostis (Jgrostis)^ genre très -nombreux <^ue M. DE Candolle a divisé en deux sections;— l'une dont toutes les espèces se rapprocheraient beaucoup dos pàturins, si leurs épiliets n'étaient uuiflores ; tels sont les j4 gros tis vulgaires, stolonifères, etc. i — l'autre à balles, portant une arête sur le dos et bflrant par conséquent plus de rapport avec les avoines, dont elles diffèrent également par leur fleur unique, comme les Agrostis paradoxa, rubra, etc.

\J Agrostis vulgaire {Agrostis vulgaris) (Jîg. 653). vivace, a les tiges longues de 1 a 2

Fis. 653.

Fig. 654.

pieds, assez droites; les téuiiles peu longues ; — Ja panicule finement ramifiée , ovoïde, de couleur violàtre ou roussâtre , et à pédicules sensiblement plus alont;és que dans l'espèce suivante.— Elle est également commune dans les prés, les bois et les

champs. Sou fourrage est fin et délicat.

h' Agrostis stolonifère ou traçante ( Agrostis stolonijera. Lin.) {fg. G54), vivace , a des tiges

nombreuses, couchées , rameuses à leurs bases, et j;oussant des racines de lousles nœuds qui se trouvent en contact avec le sol.Cetteplante, vulgairement connue sous les noms de T rainasse.Terz-e nue, etc., n'est autre /j chose que \e Florin., ou du moins qu'une variété peu distincte du Florin tant vante des Anglais.

D'après Georges Sinclair , c'est \' Agrostis stolonlfera latifolla. Chez M.

Vilmorin , on cultive sous le nom de Florin deux variétés , l'une dont les panicules étalées au moment

de la floraison se resserrent ensuite, l'autre dont les |)auicules restent toujours ouvertes. Toutes deux ont des dimensions |)lus fortes (pie notre Agrostis stolonlfera. — Dans les cliauips, cellt; plante esta bon droit redoutée des cultivateurs.— Comme fourrage, attendu qu'elle a la propriété de croilre sur presque tous les mauvais terrains de nature fort diverse, et notamment dans les localités tourbeuses, l'roidts, humides, et qu'elle procure un loin de bonne qualité, on peut en tirer un parti avantageux.

Sa graine est si fine qu'il ne faut presque pas la recouvrir et qu'on ne doit pas en répandre au-delà de 4 1,2 à 5 kilog. par hectare. —Ou peut la semer en septembre ou en mars.

En Angleterre, on propage généralement le fiorin en éclatant ses touffes ou même à l'aide de ses tiges non enracinées. Pour cela, après un labour préalable, on creuse à 9 ou io pouces de distance les unes des autres de petites rigoles de moins de 2 pouces de firofondeur, au fond desquelles on étend longitudinalement les liges de manière que leurs extrémités se touchent. — On recouvre au râteau et on roule la surface du sol. — Six mois après elle se trouve verdoyante, et si cette sorte de bouturage a été fait de bonne heure au printemps, on peut compter sur une abondante récolle en automne.

Quoique j aie dit que cette plante s'accommode de presque tous les terrains, elle croît beaucoup moins dans les localités sèches et élevées ; là on ne peut guère espérer la faucher, mais elle produit encore, ainsi que la suivante, un bon pâturage.

\J Agrostis (f Amérique {Agrostis dlspar., W\c\\.){fig. 65.!>) , vivace, a, comme l'espèce précédente, la tige élevée et un peu dure; — sa panicule lâche, forme une pyramide régulièrement verticillée. — C'est le

Herd - Grass, herbe aux troupeaux , ou le

Red-top-grass des Etats-Unis , où elle produit sur les terrains

humides et

tourbeux un fourrage abondant et de bonne qualité. Dans les essais qui ont été faits en France, notamment par IVI. Vilmorin, pour y propager cet agrostis, il atrès-bien réussi sur des terres sanlo-argileusesetmême

calcaires fraîches, sans humidité. Comme en Amérique, il y donne des masses de fourrage considérables.

A cause de la très-grande finessedelagraine

cn\r. 18'. DKS PU

et de la lenteur (lu premier développement de la plante, on a proposé de la repiquer comme nous avons vu qu'on le fait pour quelques autres espèces, et c'est d'autant plus facile pour celle-ci que ses touffes tallent considérablement, et qu'on peut en diviser une seule en une foule d'éclats. — Si l'on aime mieux semer, il ne faut répandre que 7 à 8 livres de semences par hectare et les recouvrii- fort peu.

l'AgroKtifi des chicnx {Agrostis canina, Lin.) s'élève à peu près à la même hauteur que le précédent; ses Ceuillessont plus longues, mais moins nombreuses sur chaque tige. Il appartient à la section dt's agroslides fausses-avoines. Je Tai vu parfois réussir passablement sur des sols assez secs, quoiqu'il préfère les prsuries basses et humides. — Selon qu'il occupe la première ou la seconde position, il donne un foin remarquable, comme celui du florin, par la propriété qu'il possède de conserver longtemps sa fraîcheur après avoir été fauché, ou procure un fort bon pâturage pour les moutons.

UJg-rostis paradoxale {Jgrostis paradoxa. Lin ) s'élève davantage que les deux précédens. Dans les localités abritées des provinces du midi, où il croît spontanément, telles que la Provence. l'Hérault, etc., il est trèsfourrageux; aussi suis-je disposé, en consultant nies souvenirs, à croire avec M. Boitard, qu'il serait plus productif que la plupart de ses congénères. — Son foin, quoiqu'un peu dur, plait aux chevaux et aux ruminans. — Cette plante, particulièrement pro[)re à nos contrées méridionales, se trouve cependant aussi dans celle du centre, et il serait facile et utile de l'essayer au moins en petit.

Jusqu'ici, sans exception, toutes les graminées dont j'ai parlé sont à épillels uniflores. On pourra facilement en distinguer les genres suivans, dont les épillets, également disposés en panicules, sont à plusieurs fleurs.

Sorgho {Sorgnum vulgure, Wild. — Holcus sorghurn^ Lin.)(/^or. pag. 405,7?^. 57t). FTeurs géminées, l'une mâle ou stérile, et l'autre hermaphrodite, dont la glume est à deux valves, et la balle à trois valves, la seconde aristée, la troisième portant un nectaire velu.

Lorsqu'on se propose de cultiver le sorgho comme fourrage, on le sème presque toujours à la volée, et très-épais, dès que les gelées printauièies ne sont plus à craindre. — D'autres fois, après l'avoir semé en ligne ou a la volée, on éclaircit progressivement les pieds de manière à ne laisser en délinitive sur le terrain que ceux que l'on destine à donner leurs graines. — Il n'est pas difficile d'obtenir ainsi, sur de petites étendues de terrain, deux récoltes dift'éient(!S, l'une et l'autre assez productives dans les climats méridionaux.

Le sorgho coupé ou arraché en vert avant que ses tiges deviennent dures, est un excellent fourrage pour tous les ruminans, mais surtout pour les juineus iiouri-ices, les vaches laitières et tous les jeunes animaux.

HouQUE (Holcus). Glume bivalve, tantôt a deux, tantôt à trois fleurs, dont une ne contient le plus souvent que des étamines; — balle à deux valves dont l'extérieure porte sur le dos uoe courte arête, sur l'une des

Fig. 856.

Air.U'.S. 409

fleurs seulement, (^o/. les détails de Xa^fg. suivante. )

La Houque laineuse {Holcus lanatus^ Lin.) {fig. 6.56), vivace, se distingue au p/emier abord par le du- "'

vet cotonneux qui abonde sur la gaîne des feuilles : — la couleur blanche ou violàtre de la panicule, et la disposition particulièrement velue de ses glumes ; — ses feuilles sont larges et tendres ;-- ses tiges s'élèvent peu dans les lieux arides, mais elles atteignent près d'un mètre dans les prés bas qui paraissent lui convenir de préférence. Elle fait le fonds des meilleures prairies d'une partie du centre de la France, où je l'ai vue fort belle, même dans des terrains très-secs, tels que beaucoup de ceux des environs de Paris.

Les personnes qui ont entrepris de la cultiver seule, et qui nont pas craint de bien préparer le terrain, ont toujours obtenu des résullats fort satisfaisans. — On peut aussi mélanger la houque à la plupart des autres gramens, sans craindre qu'elle ne les devance ou ne reste beaucoup en arrière à l'époque de la maturité, parce qu'elle tient le milieu entre les espèces tardives et hâtives, et qu'elle a d'ailleurs l'avantage de se conserver encore verte et succulente quelque temps après la fructification. — Toutes ces circonstances réunies en font une de nos plantes les plus précieuses pour la formation des prés et des pâtur.^ges; — ajoutons qu'elle convient à tous les bestiaux.

La Houque molle {Holcus mollis , Lin. — Jf.'ena mollis., D. C.) {Jîf^- 657), vivace, quand on la voit en panicule, Fig. 657.

a im aspect fort différent de la précédente.

Par la disposition de ses épillets, elle ressemble aux avoines parmi lesquelles M. De C.wDOLLE l'a placée. — l,a gaine des feuilles est sensiblement glabre, et les articulations des liges sont garnies de houpes soyeuses.

Ces mêmes tiges sont éparses et traçantes, a'usi que les racines.

Cette espèce, qu'on ne devrait employer

3u'h défaut de la précéeute, attendu qu'elle est moins productive et peut - éiie aussi

moins avidement recherchée des bestiaux, parait être cependant moins difficile encore s;ir le choix du terrain et des expositions.

Mexique {Melica). Ghuue à deux valves scarieuses, renfermant le plus ordinairement deux fleurs hermaphrodites, et le rudiment imparfait d'une troisième, porté sur un pedicelle; — valves de la balle ventrues. ( /^'oj. les détails de la fif:. Gôi). )

La Mcliquc cdue { Melica cdtata. Lin.) [fig. 658 ), vivace, ne s'élève pas habituel- Fis. 658.

lenient au-dessus de 1 pied à IS pouc. (0" o2ô àO '" 187). Ses tij,'es sont grêles, garnies de feuilles étroites, glabres; ses fleurs sont réunies eu une panicule, le plusordinairement simple-, chaque épillet en comprend deux fertiles dont luue a les balles soyeu-

.^ „ ses, et une stérile.

f^ Les inéliques crois-

sent naturellement sur les coteaux pierreux, arides, et c'est là leur principal avantage; car, sur les bons terrains, il est facile de les remplacer par de meilleurs iouirages.

Celle qui nous occupe ici convient à tous les bestiaux, mais elle est deu fourrageuse et peu nutritive.

La McHiqtic élevée {Melica alCisstma) fig. 659), vivace, se distingue aisément de

Fig. 659.

DES PLANTES FOURRAGERES. i.iv. T'.

nous paraît, disait-il, être une plante précieuse, par la vigueur et la précocité de sa végélalioii; elle élève quelquefois ses tiges, nombreuses et droites, jusqu'à la hauteur de 1 mètre, et elle s'accommode de terrains peu fertiles. — En somme, je la crois préférable aux espèces indigènes. ■>

Avoi.\E {A\'ena). Glume bivalve, renfermant deux ou un plus gr.ind nombre de fleurs hermaphrodites ou polygames;— balle à i\e,w\ valves, dont l'extérieure porte une arête plus ou moins genouillée,qui manque ceptMiliant quelquefois sur une des fleurs; — fleurs en pa ni eu le.

Ce genre, dont on a indiqué ailleurs les espèces et les variétés semées en grand pour leurs grains, en renferme plusieurs autres propres à l'être plus spécialement comme Iburrages. La plus importante de toutes, sous ce point de vue, est sans contredit la suivante •

L'Avoine élevée {Avena elatior. Lin.), Frowental [fig. 660), vivace, improprement connue, sur

la précédente à sa panicule très-rameuse et a ses fleurs sans barbes. Elle est originaire de Sibérie.

Y VAUT en faisait UD cas particulier. « Elle

quelques points do la France , sous le nom de ray-g/axs, s'élève à plus d'un mètre; sa tige est garnie de feuilles larges; sa panicule est longue, mais é- Iroile; sesépillets sont à deux fleurs, dont une seule { a ) se trouve communément lériile et à barbe nulle ou très-courte; et l'autre (A), stérile ou imparfaite, à barbe fort longue.

— Elle redoute davantage l'excessive humidité que la sécheresse;aussi, c'est une des meilleures plantes pour les prés hauts et moyens.— Dans ces derniers, lorsqu'ils sont établis sur une t»'rre argilo-sableuse, fertile, elle donne des produits d'une abondanc(î remarquable, et sou foin, quoiqu'un peu dur, comme celui de la plupart d(;s graminées Irès-élevées, et quoi- (jue sujet à sécher sur pied, est de bonne qualité; mais cette double disposition doit engager à le faucher de bonne heure. — On a proposé avec raison de la semer dru, et de la mêler à des plantes de la famille des légumineuses, telles que le trèfle, la lupuline, le sainfoin, etc. On peut répandre sans inconvénient jusqu'à 100 kil. de graines par hectare.

L'Avoine jaunâtre {Avena flavescenx. Lin.) {fig. 661), Avoine blonde, pelit Jromental, vivace; — elle a des liges grêles qui s'élèvent d'un tif-rs moins environ que celles de la précédente, et dont la panicule ordinaire.

DES PU nicnl moins lâ-

».lu', (I'UI)C COllkuircjiii a donné son nom a losju'ce , l'sl composée (lépillels au moins moilié plus |)Olirs (pic ceux (lu vtM'ilable fromental, et qui rcnlerment deux ou plusieurs lUuns hermaphrodites, dont toutes les \alves exlernes des balles sont aristées et nettement di\isees , au sommet , en deiw pointes acérées.

{foy. les détails de la /î^'. GGl.) Celle avoine, qui croît nalurellement sur les coteaux et dans les j)rés secs, se sème rarement seule. Mêlée à d'autres herhes, dans itîsterrainsélevés, sans aridité, elle auj^niente à la l'ois la quantité et la qualité des foins, a\aiilaj^e qui lui est du reste comninu avec les deux espèces suivantes. — On la sème au printemps.

/. 'Jvoinepnbescente{J\'enapuhescen.'!, Lin.), AKoine velue, Avronc {Jii;'. Gfî'i), vivace , s'élève de 2 à 3 pieds \0 "' ()50 à t mètre ); ses feuillesinféricuressonl larges, courtes, molles et lr'*svelues; - ses épillets, sensiblement plus gros que ceux de l'avoine jaunâtre, luisans, quelquefois rougeà- Ires ou violets à leur base, et comme argenlésà leur sommet, sont d'ailleurs composés de fleurs hermaphrodites, beaucoup |)lus volumineuses el souvent réunies au nombre de trois dans chaque i',lume, comme le reprtisente le détail de la ligure.

Mieux qiu' les précédentes, elle s'accommode des terrains secs et élevés; on l'y voit ci'oitre spontanément avec vigueur, et l<irs- <pi'on la sème, elle produit, seule ou mélangée, un lourrage durable, particulièrement

la q taie.

V ^t voirie des prés [Avenn pratensis. Lin. ) //■^•. 663), vivace, s'élève moins que l'avione; ses ieuilles glabres sont plus étroites et })lus longues, sa loulfe talle davantage. — Sa paniciile est plus resserrée, presqu'en forme d'épis; — ses épillets sont encore |)lus aloiigés, panachés de blanc et de violet pâle, cl composes d'environ 5 (leurs, fixées sur i\cn\

AIIUES.

j ranf;s opposes l'un a

rig. GG3.

Fig. 662.

propre aux chevaux. — On peut semer, selon la qualité du sol, de 50 à 60 kilog. par hec-

auii'e.

Celle espèce habite I- s pré> et les champs ; elle redoute l'Iiuiijidité excessive , et résiste assez bien à la sécheresse. — Son fourrage est excellent et Irèsi-echeiché de tous les herbivores. On peut la semer de même, el à peu près dans les mêmes proportions (jne les espèces piecédenleh. G. SiNCLAUi, (jui ne lui croit pas îles (piailles nutritives égales à celles des avoines pubescenle el jaiinâlre, lui a reconnu la pro- |>i'it'té de s'accommoder particulièrement des sols calcaires.

C.\?icnE (Aira). Comme dans les avoines, la glunie est bivalve; elle contient deux fleurs hermaphrodites; la balle est aussi à deux valves dont rext(M"ieure porte également une arête plus ou moins genouillée, mais qui part de la base el non plus du dos de la balle.

L<i Canche Jlcxueuse {Aira Jlexuosa, Lin.> %. 66-4), vivace , a été appelée aussi Canche

FiK. 664.

{fis

<le niontiif;ne^ parce qu'elle affecte les lieux secs et élevés. C'est pluUM une plante de pâturage (pu* de prair'e. Ses tiges nombreuses, mais grêles, son! peu fourragenses. — Klle fornu> à sa hase une touffe assez, fournie de feuilles courtes, glabre^ el joncilormes; ses (leurs, réunies en panicule lâche et divergente, ont des balles luisantes et ai'genlées. Celle espèce, (jui forme assez IVcqucmmeiit

502 AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGERES

la base des herbages très-élevés, est recherchée de tous les ruminans. Elle produit un des meilleurs pâturages pour les moutons.

La Canche aquatique ( Jira aquatica, Lin.). — Voy. Pâturin canche {Pou airoïdes, D. C).

La Canche. élevée {Aira cœspitosa, Lin.), vivace, qui est un peu plus feuillue que la précédente, forme un gazon assez épais sur les terrains ombragés; mais il lui faut de la fraîcheur. — Dans les clairières où elle réussit, die est fort recherchée des vaches, et on

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