‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 292 sur 304 · DE9 PLATTTES NUISIBLES EN AGRICULTURE · texte numérisé non relu

DE9 PLATTTES NUISIBLES EN AGRICULTURE

les cullivateiU'S d appliquer au charbon de l'orge et do l'avoine les moyens que maintenant ils emploient généralement contre la carie du froment. Toutefois la chose vaut lii peine d'être essayée, le sulfatage surtout qui a parfaitement réussi à M. Le Blaxc dans le dép. de la Haute-Garonne. Thaeu, prétendant que la maladie ne se transnul point par les semences, qu'elle se reproduit d'ellemême sur les terrains niouilleux et excessivement gras sous riiiduence d'une température humide et chaude , enfin qu'elle alTecte non seulement l'épi, mais la plante entière, ne voit d'autres moyens de la prévenir que de semer avec tous les soins convenables, sur un sol bien choisi et bien égoutté, des grains accomplis ; il croit aussi que la nature de l'engrais peut exercer une influence sur la production du charbon. M. de Can- DOLLE,dans l'idée que la poussière charbonneuse qui se répand sur la terre est absorbée par les jeunes plantes, pense qu'une rotation de culture telle que les céréales ne reviennent pas à des intervalles trop rapprochés sur un même champ, peut seule diminuer l'effet dû à cette cause.

Sous le nom d'Uredo destruens^ M. Duby, auteur du Botanicon galUcum, a fait une espèce à part du Charbon du niillet, à cause de l'irrégularité et de la forme oblongue des sporules dont se compose ce champignon parasite. Suivant M. Tessier, l'épi, serréétroitement entre les feuilles supérieures de la tige, ne les écarte qu'avec peine ; il parait conjnuinéu)ent au dehors sous la forme d'un cône aliingé recouvert d'une peau grise qui se déchire et laisse apercevoir un corps composé de filets et d'un>^ matière noire dans toute sa longueur, excepté à la partie inférieure où elle est grise, plus ferme et plus compacte. Ce charbon n'exerce pas de grands ravages sur le millet.

On a fait de même une espèce particulière du Charbon du maïs [Uredo maydtx, DC), qui atUupie la tige à l'aisselle des (euilles, ou les fleurs mâles, ou les graines elles-mêmes. La partie attaquée grossit et devient une tumeur d'un blanc rougeâtre ou cendré, d'abord charnue, puis entièrement remplie d'une poussière noirâtre, presque inodore, très-abondante, légère et composée de globules semblables à ceux de la carie, si ce n'est qu'ils sont plus petits. Ces tumeurs ont depuis la grosseur d'un pois ou d'iiu; noisette, qu'elles présentent sur les fleurs mâles, jusqu'à celle du |)oing qu'elles dépassent même quckpiefois sur les tiges et sur les graines ; elles sont enveloppées par l'épiderme distendu, qui, lorsque TLirédoest parvenu à sa maturité, se rom[)t au moindre choc, et laisse échapper la poussière qu'il renferme.

D'après les observations de M. Bonafous, cette production parasite du maïs se forme indifféremmenlsous l'influence deriuimidité et de la sécheresse. L'o,)inion commune est cependant qu'elle se déve-loppe préféra blementdans les lieux et lesannéeshumides;elle est devenue plus fréquente dans lePiémont depuis qu'on y arrose le maïs. Suivant le même auteur, elle neparait pas non plus dépendre de lanaturedes engrais ou du sol; cntinellc n'é-

pargne p.Ts les pieds les plus vigoureux, et elle s'attache |)ius aux variétés tardives qu'aux variétés précoces. .Sa poussière n'est pas plus nialfaisante que celle de VUredo Carbo. TiM.ET et Imiiof ont conclu de quelques expéi'iences qu'elle n'est pas contagieuse; le fait aurait besoin d'être vérifié.

Dans le but de préserver le mais de cette maladie, on a conseillé de chauler la semence, de ne pas arroser les champs, et surtout d'apporter une attention scrupuleuse dans le choix des giaines : ces précautions ne suffisent pas toujours; un moyen efficace I)Our délivrer le maïs de ces tumeurs, c'est de les enlever quand elles apparaissent.

M. DuLOKG a trouvé dans lUrédo du charbon une matière analogue à la fungine; une matière azotée, soluble dans l'eau et dans l'alcool, analogue à l'osmazome végétal ; une matière (azotée?) soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool ; une matière grasse, une petite quantité de cire, une matière colorante brune, un acide organique libre ou en partie uni à la potasse et peutêtre à la magnésie, du phosphate de potasse, du chlorure de potassium, du sulfate de potasse, du sous-phosphate de chaux, un sel à base d'ammoniaque, de la magnésie 1 1 une très-petite quantité de chaux sans doute unies à un acide organique, enfin du fer.

lîl. De laCarie. — On désigne sous le nom deCû/v'i? ( Golpe, Folpe ou Fama, it al . ; Schmier- Slein o u Faulbrand, ail.; Srn u t ba //.v, a n g 1 . ) n n e maladie qu'on a souvent confondue avec le charbon, parce que.com me celui-ci,elle affecte les parties de la fructification, mais qui cependant s'en distingue par des caractères bien tranchés. LX^/r<^/o Caries, DC, (jui la constitue et que la fig. 706 représente à dilférens degrés de maturité dans Fig. 706.

le grain entier ou coupée bcd, est logé dans l'intérieur même de lagraine; il foruie une poussière grasse au toucher, d'un noir tirai) t sur le brun ou l'olivâtre, remarquable, (piand elle est Iraîche, [)ar sa fétidité, et qui ne se répand pas au dehors du grain pendant la végétation de la plante; ses globules c,J .vont ()f)a(|ues ou à demi transparenset \\\\ peu plus gi-ands (pie

ceux i\\\ charbon; leur diamètre variede I 140 à 1/2S0 de ligne, d'après RI. Tessier. I es grains cariés sont légèrement ridés, un peu ;;risàtres, plus arrondis et plus petits (|u"à l'ordinaire; leur poids, par rap|)orl à celui du froment sain, est à peu près comme 2 à ô. la |H)udre de carie analysée par b"oiR«:ROY a donné une huile verte, bulireuse, acre et d'une odeur infecte, une matière végéto-animale, de l'acide phosphorique, et de l'ammoyiaque libre; d'autres chimistes y ont trouvé de l'acide oxalique libre. Elle est inflammable et insoluble dans leau.

Les pieds qui doiient donner des i^rains caries ont, des le moment où ils lèvent, des

feuilles d'un vert foncé comme celui de la ff'tiillede chêne, et les liges ternes; l'odeur infecte et les globules se Vont apercevoir dans l'épi, même avant qu'il soit sorti de ses enveloppes. Quand lesépis cariés se montrent, ils sont bleuâtres et étroits, maisensuite ils deviennent plus larges que les épis sains; leur maturité est plus hâtive, et ils se chargent d'une plus grande quantité de grains; leur légèreté l'ait qu'ils restent droits. Les étamiiies ne s'alongent pas et lesanihères ne contiennent pas de pollen. M. Te8s;er a trouvé fréquemment des é()is sains sur des piedsqui en offraient de viciés; des grains sains mêît^s avec des grainscariés dans lemême épi; enfin quelqiielois des grains à moitié sains et à u;()itié cariés.

Entre toutes les céréales, le froment est le plut sujet à la carie, peut-être même y estil seul exposé; mais toutes les espèces et variétés de froment n'y sont pas également exposées. Les blés du nord la contraclent plus facilement que ceux du midi; les blés durs, qui en général appartiennent au midi, n'en olfrent point naturellement; il en est de même des barbus, excepté celuidont les épis sont roux ou blancs et les barbes divergentes. Les épeautres en sont quelquefois perdus. Le froment de mars y est plus sujet que les blés d'automne.

TiLLET et M.TEssiERont reconnu, par des expériences réitérées, que différens engrais, la nature du sol et les brouillards ne sont pas la cause de la carie; cela n'empêche pas de croire que l'humidilé de l'atmosphère et du sol ne puisse contribuera sa production. Les mêmes observateurs l'ont fait naître mainte et msintp fois en infestant de noir, nom sous lequel on la désigne quelquefois, des grains sains, et surtout en l'inoculant près du germe. On a pu obtenir ainsi une quantité d'épis cariés quati'e fois plus grande que celle des épis sains ; mais on n"a t)u faire naître la maladie dans les grains d'épis formés, en les sau-

f»oudrant de carie à différentes époques. Plus a catie est vieille, moins elle a d'action sur le blé nouveau ou vieux; plus le blé est vieux, moins la carie nouvelle ou vieille l'infecte facilement ou abondamment. Elle retarde la germination et la pousse des grains qui en sont tachés. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que l'huile qu'on retire de la carie par la distillation à feu nu, ayant été mise en contact avec du blé sain, lui a fait produire près d'un tiers d'épis cariés.

Toutes choses égalesd'ailleurs, plusle grain était enterré profondément, plus M.Tessikr, dans ses expériences, récoltait de carie. On a aussi remarqué que les ensemencemens par un temps hâleux oh sur des labours récens favorisent sa production; peut-être le mal, dans ce dernier cas, vient-il de ceque la herse enfonce le grain plus avant. Un ODservaleur, M. Thomassin, assure que les fromens coupés avant leur maturité ne reproduisent pas la carie; une expérience de M. Girou de Buzareingues tend à faire croire le contraire. EIsner lait observer que le fumier wou encore élaboré par un repos prolongé l'amèue très-souvent, sans doute parce que la fermentation n'y a pas détruit les sporules de l'Urédo qu'on y a jetés avec

AGRICULTURE : VÉGÉTAUX NUISIBLES. lim, i".

les pailles et les criblures aes blés cariés.

Quand la poussière de la carie est abondante, comme elle sort de son enveloppe dans l'opération du battage, elle cause des démani^eaisons aux yeux des batteurs, et les fait tousser; en s'a ttachant au blé sain, elle lui donne cette apparence défavorable qu'on désigne dans le ciommercc par les expressions de blé moucheté, blé bouté; elle nuit aussi à sa (|ualilé, car les blés mouchetés empâtent les meules, graissent les bluteaux, et rendent défectueuse la mouture du blé sain qui leur succède; de plus ils fournissent une farine terne et onctueuse qui n'est pas de garde ; enfin, le pain fait avec de la farine de blé moucheté a une teinte violette et un peu d'âcreté; on soupçonne que ce pain est nialsain. Sous ces différens rapports, la carie cause un tort réel aux cultivateurs, mais peu important comparativement à la diminution qu'elle occasione dans le produit de la récolte. Cette diminution consiste non seulement dans le nombre des épis cariés, nombre qui est assez souvent Je quart de celui des épis sains, mais encore, quand la maladie est intense, dans l'infériorité du poids de ceux-ci.

S'il est vrai que la carie se propage^ surtout en s'attachant dans les bâtimens de ia ferme aux substances qui doivent servir d'engrais et principalement aux grains de semence, il est clair qu'il faut non seulement s'abstenir de porter sur les champs des fumiers qui n'ont pas encore subi une fermentation convenable, mais encore mettre une grande attention dans le choix de la semence et la dépouiller par tous les moyens possibles des germes dont elle peut être infestée. Pour les qualités delà semence, nous renvoyons à l'article Froment où il en est question. Quant AUX procédés de purification, ils sont physiques ou chimiques. Les moyens physiques consistent essentiellement dans les frictions, la ventilation et le» lavages; les moyens chimiques se réduisent à l'emploi de substances assezcaustiqueset assez corrosives uour altérer la poudre de la carie, sans désorganiser le grain ; les premiers éloignent, emportent avec eux les germes du mal, et les autx'es le détruisent.

On sépare quelquefois les épis cariés des épis sains par le triage à la main. Dans une année où les premiers ne sont pas très-nombreux, une femme épluche par jour environ 60 gerbes, donnant 1 1/4 setier de blé. Dautres fois, sachant que les tiges cariées sont plus courtes que les autres, on se contente de couper les épis les plus saillaus des gerbes, ou de frapper les tiges soit sur les

parois d'un tonneau, soit sur une perche à hauteur d'appui. On a proposé de déterger le grain battu en le roulant dans de l'argile sèche, du sable, des cendres, etc. Mais les moyens mécaniques les plus employés sont le criblage et le vannage. ( Voyez ce Vol., p. 342.)

En suivantl'ordredes opérations et la gradation des effets, on passe des procédés qui viennent d'être indiqués aux lavages. L'eau pure exerce deux genres d'effets: l°elle agit par le frottement quand on la fait couler sur le blé, ou qu'on y plonge celui-ci en l'y

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