‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 284 sur 304 · LIV. I · texte numérisé non relu

LIV. I

ses usages comme fourrage. — La glume est à deux valves inégales, courbées en carène; elle renferme de 3 à 8 fleurs ; les valves de la balle sont aussi courbées en carène; l'une d'elles porte à son sommet une arête très courte.

Le Dactyle pelotonné {Dacijlis glomerata. Lin.) {/ig. &11)^ vivace, s'élève de 2 pieds à

Fig. 677.

1 mètre ; ses feuilles, larges d'un centimètre environ, sont rudes au toucher; sa p;inicule est composée d'épilleis petits, nombreux, l'amassés par pelotons et tournés presque tous du même côté de chaque pédicule.

Cette plante est, comme les Bromes, fort peu propre à la formation des prairies à faucher, parce que ses tiges durcissent outre mesure après la floraison; mais, comme les Bromes aussi, soit qu'on la coupe en vert ou qu'on la réserve en pâturage, elle présente l'avantage réel de réussir sur les terrains les plus médiocres et les plus secs. — Le Dac tyle gloméré est robuste, précoce; de toutes les graminées, c'est u iie de celles qui repoussent et se maintiennent le mieux sur de mauvais sols.

CviNosuRE {Cynosurus). Genre qui diffère particulièrement de ceux qui le précèdent et ie suivent, par la présence d'une bractée foliacée et découpée qui accompagne chaque épiilet à sa base; — glume bivalve contenant de 2 à 5 fleurs ; — les valves de la balle entières.

Cynosure ou Cretelle des prés {Cynosurus cristatus. Lin.) {fig. 678), vivace ; tiges de là à iS po. (0"" 406 à 0"" 487), assez feuillées;— Épillets sessiles, en forme de crête ou plutôt de peigne conique et à (\t'M\ rangs d^ dents.

Celte plante a le mérite de croître dans les terrains secs, quoiqu'elle s'accommode mieux des autres. — En général, elle ne convient p;is à la formation des prairies fauchables> parce qu'en se desséchaut, ses épisà bractées rudes la rendent peu agréableaux bestiaux: mais elle est assez productive et fort du goût des moutous comme pâture.

CIIAP.

DES PRAIRIES

Froment {Triticum ). ( Foy. pag. 365. ) Nous avons dit que les fromens pouvaient accidentellement, et sans diminution notable de la récolte suivante, être fauchés ou pâturés au printemps, et nous avons indiqué dans quelles circonstances une telle pratique devenait avantageuse-, je dois seulement la rappeler ici, bien plus comme une exception à la règle générale que comme une coulumé qu'on puisse étendre et généraliser sans inconvénient ; mais, à défaut des fromens annuels, on a recommandé de cultiver comme fourrage des fromens vivaces, el, malgré ranalhème porté contre lui par tous les cultivateurs, on a fait voir que le Chiendent n'était pas sous ce point de vue sans quelques avantages. Il n'est pas inutile d'indiquer le parti qu'on peut tirer d'une plante aussi commune.

Le Chiendent {Triticum repens. Lin.), dont les racines longues et rampantes poussent avec une si grande facilité des liges de chacune de leurs articulations, s'élève parfois jusqu'à un mètre et plus; ses feuilles sont vertes, molles, velues, fort du goût des bestiaux. Il fail en partie la base d^^s prairies justement célèbres connues sous le nom de Prévaiaie, et on le retrouve communément dans un grand nombre de pâturages estimés princij.alement pour la nourriture habituelle (les vaches laitières ou nourrices. — Il paraît que les chevaux s'accoutument fort bien à manger les racines de chiendent, ramassées à la surface des champs nouvellement labourés, et qu'ils se trouvent à merveille d'une semblable nourriture, ainsi que le démontre la pratique de diverses parties de l'Espagne et de l'Italie.

Ce végétal, dont la rusticité fait si souvent le désespoir du laboureur, s'accommoile sui'tout des terrains substantiels , plutôt humides que secs. Il résiste faciienu-nt à d'assez longues submersions, et donne, en l>.ireillc position, un fourrage aussi abondant

et meilleur que bien d'autres plantes aquatiques ou semi-aquatiques. Sur les bords des fleuves, de toutes les eaux à cours rapides, ses longues et flexueuses racines retiennent les terres d'une manière efficace; ses liges nombreuses arrêtent le limon qui ajoute annuellement à l'élévation du sol, et n'en donnent pas moins de fort utiles produits au raoius en vert.

SEiGLE(.Se6a/e). {Voy. pag. 383 et suivantes.)

Le Seigle d'hiver, ainsi que le fioment et surtout l'orge, peut être cultivé spécialement comme fourrage. Semé eu automne, il procure l'une des premières, et, dans quelques lieux, la principale nourriture verte dont on puisse ai fourrager les bestiaux après la consommation des racines hivernales. — Il donne même un assez bon coupage pendant les hivers doux, et l'on sait que, dans ce dernier cas. une pareille récoite n'exclut pas celle des grains.

Le Seigle de la Saint-Jean, semé vers l'époque dont il a pris le nom, est particulièrement propre à cette destination. Dans les contrées où l'on en fait usage, notamment en Saxe, on commence à le faucher en automne; on le fait ensuite pâturer jusqu'à la fin de l'hiver, puis on le laisse monter au printemps.

La précocité du seigle, et la facilité avec laquelle il j)ousse dans les terres légères qui ne conviennent ni au froment ni même à l'orge, devrait le faire rechercher plus généralement pour créer ém?. fourragères semblables à celles que l'on remarque encore fréquemment en Italie et aux environs de quelques-unes de nos grandes villes, pour la nourriture des vaches que les nourrisseurs tiennent à l'étable.

Ivraie (Zo/mw). Epillets aplatis, solitaires sur chaque dent de l'axe, et à peu près parallèles à cet axe; gliime bivalve contenant un grand nombre de fleurs.

\] h'raie vivace {LoUum perenne. Lin.) {Jig. 679), — ray grass d'Angleterre, a les tiges droites , hautes de 1 à 2 pi. ( 0 ■»

a25 à 0 " 650 ), à feuilles glabres, longues , assez étroites: les épillets sans barbes. — C'est le gazon anglais utilisé si fréquemment dans nosjardinspouiformer ces tapis

de verdure qu'aucune autre graxninée ne pourrait ég;ilor en finesse et eu (raicheur. Il est moins t'm[)lové dans la grande que dans la petite culture, el parait mieux convenirauxclimats i\\\. Nord qu'à ceux du sud de l'Europt.

AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGERES. ht. r\

son nom, par sa propriété de croilro dans les localités arides, devait être an sud ce que la [)récédente est au nord de l'Euroije; et il est de fait que je l'ai vue sur des sables où je doute que l'autre eût réussi pareillement. Toutefois, je ne pense pas qu'année commune on trouve grand avantage à la cultiver, sans le concoui's des irrigations, sur les terrains secs et médiocres pour lesquels on l'a si fort préconisée. — Dans les sols frais et suljstanliels, VL'raie d'Italie végèl»^ avec une vigueur des plus remarquables; sa croissance est si rapide qu'on peut obtenir, même au centre de la France, la première année d'un semis «lifféré jusqu'en mai, trois fortes coupes d'un excellent fourrage. On citerait peu d'exemples dune jiai'eille abondance sur d'autres graminées. — L'etisemencementd'un hectare exige de 40 à 50 kilogrammes de graines.

Elyme ( ELymus ). Chaque glume renferme de deux à quatre fleurs; est à deux valves unilatérales; — les ëpillets sont géminés ou ternes sur chaque dent de l'axe.

U Elyme des Sables [Etymus arenarius, Lin.) (/Tjj. 681), est dans toutes ses parties U Une

— On peut, je crois, poser en fait que cette Ivraie ne convient eu France, comme prairie à faucher, que dans les fonds bas et frais où elle dépasse ses dimensions ordinaires, et où elle donne un très-bon fourrage si elle est associée à d'autres gramens d'une végétation aussi rapide quelasienne; car on doit la couper de bonne heure, sous peine tle la voir sécheret durcir au point d'être rebutée même par les chevaux. — En des circonstances moins favorables, elle s'élève rarement assez pour donner un foin passable; mais sur les terres argilo-sableuses qui ne se dessèchent pas trop rapidement, elle peut encore procurer des pâturages précieux, par suite de leur précocité; de leur aptitude à s'épaissir et à se fortifier d'autant plus qu'ils sont broutés de plus près, et foulés davantage par le piétinement des troupeaux. — Celte plante esta juste titre considérée comme l'une de celles qui /Contiennent, sous un petit volume, le plus de substance nutritive; aussi, loisque, dans la vaste plaine de la Cran, les moutons soulèvent les cailloux pour y chercher les tiges grêles et déliées qui croissaient à leur ombrage, une très-petite quantité leur suffit, et les bergers ont coutume de dire que bouchée fait ventrée {bouccado vao ventradu). — Néanmoins, le ray-grass, dans les situations ou les terrains arides, est d'une faible ressource et peut presque toujours être i-emplacé avantageusement par quelque autre graminée. — Pour semer un pré, ou emploie environ 50 kilog. par hectare.

En Angleterre, il n'est pas rare d'associer cette graminée à diverses légumineuses, et notamment au trèfle rouge ou blanc, pour former des prairies qui peuvent se conserver au-delà de 4 ans, et qui sont considérées comme d'un excellent produit.

ISIi'raie d' Italie {Lolcum Jtalicum) (fig.680], Fig. 680. vivace, que divers au-

teurs considèrent comme une simple variété de la précédente, en diffère cependant, non seulement parct* qu'elle ne talle ou ne gazonne pas autant, mais parce que ses tiges sont plus élevées, ses feuilles plus larges, d'un .ert plus blond, et ses fleurs

constamment barbues.—Comme le Lolium perenne , celui-ci est vivace; cependant, d'après des observations précises, dues à

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