‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 283 sur 304 · LIV. I · texte numérisé non relu

LIV. I

» propriété de repousser plus 'améliorer par l'effet du pâ-

lui a reconnu la épaisse et de s' turage.

¥t'TVQVT.{Festuca). Cegenre, qui se rapproche des poa ou pâturins, et des bromes, diffère des premiers par ses balles très-acérées, le plus souvent munies d'arêtes; et des seconds, parce que i'arête de la valve externe de la balle, lorsqu'elle existe, est aiguë et part du sommet. —Ce dernier caractère le distingue aussi du genre Aira.

La Fétuque des près ( Festuca pratensis^ Lio-) (Z^- 665), vivace, a des tiçes qui s'é- Fig. 665. lèvent parfois à plus

d'un mètre.— La panicule est généralement peu considérable, et composée d'épillets

f)lus volumineux que essuivans; ces épillels contiennent de sept à un plus grand nombre de fleurs. — Les valves des balles sont dépourvues d'arête, {f^oy. les détails de la figure.

Cette plante, une des meilleures que l'on puisse employer pour l'ensemencement des

Eres bas, à cause del'aondance et de la bonne qualité du fourrage qu'elle produit, n'a d'autre défaut que d'être un peu tardive ; aussi a-t-on recommandé, avec raison, de ne l'associer qu'à des espèces de la sel conde saison. — Se-

mée seule, elle doit l'être à raison d'une cinquantaine de kilog. par hectare.

La. Fétuque élevée {Festuca elatior. Lin.) {fi^. 666 ), vivace s'élève davantage que la précédente; — ses feuilles sont plus larges et plus nombreuses encore; ses panicules plus amples, à épillets de grandeur moyenne; ces deiniers contiennent un moindre nombre de fleuri. Les valves, membraneuses sur les bords, portent de courtes arêtes qui se brisent facilement, et disparaissent en grande partie dans les herbiers.

Cette espèce se rapproche beaucoup de celle qui précède, par ses qualités et ses mconvéniens. — Elle est cependant encore plus tardive et donne un foin un peu plus dur; mais, d'un aulie rôté. on a remarqué qu'<;lle est plus durable et serisiblcniet^t jjIus productive. En somme, il faut la regarder comme une des graminées iea plus utiles

Fig..667.

pour concourir à la formation des prairies permanentes.— Elle croît naturellement sur les pâturages montagneux,et réussit cependant fort bien dans les plaines fraîches et abritées, et dans des terrains (le diverses natures.

La Fétuque ovine ( Festuca ovina , Lin. ) , grande Jétuque ovine, fétuque rouge ijlg.mi), vivace, a été souvent confondue avec l'espèce suivante, dont elle diffère cependant plus encore par ses qualités que par ses caractères botaniques. — Eilea les feuilles plus longues et plus larges; les panicules plus volumineuses;— les balles portent des arêtes visibles à l'œil. ( Voy. les détails de la figure.)

« Celte espèce, signalée par Linné comme une plante par excellence pour la nourriture des moutons, a failli plus tard perdre entière- ment cette ré- "C putation, parce ( que les botanistes lui avaient réuni , à titre de variété, une

plante fort voisine d'elle, mais qui est réellement une espèce distincte et que les moutons ne mangent pas. C'est sur cette dernière 3 u avaient porié très-généralement les essais e culture, et de là étaient nées les préventions défavorables. Une observation faite en 1826, ayant reproduit les doutes avec plus de force qu'auparavant, j'ai fait de nouvelles recherches pour les éclaircir, et, avec l'aide principalement de M. J. Lindley, botaniste très-exact, qui a bien voulu faire pour moi, dans l'herbier de Litmé, les confrontations nécessaires, je suis parvenu à connaître que, non seulement notre fétuque ne se rapportait pas à réchantillon de celle de Linnc,

ciiAP. 18*. DES

mais qu'elle n'existe même pas dans son herbier. — Elle a été décrite par Sibthorp, sons le nom de Fcstuca tenuiJoLia, qui désoi'mais devra servir à la distingner. »

« A l'égard de la vraie Jétuqne ovine, la même vérification m'a (ail reconnaître que c'était la plante que j'avais recommandée et ciiUivée depuis longues années, sous les noms incertains de Jctiujue rouge et ovinn mnjor. On a pu voir, dans les éditions précédentes du Bon Jardinier; qne, sans la reconnaître alors sous son vrai nom, je la regardais comme une espèce précieuse pour établir des pâtures sur les mauvais terrains. — Elle n'a |)ent-étre pas cependant en France, pour la nourriture des moutons, le degré particulier (le mérite que Linné et Ginélin ont cru lui l'ci'onnaitre en Suède et en Sibérie. J'ai remarqué chez moi que les moutons ne la pâturent bien qu'en hiver, et qu'en été ils ne mangeaient guère que les pieds isolés, ce qui paraît être une indication pour la semer plutôt mélangée que seule. Je l'emploie souvent de cette manière, mais j'en fais aussi des pièces séparées, à raison des ressources qu'elle offre pour Thiver, et de l'avantage qu'elle possède éminemment de s'établir avec vigueur sur des terres arides, soit calcaires, soit siliceuses, et de les couvrir d'un gazon épais et durable... Si l'on sème la fétuque ovine seule, il faut environ 30 kilog. de graines à l'hectare. » Vilmorin.

La Fétuque à feuilles fines {Festuca tenui/olia , Sxhl.) {/ig^.668), vivace , croît en Fis. 068.

touffes épaisses et serrées. — Ses feuilles très-fines sont roulées en tubes d'un vert blanchâtre; — ses tiges ne s'élèvent guère au-delà deS à 10 pouces (0"" à 217 O-^a?! ); elles sont grêles, nombreuses, et supportent des panicules assez serrées. Les balles ne portent point d'arêtes.

{f^oy. a,./?^. (568.)

Celte espèce comme la véritable Fétuque ovine de Linnée, a l'avantage de croître sur les sables et les sols crayeux lesplusarides:

mais, comme on vient de le voir, elle plaîl moins qu'elle aux moutons qui la mangent cependant durant l'biver.

Quelques personnes ont cru remarquer que les vaches la refusaient; noire confrère Vilmorin s'est assuré que chez lui elles la paissent au contraire fort bien, d'où il résulte que lors même ({u'elles auraient contracté riiahilude de meilleurs herbages, il ne serait pas difficile de les accoutumer à celui-là. La Fétuque traçante {Festuca rubra. Lin.), vivace {vcy. b, fîg. 668 ), Fétuque duriuscule de quelques auteurs, u)ais la véritable Fétuque rouge de l'herbier de Linné cl du Jardin des Plantes <ic Paris.— Elle produit aunuel- Icment des traces nombreuses; — ses tiges, peu feuillées, sont susceptibles de prendre

PRAIRIES. 503

dans les bons terrains un assez grand developijemenl; — ses feuilles sont étroites, roulées, pubescentes en dedans, assez longues ; — ses épillets, réunis en panicules volumineuses, se composent de 4 ou 5 fleurs plus souvent vertes que rougeâlres, et ses balles sont très-longues; — ses touffes radicales ne la! lent pas autant que celles des deux espèces précédentes.

Cette Fétuque est propre à former des pâturages sur les terrains les plus ingrats et aux expositions les plus arides où elle croît naturellement. Dans les prés plus frais, où on la rencontre aussi quelquefois, elle devient presque méconnaissable. Là elle donne un foin fauchable de bonne qualité ; toutefois c'est une des Fétuquesles moins productives hors des mauvais sols; — 35 kil. environ de graines par hectare.

Paturin {Poa). Tandis que dansla plupart des fétuques les balles sont garnies d'arêtes, elles en manquent conslamment dans les poa ; ce dernier genre se distingue encore du précédent par la forme moins aiguè de ces mêmes balles ; — le nombre des fleurs varie de 2 à 20.

Le Paturin Jlottant ou Fétuque flottante ( Poa, ou Festuca /lui tans ^ Lin.) {yoy.fig. 669 et page 409) , s'élève à 2 ou 3 pieds; ses tiges sont épaisses , molles , les unes droites, les autres flottantes ; ses feuilles sont la»'ges; — ses épillets contiennent de 8 à 12 fleurs et plus, et forment comme autant de petits épis à deux rangs sur chaque pédicelle ; ses balles sontsansarêtes.

{f-^OY. l'es détails de la figure.)

Nous avons < fait connaître ailleurs les usages économicpies de cetteplante et indiqué déjà qu'elle peut être employée aussi comme fourrage. Eu effet, tousles ruminans el les chevaux la mangent en vert avec avidité,et on la voit croître, prospérer même dans les prés les plus marécageux, sur les bords des étangs, et antres lieux où il sérail difficile de demandera tout autre végétal aquatique de meilleurset de plus abondans produits.

Le Paturin commun ( Poa trivialis. Lin. ), vivace, est en effet une des plantes les plus communes des herbages naturels. Il est facile de le confondre, au premier aspect, avec le |);'iturin des prés, dont il diltère cependant par la languette alongée et comme déchiquetée, qui se trouve à la base externe des feuilles, par la forme plus aiguë de cellesci, la rudesse de leur gaine el par ^a iaoine fibreuse.

604 AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGERES

II croit dans les plaines les plus arides, où

Il n'acquiert à la véritc; qu'untr faible luuiteur, et dans les prés nalurelleuient liais oîi il s'élève souvent au-delà de 2 pieds pailoul son fourrajAe est un de oeux que prélèient les bestiaux Quoique plus lardif d'une quinzaine de jours que l'espèce suivante, il doit être fauché de bonne heure, attendu qu'il sèche promplenient sur pied après sa floraison. — Pour le semer seul, il faut répandre 18 kil. environ de graines par hectare.

Le Pàiiirin da prés ( Poa pratcnsis. Lin. ) { Jîg. C70 ), vivace, porte à l'ouverture de

la gaine de chaque feuille une

membrane courte et trèsobluse ; sa racine est traçante. — Il croit comme le premier, tantôt grêle et chétif sur le bord des routes, les berges desséchées des fossés, etc., tantôt succulent et fourrageuxdans les prés bas. — Il est précoce et d'une dessiccation très prompte; aussi, dans les mélanges naturels a~ vec des herbages plus tardifs, a-l-il presque toujours perdu une partie de ses qualités quand il tombe 60US la faux: c'est d'autant plusfâcheux,que, Fig. 671. cultivé seul ou associé

à des plantes également précoces, il peut donner un foin de première qualité. — La quantité de graines est à peu près la même que pour le pâturin conniiun.

Le Pâturin des bois ( Poa nemoralis. Lin. ) ou Pâturin à feuilles étroites [Poa anguslifolia {fg. 671 ), a les tiges grêles, faibles et penchées lorsqu'elles croissent dans les lieux ombragés, moins élevées et mieux soutenues dans les localités découvertes : — ses feuilles n'ont point de membranes à leurorigine.Cette plante, condamnée a chercher l'air et la lumière à l'ombre des taillis, conserve en rase campa-

gne la même disposition à pousser verticalement ses tiges ; aussi n'est-elle pas ce (ju'on appelle gazonneuse, mais, en compensation de cet inconvénient qui n'en est uw (|ue lorsqu'elle est semée seule, elle piésente des avantages précieux. — Sa précocité est telle que, dès le mois de mars, elleofire déjà une masse assez importante de verdure lorsque les autres espèces commencent à peine à végéter. — Son foin est abondant et trèsnourrissant, mémedansles terrains dénature sèche et de qualité médiocre. Ce poa robuste est fort durable; associé à d'autres graminées également fines, nul n'est plus propre à procurer partout, excepté peut-être dans les localités humides ù l'excès, le meilleur foin connu.

Le Pâturin h crête ( Poa cristata. Lin. ), qui a aussi des feuilles très-étroites et sensiblement plus courtes que celui des bois, forme une touffe gazonneuse, mais peu élevée. — Sa panjcule en épis est beaucoup plus serrée que dans les espèces piécédentes. Il se rapproche un peu, sous ce rapport, du P^/^wri^ co/wprinié [Poa compressa)^ qui n'aétérecommandé par les auteurs que parce qu'ils ont cru à tort reconnaître en lui le Bird-grass des Américains, qui paraît être plutôt lAgrostis dispar, et dont il ne possède nullement les qualités. Je dois dire cependant que cette es))èce est regardée par G. Sinclair et Davy comme une des plus nutritives.

Le pâturin à crête a pour principal mérite décroître sur les terrains sablonneux de peu de valeur. Il est fort inférieur aux autres comme fourrage, non qu'il soit moins recherché des bestiaux, mais parce qu'il est moins productif.

Le Pâturin aquatique {Poa aquatica. Lin.) (/%. 672), vivace, s'élève de 1 à 2 mètres. Sa tige épaisse, succulente, à feuilles larges et tendres, maj-quées d'une tache brune à la gaine, est

surmoniée d'une panicule diffuse:

Celte espèce habitante des terrains marécageux , des bords des étangsl et des fleuves, | est lrès-pro|)reà utiliser les localités longtemps

submergées.

Ainsi que la fétuque flottante,!

elle fournit unt quantilé consi-l dérablede four-l rage vert succu-f lent et fort du| goût des animaux. Comme' on doit com- i\raencer à la faucher de bonne heure, il est rare qu'on n'en obtienne pas au-delà de deux coupes par an.

DES PRAIRIES

hdf)

Le Pdturin canche ( Poa aiioïdes de D. C. Alla aqiiatica de Lin.) ( /?)£,'. 673), vivac« , est facile à distinguer des précëdens, à la seule insj)eclioii de ses liges:

les nues couchées , donnant naissance, à tous leur nœuds, à une touffe de racines; les autres s'élevanl, perpendiculairemt'nl, aux premières, au-dessus de chacune de ces touffes; à la forme de ses feuilles planes, larges, arrondies au sommet,etc. C'est une des plantes de marais qui plaisent le mieux aux bestiaux. On les voit souvent aller la chercher jusque dansl'eau; aussi, lorsqu'elle est fauchée verte, la mangent-ils avec grand plaisir à l'étable et au râtelier; — sèches, elles ne sont plus guère propres qu'à servir de litière.

Le Pâturin des marais {P oa palustris ^ Lin.) est sinon la même espèce venue dans l'eau que le pâtui in commun, aumoins une espèce infiniment voisine qui en diffère seulement, d'après M. i>sCANDOLLE,par ses feuilles proportionnellement plus étroites, et dont la gaine n'est |)as rude au toucher; ses épillets parfaiten)ent glabres et ses balles dont la valve externe porte 5 nervures dorsales. — Comme le précédent, il est propre à utiliser des terrains excessivement humides, ou couverts, une partie de l'année, d'eaux stagnantes.

BiuzE {Br!za).Ce. genre diffère des pâlurins parce que 1er, valves des balles sont très-ventrues et à peu près cordiformes; — panicule divergente ; — épillets pendans d'une extrême mobilité.

La Brlze tremblante ( Driza média. Un.), Amourette ( /ig.

■(i74), a des tiges hautes de 1 à 2 pieds (O-^S^-î à 0 "' 650 ); elle a été surnommée tremblante, parce que les pédoncules, qui supportent les épillets de forme ovalt; arrondie, sont tellement déliés qu'ils s'agitent

au moindie souffle du vent.

Cette plante peu fourrageuse n'est remarquable que par la finesse et la bonté de son foin particulièrement recher-

ché des moutons. J'ai vu des terrains sabloargileux très-arides dans lesquels elle croissait abondamment. Sa présence ajoute beaucoup, aux yeux des cultivateurs, à la bonne qualité des herbages.

BiiOME {Bromus). Glumeà deux valves renfermant de 5 à 18 fleurs. — La valve extérieure de la balle est grande, concave, et porte une barbe ou arête qui part un peu au-dessous du sommet ou du milieu d'une petite échancrure ; — l'intérieure, concave en dehors et ciliée sur les deux bords (voyez les détails de la fig. 675.)

Le Brome des prés {Bromus pratensis , Koel.) (Jiq. 675), vivace, qui présente quelque ana- Fig. 675.

logie avec le suivant, s'élève rarement audessus de 2 pieds ; les gaines des feuilles, surtout de celles qui se trouvent à la partie iiiléiifure de la plante, sont velues ; — les feuilles lesontaussi, quoique beaucoup moins hérissées que dans la figure;— la panicule est étalée; — les 5 à 8 fleurs que contient chaque épillet sont très-pointues et surmontées d'arêtes égales à leur propre longueur. Au nombre des défauts que l'on reproche aux Bromes comme fourrage, il en est deux (|ui méritent surtout de fixer l'attention des cultivateurs. Les liges de plusieurs d'entre eux, une fois desséchées, sont dures, elles bai'bcs longues et aiguës qui accompagnent les balles, non seulement repoussent les bestiaux dès le moment de la floraison, mais peuvent les incomiiKuler beaucoup plus t;:r(IJorsque, mêlées avec le foin, elless'ai'rêlent à leur palais, sous leur langue, ou s** fixent dans leurs gencives. Aussi doit-on considérer ces piantes bien plut()t comme fourrages verts que comme propres à donner du foin. « Mais il est des terrains et des circonstances où une plante, médiocre d'ailleurs, peut devenir très-utile ; c'est ainsi que sur un sol calcaire, trop pauvre même pour le sainfoin et où il s'agissait d'cLicnir des

ÂGRICULITJRE : DES PLANTES FOURRAGERES.

fourrages quelconques, le Brome des prés m'a HoiMië des résultats plus satisfai^atis qu'aucune autre espèce. Il s'y est établi vigoureusement, de manière à fournir unebiune pâture et luème à devenir faucliable, inieux que le Fromental et le Dactyle. Il en a été de même sur des sables fort médiocres. On peut donc ran;::er cette plante au nombre de celles qui par leur vigueur et leur rusticité,, sont en état de réussir sur les plus mauvais terrains, et d'y offrir des ressources et des moyens d'amélioration que l'on n'obtiendrait pas d'espèces plus précieuses. Sa durée paraît être longue ; elle a élë chez moi de 5 à G ans en très-mauvaises terres Un hectare emploie 90 à 100 livres de graines. » \ ilmorin. Le Brome des seigles {Brcmus secahnus^ Lin.) (Jjg. 676), a la tige simple, haute parfois d'un mètre et plus, glabre ; — ses feuilles ont aussi la gaine glabre et le limbe à peine velu, — sa panicule est peu garnie; — les 5 ou 8 fleurs de chaque épillet sont presque cylinques et à arête moins rude que dans le Brome des prés.

Cette espèce, moins rustique peut-être que la précédente , donne un fourrage vert aussi abondant; mais en mûrissant elle devient encore plus dure. — Il est important de faire observer qu'elle est annuelle, et que, quoiqu'elle se ressème d'elle-même comme presque toutes ses congénères avec une facilité trop souvent désespérante pour le cultivateur, cette circonstance n'est pas ici à son avantage, à moins qu'on ne veuille îa faire entrer dans un assolement où elle ne doit occuper le sol qu'une année. Autrement, il faudrait ou la ressemer annuellement, ou ne la faucher que beaucoup trop tard.

Le Brome doux {Bromus moUis^ Lin.), qui ressemble beaucoup à celui du Seigle, en diffère cependant essenliellement par ses dimensions, en tout presque moitié moindres, par le du\ et cotonneux et épais qui couvre les feuilles, les épillets et jusquesaux nœuds de la lige. — C'est encore une espèce annuelle que Ion peut trouver parfois avantageux de mêler à quelque légumineuse de semblable durée, pour ajouter à la masse de fourrage vert ou coupage qu'on cnerche à récolter sur des sols légers et peu féconds. — On peut en dire autant du Brome des champs {Bromus arvensis. Lin.), qui a peut être même l'avantage d'être un peu moins dur que la plupart des autres.

Le Brome stérile {Bromus sterilis^ Lin.), peu connu en France comme fourrage, est considéré en Angleterre comme une des graminées les plus riches eu matières nutritives. G. Sinclair et D.4.vy le mettent sur la même lii^ne, sous ce rapport, lor.s(pi'il est fauché en (leur et non eu grains, que les meilleurs pâturins, la Féluque élevée, etc.

Dactyle [Dactylis). Genre qui diffère fort peu des Bromes par ses caractères et surtout

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